• Ce recueil expose des figures et des moments de passages d'hiver à la fois physiques, intimes, politiques et artistiques. Un peu comme c'était déjà le cas avec Quelques éclats, les poèmes convoquent plusieurs voix distinctes qui reprennent et réinventent des histoires et des trames d'histoire disséminées à travers le temps et l'espace. Réalisé en collaboration avec l'artiste et écrivain belge Romain Renard (Chroniques de Melvile), le recueil raconte des impasses, des chutes, des épiphanies. Le bout de papier, la main ouverte, la lanterne - l'espoir qu'il faut pour s'abriter, la lumière pour les traversées.

  • L'essai littéraire, c'est bien sûr une manière d'écrire, mais aussi de voir et d'être, une présence au monde accrue, subtile et ambiguë, qui convoque les savoirs pour les révoquer immédiatement au nom de l'expérience. L'essai littéraire s'écrit comme pour son fondateur, Montaigne, dans un espace fermé, une chambre à soi, ici une chambre claire, où l'amitié des voix permet de révéler, au sens quasi photographique du terme, la présence des autres au sein de la solitude.

    Les textes rassemblés dans ce livre interrogent l'art de l'essai et témoignent de façons de lire et de différentes manières d'être et de se tenir devant la pensée, la création et le savoir. En s'emparant de ce qui se joue dans l'essai, ils offrent à lire et à entendre des voix singulières, libres, résistantes et ouvrent ainsi de nouveaux espaces habitables pour la recherche-création.

  • On pourrait être tenté de penser qu'entre toutes les sciences, ce sont les austères mathématiques qui sont les plus éloignées et les plus étrangères aux littéraires. Et, à première vue, il semble bien que ce soit le cas : la mathophobie des littéraires est généralement avérée et les mathématiques pourraient bien, comme le faisait remarquer Boris Vian, être une des rares - voire la seule - discipline dont on avoue avec fierté être ignorant: « Moi, les maths, j'y ai jamais rien compris! » Mais à y regarder de plus près, les choses sont loin d'être aussi tranchées : entre ce sous-continent du continent sciences appelé mathématiques et le continent littéraire, des ponts qui permettent de passer d'un monde à l'autre ont été construits et sont fréquentés. Les auteurs des textes réunis ici vous invitent à franchir avec eux ces ponts - et, pour certains d'entre eux, à en franchir plus d'un à la fois !
    - Normand Baillargeon

  • Je n'ai jamais lu un essai qui pose de façon aussi convaincante les rapports entre la forme romanesque et la pensée nietzschéenne et, plus largement, avec l'esprit nihiliste. Il s'agit d'une réflexion contemporaine sur le nihilisme et le désespoir et il y a une invitation dans ce texte à conserver la lucidité nietzschéenne moderne afin de dire oui à la vie et à la création et à ne pas sombrer dans le désespoir stérile. Je pense qu'il y a là un travail essentiel et nécessaire à l'heure actuelle. De plus, la langue et le " je " du livre rendent celui-ci accessible. Il y a ici un véritable essai où l'auteure inscrit une subjectivité forte qui permet au lecteur de la suivre et de ne jamais se perdre. C'est un vrai bonheur de lecture qui nous est donné.

empty