Editions L'Harmattan

  • Rouge. Rivière. Du sang bien sûr. Malaises. Récit dans un espace farouche, lyrisme déjanté, sous le signe des corps, relation périphérique avec une faucheuse instantanée, la mort. La lecture avance à tâtons, déplie sa forme, sa partition, aux variations ouatées d'angoisse. Le poète porte en lui l'ivresse, non pas des paysages, mais des mots. Leur silence. Leur amnésie. Leur syntaxe mouvante. Le livre saisit. Geste familier. Neuf. Amoureusement intime. Laurent Poliquin fragmente ses visions, les guette jusqu'au surgissement d'une parole, d'un silence. Sa maîtrise poétique se lie aux ramures de ses maîtres en poésie (Meschonnic, Miron, Stéfan). Il dialogue avec eux, « lis Ponge, lis Scève », et écume des forces qui « fracassent des passés ».

  • Dans une langue habitée par une vision initiatique de la vie et d'une pratique poétique incarnée, la poésie de Laurent Poliquin emprunte le passage de tous les souffles de vie pour sonder la densité tellurique des mots, ce qui rythme leur origine. Dans Marchand d'intensité, les poèmes proposent leurs marchandises opératives capables de s'emparer du lecteur pour le rendre à sa propre intensité.

  • Les vicissitudes de la vie littéraire franco-canadienne font qu'on oublie parfois qu'elle est littérature au sens noble du terme. C'est pour le rappeler que Laurent Poliquin a réuni des textes critiques et des entretiens, tous imprégnés de cette lucidité des rapports de force d'une littérature qui tente désespérément de mieux se faire connaître et reconnaître.

  • Avec ce quatrième recueil, Laurent Poliquin s'autorise une poésie lyrique qui démontre la vitalité d'un peuple. Le poète rend la parole aux communautés tapies dans l'ombre des sociétés majoritaires. Cette réverbération du métissage livre toute la couleur de la dynamique identitaire et terrienne des plaines de l'Ouest canadien. Quelques vers de La Métisse filante ont été diffusés dans les transports en commun de Winnipeg (Manitoba, Canada) à l'occasion de Poetry in Motion 2006.

  • L'écriture de Laurent Poliquin est une invitation à l'égarement dans des sentiers qui permettent au réel de gagner en intensité et de lui infuser un sens de la rêverie et de l'innocence. Tel un refuge, la poésie s'ouvre alors en un silence nu, elle dévoile le monde. Le poète offre ici une véritable leçon en creux de ce que l'insaisissable peut nourrir.

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