• Tout allait bien avant qu'Émile Hébert entre au service de l'ambassadeur à l'Unesco et
    que Sophie Elytis déménage à Paris. Pendant qu'Émile s'échine de longues heures à
    rédiger les discours de l'ambassadeur, des meurtres surviennent et l'ordre du monde
    vole en éclats. Sophie mène-t-elle Émile en bateau, lui qui ne demande qu'à se noyer
    dans ses yeux de tragédienne?

    Rumeurs de complot, filatures dans Paris, rencontres clandestines. Autant de fausses
    pistes où l'on croise tour à tour une diva aux trilles endiablés, un étudiant mordu de
    cinéma, un joueur d'échecs amateur de heavy métal, une gardienne de phare qui
    fabrique des bijoux, le dalaï-lama mort de rire à la télé, un personnage de Dostoïevski
    égaré dans un roman de Tolstoï et un colosse cloîtré dans un hôtel du vieil Istanbul.

    Rien n'est sûr désormais, sauf le pouvoir qu'ont les mots de changer la vie, pas toujours
    pour le mieux. En se jouant des codes du polar, Complot à l'Unesco brosse le portrait
    convaincant d'un jeune idéaliste en proie à la folie de notre époque.

  • En guise de reconnaissance et grâce à la mémoire, l'oeuvre retrace ici le temps d'une vie. D'hier à aujourd'hui, du commencement à la fin, les souvenirs défilent sous nos yeux et réalisent un émouvant film muet. Nous y assistons dans la salle de projection privée du poète. « C'est d'abord le soleil qu'on regarde de face, puis la mer qui aurait perdu ses eaux. Des formes crépitent et surgissent. Me voilà en dix-huit images par seconde projeté sur un pan de mur. »

    Ce recueil est le dernier volet d'un triptyque. Aux lieux reparcourus en exilé dans Jours inouïs et aux airs réinterprétés par le poème dans Chants d'un autre siècle succède dans Comptines la reconstitution d'une langue profondément maternelle par laquelle se perpétue le théâtre des origines. Et par laquelle un fils apprend ce qui dans la vie ou dans l'art est nourricier.

    « Je pince la flamme avec le pouce et l'index. Mais, pfuitt, la mémoire s'alimente d'autres clartés. »

  • Qu'ont en commun un conservateur de documents anciens, le fils d'un opposant à la dictature des colonels en Grèce, un distributeur de courrier dans une tour de bureaux, un étudiant en proie au Stamboul Blues, un joggeur qui découvre un cadavre, un cinéphile captivé par une bande-annonce, deux frères nés à une minute cinquante-sept secondes d'écart? La réponse se décline ici en sept vies et dix-sept morts.

    Dans ces nouvelles qui se répondent, Alain Bernard Marchand explore les différentes formes de filiation - filiation par le sang, par le goût, par le tempérament - qui lient des personnages sans défense au moment où la mort les frôle de trop près.

  • L'homme qui pleure

    Un homme s'envole vers l'Orient, sur la foi des récits qu'un autre a inventés. Dix ans plus tard, cet autre part à son tour et se lance sur les traces de l'ami disparu. Des rives du Gange aux neiges éternelles, un autre voyage commence qui le conduit lentement vers l'intérieur. Comment renaître d'une rencontre où l'on s'est perdu corps et âme? Comment transformer l'expérience d'une ancienne liberté en ferveur? Comment trouver dans la perte de l'autre le sens d'une vie nouvelle?
    Autant d'énigmes que l'auteur cherche à résoudre dans un roman généreux qui déploie toutes les facettes du discours amoureux avec un courage et une puissance d'évocation rares.

    C'était un homme aux cheveux et aux yeux foncés

    C'était un homme aux cheveux et aux yeux foncés raconte, d'un façon toute simple, mais
    pourtant implacable, l'histoire d'une fascination. Deux fonctionnaires dans un bureau impersonnel se toisent, s'apprivoisent petit à petit, puis, comme si un pacte mystérieux avait été conclu, l'un se met à parler de lui. Surgissent alors l'impossible aveu, la luminosité de l'enfance, la fragilité des corps. Surgit surtout le récit d'une passion, inexorable, tranchante, rédemptrice, qui ne veut jamais dire son nom.

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