• Lorsqu'en 1756, à Lyon, un beau jeune homme étranger à la ville vient solliciter la charge d'exécuteur des hautes oeuvres, ces messieurs de la Justice l'acceptent avec un certain soulagement. C'est qu'une malédiction semble peser sur les bourreaux de Lyon. Frappés de fièvre maligne ou assassinés dans leur sommeil, ils ne font pas de vieux os dans la carrière.Le jeune homme accomplit sa fonction à merveille. Les exécutions attirent une foule immense et les dames de la bonne société lyonnaise ne sont pas les dernières à frissonner... Car, si le seul fait de toucher le bourreau porte malheur, celui-là montre dans son regard et dans chacun de ses gestes une douceur qui surprend et captive.Cet étrange et séduisant « monstre à visage de femme » n'est-il qu'un être de mort ? N'est-ce pas plutôt l'amour qui l'anime ? La passion ne serait-elle pas son seul guide ?Nicole Avril, dont le talent ne cesse de s'affirmer et de s'épanouir, compte désormais parmi nos meilleures romancières. Ses précédents livres, Les Gens de Misar, Les Remparts d'Adrien, Le Jardin des absents, ont connu un très grand succès. Avec Monsieur de Lyon, sans rien renier des sortilèges qui marquent son écriture et sa personnalité, elle nous donne une oeuvre tout à fait différente, un roman vif, fougueux, haletant, qui emporte le lecteur dans un foisonnement de personnages et d'aventures. Le récit, qui d'ailleurs part d'un curieux fait historique, caracole comme dans un roman de Dumas, serpente sur les routes du Tendre et du plaisir à la rencontre de Casanova, joue avec l'ambiguïté et le mystère, et mêle avec bonheur l'éclat souriant de la vie à la violence des sentiments.

  • C'est à des plaisirs cruels qu'Isabelle nous convie.Isabelle a treize ans. Elle est laide mais ne le sent pas. Une phrase surprise dans la bouche de sa mère déchire le voile. Et comme sous le coup d'une malédiction, la petite fille heureuse, innocente et timide dans la grande maison familiale, se métamorphose alors en une adulte despotique, implacable et terrifiante qui réussit à éliminer tous ses proches.Nicole Avril nous fait vivre l'inexorable progression de ce drame avec l'art consommé d'une très grande romancière. Nous sommes pris peu à peu dans cet univers bien vite irrespirable où la tendresse tourne à la violence tandis que l'océan tout proche rythme les obsessions de chacun. C'est à travers le regard d'Isabelle que nous voyons tout. C'est par elle que nous souffrons ou que nous nous vengeons dans ce monde des apparences où la beauté serait une grâce divine et la laideur une vraie « disgrâce ».Après l'immense succès de Monsieur de Lyon, Nicole Avril franchit avec ce livre profond et poignant une étape fondamentale dans son oeuvre magistralement entamée avec Les Gens de Misar.

  • Elvire dirige le French Movie Office, une enclave française en plein coeur de New York. Mais c'est dans sa limousine aux verres fumés, à la fois bureau et boudoir, qu'elle accueille ses illustres visiteurs. Elle engage un chauffeur noir, arrivé depuis peu du Sénégal, Alassane. Aussitôt l'Africain et la Française se lient d'amitié à travers ce Manhattan que l'un et l'autre ont tant souhaité connaître.
    Alassane est intrigué par la conduite d'Elvire.
    Insatiable, elle multiplie les aventures amoureuses et, d'un homme l'autre, passe de l'enthousiasme au désespoir. Elle lui confie son secret : Marie, sa soeur, son immobile, son unique amour, est infirme de naissance et ne s'exprime que par le regard. Alassane trouve spontanément les mots, les gestes qui mettent sur les lèvres de Marie un sourire, dans ses yeux un éclat de bonheur. Et sans doute est-ce parce qu'il insuffle la vie à Marie qu'Alassane trouve l'amour d'Elvire. L'amour ou la passion, avec ses exigences, ses ruptures et ses saisons. New York flambe autour d'eux. Elvire et Alassane pourront-ils longtemps danser sur la peau du diable ?

    Photo G. Popovic

  • Sonia Salzères est de retour. Son père, le grand soyeux lyonnais, revit soudain. Elle a découvert le monde, connu le plaisir de quelques étreintes... qu'importe tout cela ? Leur alliance aussitôt se ressoude, intacte, sans faille.
    Seuls survivants d'une dynastie ravagée par la guerre et les haines, le père et la fille n'ont cessé de vivre une passion réciproque, jalouse et inaccomplie. Autour de ce couple ambigu, d'autres êtres tentent d'exister, de participer à leur entente ou de briser l'amour des origines. N'est-ce pas en vain ?
    Les cernant tous, Lyon, belle et ombrageuse, la cité des passions tues, exacerbées.

    Qu'est donc cette première alliance qui unit le père et sa fille ? Une fatalité tragique et innocente qui écrase les uns et fait courir les autres à leur propre perte ? Une prison ? Ou bien un bonheur fou ?

    Photo : G.Popovic

  • L'imperatrice

    Nicole Avril

    • Grasset
    • 6 Octobre 1993

    L'Empire austro-hongrois, Vienne, l'empereur François-Joseph, Louis roi de Bavière, Rodolphe le prince héritier, Henri Heine, Liszt, Elisabeth reine de Hongrie, la fameuse Sissi : nous avons là quelques-uns des acteurs de l'une des plus grandes mythologies du monde. Aujourd'hui encore plus qu'hier. Mythologie des temps modernes puisqu'elle s'incarne dans l'Histoire à partir de 1830 environ, qu'elle va connaître ses sommets et ses gouffres avec la déroute des Autrichiens à Sadowa en 1866 et l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand en 1914 à Sarajevo ! Avec ce nom, le droit de dire, ici, que la mythologie en question n'est pas seulement celle des temps modernes, mais celle aussi des contemporains. C'est cette histoire-mythologie que Nicole Avril nous raconte à travers l'histoire d'une femme, Elisabeth impératrice d'Autriche, l'extraordinaire "Sissi". Elisabeth dans sa grandeur et ses faiblesses, sa passion pour la Hongrie, son aversion pour la vie de cour, ses amitiés, ses amours, ses voyages. Elle sera assassinée à Genève en 1898.

  • Les remparts d'adrien

    Nicole Avril

    Ce roman mythique commence comme une histoire d'amour. Une nuit, sur la grande plage de l'île Noire, Lucile a rencontré Adrien, et elle a deviné en lui un univers différent. Quand il disparaît, quand il quitte brusquement l'île, elle n'a plus qu'une pensée : le retrouver. C'est pourquoi elle s'embarque pour ce pays lointain, pour cette ville moribonde qui fut jadis un port. Mais que poursuit Lucile, réellement ? Toute sa vie n'a été qu'une course. Toujours il lui a fallu vivre plus. Comme les hommes qui, sur la colline de son enfance, croyaient ramasser des pépites d'or et qui redescendaient les poches pleines de cailloux. Lucile n'a jamais fait que tendre les mains vers des trésors évanouis. Ils sont nombreux, autour d'elle, à pourchasser leur rêve. Pour Yuka, ce rêve c'est la célébrité ; pour Lilas, plus que l'amour ; pour Mira, l'avenir ; pour Adrien, l'enfance, le soleil, la musique, la sagesse... Et pour Lucile le rêve prend le visage d'Adrien d'ombre et de lumière, d'espoir et de désespoir, d'amour et d'indifférence. Au terme de ce voyage initiatique, c'est elle-même qu'elle rencontrera, et sa voix de femme se mêlera à toutes celles qui longtemps furent étouffées. Roman d'une naissance ? d'une guérison ? Roman d'un amour ? d'une aventure ? Ce livre, où violence et tendresse éclatent dans la magnificence du langage, est un long cri à bouche fermée qui retentit enfin pour célébrer le grand triomphe de la vie.Après Les Gens de Misar, dont la beauté et l'étrangeté avaient retenu l'attention des critiques et des lecteurs, Nicole Avril nous donne, avec Les Rempart d'Adrien, un roman qui confirme superbement ses dons de grand écrivain.

  • Il y a le soleil, la mer, les maisons aux ocres juteuses, les musiques et les danses. Ce pourrait être un village de vacances. Il s'en faudrait de très peu...Et c'est là, au bout du monde, que Joden se réveille un matin. Que lui est-il arrivé ? Est-il fou ? malade ? et qui hurle à voix basse au fond du jardin ? Sans rivage et sans mémoire, Joden se débat dans l'angle mort de sa vie.Alors, survient Agna qu'il n'a jamais cessé d'aimer. Elle est désormais son seul lien avec le passé, mais, changée et meurtrie par les épreuves, acceptera-t-elle de se sauver avec lui ?Autour d'eux, des hommes et des femmes jouent à s'aimer et s'inventent un passé glorieux sous le regard impassible des gardiens. La parade sociale, dérisoire et nostalgique, ne sert qu'à masquer la vacance des esprits et des coeurs. Pour quelle faute, tous ces hommes, doivent-ils subir un éternel été de paresse et d'oubli ?Ainsi qu'une enquête policière, le récit progresse avec une logique implacable de découverte en découverte au rythme de Joden, de ses expériences et de ses tentatives d'évasion. Ce climat à la fois tragique et sensuel provoque un étrange malaise. Sont-elles vraiment si rares ou si lointaines, ces prisons, parfois délicieuses, du plaisir, de l'irresponsabilité ou de l'oubli collectif ? Et, certains matins, ne nous réveillons-nous pas comme exilés de nous-mêmes ?On reconnaît ici l'ampleur et la variété des thèmes qui donnaient déjà aux Gens de Misar leur puissance, leur richesse d'évocation. Nicole Avril, mieux que quiconque, sait rendre vivant le mystère, présent le rêve, intense et émouvant le plus subtil des mythes. Elle nous entraîne, avec ce Jardin des Absents, dans un univers romanesque d'une insolite grandeur.D'abord professeur, Nicole Avril abandonne la pédagogie pour la comédie. Quelques tentatives au théâtre et à la télévision avant de réussir enfin, en 1972, à concilier ses aspirations littéraires et son désir de création par la publication de son premier roman Les Gens de Misar qui obtiendra le prix des Quatre Jurys, la consécration du Livre de Poche et prochainement celle du cinéma. En 1973, elle tourne en Inde un film pour la télévision : Auroville. En 1975, elle écrit Les Remparts d'Adrien, bientôt suivi par Le Jardin des Absents.

  • Cité du désert, Misar s'est retirée du monde depuis trente ans. Plus personne n'y entre, plus personne n'en sort. Seul, un professeur français est invité officiellement dans son université. Jérôme Ligner se porte volontaire.Misar ? une ville austère et baroque, misérable et opulente, pétrifiée dans la chaleur et dans l'angoisse une ville en forme de piège...Les gens de Misar ? Depuis le temps, ils ont désappris la révolte. Résignés, ils vivent par habitude. Mais, pour Jérôme Ligner, chaque visage est une étape dans la connaissance de cette ville : Sarann, qui se contente de l'innocence, le juge Kodol qui raisonne et qui condamne, l'architecte qui bâtit des rêves, Kleinia qui espère et qui détruit. Dans cette ville différente, Jérôme Ligner marche vers une femme différente.Roman d'aventure ? Fable politique ? Quête amoureuse ? En tout cas, Misar, ce rêve de pureté figé dans la pierre du désert, n'est pas peuplée de monstres, et le malaise qu'elle provoque naît d'une réalité qui est peut-être la nôtre.Ecrit dans une langue qui allie la sobriété à la sensibilité, cet étonnant premier roman révèle un auteur d'avenir.

  • Une personne deplacee

    Nicole Avril

    • Grasset
    • 28 Août 1996

    Janvier 1969. Un train de nuit roule entre Prague et Paris. Eva a vingt ans. Elle est belle. Elle fuit son pays que les armées soviétiques ont privé de printemps. Elle arrive gare de l'Est, seule, pauvre, perdue dans l'ivresse vague d'une vie qui commence enfin. Le roman se déploie entre ces deux dates significatives : 1968 et 1989. Troublantes années avec leurs défis, leurs amours, leurs solitudes. Et ces interrogations, celles d'Eva, celles des femmes de sa génération : que faire de cette liberté si durement acquise ? La passion serait-elle une autre prison ? Mais il y a pour Eva la force de ses désirs, une vitalité toujours intacte et le pouvoir des mots. Elle deviendra écrivain. La meilleure manière d'épouser la France est encore d'épouser sa langue.

  • J'écris en 2010 et je m'appelle Antoine. Ma jeunesse s'est passée dans les années 80-90. En fait, c'est toute ma vie qui s'est jouée à ce moment-là.
    Ma mère venait de me mettre à la porte et j'avais trouvé refuge chez mon père. Il habitait près de la tour Eiffel une grande maison dont les étages supérieurs formaient un immense atelier. Le domaine de Pauline, la fée Lumière.
    Elle était photographe. Elle était la femme de mon père. Je croyais la détester, mais je l'observais sans cesse dans sa cage phosphorescente. Nous vivions au temps de la futilité. Une image chassait l'autre. On effleurait les jours. Jusqu'aux sports à la mode qui étaient de glisse. Ces années 80-90, je les ai aimées, Pauline, parce que je t'aimais.

  • Brune

    Nicole Avril

    Je l´imagine. Brune comme une héroïne romantique. Ardente et intense. Flora Tristan. Sa rencontre a marqué ma vie. Son histoire dans l´Histoire est un roman.

    Née à Paris en 1803, de mère française et de père péruvien, elle s´embarque - seule femme à bord, quatre mois en mer et le cap Horn en prime - pour faire valoir ses droits auprès de sa riche famille paternelle qui l´a abandonnée. Au Pérou, elle découvre la passion, la violence et l´esclavage. Autodidacte, elle écrit à son retour Pérégrinations d´une paria. Jaloux de son succès, son mari lui tire une balle dans le dos, qui restera fichée à deux doigts de son coeur.

    Prophète et amoureuse, cette aventurière de l´absolu a inventé son destin. Flora Tristan est la première femme à lire dans la révolution industrielle anglaise l´avenir de la France. La première àétablir un lien entre socialisme et féminisme. La première à entreprendre un épuisant tour de France pour unir la classe ouvrière et libérer les femmes.

    Elle n´est pas notre contemporaine. Flora Tristan nous devance.



    Nicole Avril

  • Une plage de Nieul-Sur-Mer, près de La Rochelle. Une maison à Rambouillet. Un quartier pauvre de Lyon. Autour de ces lieux de mémoire, Nicole Avril se raconte pour la première fois. Elle découvre les parfums d'algue et d'iode, le goût du sel, et l'appel de l'horizon. Elle explore les jardins de son père, dignes des « jardins d'Allah », qui mélangent les fleurs, le maïs, les fruits juteux et tendres. La douleur surgit dès la cinquième année, quand la petite fille est soignée pour un « joubi » (joue-bis) qui lui déforme le visage. Elle connaît l'hôpital, l'odeur de l'éther, le froid et la peur. La douleur se manifeste aussi plus tard, lors de l'adolescence, à Lyon, avec le premier amour.
    Chaque vie est unique, et, en même temps, ressemble à n'importe quelle vie. Le récit de Nicole Avril ne dit pas autre chose. Il évoque en quelques touches une France d'après-guerre presque oubliée, et, avec des mots justes, la figure d'un père régnant sur des jardins qui ne flétriront jamais.

  • Roman d'un inconnu

    Nicole Avril

    • Grasset
    • 18 Mars 1998

    Ce roman raconte l'histoire singulière d'une jeune femme qui, pendant quelques jours, et dans le huis clos d'un hôtel de l'île de Ré, s'entretient avec un homme intrigant. En effet, cet homme - il s'appelle Théo - a choisi de lui faire d'étranges confidences sur sa vie, et sur lui-même, et sur une particularité de son destin qui pourrait ainsi se résumer : Théo, qui a l'air d'avoir une quarantaine d'années, serait, en fait, né à l'aube de ce siècle. A travers le récit de Théo - il parle à la narratrice, chaque nuit - c'est donc toute l'histoire du siècle qui s'expose. Depuis la guerre de 14 jusqu'à nos jours. Des espérances à l'horreur. C'est aussi, inextricablement mêlée, l'histoire d'amour de Théo et des femmes qui ont croisé son destin bizarre. Mensonge ou vraie confession d'un homme qui ne vieillit pas, ce roman où Théo tient le rôle d'une Shéhérazade moderne, tente de restituer au lecteur une matière ample et complexe : la matière même d'une époque où l'on peut mourir d'amnésie, mais aussi d'excès de mémoire...

  • Don Juan aujourd'hui qui serait-il ? Une femme, répond Nicole Avril. Jeanne, son héroïne, détient un pouvoir sur les corps et les coeurs, elle est chirurgien : chirurgie cardiaque. A plonger ses mains dans les entrailles, à mener sans relâche un combat contre la mort, Jeanne a appris a jouir d'une existence qu'elle sait toujours menacée, toujours périssable.
    Avec jubilation, elle possède ses amants successifs, mais, dans sa quête de l'éternel masculin, le désir meurt avec son accomplissement. D'homme en homme, elle poursuit sa chasse car le plaisir est impitoyable. Femme de notre époque, elle se découvre un corps sans limite et il lui faut toujours plus : la volupté et l'amour, le désir et la complicité.
    Nicole Avril crée avec Jeanne un type de personnage tout à fait nouveau. Haletant et lyrique, le récit mêle de rebondissement en rebondissement, la joie et la violence. "La cruauté, en littérature tout au moins, est signe d'élection", écrit Cioran.

  • « Comment ne pas être bouleversé par l'inépuisable diversité des visages, par leur troublante fragilité ? Rien ne peut émousser cette émotion, ni la profusion des images sur papier glacé, ni leur déballage criard sur nos murs et nos écrans. Paradoxe, c'est ce que les autres voient de moi, mon visage, que je ne verrai jamais. Ce qui est livré à tout venant constitue à mes propres yeux la part la plus invisible de moi-même. » (N.A.) Le visage est le personnage principal de ce livre. Jamais une époque n'a été plus que la nôtre obsédée par les images, et jamais livre n'avait entrepris ce voyage. Du Scribe accroupi à Picasso, des portraits du Fayoum à celui de Romy Schneider, de la Sainte Face à nos idoles sur petit écran, en passant par les autoportraits de Dürer, Rembrandt ou Bacon, tant de visages jalonnent notre histoire, et ceux des êtres aimés figurent en bonne place. Il s'agit ici d'un récit intime et sensuel que chacun pourrait faire en feuilletant son album d'images ou de souvenirs. Narcisse ne serait-il pas guéri s'il parvenait à découvrir dans l'onde l'image de l'autre ?

  • La passion amoureuse surgit avec son hémorragie de sentiments dans la vie de chacun d'entre nous. C'est une délicieuse catastrophe, une volupté de l'enfer, une mort trop douce. On l'espère. On la redoute. Elle fascine. Aucune émotion n'a suscité à la fois une telle séduction et une telle aversion, car le domaine de la passion est celui des oxymores. On y souffre avec délectation. On aime au point de haïr. Loin d'en vivre, on voudrait en mourir.
    Elle a inspiré nos mythes et nos créateurs: Tristan et Iseult et l'amour courtois, Anna Karénine, Platon, Stendhal, Edith Piaf, Belle du Seigneur, Héloïse et Abélard, La Duchesse de Langeais, Carmen, Werther, Wagner, Proust, Cocteau, Denis de Rougemont, Roland Barthes, L'Ange bleu, L'Empire des sens, Les Hauts de Hurlevent, Histoire d'O, La Femme d'à côté...
    Cette passion amoureuse, Nicole Avril la fait à son tour scintiller de toutes ses redoutables facettes. De A jusqu'à Y. Entre l'amour et la passion, dit-elle, il n'y a pas seulement une différence d'intensité mais de nature. La passion serait à l'amour, ce que le cannibalisme est à la gourmandise.

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