• Née des conditions physiques, la lutte qui met aux prises les nomades et les sédentaires ne connaît pas de trêve. L'histoire des pays riverains des déserts est remplie tout entière de ses péripéties, qui se succèdent, monotones comme le va-et-vient des marées. Si le nomadisme est avant tout une affaire de climat, en revanche, son extension, tant en Arabie qu'au Sahara ou dans les steppes de l'Asie centrale, n'est pas due, comme on l'a cru parfois, à une modification des facteurs climatiques. Le désert ne peut nourrir qu'une population clairsemée, et il la nourrit mal. La vie y est perpétuellement précaire. Par temps de sécheresse, la famine ne tarde pas à s'installer. La pression que les nomades exercent sur la bordure du désert est donc constante. Leur avance, elle, est fonction de la résistance offerte par les cultivateurs sédentaires. Ce n'est pas, d'ordinaire, une montée subite du flot qui submerge les digues, mais les digues qui s'affaissent, mal entretenues. Ainsi les mouvements du nomadisme sont liés essentiellement aux conditions politiques, aux faits humains.

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