• Rouge. Rivière. Du sang bien sûr. Malaises. Récit dans un espace farouche, lyrisme déjanté, sous le signe des corps, relation périphérique avec une faucheuse instantanée, la mort. La lecture avance à tâtons, déplie sa forme, sa partition, aux variations ouatées d'angoisse. Le poète porte en lui l'ivresse, non pas des paysages, mais des mots. Leur silence. Leur amnésie. Leur syntaxe mouvante. Le livre saisit. Geste familier. Neuf. Amoureusement intime. Laurent Poliquin fragmente ses visions, les guette jusqu'au surgissement d'une parole, d'un silence. Sa maîtrise poétique se lie aux ramures de ses maîtres en poésie (Meschonnic, Miron, Stéfan). Il dialogue avec eux, « lis Ponge, lis Scève », et écume des forces qui « fracassent des passés ».

  • Dans une langue habitée par une vision initiatique de la vie et d'une pratique poétique incarnée, la poésie de Laurent Poliquin emprunte le passage de tous les souffles de vie pour sonder la densité tellurique des mots, ce qui rythme leur origine. Dans Marchand d'intensité, les poèmes proposent leurs marchandises opératives capables de s'emparer du lecteur pour le rendre à sa propre intensité.

  • Les vicissitudes de la vie littéraire franco-canadienne font qu'on oublie parfois qu'elle est littérature au sens noble du terme. C'est pour le rappeler que Laurent Poliquin a réuni des textes critiques et des entretiens, tous imprégnés de cette lucidité des rapports de force d'une littérature qui tente désespérément de mieux se faire connaître et reconnaître.

  • Sur fond d'expérience spirituelle, le poète manie les mots comme autant de larmes venues à la rescousse d'une quête de l'évidence d'un instant, d'une lueur, d'une émotion qui cherche à se dire. Écrits en quelques jours, dans un état d'incandescence poétique, ces textes fluides et profonds invitent à la méditation et se cristallisent à travers le prisme d'une conscience à vif, au bord du monde pourrait-on dire. au gré de la lecture, une histoire se tisse, celle qui dit et célèbre le poème, la quotidienneté matinale, le frémissement des arbres, s'ouvrant sur la nécessité de se dépouiller chaque jour de toute contingence.



    Poète, essayiste et professeur de français, Laurent Poliquin a fait paraître une soixantaine d'essais, d'articles et de textes poétiques publiés en allemagne, en espagne, en France, en italie et au Canada. Le maniement des larmes est son septième recueil de poésie.

  • Avec ce quatrième recueil, Laurent Poliquin s'autorise une poésie lyrique qui démontre la vitalité d'un peuple. Le poète rend la parole aux communautés tapies dans l'ombre des sociétés majoritaires. Cette réverbération du métissage livre toute la couleur de la dynamique identitaire et terrienne des plaines de l'Ouest canadien. Quelques vers de La Métisse filante ont été diffusés dans les transports en commun de Winnipeg (Manitoba, Canada) à l'occasion de Poetry in Motion 2006.

  • «De l'impuissance à l'autonomie» creuse en amont la dislocation du Canada français qui s'est réalisée dans les années 1960. L'ouvrage remet en question l'idée, très répandue, selon laquelle l'essor de l'identité québécoise aurait entraîné à lui seul l'éclatement du Canada français et impulsé le changement d'identité des minorités francophones du pays. Il démontre, au contraire, que la rupture s'est consommée au terme de discontinuités, et ce, au cours des décennies qui précèdent.

    Durant la première moitié du XXe siècle, plusieurs événements viennent perturber les relations entre groupes minoritaires et ceux qu'ils perçoivent comme les autres, les Anglo-Canadiens et les Canadiens français du Québec: les crises scolaires en Ontario (1912), au Manitoba (1916) et en Saskatchewan (1931), ainsi que les crises de la conscription (1917 et 1944).

    Dans cette étude, l'auteur analyse les discours journalistiques (Le Droit, Le Patriote de l'Ouest, La Liberté, La Survivance) publiés durant ces crises, ainsi que les discours relatifs à l'enfance - dont ceux véhiculés dans la littérature pour la jeunesse canadienne-française. Son objectif: saisir l'impact de ces discours sur les communautés et les mutations qu'ils provoquent dans la représentation collective des minorités.

    «De l'impuissance à l'autonomie» permet de rendre compte des glissements identitaires à mesure qu'ils s'opèrent; il met en évidence l'autonomisation graduelle des minorités canadiennes-françaises.

  • L'écriture de Laurent Poliquin est une invitation à l'égarement dans des sentiers qui permettent au réel de gagner en intensité et de lui infuser un sens de la rêverie et de l'innocence. Tel un refuge, la poésie s'ouvre alors en un silence nu, elle dévoile le monde. Le poète offre ici une véritable leçon en creux de ce que l'insaisissable peut nourrir.

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