Langue française

  • En 1976, au cours d'un séjour en Haute-Lozère, l'auteur rencontre une jeune femme mauricienne venue épouser un agriculteur célibataire, qu'elle a connu par correspondance. Cette rencontre inaugure le début d'une enquête qui la mènera dans le Finistère et l'Aveyron, où les couples franco-mauriciens sont devenus chose courante. C'est en mettant en scène ces "femmes de là-bas" que Martyne Perrot tente ici l'analyse d'une émigration originale. Vie quotidienne, séquences biographiques, paroles de femmes échangées et transmises : derrière chaque histoire individuelle se révèle progressivement une autre Histoire, coloniale d'un côté, rurale de l'autre. L'auteur effectuera, à son tour, le voyage à l'envers, rencontrera à Maurice celles qui rêvent de partir vivre la même "aventure", celles qui en sont revenues déçues, et, surtout, les acteurs qui ont, à des degrés divers, participé à la création de ce nouveau marché matrimonial.

  • Depuis les années 40 et sous l'influence des Etats-Unis, Noël suscite une mobilisation sans précédent dans le cycle des réjouissances annuelles : nous l'éprouvons tous comme un héritage collectif. De la Toussaint au Nouvel An, il surexpose la scène sociale, et transfigure nos paysages urbains. Sacrée, traditionnelle et moderne, cette célébration du merveilleux rassemble les contraires. Ombre et lumière, passerelle entre le monde des morts et celui des vivants, Noël impose une lecture manichéenne de l'événement sur le mode de l'effroi ou de la féerie. Véhiculant une imagerie bien spécifique, tissée de religion, d'histoire et de folklore, Noël recouvre un patrimoine très largement exploité par le cinéma, la littérature et les arts. Citons Miracle on 34th Street de J. Huston (1947), Le Conte de Noël de Dickens, La Petite Marchande d'Allumettes d'Andersen, sans oublier les regards émerveillés des enfants devant les vitrines qu'ont capturés Doisneau, Ronis, et bien sûr la chanson de Tino Rossi, Petit Papa Noël. Si la tradition familiale célèbre l'enfant roi, pilier de la nouvelle trinité Famille-Enfance-Charité, Noël est devenu un hymne à la gloire de l'argent, et ce, dès la fin du XIXe siècle. Santa Claus, le Père Noël et les lutins scandinaves sont autant de supports publicitaires, pourtant leur essence « divine » neutralise toute connotation négative de matérialisme. Symbole de nos sociétés de consommation, Noël n'en demeure pas moins une période propice à l'attendrissement sur soi et sur les autres ; en témoignent les actions caritatives et le court arrêt des hostilités. C'est ce registre que Martyne Perrot ne cesse d'interroger. Sous sa plume, Noël devient un « objet anthropologique total » en ce qu'il condense et révèle les fractures de notre époque.

  • Dès la Rome antique, les hommes célébraient Strenia, déesse de la santé. Cette fête, accompagnée de dons alimentaires, symbolisait l'abondance au coeur de l'hiver. Voilà d'où viennent nos étrennes et l'orange de nos grands-parents !
    Au fil des siècles, les cadeaux de Noël, récompenses des enfants sages, se parent de magie : ne tombent-ils pas du ciel ? Vers le milieu du XIXe siècle, ils « s'inventent » dans leur forme actuelle. C'est l'avènement des grands magasins, la naissance du père Noël et d'une tradition devenue sacrée : la fête familiale.
    Des fruits secs aux best-sellers de l'année, en passant par le ramasse-miettes, en vogue au XIXe siècle, ou les éternels poupées et tambours, ces objets nous content une autre histoire des sociétés occidentales. Une étonnante histoire, entre rêve et marchandisation.

  • Faire ses courses est une activité dont la banalité est trompeuse. Indispensables, car dans nos sociétés il faut s'approvisionner pour se nourrir, généralement étudiées sous le seul angle de la consommation, les courses alimentaires en disent long sur nos modes de vie, nos hiérarchies sociales, nos relations familiales et conjugales ou encore nos conceptions morales du bon, du sain, du raisonnable.
    Entre loisirs et corvées, espace public marchand et sphère domestique privée, elles imposent leur régularité, leurs rythmes, celui des saisons comme celui des promotions, et leurs itinéraires balisés. Des linéaires de grande surface au marché dominical en passant par le dépannage de la supérette, Martyne Perrot analyse finement les manières de faire, la distribution des rôles entre hommes et femmes, le comportement avec les enfants, les registres imposés par les habitudes culturelles ou les nécessités économiques.
    Mêlant avec talent des témoignages vivants et une ample documentation, elle montre à quel point, sous la massification des consommations alimentaires, nos achats nous révèlent et nous distinguent. Et l'on découvre combien le fameux « panier de la ménagère », régulièrement soupesé par les économistes experts, contient aussi son poids d'amour, de souci, de menus plaisirs ou de frustrations.

  • Qu'on l'appelle Santa Claus, saint Nicolas ou Père Noël, qu'il vienne du Pôle Nord, de l'Est ou qu'il soit américain, que l'on y croit ou pas... il est le personnage incontournable de nos fins d'années. Entre folklore et tradition, religion et consommation, il est un condensé de Noël.
    Au travers des principales idées reçues, Martyne Perrot retrace l'histoire de cette fête préférée des Français, de ses emprunts culturels ainsi que les rites et les usages qui s'y attachent.

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