• En rassemblant pour la première fois les oeuvres complètes de Rivarol ainsi que la majeure partie des textes de Chamfort et de Vauvenargues, ce volume permet de redécouvrir le génie littéraire de trois écrivains ayant en commun une parfaite liberté d'esprit alliée à un art consommé de l'insolence. Auteur d'une oeuvre singulière entre toutes, penseur et prosateur d'exception, Rivarol (1753-1801), " le Français par excellence ", selon Voltaire, fut le témoin de la fin d'un monde et le peintre implacable de la politique et de ses moeurs. Du Discours sur l'universalité de la langue française au très ironique Almanach de nos grands hommes, du Traité de la connaissance au Journal politique national et aux Tableaux de la révolution, on trouvera ici ses ouvrages les plus provocateurs, ses canulars, ses pamphlets et ses recueils d'aphorismes comme ses traités philosophiques. Au XVIIIe siècle, deux autres jeunes réfractaires, Vauvenargues (1715-1747) et Chamfort (1741-1794), portèrent l'art de l'insolence à son paroxysme. L'essentiel de leurs oeuvres - discours, poèmes, lettres, dialogues philosophiques -, devenues introuvables, est ici exhumé par Maxence Caron dans une édition qui les situe à leur juste place dans notre histoire littéraire et intellectuelle. Cet ensemble inédit et sans équivalent révèle un autre siècle des Lumières, à rebours de tous les conformismes, illustré par trois auteurs qui combattirent les préjugés de leur époque et incarnèrent, selon la formule de Chantal Delsol, " la grâce de la langue française la plus pure ".

  • De la littérature après la fin du temps, suivi de Manifeste du maxencéisme

  • Disparu en 2006 dans l'indifférence, Philippe Muray est aujourd'hui le penseur le plus à la mode. Mais si son humour et son impitoyable analyse de notre société se retrouvent sous les feux des projecteurs, il a sans doute été trop vite rangé dans la catégorie des "nouveaux réactionnaires". Or, jusqu'ici, en dépit du nombre toujours croissant de ses adulateurs et de ses détracteurs, son oeuvre n'a pas fait l'objet d'une étude objective et approfondie. Avec le brio et l'acuité qui lui sont habituels, Maxence Caron dépasse non seulement les clichés que l'époque plaque sur les thèmes murayens, mais va également au-delà de l'image même que Muray voulait bien donner de soi. En s'attachant à la question de la femme et à celle du divin, à travers les ambiguïtés, les contradictions et les non-dits de l'auteur de Festivus Festivus, c'est le sens profond de toute une oeuvre que Maxence Caron met en lumière. L'auteur : Agrégé de philosophie, Maxence Caron est l'auteur de l'ouvrage qui fait aujourd'hui autorité sur Heidegger, Heidegger : Pensée de l'être et origine de la subjectivité, ainsi que d'un nouveau système de philosophie, La Vérité captive, qui a créé l'événement à sa parution. Directeur des Cahiers d'Histoire de la Philosophie aux Éditions du Cerf où il a entre autres coordonné le premier collectif consacré à Philippe Muray, il est également poète et auteur d'ouvrages littéraires (Pages, Microcéphalopolis, Le Chant du Veilleur). Docteur ès Lettres, lauréat de l'Académie Française, musicien émérite, il a consacré plusieurs textes à la musique, de Bach à Mahler en passant par Beethoven et Liszt.

  • Molière vient de monter Le Misanthrope. Alceste est furieux, humilié, déshonoré. Lui, l´être au goût exquis, le véritable aristocrate du savoir, le défenseur des vertus foulées au pied par flatteurs et courtisans, le gentilhomme infiniment supérieur aux petits marquis que cette diablesse de Célimène a le culot de lui préférer... Voilà qu´on ose le railler sur scène ? Hésitant toujours à partir au désert, Alceste se tourne, en désespoir de cause, vers son maître en misanthropie - un maître éternel, qui a tout vu, tout entendu, tout senti, et de tout temps - sans deviner que ses jérémiades vont provoquer un torrent de fureur. Outré par les simagrées de son ancien élève, Maxence Caron s´énerve et songe d´abord à les ignorer : après tout, pourquoi un misanthrope émérite viendrait-il au secours de qui que ce soit ? Difficile, cependant, de ne pas saisir cette trop belle occasion de dire à un disciple en herbe ce qu´est la misanthropie, loin de toute caricature. Il est temps de montrer à ce pauvre Alceste que le monde est encore plus ridicule, corrompu, encore plus nigaud que la cour de paons désignée par Molière, et que le désert ne peut servir de refuge à celui qui ne renonce pas à croire en l´humanité. Car tout est là : un misanthrope, un vrai, ne déteste les siens que parce qu´il conserve préalablement en lui la plus haute idée de l´esprit humain, une foi en la beauté, la douceur, l´harmonie et la sagesse.

    Pour parvenir à retrouver cette image de la perfection humaine, à comprendre d´où elle provient, le misanthrope devra regarder droit dans les yeux les horreurs de la société où il est né. En somme, pour accéder au Paradis, encore faut-il avoir désigné où se situe l´Enfer et s´être patiemment imbibé de l´enseignement d´un purgatoire. Prenant Alceste par la main, Maxence Caron le mène dans une nuit de Walpurgis où défilent les figures grimaçantes d´artistes, d´écrivains ou d´hommes politiques infiniment plus nocifs que ceux qu´Alceste a condamnés sur la scène du Misanthrope. Une fois décillé, Alceste sera prêt à comprendre le rôle élévateur de la musique et à s´approprier ses symboles, pour savoir entendre et écouter d´invisibles beautés, grâce à Liszt, Schubert, Beethoven et Bach, qui réconcilient l´entendement et la sensibilité dans l´âme du misanthrope le plus aguerri. Alors seulement, la misanthropie devient un art, un exercice humaniste hors des circonstances, parfaitement ontologique, et même un droit divin. Car en profondeur, la joie et la misanthropie ne sont pas opposées.



    Lettre leçon, lettre roman d´initiation, lettre à la circularité proustienne et à la structure de Divine Comédie, lettre de flamboiement stylistique étourdissant, lettre fleuve sur la nécessité de s´élever misanthrope - et non de tomber misanthrope - afin de savoir encore entendre, apercevoir, aimer ce qui est beau, ce qui mérite notre dévotion, cet extraordinaire opus des « Affranchis » s´adresse bien sûr, à travers la figure d´Alceste, à un destinataire que nous connaissons très bien : nous.

  • Portrait du couple moderne, cette satire romanesque déshabille la façon dont deux amants contemporains passent leur samedi soir. Pour peindre ce qu'est devenue la relation entre homme et femme, il faut un style d'une tonalité et d'une insolence inexplorées. Aussi le début des Satires de Juvénal, témoignage exemplaire de la liberté littéraire, résonne-t-il ici en un écho spontané.

    Dans un récit drôle et terrible où se mêlent cynisme et pornographie, Maxence Caron raconte douze heures de la vie d'un couple, une nuit entre Clitandre et Phallusine, autrement dit l'existence de celui ou de celle qui tient ce livre entre ses mains ou qui, déjà, se trouve avoir lu ces lignes. « Satire de l'alcôve générale, satire de l'alcôve terminale, satire de l'enfoutrade et de la foutimasserie, la Satire Foutre est le roman comique de tous les Clitandre en proie volontaire à toutes les Phallusine. »

  • « La philosophie n'avait pas encore commencé. C'est fait. »
    M. C.

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