• Pour la première fois, Pierre Moscovici, commissaire européen et ancien ministre de l'Economie et des Finances raconte le quinquennat de François Hollande de l'intérieur. Sans langue de bois, il dit tout de ses espoirs et de ses désillusions.

    Aux commandes de Bercy de 2012 à 2014, c'est comme acteur de premier plan que Pierre Moscovici a vécu le quinquennat de François Hollande - ces cinq années à la fois baroques et chahutées, qui ont fait exploser notre système politique.
    Il raconte cette période intense avec franchise, livrant dans cet ouvrage une analyse clinique des louvoiements, des trahisons, des erreurs qui ont conduit les socialistes à quasiment disparaître de la scène politique nationale. Il peint aussi avec finesse - et sans concession - les personnages qui ont défait la gauche et fait le nouveau chef de l'État, Emmanuel Macron.
    Nouvelle donne ou recomposition inachevée ? En 2017, le populisme a perdu une bataille, certes, mais pas la guerre. Le basculement politique inédit que nous vivons évoque la phrase de Gramsci : " Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. " Notre époque violente a les siens : le nationalisme, le racisme, l'antisémitisme, le fascisme, le terrorisme. Comment les contenir et trouver pour cela la bonne façon de gouverner la France ? Ce livre veut y contribuer, avec une conviction : notre pays a plus que jamais besoin de l'Europe et de la gauche.

  • Le triptyque construction européenne libérale - réduction des dépenses publiques - dérégulation ne peut continuer plus longtemps à former le socle commun de la politique économique, qu'elle soit conduite par la droite ou par la gauche, comme s'il n'y avait qu'une seule politique possible. Il nous faut, au contraire, répondre à l'urgence qui s'exprime : urgence d'un changement, urgence d'une réflexion enfin tournée vers les problèmes concrets du pays et, d'abord, vers l'emploi. Concevoir une politique différente - qui ne soit pas l'autre politique de repli sur la nation seule - exige de mener le débat ouvert en trompe-l'oeil, puis vite refermé par la campagne présidentielle de Jacques Chirac, la plus mensongère, donc la plus décevante de l'histoire de la Ve République. Où en est la France ? Quelles sont ses marges de manoeuvre ? Ses choix européens sont-ils pertinents ? Ses élites sont-elles aptes à conduire le changement ? Quels sont les axes possibles d'une stratégie pour la croissance et pour l'emploi ? Comment la gauche peut-elle proposer une politique économique, à la fois différente de celle qu'elle conduisit lors des dix années où elle exerça le pouvoir sous les deux septennats de François Mitterrand, et de celle conduite par la droite depuis 1993 ? C'est ce à quoi veut répondre ce livre. Il ne s'agit pas ici du programme du parti socialiste, mais de la libre expression d'un jeune responsable politique, qui s'interroge, qui évolue, mais qui conserve la conviction que la transformation sociale exige des analyses, des solutions audacieuses et réalistes, bref une pensée.

  • La France s'apprête à entrer dans la campagne présidentielle de 2017. Or un sujet est absent depuis des mois, voire des années, du débat public français : l'Europe. Ou plutôt, l'Europe est présente, mais monopolisée par l'extrême droite et la galaxie des sympathisants souverainistes et eurosceptiques qui gravitent dans son sillage. C'est une erreur : l'Europe est un atout pour la France, dès lors qu'on comprend qu'elle ne sera jamais une réplique XXL de l'hexagone.  L'Europe est fragile et menacée, par des crises multiples : ralentissement économique, crise des réfugiés, changement climatique, menace sécuritaire, Brexit, crise grecque... Il est minuit en Europe ! Et pourtant, elle est indispensable, car ces crises sont au minimum européennes, et les solutions le sont aussi. Le projet européen a besoin de faire, de nouveau, la preuve de son efficacité. La reconquête des coeurs et des esprits passe par des résultats. Or l'Europe n'a pas convaincu sur ce plan ces dernières années. Pourquoi l'Europe n'a-t-elle pas de véritable politique économique? Est-elle un bouclier contre les excès de la mondialisation, ou un catalyseur des déstructurations qu'elle engendre ? Fallait-il élargir l'Union de 15 à 28 membres ? La France est-elle condamnée à voir son influence décroître, notamment face à son grand voisin d'outre-Rhin ? Que peut l'Europe contre la montée des inégalités ou la croissance encore trop modeste? Le traitement de la crise des réfugiés se fera-t-il au prix de l'abandon des valeurs humanistes du continent ? La vague populiste europhobe qui déferle sur l'Europe est-elle résistible, et à quelles conditions ? Faut-il développer un "patriotisme européen" ? Tout candidat - a fortiori de gauche - à l'élection présidentielle devrait avoir une réponse à ces questions essentielles. Or la gauche, encore marquée par ses divisions passés, a fait de l'Europe un impensé. C'est contraire à son histoire, son identité et ses valeurs. Ce livre répond aux populistes anti-européens et aux mensonges du Front national. Il est un appel pour les autres, ceux qu'on n'entend plus ou pas assez, parce qu'ils se taisent ou parlent trop bas. C'est le livre d'un artisan et d'un partisan de l'Europe, excédé par la médiocrité politique, un livre « coup de gueule » contre ceux qui laissent dépérir la grande idée européenne. C'est aussi un plaidoyer pour ceux qui pensent qu'il faut redonner une chance à notre continent et au projet européen. Une contribution à la fois personnelle et politique, par un Européen de coeur, qui connaît intimement l'Europe et se bat pour qu'elle avance.

  • Dans un an, les Français éliront le septième président de la Ve République. Le rejet de la politique de Nicolas Sarkozy - le pire chef de l´État que nous ayons eu -, de son style, de sa pratique peu républicaine, est violent. Et pourtant, alors que la poussée de Marine Le Pen inquiète, la gauche ne convainc pas, suscite le doute voire le scepticisme. De fait, le PS a perdu les trois dernières élections présidentielles. Il est dans l´opposition depuis 2002 et l´élimination de Lionel Jospin par Jean-Marie Le Pen. Y aurait-il une sorte de « malédiction » de la gauche, qui la condamnerait à diriger les collectivités locales pendant que la droite exerce le pouvoir national ? En tout cas, elle a raté tous ses rendez-vous avec l´Histoire depuis dix ans, sans jamais en tirer vraiment les conséquences. L´échéance qui vient est donc décisive : il s´agit de vaincre ou de s´effacer.
    Pour gagner en 2012 - et réussir à gouverner durablement en transformant la société -, la gauche doit sortir de l´immobilisme et de l´autosatisfaction. Que s´est-il vraiment passé le 21 avril 2002 ? Pourquoi s´est-elle divisée sur l´Europe ? Comment a-t-elle laissé élire Nicolas Sarkozy en 2007 ? Pourquoi la crise du capitalisme financier n´entraîne-t-elle pas un retour vers elle ? Le PS est-il incapable de se rénover ? Quelle place doit-il faire à la nouvelle génération ?
    Pour sortir de l´impasse, transformer le rejet du sarkozisme en espoir de changement, il est temps de saisir ce qui n´a pas fonctionné, et de faire enfin le choix d´une social-démocratie du XXIe siècle, moderne, écologiste et européenne. C´est indispensable pour concevoir le projet d´une gauche capable de recréer la confiance, de répondre à la crise économique, sociale et morale du pays. Et c´est ce que cet ouvrage, avec minutie et passion, met en avant.

  • On dit que le temps efface tout. En treize ans, qu'a-t-il effacé de la mort des deux petites filles tuées dans un accident de la route le 30 avril 1980? Leur mère, Geneviève Jurgensen, veut percer ce mystère si intime.

  • A l'heure du passage à l'euro et à l'approche des élections de juin, le ministre des Affaires européennes répond aux questions d'Henri de Bresson, journaliste au Monde, sur notre avenir au sein de l'Union.

  • Un an apres

    Pierre Moscovici

    • Grasset
    • 16 Avril 2003

    C'est un livre politique autant qu'une introspection. Une lettre à l'absent vaincu autant qu'une analyse de sa défaite. Un témoignage pour soi-même et pour les autres. Un affrontement enfin avec l'inexplicable : la défaite de Lionel Jospin, et le passage aux oubliettes de la gauche plurielle, après cinq ans de gouvernement honorable. De tous ses ministres, nul ne fut plus proche de Lionel Jospin que Pierre Moscovici - le « petit frère » du patron de la gauche, élève en rationalité politique, mais aussi ami, observateur, frémissant d'attention et d'affect contenu... La défaite de Jospin fut aussi la sienne, la fin d'une première vie politique entamée en 1984 aux côtés de celui qui n'était alors que le premier secrétaire du P.S. Ayant hésité sur son avenir, ayant choisi de continuer la politique, « Mosco » s'arrête, le temps d'un livre, et essaie d'être juste et vrai à la fois. Rejetant le simplisme et la nostalgie, évitant la complaisance et l'auto-plaidoyer, il revisite les années-Jospin, raconte le lent passage de la dignité retrouvée de la gauche à l'enfermement dans la satisfaction gouvernementale ; la transformation d'une dynamique politique en un enlisement condamné à l'échec ; l'erreur stratégique du retournement du calendrier ; les timidités de « l'homme qui ne voulait pas être président », le traumatisme de Lionel Jospin, combattant pudique et orgueilleux dévoilé par ses biographes, redoutant alors que le regard que portaient sur lui les Français ait irrémédiablement changé. Il revient aussi sur la lente tragédie de la gauche, ayant perdu l'audace sans même s'en rendre compte, Jospin, n'ayant su rester jospiniste, a fini par perdre, et la gauche avec lui. Et Moscovici, poursuivant l'histoire de la gauche, combattant pied à pied ce qu'il appelle les simplismes de l'heure (virages à gauches, modernismes ostentatoires, destruction de l'idole) affirme sa dignité en restant fidèle, revendique les mêmes principes pour, à son tour, hériter de l'avenir, ou réinventer le possible.

  • « La gauche, avec François Hollande, est aux responsabilités depuis mai 2012. Elle n'est pas revenue au pouvoir par accident ou par intérim. Après dix ans de gouvernement de droite et cinq ans de sarkozysme, la défaite était interdite, l'alternance nécessaire. Les Français nous ont donné cinq ans pour changer le pays.
    Mais la France est aujourd'hui entre l'espoir et le doute. Minée par cinq ans de crise, elle est marquée par un chômage insupportable, une croissance trop faible, des déficits trop importants.
    Pourtant, notre politique économique - sérieux budgétaire, Europe, compétitivité, justice sociale - commence à porter ses fruits. La reprise est amorcée. J'en ai la conviction : la France va s'en sortir, la gauche réussir. L'ambition de cet ouvrage est de le démontrer.
    J'y fais le récit de mes seize mois à Bercy, à la tête du ministère des Finances, et des combats que j'y ai menés. Combat contre la crise. Combat pour réorienter l'Europe vers la croissance. Combat personnel, dans l'affaire Cahuzac, face à la rumeur, à la calomnie.
    J'y expose aussi ma vision pour l'avenir. Pour poursuivre la "révolution copernicienne" de la gauche, dans la ligne tracée aujourd'hui - clairement réformiste, sociale-démocrate et euro-péenne. Pour aller plus loin encore dans le changement économique et social. Pour préparer une France plus rayonnante dans dix ans. En somme, pour continuer et gagner le combat du redressement de notre pays. »

  • L'économie n'est pas une science exacte. Les contraintes n'effacent jamais complètement la liberté de ceux qui décident. C'est pourquoi l'économie doit accepter de redevenir politique, d'indiquer des cheminements et des choix possibles en fonction d'objectifs qui relèvent de la société ou de l'État. Un instrument de travail pour l'étudiant autant qu'un outil de réflexion et d'analyse pour le décideur.Énarques, conseillers à la Cour des Comptes, François Hollande et Pierre Moscovici sont professeurs à l'Institut d'études politiques de Paris.

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