• Quatorze nouvelles où se révèle toute l'éblouissante verve mâtinée d'esprit critique de Lao She. Certaines ont l'éclat mordant de la farce bouffonne, d'autres assombrissent leurs teintes pour évoquer la résistance contre l'envahisseur japonais. Toutes, cependant, puisent à une veine satirique qui s'étonne des dérisoires efforts des hommes pour ajuster leurs rêves avec le réel, et leur image d'eux-mêmes avec les faits. « On retrouve ici avec joie l'acidité et les paradoxes de cet extraordinaire raconteur d'histoires, cousin chinois de Dickens et de Mark Twain. Petite merveille » (Le Monde).

  • Le Pousse-pousse, le plus célèbre roman de Lao She, ce sont les aventures de Siang-tse le Chameau dans le Pékin des années vingt et trente. Sa grande ambition est de posséder son propre pousse-pousse. Dans cette ville où tout est régi par la guerre, l'argent, le danger, il ira de désillusion en désillusion et ne connaîtra que la déchéance et le désenchantement. Mais c'est aussi le roman du petit peuple de Pékin, un Pékin aujourd'hui disparu, que Lao She fait vivre, avec humour, sous nos yeux : celui de Siang-tse, celui des petits métiers, celui des colporteurs, avec leur langue savoureuse, leurs misères et leurs fêtes.

  • Dans ces courts textes, publiés entre 1934 et 1959, Lao She « brosse, sur le mode autobiographique, une sorte de manuel de survie non dénué d'humour ou de cette politesse du désespoir qu'est l'autodérision... Entre le catalogue de bonnes résolutions et des réflexions drolatiques sur sa modeste condition, l'auteur, qui vécut et mourut sans grand bruit, était l'inverse de cette définition extraite de l'un de ses livres : "Les personnes insignifiantes aiment que leurs actes soient bruyants." Discret mais indispensable. » (La Nouvelle Vie ouvrière.)Lao She a un an lorsqu'en 1900 son père est tué en défendant la Cité Interdite. En 1966, il meurt victime de la Révolution culturelle. Entre ces deux dates, Lao She a traversé les bouleversements qui accompagnèrent le passage de l'Empire du Milieu à la République populaire de Chine. Il fut l'écrivain des humbles et son regard aiguisé et caustique s'accompagne d'une bienveillance qui colore toute son oeuvre d'humanité.

  • Le vieux Ma n'est guère enthousiaste de devoir partir en Europe - à Londres, plus précisément - où son frère lui a légué un magasin d'antiquités. Quant à son fils, Ma Wei, il tombe éperdument amoureux de la fille de leur logeuse, la très respectable veuve Window. Les tribulations de nos deux Chinois dans la capitale britannique sont contées par Lao She avec un humour féroce, et sans doute bien informé, puisque lui-même y séjourna de 1924 à 1929. Comment concilier la digne image de Messieurs Ma père et fils avec celle de « ces diables à face jaune » qui fument l'opium, s'adonnent au trafic d'armes, cachent sous leur lit les victimes qu'ils ont tuées et violent les femmes sans distinction d'âge ? L'abîme d'incompréhension et de préjugés qui les sépare de la population locale, s'il donne lieu à maintes scènes d'une drôlerie irrésistible, n'en laisse pas moins flotter une ombre de tristesse sur la réussite de leurs projets.

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