• Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Voici un demi-siècle, la visite des grottes ornées ne manquait pas de saveur, ni de pittoresque. La préhistoire elle-même était-elle prise au sérieux ? En tout cas, nos guides étaient pour le moins peu qualifiés. Au cours de la visite de la grotte célèbre des Combarelles, on vous affirmait que les oeuvres étaient datées de 20 000 ans et 8 mois... Et comme on s'étonnait de la précision, le guide de répondre, péremptoire : « C'est l'abbé Breuil lui-même qui me l'a affirmé lors de son passage, voici quelque huit mois... » Cet ouvrage est une invitation à parcourir l'un des plus fascinants et mystérieux patrimoines de l'humanité. De la France à l'Espagne en passant par l'Italie, plus de 70 grottes ornées, ouvertes au public, sont offertes à notre curiosité. L'auteur, en nous entraînant dans la nuit de la civilisation, nous fait découvrir nos ancêtres préhistoriques qui, par leurs gravures et leurs peintures, ont à jamais marqué l'histoire de notre humanité et nous ont ainsi donné notre première « littérature en images » ! Une multitude d'oeuvres d'art, comme la Femme à l'anorak, les Chevaux chinois, le Grand Être, le Bouquetin au hublot, le Plafond aux serpents, sont dévoilées comme autant de saisissements inscrits au détour de chaque exploration. Louis-René Nougier, à l'aide de plans, de croquis au trait et d'illustrations, prend aussi le soin dans ce guide de nous éclairer sur la signification de ces oeuvres, tout comme il se propose d'élucider un certain nombre de tracés plus mystérieux encore. Ainsi ces empreintes dans l'argile de doigts amputés, est-ce un rite initiatique ou un traitement cicatrisant ?

  • L'homme est communication. La caresse d'amour de la mère pour son petit ; le dur choc du percuteur sur le rognon de silex ou sur le bloc de quartz pour oeuvrer le premier outil, créent, par là-même, rythme et harmonie ; la main souillée qui s'imprime sur le sol ; le doigt vagabond qui trace ses méandres sur le sable des grèves ou la terre des limons sont autant de faits universels, marques d'une « osmose gestuelle ». La communication s'impose : les piroguiers audacieux, sur leurs embarcations de roseaux, de bois, ou leurs coracles de cuir, profitant de la baisse du niveau des océans, doublent les migrations vers les Amériques ; vers le continent austral. Tout est communication ! La noire et brillante obsidienne est objet de troc ou de colportage. Le silex blond de Touraine, aux « cachettes » mercantiles, la dure dolérite du Morbihan jalonnent de nouvelles voies de communication, couvrent l'ouest de l'Europe. Vers 15 000 avant J.-C., la lampe à graisse de Lascaux, le briquet de Chaleux, contemporains de la merveilleuse aiguille, lancent Cro-Magnon à l'exploration et à la conquête d'un nouvel espace, celui des cavernes et des ténèbres vaincues ! Les parois des grottes et des cavernes apportent, enfin, des supports durables aux graphies innombrables. Elles sont notre première « littérature en image » ! Drames ou anecdotes se poursuivant (se conservant !) sur écorce ou sur cuir nous offrent les premières formes écrites du langage, avec les multiples signes abstraits qui les accompagnent : leur vocabulaire graphique est fort étendu, quoiqu'encore énigmatique pour nous. L'écriture se prépare ! Mais quid de ce langage ? De rares toponymes, antérieurs à la grande famille linguistique indo-européenne, chère à Georges Dumézil, ne seraient-ils pas datables ? Les cartes de ces paléo-toponymes, vrais « fossiles du langage », nous sont ici dévoilées de manière suggestive.

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