• Mai 68  : tous les cocktails ne sont pas Molotov. À quelques centaines de mètres de la Sorbonne où les étudiants font la révolution, l'hôtel Meurice est occupé par son personnel. Le plus fameux prix littéraire du printemps, le prix Roger-Nimier, pourra-t-il être remis à son lauréat, un romancier inconnu de vingt-deux ans  ?
    Sous la houlette altière et légèrement alcoolisée de la milliardaire Florence Gould, qui finance le prix, nous nous faufilons parmi les membres du jury, Paul Morand, Jacques Chardonne, Bernard Frank et tant d'autres célébrités de l'époque, comme Salvador Dalí et J. Paul Getty. Dans cette satire des vanités bien parisiennes passe le personnage émouvant d'un vieux notaire de province qui promène son ombre mélancolique entre le tintement des verres de champagne et les réclamations de «  rendre le pouvoir à la base  ». Une folle journée où le tragique se mêle à la frivolité. 

  • 1968. Cinquième candidature de Paul Morand à l'Académie française. L'écrivain n'est plus l'auteur glorieux des années 30. Il a "perdu sa guerre". Il a 80 ans. Dix ans plus tôt, le général de Gaulle, lui reprochant sa collaboration avec le régime de Vichy, a refusé qu'il entre sous la Coupole. Pour qui sent la mort approcher, l'Académie n'est-elle pas la promesse de devenir immortel ?
    Et voici le récit de sa campagne, sa dernière campagne. On croise, dans son fameux salon du Champ-de-Mars, à Paris, Jean d'Ormesson, Patrick Modiano, Alexandre Viallate, mais aussi une jeune étudiante au Conservatoire qui s'est présentée pour faire la lecture à sa femme, Nathalie Baye.
    Le portrait vif, piquant, morandien, somme toute, d'un homme réconcilié avec lui-même et d'un écrivain parmi les plus grands.

  • 1945. Saint-Pierre-de-Chaillot, l'une des paroisses les plus huppées de Paris. Toute l'aristocratie, beaucoup de la politique et pas mal de l'art français se pressent pour enterrer la duchesse de Sorrente. Cette femme si élégante a traversé la guerre d'une bien étrange façon. Elle portait en elle un secret. Les gens du monde l'ont partagé en silence. « Ce sont des choses qui arrivent », a-t-on murmuré avec indulgence.Revoici donc la guerre, la Seconde Guerre mondiale, la guerre de Natalie de Sorrente. À l'heure où la filiation décide du sort de tant d'êtres humains, comment cette femme frivole va-t-elle affronter la révélation de ses origines ?Les affaires de famille, ce sont des choses qu'on tait. La littérature, ce sont des choses qu'on raconte. Dans ce roman où l'ironie est à la mesure du fracas des temps, Pauline Dreyfus révèle une partie du drame français.

  • De lui, on se souvient qu'il est entré dans la mémoire collective parce qu'il a fait abolir la peine de mort en France en 1981. Impopulaire lorsqu'il était ministre, la reconnaissance est venue bien plus tard. Aujourd'hui célébré par tous comme l'honneur de la gauche, il a pourtant mis des années à conquérir sa place dans le panthéon des Français. Contrairement à la nouvelle génération de gouvernants, Robert Badinter n'a jamais aimé parler de lui, considérant que seules importaient ses idées. Pudique, il a toujours refusé d'écrire ses Mémoires. Sur ses origines, ses goûts, sa vie professionnelle avant l'arrivée de la gauche au pouvoir, il est d'une grande discrétion. Qui connaît au fond la nature de sa longue amitié et les secrets partagés avec François Mitterrand ? Qui sait que toute sa vie s'est jouée en 1943, lorsqu'il a vu son père arrêté sous ses yeux par la Gestapo de Klaus Barbie à Lyon ? Que dès l'âge de quinze ans, il a décidé de vouer sa vie à la justice ? Pauline Dreyfus a écrit la première biographie d'un homme complexe entré désormais dans l'Histoire.

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