• Un jour, en ouvrant son logis, un singe hurleur découvrit sur le pas de sa porte un bébé puma.




    « Des chasseurs auraient occis la mère et le petit se serait égaré, pensa-t-il. Qu'il est beau et roux comme nous autres ! »


    Il l'accueillit parmi les siens, le nourrit à sa table, l'éleva comme son fils et montra à son égard plus d'attention qu'à sa propre progéniture.


    « Car, se disait-il, j'ai une crinière comme le lion africain, je pousse des cris comme le fauve. Ne suis-je pas presque un félin ? Grâce à ce fils, je serai craint et respecté. »


    Aussi, passait-il partout assis sur le dos de son fils, qui, pour lui plaire, montrait ses crocs et ses griffes, inspirant crainte et respect. Mais il rassurait ses congénères car il promettait que jamais il n'utiliserait sa force contre eux.






    C'était mal connaître Dame Nature.




    Notre puma devint adulte et partait désormais seul chasser, laissant ses frères singes à leurs feuilles et à leurs fruits.


    Il se gardait bien de ramener son butin à la maison car il chassait parfois le singe.


    Les autres clans, dont celui des capucins, apprirent pourtant ses méfaits et allèrent se plaindre à son père.........




  • Au rythme du balancement des pagaies, l'embarcation traçait un long sillon dans l'eau endormie du fleuve.


    Le long de la berge, des rangées de palétuviers enchevêtrés aux racines crampons et aériennes s'inclinaient devant Ernest. Les arbres touffus le saluaient, agitant leurs branches au gré de la brise.


    Les loutres folâtres s'ébattaient dans l'eau tiède et limoneuse.


    Les crapauds-buffles soufflaient sous les feuilles mortes.


    Les papillons, d'un bleu étincelant, voltigeaient autour des orchidées épanouies.


    Les perroquets, au plumage irisé, jacassaient.


    Les singes hurleurs emplissaient l'air de leurs cris tonitruants.


    L'aigle majestueux tournoyait dans le ciel ensoleillé.


    Tous, à leur manière, lui souhaitaient la bienvenue.

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