• Ce peintre-poète est à la fois Druze et Akyé, mais aussi ouvert aux souffles divers et vivifiants des cultures ivoirienne, française et mondiale, toutes choses qui consacrent et justifient l'enracinement et l'universalité de son oeuvre. Stenka rompt avec la symétrie; il a le don de la voyance; il aspire à élever son âme jusqu'au coeur de cet univers éthéré où règnent l'harmonie et la paix, tandis que ce monde ne lui offre que miasme et ennui... Ce ouvrage révèle dans sa dimension totale un peintre véritablement habité.

  • Faut-il le redire après d'autres ? Le conte, en Afrique. est l'art total par excellence. « Liboy Li Nkundung » en est un bel exemple, qui intègre à la fois le récit narratif, la poésie, le chant, la musique à laquelle l'oeuvre doit son titre, la danse. Le mythe et le rite initiatique. Mais il y a aussi - et c'est peut-être là l'essentiel - la portée sociologique de l'oeuvre. L'introduction à ce conte le souligne : les peuples africains sont aujourd'hui confrontés à une crise majeure. Comment leur sera-t-il donné de renaître à eux-mêmes ? Comment rythmer la prière pour que la pluie du ciel que nul touraco n'ose plus annoncer revienne féconder la terre famélique ? Faut-il tuer le « Crocodile sacré » ? « Liboy Li Nkundung » n'apporte pas de réponse miracle à ces problèmes angoissants ; mais ils sont formulés clairement en langage symbolique - notre manière à nous de les dire et bien dire -, avec pour seul objectif de contraindre l'esprit à s'interroger, à s'interroger encore et toujours, pour contraindre la lumière à jaillir enfin. Il n'y a pas aujourd'hui, pour l'Afrique, meilleure exigence.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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