Littérature générale

  • Succédant au Ministère des ombres où Pierre Lepère traçait de Nicolas Fouquet le disgracié, un portrait attachant, Un prince doit venir évoque un autre mythe souterrain de notre Histoire, celui du duc d'Enghien. Après plusieurs tentatives d'assassinat perpétrées depuis le début du Consulat par les Jacobins et les royalistes, Bonaparte est averti au début de 1804 de la présence à Paris de Georges Cadoudal, le rebelle chouan. Tout prouve qu'il fomente un nouveau complot avec la complicité des généraux Pichegru et Moreau. On annonce aussi l'arrivée imminente d'un prince venu d'outre-Manche mais c'est en vain que le Premier consul fait surveiller les côtes normandes. Ce n'est donc pas des Bourbons restés en Angleterre que viendra le péril. Talleyrand suggère alors le nom du duc d'Enghien, le seul prince du sang qui soit demeuré sur le continent. Bonaparte a entendu parler des actions militaires passées du prince, saluées jusque dans le camp républicain, et il doute que ce jeune homme puisse être l'âme d'une conspiration aussi lâche. Finalement, il se laisse convaincre par Talleyrand et la suite de cette ténébreuse affaire constitue l'un des épisodes les moins glorieux de sa trajectoire légendaire. Peut-être fallait-il donner cette victime innocente en gage aux nostalgiques de la révolution et en exemple aux jusqu'au-boutistes royalistes pour parvenir plus haut ? En tout cas, deux mois plus tard, le 18 mai 1804, et sans rencontrer la moindre résistance, Bonaparte devenait Napoléon Ier.
    Pierre Lepère est poète, romancier et essayiste. Il a publié plusieurs romans ancrés dans l'Histoire dont le dernier, Le Ministère des ombres (La Différence, 2010), a remporté un vif succès.

  • La disgrâce de Nicolas Fouquet, surintendant des Finances de Louis XIV, a fasciné les écrivains, d'Alexandre Dumas à Paul Morand. Que nous dit Pierre Lepère en s'attachant à son tour au flamboyant ministre déchu ? Qu'il n'y a qu'un pas entre le sommet de la gloire et le fond du gouffre. Que le pouvoir - sa quête et son exercice - a beaucoup à voir avec le donjuanisme et que les perdants, tel Napoléon à Sainte-Hélène, sont magnifiques surtout quand ils ont connu des victoires éclatantes. Dans ce roman construit en cinq actes, Pierre Lepère met en scène un héros contradictoire, égaré, dépassé par le monde nouveau qui surgit, un aventurier de l'esprit, un mystique qui rêve d'être ermite et qui le lendemain se fait démon. « Nicolas » n'était-il pas le nom que le peuple donnait couramment au diable ?
    Poète, romancier et essayiste, Pierre Lepère renoue ici avec la veine de ses romans ancrés dans l'Histoire : L'Héritage de la nuit, Monsieur d'ailleurs, Le Petit Anarchiste (La Différence) et La Jeunesse de Molière (Folio junior).

  • Il faut tout le talent de conteur et l'art d'écrire de Lepère pour réussir à nous plonger dans l'époque troublée de la Convention et rendre vivants ces personnages que les manuels scolaires ont réduits à des images simplistes : qui ne connaît celle de Marat assassiné dans sa baignoire par Charlotte Corday ? Une légende noire s'attache à Jean-Paul Marat. Le savant admiré par Goethe, le penseur polyglotte, disciple de Montesquieu, le journaliste infatigable, l'homme souffrant dont le peuple disait qu'il ne dormait jamais pour mieux veiller sur lui, sont soigneusement occultés au profit de sa caricature. En revanche, la légende blanche de Charlotte Corday n'a jamais cessé d'être célébrée. On continue à voir en elle une nouvelle Jeanne d'Arc dont l'attentat aurait sauvé la France. La réalité est plus contrastée. La mort de Marat n'a-t-elle pas ouvert une voie royale à Robespierre et permis l'instauration de la Terreur ?
    Né à Lyon en 1949, Pierre Lepère a passé son enfance en Allemagne, en Algérie et au Maroc. Il est poète, essayiste et romancier. Après Le Ministère des ombres qui mettait en scène la chute de Nicolas Fouquet, Un prince doit venir qui racontait l'assassinat du duc d'Enghien, Pierre Lepère achève sa trilogie des grands perdants de l'Histoire avec Marat ne dort jamais.

  • "Comme de joie rejointe à la belle étreinte, il n'en a toujours pas fini de revenir de vos venues-dahlias ô Dalilas. Des minuits chevelus d'ire grège dans les longues feintes fendues des murs du songe solitaire." Paru en 1976, le recueil de Pierre Lepère, à la manière de Cocteau et de Max Jacob au début de leurs écrits, nous propose une suite de poèmes fantaisistes.

  • La dame de provins

    Pierre Lepère

    Avril 1230. La toute jeune Mariette Blancheflore, vive et intelligente, devient demoiselle de compagnie de l'épouse du baron Amaury d Ombreuse, qui s'éprend d'elle. Le baron est l'un des conseillers du comte Thibault IV de Champagne, trouvère réputé, lui-même épris de la reine de France, Blanche de Castille. Lorsque le roi Louis VIII est empoisonné, Thibault est soupçonné et humilié publiquement par l'un des fils de la reine qui le congédie. Blessé, il projette de se marier, s'opposant ainsi à l'autorité royale. Un jour, la femme du baron Amaury est retrouvée étouffée dans son lit. Les rumeurs circulent. Ce qui n'empêche Amaury de demander la main de Mariette

  • Qui se cache derrière le sourire énigmatique de la Joconde ? Pour Pierre Lepère, il n?y a pas de doute : il s?agit d?Isabella d?Este, marquise de Mantoue. Cette Italienne, qui avait demandé un portrait à Leonard de Vinci, ne le verra jamais. Entre-temps, des intrigues et des complots se nouent dans l?atelier du maître ; on y croise notamment son élève, Salaï, qui espionne Vinci pour le compte d?Isabella et du gouvernement français. Ce roman dévoile un secret jalousement gardé : le tableau exposé au Louvre n?est pas la toile originale de Vinci, mais la copie vendue à François 1er pour 20 000 florins par l?assistant du maître, Salai, qui l?avait peinte. Pour avoir conservé l?original en sa possession, celui-ci sera assassiné en 1524, cinq ans après la mort du Maître...

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