Langue française

  • Dans une langue habitée par une vision initiatique de la vie et d'une pratique poétique incarnée, la poésie de Laurent Poliquin emprunte le passage de tous les souffles de vie pour sonder la densité tellurique des mots, ce qui rythme leur origine. Dans Marchand d'intensité, les poèmes proposent leurs marchandises opératives capables de s'emparer du lecteur pour le rendre à sa propre intensité.

  • Rouge. Rivière. Du sang bien sûr. Malaises. Récit dans un espace farouche, lyrisme déjanté, sous le signe des corps, relation périphérique avec une faucheuse instantanée, la mort. La lecture avance à tâtons, déplie sa forme, sa partition, aux variations ouatées d'angoisse. Le poète porte en lui l'ivresse, non pas des paysages, mais des mots. Leur silence. Leur amnésie. Leur syntaxe mouvante. Le livre saisit. Geste familier. Neuf. Amoureusement intime. Laurent Poliquin fragmente ses visions, les guette jusqu'au surgissement d'une parole, d'un silence. Sa maîtrise poétique se lie aux ramures de ses maîtres en poésie (Meschonnic, Miron, Stéfan). Il dialogue avec eux, « lis Ponge, lis Scève », et écume des forces qui « fracassent des passés ».

  • L'écriture de Laurent Poliquin est une invitation à l'égarement dans des sentiers qui permettent au réel de gagner en intensité et de lui infuser un sens de la rêverie et de l'innocence. Tel un refuge, la poésie s'ouvre alors en un silence nu, elle dévoile le monde. Le poète offre ici une véritable leçon en creux de ce que l'insaisissable peut nourrir.

  • Sur fond d'expérience spirituelle, le poète manie les mots comme autant de larmes venues à la rescousse d'une quête de l'évidence d'un instant, d'une lueur, d'une émotion qui cherche à se dire. Écrits en quelques jours, dans un état d'incandescence poétique, ces textes fluides et profonds invitent à la méditation et se cristallisent à travers le prisme d'une conscience à vif, au bord du monde pourrait-on dire. au gré de la lecture, une histoire se tisse, celle qui dit et célèbre le poème, la quotidienneté matinale, le frémissement des arbres, s'ouvrant sur la nécessité de se dépouiller chaque jour de toute contingence.



    Poète, essayiste et professeur de français, Laurent Poliquin a fait paraître une soixantaine d'essais, d'articles et de textes poétiques publiés en allemagne, en espagne, en France, en italie et au Canada. Le maniement des larmes est son septième recueil de poésie.

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