• La communication

    Lucien Sfez

    La communication envahit tous les domaines : communication d'entreprise, marketing politique, pages « communication » de nos journaux, technocommunication, psychothérapies de groupe pour apprendre à « communiquer », etc. En soi, communiquer ne veut rien dire. Il y a en revanche des théories, des pratiques et des techniques de la communication que Lucien Sfez expose et discute. Représentative, expressive ou confondante : les formes de la communication y sont décrites ainsi que les idéologies qui les portent afin de permettre à chacun de décrypter ce phénomène fondamental de nos sociétés contemporaines.

  • Un Frankenstein technologique nous menace. Du moins le croyons-nous. Déjà nous vivons dans un monde de machines, à transporter, à fabriquer, à penser. pour remédier à la catastrophe imminente, nous comptons sur la communication : concept magique, mode envahissante, nouvelle science liturgique du siècle à venir. La communication - sous toutes ses formes - va-t-elle sauver nos sociétés ?
    On ne parle jamais autant de communication que dans une société qui ne sait plus communiquer avec elle-même, dont la cohésion est contestée, dont les valeurs se délitent, dont les régulations s'effacent. Dieu, l'Histoire, les anciennes théologies et valeurs fondatrices ont disparu en tant que moyens d'unification. Dans le creux laissé par leur faillite se développe la communication, entreprise désespérée pour relier entre elles des analyses spécialisées et des milieux cloisonnés à l'extrême. Comme une nouvelle théologie, celle des temps modernes, fruit de la confusion des valeurs et des fragmentations imposées par la technologie.
    De cette nouvelle science qui a ses écoles, ses laboratoires, ses grands prêtres, Lucien Sfez entreprend l'exploration systématique et la critique radicale.

  • La technique qui, aujourd'hui, s'est ennoblie en "technologie" est au centre des dispositifs de pouvoir. Elle est fortement politique, alors qu'elle se dissimule derrière les objets techniques porteurs de rationalité et de progrès, nous dit-on. C'est pour cette raison que les gouvernements du monde développé, en panne d'idées nouvelles, croient trouver dans les nouvelles technologies un appui pour l'élaboration du consensus.
    Mais loin de se réduire à des objets, la technologie est une série de grands discours ou récits de légitimation de l'ordre existant. Ces récits dispersés, toujours changeants, souvent non fondés, s'enracinent en imageries, en métaphores osées ou métonymies abusives.
    Le projet de ce livre est d'analyser le récit du techno-politique, ses imageries techno-sociales ou techno-naturelles, et leur mode envahissant de fonctionnement dans tous les milieux dirigeants. La technique serait-elle devenue instituante de l'Etat et de la société ? Rien n'est moins sûr.

  • Avant-propos de la nouvelle édition
    La crise de la représentation et son remède Première partie - Le gouvernement de Port-Royal
    Présentation de la première partie
    I. L'art de penser ou la politique de Port-Royal
    2. Les dépendances de Port-Royal
    3. Les contre-dépendances de Port-Royal
    4. Harmonies autogestionnaires
    5. La parole - acte magique Deuxième partie - L'administration du symbole
    Présentation de la deuxième partie
    1. Malade de son histoire
    2. Figures de guérison
    3. Achille et la Tortue
    4. Politique à mémoire politique sans mémoire
    5. Le jugement dernier

  • C'est une idéologie nouvelle que ce livre voudrait identifier et critiquer. Elle est repérable à travers des thèmes en apparence forts différents, de la diététique à la biotechnologie, mais qui forment néanmoins un même objet. Il s'agit d'une vaste construction théorique destinée à suppléer aux anciens modèles politiques - égalité, décision, communication - qui sont en panne.
    Cette idéologie de "santé parfaite" est une nouvelle "figure" bio-écologique qui suggère l'idée, inquiétante, d'une purification générale de la planète et de l'homme. Plus globale encore que l'idéologie de la "communication", elle ne vise pas seulement les liens sociaux unissant les individus mais l'individu lui-même, dans son existence. Prenant appui sur les acquis des sciences de l'information et de la communication, elle prétend nous entraîner dans un vaste récit des origines et projette sur le futur ce qu'il faut bien appeler une utopie.
    C'est au terme d'une longue enquête en Europe, au Japon et aux Etats-Unis que Lucien Sfez entreprend l'exploration systématique et la critique radicale de cette nouvelle utopie. Qu'il s'agisse du projet mondial de génome humain, des sciences écologiques ou de l'imitation électronique de la vie (artificial life) avec toutes les idéologies qui leur sont associées et travaillent sourdement l'imaginaire contemporain. Un livre nécessaire.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Lucien Sfez nous explique, dans cet ouvrage de 1970, que l'administration française "ce ne sont pas seulement les ministres, les préfets et les maires, les classiques bureaux et commissions", mais ce sont également tous ceux qui s'efforcent d'agir avec la vision de l'avenir national ; voilà ce que l'on appelle l'administration prospective, constituée de grands organismes dont les noms sont le plus souvent des acronymes.

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