• La position du journal Le Devoir à l'endroit de la communauté juive de Montréal et du judaïsme en général représente l'un des enjeux historiographiques les plus discutés de l'histoire juive canadienne. Les travaux rédigés en anglais évoquent souvent Le Devoir comme un exemple patent du repli idéologique et nationaliste du Canada français au cours des années 1930.
    Or, aucune étude sérieuse ne semblait jusqu'à aujourd'hui étayer ou réfuter ces thèses. Pierre Anctil s'est donc attaqué à cette question dans ce quatrième ouvrage d'une série d'études consacrées au journal Le Devoir.
    Des deux cents éditoriaux consacrés entièrement ou de manière partielle à la présence juive à Montréal, à l'antisémitisme en Allemagne et à la Shoah, soixante ont été retenus et reproduits en entier, en plus d'être commentés. À la lecture de ces textes, on peut percevoir le trouble et la confusion des éditorialistes à l'endroit de la modernité qui s'affirme peu à peu dans le Canada français, en même temps que se dessine un projet de société basé sur de nouvelles formes de solidarité sociale.
    Pierre Anctil est professeur titulaire au Département d'histoire de l'Université d'Ottawa, où il enseigne l'histoire canadienne contemporaine. Docteur en anthropologie sociale de la New School for Social Research de New York, ses principaux champs de recherche sont l'histoire de l'immigration au Québec et au Canada et la culture juive de Montréal.

  • Pourquoi le Québec est-il une terre d'accueil singulière pour la communauté juive ? Comment la communauté juive l'a-t-elle transformé ? Comment s'exprime le judaïsme québécois et montréalais ?

    Pierre Anctil dépeint ici l'histoire juive québécoise comme une succession de migrations venues d'Europe qui portaient en elles l'expérience d'une minorisation souvent douloureuse. Plus récemment, le Québec a accueilli des Juifs nord-africains, israéliens, sud-américains et français, qui se sont ajoutés aux premiers arrivants sans se fondre complètement à eux.

    Les quatre siècles qu'embrasse cet ouvrage ont produit une prise de conscience aiguë, chez les Juifs du Québec, qu'ils appartenaient à une société à nulle autre pareille. Les droits qu'ils ont systématiquement réclamés et leurs contributions soutenues aux multiples sphères d'activité ont aussi donné naissance à un Québec bien différent de celui qui aurait été échafaudé à partir des seules valeurs traditionnelles du Canada français et du Canada anglophone. Il y a un judaïsme québécois et montréalais distinct de tous les autres en Amérique du Nord, et cette originalité émerge avec force du récit historique lui-même.

    Après plus de trois décennies de questionnements et d'avancées, le temps était venu de réunir en un seul volume tous les constats auxquels étaient arrivés différents chercheurs dans ce champ d'études inédit. Une telle synthèse nous permet de retracer le récit historique de la présence juive au Québec dans toute sa durée, c'est-à-dire depuis les débuts du Régime français jusqu'au tournant du XXIe siècle.

  • Born in the Ukraine in 1896, and settling in Montreal in 1910, Segal became one of the first Yiddish writers in Canada. His poetry, infused with lyricism and mysticism, along with the numerous essays and articles he penned, embodied both a rich literary tradition and the modernism of his day.

    Pierre Anctil has written so much more than a biography. For the first time, Segal's poetic production is referenced, translated and rigorously analyzed, and includes over 100 pages of appendices, shedding light on the artistic, spiritual, cultural and historical importance of his oeuvre. By introducing the reader to the poet's work through previously unpublished translations, Anctil demonstrates that in many respects it reflects the history of the Jewish immigrants who arrived in North America from Russia, the Ukraine and Poland at the beginning of the 20th century, as well as the tragic experiences of Jewish intellectual refugees of the interwar period.

    This admirably written, sweeping yet subtle, work will appeal both to scholars and to a broader audience. 

    The original French version was awarded the prestigious 2014 Canada Prize in the Humanities by the Canadian Federation for the Humanities and Social Sciences.Né en Ukraine en 1896, J. I. Segal arrive à Montréal en 1910 et allait devenir un des premiers écrivains yiddish au Canada. Sa poésie lyrique et mystique, de même que les nombreux essais et articles qu'il a signés, incarnent à la fois une riche tradition littéraire et le modernisme de son temps. 

    Pierre Anctil a écrit bien plus qu'une biographie. Pour la première fois, la production poétique de Segal est référencée, traduite et analysée de manière rigoureuse. Elle est accompagnée de plus de 100 pages d'appendices qui jettent la lumière sur l'importance artistique, spirituelle, culturelle et historique de son oeuvre. En initiant le lecteur à l'oeuvre du poète grâce à des traductions inédites, Anctil montre qu'à plusieurs égards, Segal est le reflet de l'histoire des immigrants juifs arrivés en Amérique du Nord depuis la Russie, l'Ukraine et la Pologne au début du XXe siècle, de même que des expériences tragiques des intellectuels juifs réfugiés d'entre-deux-guerres. 

    Cet essai admirablement bien écrit, ambitieux et pourtant tout en nuances, plaira tant aux chercheurs qu'à un plus grand public.

    La version originale française (Presses de l'Université Laval) a reçu le prestigieux Prix du Canada en sciences humaines remis par la Fédération canadienne des sciences humaines.

  • Traduit par Vivian Felsen
    Finaliste des Prix littéraires du Gouverneur général (LivresGG) 2018, catégorie Traduction

    Né en Ukraine en 1896, J. I. Segal arrive à Montréal en 1910 et allait devenir un des premiers écrivains yiddish au Canada. Sa poésie lyrique et mystique, de même que les nombreux essais et articles qu'il a signés, incarnent à la fois une riche tradition littéraire et le modernisme de son temps. 

    Pierre Anctil a écrit bien plus qu'une biographie. Pour la première fois, la production poétique de Segal est référencée, traduite et analysée de manière rigoureuse. Elle est accompagnée de plus de 100 pages d'appendices qui jettent la lumière sur l'importance artistique, spirituelle, culturelle et historique de son oeuvre. En initiant le lecteur à l'oeuvre du poète grâce à des traductions inédites, Anctil montre qu'à plusieurs égards, Segal est le reflet de l'histoire des immigrants juifs arrivés en Amérique du Nord depuis la Russie, l'Ukraine et la Pologne au début du XXe siècle, de même que des expériences tragiques des intellectuels juifs réfugiés d'entre-deux-guerres. 

    Cet essai admirablement bien écrit, ambitieux et pourtant tout en nuances, plaira tant aux chercheurs qu'à un plus grand public.

    La version originale française (Presses de l'Université Laval) a reçu le prestigieux Prix du Canada en sciences humaines remis par la Fédération canadienne des sciences humaines.Translated by Vivian Felsen
    Finalist, 2018 Governor General's Literary
    Awards (GGBooks), Translation category

    Born in the Ukraine in 1896, and settling in Montreal in 1910, Segal became one of the first Yiddish writers in Canada. His poetry, infused with lyricism and mysticism, along with the numerous essays and articles he penned, embodied both a rich literary tradition and the modernism of his day.

    Pierre Anctil has written so much more than a biography. For the first time, Segal's poetic production is referenced, translated and rigorously analyzed, and includes over 100 pages of appendices, shedding light on the artistic, spiritual, cultural and historical importance of his oeuvre. By introducing the reader to the poet's work through previously unpublished translations, Anctil demonstrates that in many respects it reflects the history of the Jewish immigrants who arrived in North America from Russia, the Ukraine and Poland at the beginning of the 20th century, as well as the tragic experiences of Jewish intellectual refugees of the interwar period.

    This admirably written, sweeping yet subtle, work will appeal both to scholars and to a broader audience. 

    The original French version was awarded the prestigious 2014 Canada Prize in the Humanities by the Canadian Federation for the Humanities and Social Sciences.

  • Jacob-Isaac Segal, un des premiers écrivains en langue yiddish au Canada, est l'auteur d'une oeuvre littéraire à la fois riche et moderne. Né en Ukraine en 1896 et immigré à Montréal en 1910, Segal a fortement contribué à l'essor d'une littérature yiddish dans la métropole québécoise. Auteur de douze recueils de poésie ainsi que de plusieurs essais et chroniques, il s'est taillé une place de renom dans le monde juif d'Europe de l'Est et de New York. Son écriture, empreinte de lyrisme et de mysticisme, a ouvert la voie à un important courant littéraire dans la diaspora juive en Amérique du Nord.

    Dans cet essai, l'anthropologue Pierre Anctil retrace le parcours littéraire du poète Jacob Isaac Segal et son milieu. Tout en faisant découvrir au lecteur l'oeuvre du poète grâce à des traductions inédites du yiddish vers le français, il montre que l'écriture de Segal reflète, à plusieurs égards, le cheminement des Juifs arrivés en Amérique du Nord depuis la Russie, l'Ukraine et la Pologne au début du XXe siècle.

  • Que partagent la carrière politique de René Lévesque, le boulevard Saint-Laurent, le galeriste Max Stern et la littérature yiddish montréalaise ? Tous ces thèmes sont l'occasion de découvrir et de mieux connaître l'identité juive au Québec tel qu'elle est apparue au cours du XXe siècle, à la faveur de différents contextes culturels et historiques. Pierre Anctil est le spécialiste québécois des communautés juives. Les textes ici rassemblées font écho à la vitalité des ces communautés tout en suivant leur lente mais sereine intégration à la société québécoise.

  • Répartis sur vingt-deux ans, les éditoriaux du Devoir sous la direction d´Henri Bourassa reflètent une unité de pensée et d´action qui n´a guère d´équivalent dans l´histoire de la presse québécoise tout au long du XXe siècle. La plupart n´ont pas été relus depuis leur parution et sont restés enfouis sous des tonnes de papier. Pour pallier l´oubli de ces textes essentiels à une compréhension en profondeur de la pensée politique québécoise moderne, et profitant du moment de réflexion qu´imposait le centième anniversaire de la fondation du Devoir, Pierre Anctil redécouvre les éditoriaux marquants du quotidien de 1910 à 1932.
    Ce parcours fait ressortir plusieurs centaines d´éditoriaux hautement significatifs, dont soixante ont été retenus. Ils sont regroupés autour de thèmes hautement porteurs, qui mettent en lumière autant d´idées clés ou de positionnements avancés par Le Devoir au cours de ses vingt-deux premières années d´existence. Ces textes sont accompagnés d´un bref commentaire qui resitue l´ensemble dans son contexte historique et offre des éléments d´interprétation plus soutenus.

    Pierre Anctil est professeur au Département d´histoire de l´Université d´Ottawa, où il enseigne l´histoire canadienne du XXe siècle. Il s´intéresse en particulier à l´émergence du nationalisme québécois au cours de cette période. Il est aussi l´auteur de plusieurs études sur les Juifs de Montréal et de traductions du yiddish au français.

  • Grande voie de communication traversant du nord au sud le coeur géographique de Montréal, le boulevard Saint-Laurent témoigne de plus de trois siècles d´histoire dans la ville. En une cascade de transformations et de renversements spectaculaires, l´artère a incarné successivement toutes les facettes de la montréalité, du rural à l´urbain, des formes primitives d´industrialisation au multimédia. Porte d´entrée de l´immigration, fenêtre ouverte sur le monde, refuge de toutes les marginalités, la Main a aussi été le creuset où ont été incarnés pour la première fois au Québec la rencontre des cultures et le métissage des identités. À travers ce vaste et profond brassage d´idées, dont le boulevard Saint-Laurent a été porteur tout au long de son histoire, se profile le passage de Montréal et du Québec tout entier à la modernité. Dans le brouhaha de ses trottoirs et la cohue de ses intersections sont en effet apparus de grands courants de société dont nous sommes aujourd´hui les héritiers, comme la libération des femmes, la syndicalisation des ouvriers et la lutte pour la dignité humaine. La Main a aussi été un formidable réservoir de talents artistiques et un terrain d´expérimentation incomparable pour de nouvelles formes d´expression comme le cinéma, le théâtre yiddish, la chanson francophone et le burlesque québécois.

  • Qu'en est-il de la population juive de Montréal? Quelle est son histoire? Dans quels arrondissements de la ville vivent la majorité des Juifs aujourd'hui? Combien appartiennent au courant sépharade ou ashkénaze? Qui sont les Juifs hassidiques? Quelle est la situation de la femme juive? Voilà autant de questions auxquelles les auteurs de ce livre tentent de répondre à la lumière de l'actualité et des recherches les plus récentes.
    Premier ouvrage de synthèse à paraître en français sur le judaïsme montréalais, Les Communautés juives de Montréal, histoire et enjeux contemporains fait appel aux connaissances de plusieurs chercheurs réunis sous la direction de Pierre Anctil et d'Ira Robinson. On y retrouve des spécialistes autant des études québécoises que du judaïsme, qui tentent d'éclairer les diverses facettes d'une identité juive montréalaise toujours en mouvement. Rédigés en des termes clairs et accessibles, les chapitres de cet ouvrage cernent un parcours culturel et religieux à nul autre pareil en terre québécoise, et qui n'a pas fini de surprendre.
    Pierre Anctil est professeur d'histoire à l'Université d'Ottawa. Parmi ses publications récentes, on compte une traduction du yiddish au français des mémoires de l'activiste Hershl Novak, intitulée La Première École yiddish de Montréal, 1911-1914 (Septentrion, 2009) et un ouvrage collectif, Traduire le Montréal yiddish / New Readings of Yiddish Montreal (Presses de l'Université d'Ottawa, avec Sherry Simon et Norman Ravvin, 2007).
    Ira Robinson est professeur d'études juives depuis 1979 à l'Université Concordia. Il a de plus été directeur intérimaire de l'Institut d'études juives canadiennes de l'Université Concordia. M. Robinson a récemment publié Rabbis and their Community: Studies in the Eastern European Orthodox Rabbinate in Montreal, 1896-1930 (Presses de l'Université de Calgary, 2007) et Translating a Tradition: Studies in American Jewish History (Academic Studies Press, Boston, 2008). Il est actuellement président de la Société canadienne d'études juives et a été récemment président de l'Association des études juives canadiennes ainsi que de la Bibliothèque publique juive de Montréal.

  • La communauté juive de Québec, malgré sa petite taille, a été témoin de débats de première importance dans ­l'évolution de la population juive au pays. C'est à Québec, en 1738, qu'arrive Esther Brandeau, la première personne d'origine juive dont l'histoire canadienne retient le nom, rapatriée en France parce qu'elle n'est pas de confession catholique. C'est à Québec, en 1832, que le parlement du Bas-Canada adopte une loi accordant aux Juifs les mêmes privilèges et avantages qu'aux autres citoyens du pays, notamment le droit de siéger à la Chambre d'assemblée. C'est aussi à Québec, en 1910, qu'est prononcé un discours hostile aux Juifs par le notaire Louis-Joseph ­Plamondon, plus tard jugé coupable d'avoir tenu des propos diffamatoires et d'avoir menacé la sécurité physique des Juifs. C'est malheureusement à Québec, en mai 1944, qu'est perpétré l'acte antisémite probablement le plus grave de l'histoire québécoise, l'incendie criminel de la synagogue de la congrégation Beth Israël Ohev Sholom la veille de son inauguration.

    L'histoire juive de Québec est également façonnée par des personnalités fortes, toutes origines confondues, qui se sont illustrées par leur engagement communautaire et ont contribué, souvent de manière exceptionnelle, à l'avancement de leur milieu d'appartenance : Abraham Joseph, marchand fortuné de la Grande-Allée et propriétaire de la Stadacona Bank, qui se présente deux fois comme candidat à la mairie ; Léa Roback, l'une des activistes ­syndicales les plus en vue de son époque ; Sigismund Mohr, ingénieur qui pave la voie à la construction du premier aménagement hydroélectrique commercial au Canada, soit les chutes Montmorency ; Maurice ­Pollack, commerçant et philanthrope, qui donne son nom à l'un des pavillons du campus de l'Université Laval ; Marcel Adams, important promoteur immobilier et constructeur des Galeries de la Capitale...

    Les Juifs de Québec raconte ces quatre cents ans d'histoire féconde par des textes et des images d'archives incomparables.

  • Le thème était audacieux : « Les relations judéo-québécoises : identités et perceptions mutuelles ». Ce colloque, tenu le 25 mars 1999 à Montréal, a connu un vif succès. Il a permis de lever un tant soit peu le voile sur les rapports entre les Juifs et les Canadiens français dans la société québécoise et d´ébranler plusieurs stéréotypes.Il est inhabituel de mettre en parallèle l´histoire de la communauté juive montréalaise et celle des Canadiens français. Cependant, ces deux groupes sociaux partagent une réalité qui rend la démarche intéressante. Chacun constitue une minorité au Canada et en Amérique dont les membres doivent assurer la survivance. Les textes présentés dans ce livre attirent davantage l´attention sur la réalité juive, moins connue que celle des Canadiens français. Les auteurs explorent, outre les rapports judéo-québécois, les liens qu´entretiennent les Juifs entre eux ainsi qu´avec les différents groupes culturels du Québec. Peu à peu, le lecteur verra se tisser une trame culturelle d´une richesse souvent insoupçonnée.

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