• François Valner est agent d'intendance au Paris Saint-Germain. Maladroit, distrait, et même un peu alcoolique, il est constamment rabroué par ses supérieurs. Personne ne prête attention à lui. Personne ? L'arrivée au club de Zlatan Ibrahimovic, l'un des plus grands joueurs de la planète, va étrangement changer la donne. Sans qu'on sache très bien pourquoi, le grand " Mister Z " se prend d'estime pour ce loser, lui dispensant discrètement sa sympathie par une série de petites attentions - invisibles aux autres. Confusément, Zlatan a compris que ce pauvre type cache un secret, et il voit juste : François a été, jadis, un jeune prodige du football, un espoir resté espoir.

    Il a sabordé sa carrière naissante, après sa rupture avec Hélène, sa fiancée pianiste, qui a fait exploser leur couple de surdoués.

    Après des débuts fracassants au PSG, Zlatan traverse une phase difficile, ne marque plus de but. Une mystérieuse maladie au pied vient aggraver la situation. Le public s'impatiente, les dirigeants du club s'agacent, la presse gronde. Zlatan est-il sur le déclin ? François - épaulé par sa voisine de palier Aurélie, 15 ans, fan absolue du joueur, et son vieil ami Pierre, journaliste ingérable,

    banni de toutes les rédactions - trouve un moyen surprenant d'aider Zlatan. Et si le salut du plus grand salarié du club dépendait de l'action du plus petit ? Et si, en lui portant secours, François retrouvait sa dignité ? Plus extraordinaire : et si l'admiration changeait de camp, et que Zlatan se

    mettait à envier ce traîne-savates ?

    Plongée décalée dans un PSG mi-réaliste, mi-fantasmé, Bienvenue, Mister Z nous met aux prises avec des entraîneurs tyrans et poètes, des dirigeants de clubs mégalomanes mais parfois sentimentaux et des joueurs ascétiques, à la recherche du but parfait... Ils portent des noms réels, ce sont bien les footballeurs du PSG, mais aussi Carlo Ancelotti, Laurent Blanc, Nasser Al-Khelaïfi ou encore Anne Hidalgo qu'on croise dans ce livre.

    Ce roman singulier, aux allures de fable moderne, explore avec humour la figure du champion dans notre société (bien aidé en cela par la personnalité hors norme d'Ibrahimovic, dont les célèbres saillies se retrouvent de page en page !) et nous raconte une amitié d'autant plus belle qu'elle semblait impossible.

    Journaliste et écrivain, Jean-Marie Bretagne, auteur d'un premier roman Les heures blanches (Gallimard, 1982), a publié Chercheurs d'or (2004) et Battling Siki (2008) aux éditions Philippe Rey.

  • Battling Siki... Dans les années vingt et trente, Ho Chi Minh, Paul Vaillant-Couturier, Hemingway et Henry Miller ont écrit sur lui, exaltant ses prouesses. Plus près de nous, un lieutenant de Che Guevara lui a rendu hommage en prenant " Battling Siki " pour nom de guerre, dans la clandestinité. Un groupe de rock alsacien et un quatuor de blues de Denver ont aussi choisi de se baptiser comme lui. Qui était cet homme et qu'a-t-il fait pour devenir ainsi une sorte d'emblème mystérieux des opprimés, des révoltés, des insoumis ? Ce livre raconte l'histoire de Battling Siki. Un destin magique, ensorcelé. À 7 ou 8 ans, cet enfant du Sénégal est kidnappé par une danseuse hollandaise, qui s'est entichée de lui. Il arrive à Marseille, s'y retrouve bientôt abandonné, commence une carrière précoce de boxeur... puis s'engage pour la Première Guerre mondiale. Il y gagne la croix de guerre et la croix du mérite, retourne sur les rings, où il est opposé au héros du sport français, Georges Carpentier. Il le bat en 1922 et devient champion du monde, à la surprise générale. Mais ce match cause son malheur : pour défendre l'idole nationale, on accuse bientôt Siki d'avoir triché. Les journaux se déchaînent contre cet " Orang-outan ", ce " championzé ", symbole de la dangereuse race noire. Il n'aura d'autre choix que de partir boxer aux États-Unis, où la presse l'attaque encore plus violemment. Cependant, Siki rend coup pour coup. " Vous avez une statue à New York et vous l'appelez Liberté, déclare-t-il publiquement, en 1923. Mais c'est un mensonge. Il n'y a pas de liberté ici - il n'y en a pas ! aucune ! En tout cas pas pour moi. " Provoquant les autorités, il se promène en cape noire sur Broadway, un singe sur l'épaule, comme à Paris il se baladait, deux ans plus tôt, en tenant en laisse des lionceaux. Il se marie avec une Américaine blanche, sans avoir divorcé de sa première épouse, de sorte qu'il est bigame !... Trop de vagues, trop de défis lancés : il est assassiné le 16 décembre 1925, à Harlem, de trois coups de revolver. Il n'a pas trente ans... Dans un texte vif, engagé et très bien documenté, Jean-Marie Bretagne raconte cette vie brève et magnifique, faite de légendes et de combats. La vie d'un homme qui ne se résignait pas à être traité en inférieur, ni aux États-Unis, ni en France. Il l'a payé cher... mais n'a jamais courbé l'échine.

  • Les copains qui y figuraient me venaient presque tous de l'enfance. Leurs adresses, périmées, dessinaient dans mon esprit le plan d'une ville disparue. Le second répertoire cachait des amis de caverne, de catacombes ; des personnages dont la voix, au bout du fil, sentait l'alcool. Je portais le troisième sur mon coeur, et tâtais souvent la poche de ma veste pour m'assurer qu'il était bien là. Il me servait en cas d'urgence, lorsque les voitures, au milieu des carrefours, me cernaient. Sur le dernier enfin, je n'acceptais que des êtres élus, pour qui j'eusse été prêt à mourir sur-le-champ. Ainsi, je me croyais paré.

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