• Pierre Péan notait tout dans ses carnets, c'est ce qui l'a décidé à écrire ses Mémoires.
    Pour la première fois, Pierre Péan, le journaliste qui est devenu célèbre en brisant l'omerta sur le passé de Mitterrand à Vichy, raconte :- les coulisses de la bataille féroce qui l'a opposé au Monde- l'ambivalence de ses liens avec les hommes de pouvoir : Grossouvre, Plenel, Djouhri...- les menaces, les pièges, le « contrat » sur sa tête - le monde délirant des dictateurs africains - ses relations très personnelles avec deux présidents de la République - de Bongo à Barril, les réseaux d'influence occultes dans l'ombre de l'État...Dans ce document captivant, l'auteur nous confie ses secrets sur les grandes affaires de la Ve République dont on mesure brusquement toute la complexité. Ce témoignage exceptionnel, nourri de nombreuses révélations, dénonce aussi l'autocensure et le conformisme médiatique.Pierre Péan, disparu en juillet 2019, était le dernier des grands enquêteurs. Il incarnait un journalisme qui dévoile sans juger ni s'acharner. Pendant sa longue carrière, il a mis au jour les dissimulations et les mensonges des puissants. Il a publié de nombreux best-sellers, parmi lesquels Affaires africaines, Une jeunesse française : François Mitterrand, ou encore La Face cachée du Monde.

  • En septembre 1939, la guerre vient bouleverser la vie des habitants de Sablé- sur-Sarthe.
    Cinq ans plus tard, deux balles sont tirées dans la nuque de « Papillon », un présumé collabo, par le chef FFI de cette petite ville de six mille habitants.
    Entre ces deux dates, c'est une France en réduction, vue du salon de coiffure familial, que nous raconte Pierre Péan, de la mobilisation à l'exode, de l'Occupation à la Libération : commerçants qui s'enrichissent au marché noir, prostituées du bordel local qui ne regimbent pas devant les nouveaux clients allemands, la résistance qui s'organise timidement.
    Ceux-là et d'autres traversent ce récit jusqu'à l'épuration, qui verra arrestations et règlements de compte, sous la direction du même commissaire de police qui obéissait aux ordres de Vichy.
    Pierre Péan fait revivre sa « petite France » grâce aux nombreux récits des derniers témoins et informations tirées des archives privées, départementales, nationales, ainsi que du Service historique de la Défense et des archives britanniques.
    En reconstruisant l'histoire de sa ville avec un fil rouge personnel, l'auteur nous livre une fresque inattendue de ces années tumultueuses, dont l'héritage se fait toujours sentir.

  • Jean Moulin aurait eu cent ans au printemps prochain. Son nom, sa figure sont devenus familiers à tous les Français. A la fois groupe scolaire, avenue gymnase, son nom désigne un des héros du xxe siècle qui a accepté de mourir pour une belle et grande idée de la France. En ne parlant pas sous la torture, il a racheté les lâchetés et trahisons de nombreux Français pendant cette période noire de notre Histoire qu'a été l'Occupation. André Malraux l'a immortalisé lors de l'entrée de ses cendres au Panthéon, il en a fait un héros mythique et inaccessible, mais a libéré en même temps des énergies destructrices. Tout naturellement, Henri Frenay a été le premier à donner des coups dans la statue, en suggérant que ce que tout le monde appelait son rôle d'unificateur de la Résistance n'était en réalité que l'oeuvre d'un sous-marin du Parti communiste français. Longtemps plus tard, certains ont pris un marteau-piqueur pour élargir les brèches ouvertes par Frenay. Pour certains, Moulin était probablement un agent soviétique, pour d'autres, inévitablement, un agent américain.
    Qui était donc Jean Moulin ?
    Pourquoi de Gaulle à Londres, a-t-il décidé de faire de lui son représentant en France alors qu'il ne le connaissait pas quelques semaines tôt ?
    Jean Moulin était-il resté " l'homme de Pierre Cot ", ancien ministre de l'air, ardent partisan de l'alliance franco-soviétique dans ta lutte antifasciste ?
    A-t-il côtoyé des agents soviétiques ? Le savait-il ? ,A-t-il collaboré avec eux ?
    Pourquoi Moulin et Frenay se sont-ils tant affrontés ? Faut-il inscrire le tragique épisode de Caluire dans ce combat fratricide ?
    La trahison de René Hardy, un homme de " Combat ", n'a-t-elle été un acte individuel ?
    Quelles sont Ies conditions exactes de la mort de Jean Moulin ?
    Ce grand livre d'enquête de Pierre Péan, fourmillant de révélations, répond à ces questions et à beaucoup d'autres. Il redonne à Jean Moulin une dimension humaine, avec ses défauts et ses qualités, ses grandeurs, et ses faiblesses. Le héros était aussi un homme avant que la mort en fasse une figure de légende.
    Pierre Péan a publié chez Fayard Affaires africaines, L'Argent noir, L'Homme de l'ombre, Le mystérieux Docteur Martin, Une jeunesse française, et, en collaboration avec Christophe Nick, TF1, un pouvoir.

  • En 1983, Pierre Péan publie Affaires africaines sur le rôle de ce qu'on appelle la Françafrique dans l'« émirat noir » regorgeant de pétrole, dominé par le groupe Elf. Le scandale créé par le livre vaut à son auteur menaces de mort, attentat à son domicile, et la rancoeur d'Omar Bongo, « papa » indéboulonnable de son pays pendant quarante ans, témoin des relations incestueuses entre l'ex-colonie et Paris, notamment des subsides versés par le potentat de Libreville aux partis et au personnel politique de la métropole. Vers la fin de son règne, Bongo fait savoir à Péan que, le temps ayant fait son oeuvre, il aimerait lui laisser son témoignage. Ce livre-là ne se fera pas, Bongo mourant en 2009. Mais Péan avait déjà pu glaner assez de confidences pour amorcer le présent ouvrage, entre autres sur les débuts de règne calamiteux du successeur d'Omar, Ali Bongo. Accusations de corruption, de détournement de fonds publics, d'assassinats, d'élections truquées avec la complicité de Paris, de « biens mal acquis » en France et ailleurs, de folie des grandeurs : tel est le bilan catastrophique du pouvoir gabonais.
    Outre Affaires africaines, Pierre Péan a consacré à cette région plusieurs ouvrages, dont Bokassa Ier, L'Argent noir, Noires fureurs, blancs menteurs et Carnages.

  • Le monde selon K.

    Pierre Péan

    Du French doctor bravache et bénévole courant soigner les victimes de la guerre de sécession au Biafra, à l'icône médiatique propulsée au top des sondages de popularité; du militant gauchiste, devenu l'un des ministres préférés du président Mitterrand, à l'éphémère soutien de Ségolène Royal passé dans le camp de Nicolas Sarkozy et nommé par lui au Quai d'Orsay; de l'inventeur autoproclamé du devoir d'ingérence à sa récente répudiation du «droit-de-l'hommisme»; de ses généreux engagements d'antan à ses flirts éhontés avec le «bushisme», les «néocons» américains ou l'actuel dictateur rwandais - quelle meilleure illustration de la dérive opportuniste d'une fraction de la génération soixante-huitarde et de ses reniements successifs que la carrière de Bernard Kouchner?
    «À force, écrit Pierre Péan, il aura fait une victime de ce qui lui était le plus cher: l'image qu'il voulait donner de lui-même et à laquelle il sera, à ce train, le dernier à croire.»

  • Au printemps 1994, le monde est stupéfié par les images du déchaînement de fureur et de violence qui s'est emparé d'un petit pays africain, au coeur de la région des Grands Lacs, le Rwanda: les corps d'hommes, de femmes et d'enfants tués à la machette, les charniers dans des villages vidés de leurs habitants, les figures des rescapés horriblement mutilés et traumatisés, les populations fuyant vers l'ouest... Jamais le continent noir n'avait connu des massacres d'une telle ampleur.
    Très vite, les médias opposent victimes, les Tutsis, et bourreaux, les Hutus; et ils désignent les coupables de cette folie meurtrière sans précédent, qualifiée de génocide : la communauté internationale, qui n'a rien fait, dont la mission (Minuar) a même réduit ses effectifs à la veille de l'embrasement général du pays; et, en premier lieu, la France, soutien du président Habyarimana, qui aurait formé les milices Interahamwe qui ont traqué systématiquement les Tutsis. Son opération militaire (Turquoise), décidée tardivement, n'aurait servi qu'à masquer sa compromission « néo-colonialiste » avec le régime génocidaire. Ainsi l'histoire se fige-t-elle dans une version voulue et imposée par le vainqueur: Paul Kagame, le « libérateur », chef des rebelles tutsis du Front patriotique rwandais (FPR).
    Cependant, cette thèse présente une faille : le déclenchement des massacres, au lendemain de l'attentat du 6 avril 1994, au cours duquel l'avion du président rwandais fut abattu. Qui a tué Juvénal Habyarimana, président du Rwanda ? La question resurgit aujourd'hui, plus de dix ans après les faits, mais cette fois-ci elle trouve une réponse : des mercenaires à la solde du FPR de Kagame, selon le juge Bruguière, qui s'apprête à clore son instruction. Ce ne sont donc pas les extrémistes hutus du régime Habyarimana qui ont prémédité ce coup d'État et ses monstrueuses conséquences.
    Ainsi toute l'histoire du génocide serait-elle à reconsidérer, et Paul Kagame, aujourd'hui président du Rwanda, apparaîtrait-il comme le plus grand criminel de guerre en vie. Pierre Péan démontre que le génocide de 1994 ne fut qu'un épisode dans une guerre civile et régionale ignorée, plus meurtrière encore, voulue depuis octobre 1990. Le FPR était prêt à tout pour conquérir le pouvoir à Kigali, y compris à sacrifier Hutus et Tutsis.

  • Kosovo, cas d'école de l'ingérence internationale. Aussi révélatrice de ce que tout le monde s'empresse d'oublier dès que les feux médiatiques ne sont plus pointés sur la « guerre oubliée ». En juillet 1999, dans l'indifférence générale, était-il clamé dans les médias, il se perpétrait un génocide, une nouvelle épuration ethnique organisés par les Serbes dans cette province reculée de l'ex-Yougoslavie. C'était le dernier épisode du démembrement de ce pays. Treize ans après l'« intervention » de l'OTAN et quatre ans après l'indépendance du pays (soutenu d'enthousiasme par la plupart des États de l'Union européenne, et notamment par la France), quelle est la réalité du Kosovo « démocratique » et « pluriethnique » ? Choses vues : une clique corrompue et maffieuse à la tête d'un Etat fantoche, qui s'adonne à tous les traffics, dont celui d'organes après assassinat ou amputation des opposants ; ségrégation, brimades, exactions contre les populations non kosovares, qui a conduit à une « épuration ethnique inversée » ; l'assassinat politique est une pratique courante ; des criminels recherchés ont pignon sur rue ; destruction du patrimoine orthodoxe... Le constat, effroyable et abondamment documenté les observateurs (diplomates, enquêteurs internationaux, magistrats, militaires...) présents sur le terrain, n'est jamais évoqué : choses tues. Au-delà du reportage, qui fait état de la situation des populations dans le pays, ce livre est le récit des manipulations et des intérêts masqués derrière le prétendu miracle kosovar. Le Kosovo reste « une poudrière ». La question n'est dès lors pas de savoir « si » elle explosera, mais « quand »...

  • L'inconnu de l'Elysée

    Pierre Péan

    Au début de 2007, alors que les deux principaux
    candidats déclarés à l'élection présidentielle font à
    peu près jeu égal, les Français s'interrogent : va-t-il oser
    se représenter ? Préférera-t-il se retirer sans donner
    aucune consigne de vote ? Apportera-t-il au candidat
    de la droite ultra-libérale un soutien assez chiche pour
    valoir celui que la corde apporte au pendu ? Sortira-t-il
    au dernier instant de sa manche un candidat hors-parti
    ?
    L'incertitude qui plane sur les intentions du chef de
    l'État à quelques mois de l'expiration de son second
    mandat témoigne d'un fait avéré : alors que des
    tombereaux d'ouvrages lui ont été consacrés, le plus
    souvent pour le démolir, l'hôte de l'Élysée demeure
    une énigme aussi bien aux yeux des citoyens que pour
    ceux qui prétendent décrypter les intentions et arrière-pensées
    du pouvoir.
    Pour connaître un homme, fût-il président de la
    République, le mieux était encore d'aller le trouver et
    de l'interroger. C'est ce qu'a fait Pierre Péan, journaliste,
    homme de gauche, séduit par l'attitude du chef de
    l'État face à la guerre américaine en Irak, qui a
    recoupé ses propres investigations avec le contenu de
    douze longs entretiens que lui a accordés Jacques
    Chirac au cours du dernier semestre 2006.
    Entre la biographie dialoguée et l'autobiographie à
    deux voix, ce livre ne vient pas s'ajouter à tous ceux qui
    ont été consacrés à celui qui préside depuis dix ans aux
    destinées de ce pays. Il parle - et porte le témoignage
    direct - de l'homme politique le moins bien connu des
    Français. 

  • Depuis les débuts de la Ve République, l'Afrique noire a été l'objet d'une attention très particulière des hauts dirigeants français qui l'ont incluse dans leur " domaine réservé ", sous le contrôle tutélaire et direct de l'Elysée: du Secrétariat aux Affaires africaines et malgaches de Jacques Foccart, sous de Gaulle, jusqu'à ses équivalents actuels.
    Nombre d'" affaires " ont révélé, au fil des ans, le caractère trouble, aventureux et parfois compromettant des relations entre Paris et certains gouvernants de ses anciennes colonies. " Diamants ", barbouzes, mercenaires, putsches, safaris, sacres impériaux, votes des " Français de l'étranger ", affaires du S.A.C., financement des partis politiques, trafics d'influences, pots de vin et prébendes: l'accent fut alors souvent mis sur des cas de corruption, des excès de potentats locaux _ plus rarement sur les véritables intérêts en cause, les réseaux et groupes de pression, les jeux d'influences réciproques, l'intrication croissante de la politique franco-africaine des gouvernements successifs et de leurs préoccupations de politique intérieure...
    Un cas résume à lui seul toute l'ampleur et l'ambiguïté de ces relations d'" interdépendance ": le Gabon, petit émirat équatorial gorgé de pétrole et d'autres ressources stratégiques. La minutieuse enquête menée par Pierre Péan à partir de cette plaque-tournante des enjeux franco-africains révèle que certain néocolonialisme risque de n'être plus aujourd'hui à sens unique, et que la politique de Paris n'est pas à l'abri des pressions de lobbies ou de chantages aux renversements d'alliances...
    Chronique d'un quart de siècle de relations franco-africaines, ce livre ne constitue pas un mince chapitre de l'histoire secrète de la Ve République.

  • Pour son malheur, René Hardy, jusque-là grand résistant, rencontra un jour Lydie Bastien.
    Cette femme étrangement belle, fascinante, se vantait de pouvoir hypnotiser qui elle voulait ; il en devint fou amoureux.
    On la vit alors, au printemps de 1943, avec ses talons compensés, son large chapeau et ses robes extravagantes, accompagner le chef de Résistance-Fer dans ses rendez-vous les plus secrets. Poussée par une inextinguible soif de pouvoir sur les hommes, elle plongea d'abord au coeur de la Résistance à Lyon, pour travailler très vite à la solde des Allemands.
    C'est ainsi qu'elle piégea René Hardy qui, passé à son tour à l'ennemi, n'hésita pas à livrer Jean Moulin à Klaus Barbie lors de la fameuse réunion de Caluire.
    /> A travers le portrait de cette Mata Hari, morte tout récemment, Pierre Péan déroule devant nos yeux le parcours tumultueux d'une femme dont le destin, en 1943, a funestement croisé l'Histoire de notre pays.

  • Le secret est un des moyens importants de défense d'un Etat comme la France, au même titre que la détention de l'arme absolue. Au demeurant, la Bombe n'aurait pas de raison d'être si tout le monde la possédait. D'où le secret qui a longtemps entouré sa fabrication.
    Le secret protège donc les intérêts vitaux de la Nation, mais il ne sert pas qu'à cela. Toute une organisation complexe s'est constituée pour protéger les différentes sortes de secrets. Les règles de ce système sont elles-mêmes tenues secrètes, bien que la loi précise depuis 1978 que l'information du citoyen soit la règle, et le secret l'exception. L'Administration a en fait rédéfini et consolidé une forteresse à l'abri de laquelle elle a loisir de fonctionner selon ses propres lois, souvent en contradiction avec la Loi.
    Le secret justifié par la raison d'Etat _ qui, par définition, n'a pas elle-même à être argumentée _ permet toutes les illégalités: cambriolages, écoutes téléphoniques, interconnexions d'ordinateurs, décisions arbitraires de toute nature. Le système de protection du secret est une organisation fermée de la communication à l'intérieur de l'appareil d'Etat avec de nombreux réseaux protégés: téléphones, télex, valises, radios, etc. A l'intérieur de ces réseaux ne circulent pas seulement des secrets nécessaires à la défense du pays contre les menaces externes ou intérieures, mais bien d'autres secrets moins avouables...
    C'est sur les rouages de cette machinerie du secret d'Etat, sur ses règles, ses hommes, ses objectifs, ses méthodes, que porte la nouvelle enquête de Pierre Péan.
    Pierre Péan, journaliste, est notamment l'auteur chez Fayard d'Affaires africaines (100 000 ex.) et de V (l'affaire des avions renifleurs) (40 000 ex.).

  • Est-ce pudeur, honte ou hypocrisie? Nul ne se hasarde vraiment à parler de corruption. De temps à autre, un scandale éclate, dont le bruit s'éteint vite, et les pots-de-vin, commissions et autres bakchich continuent leurs parcours discrets, comme devant.
    Or la corruption n'est pas uniquement une pratique répandue que seule la morale privée réprouverait. Pour de nombreux pays, parmi les plus démunis, la corruption est un véritable drame: elle ronge les cadres dirigeants, elle ruine les ressorts du peuple, elle détourne vers divers paradis fiscaux des ressources indispensables. Bref, elle appauvrit encore les plus pauvres. Depuis le début des années 70, le quadruplement des prix du pétrole, le gonflement de la dette du Tiers monde, elle est devenue l'une des causes majeures du sous-développement.
    Il n'existe pas de corrompus sans corrupteurs. Certaines élites tropicales ou équatoriales portent une lourde part de responsabilité dans la misère de leur pays. Mais que dire de nos industriels, soutenus fidèlement par nos gouvernements, qui vendent au Tiers monde ces " éléphants blancs ", usines inutiles, cathédrales de béton, routes qui ne mènent nulle part, projets sans autre objet que de fabriquer du chiffre d'affaires au Nord et des pots-de-vin au Sud? L'affairisme du Nord, la corruption du Sud sont les facettes d'une même attitude: un mépris aveugle ou cynique de l'intérêt général. A sa manière habituelle, sans circonlocutions ni complaisances, citant des noms, des faits, des chiffres, Pierre Péan nous ouvre cette fois les portes de l' " argent noir ". Nul doute qu'après Affaires africaines ou le dossier des " avions renifleurs ", cette nouvelle enquête fera grincer des dents: au Sud comme au Nord, le silence en ce domaine arrange bien des gens.

  • Il est un conflit majeur qui est passé totalement inaperçu depuis près de vingt ans. Pourtant, il a fait plus de morts que toutes les guerres depuis 1945... Environ six millions de victimes et quatre chefs d'État assassinés. Son théâtre : toute l'Afrique de l'Est et l'immense Congo, au centre du continent, ont été bouleversés par cette guerre qui a visé à en redessiner la carte. Dans la région, c'est pratiquement chose faite : le Kivu a été détaché du Congo (RDC) et « appartient » de fait au Rwanda et à l'Ouganda ; plus au nord, la première modification des frontières en Afrique est imminente : le Sud-Soudan devrait être indépendant de Khartoum. Comment se fait-il que nous n'ayons rien vu ? La chose est stupéfiante, mais nul jusqu'à présent n'avait envisagé ce conflit majeur dans sa globalité. Pourtant, il a ses logiques stratégiques que Péan met au jour. Le classique affrontement entre les Etats-Unis, cherchant à étendre leur aire d'influence, et l'ex-puissance coloniale française, voyant son pré-carré lui échapper, a pris une ampleur inédite et tragique après 1990... Somalie, Sud-Soudan, Rwanda, Congo-Brazzaville, RDC, Erythrée, Darfour, la liste est longue des conflits incompréhensibles si l'on n'en saisit pas les dessous. Quel est le jeu de Paul Kagamé, le « pion » des Américains, qui tient dans toute la région le rôle qui était celui de Mobutu avant 1989 ? Pourquoi les Américains n'ont-ils pas voulu intervenir au Rwanda en 1994 et ont-ils tout fait pour étouffer la vérité ? Pourquoi la question du Darfour a-t-elle été si cruciale aux yeux de Washington ?

  • Compromissions

    Pierre Péan

    Jeux, prostitution, trafic de drogue : pour les parrains mafieux, la Corse est le paradis des « affaires ». Mais pour qu'elles prospèrent comme ils l'entendent, ils ont besoin du plus grand laxisme administratif, doublé de la plus grande bienveillance policière et judiciaire. Ce qui explique, d'une part, les accointances du « milieu » avec des soutiens haut placés en métropole et, d'autre part, l'intrication du combat indépendantiste et des actions criminelles commanditées par des truands désireux d'asseoir leur mainmise sur l'île de Beauté.
    De la French Connection à l'assassinat du préfet Érignac, des bases africaines de la mafia corse aux cercles de jeu parisiens, l'enquête de Pierre Péan retrace la guerre ouverte entre hors-la-loi et tenants de l'ordre républicain qui sévit depuis les années 1930.
    Un vrai thriller où les cadavres des victimes de règlements de comptes tiennent lieu de marque-pages.

  • Après Mao, la Chine est rentrée dans la logique de l'efficacité économique. Pour devenir une grande puissance à la fin du siècle et même dépasser les États-Unis. Les « managers » ont gagné la guerre de succession commencée en 1976. Les Chinois vont désormais conjuguer le verbe produire à tous les temps. La fête révolutionnaire est-elle finie ? Le nouveau chef des 800 millions de Chinois, le président Hua Kuo Feng veut même arracher les racines de « ce mal » : c'est l'écrasement de la « Bande des Quatre » et la violente campagne contre les proches de Mao, notamment sa femme. Toutes les actions sont pourtant justifiées par la pensée de Mao : « La droite au pouvoir pourrait utiliser mes paroles pour devenir puissante pendant quelque temps. Mais la gauche pourrait utiliser d'autres de mes paroles et s'organiser pour renverser la droite », écrivait le grand timonier en 1972, dans une lettre adressée à sa femme.

  • Parce que le Japon et l'Europe commençaient à menacer la suprématie des Américains, ceux-ci ont décidé de déclencher une troisième guerre mondiale. Une guerre économique en riposte à une menace économique. Toute la prospérité de nos sociétés de consommation repose sur l'existence de sources d'énergies et de matières premières à bon marché. Pour mettre les Européens et les Japonais à genoux, Washington a donc décidé d'obliger ses concurrents à payer plus cher les fournitures qu'ils ne produisent pas sur leurs propres territoires mais dont, pourtant, ils ne peuvent plus se passer. Grand reporter à L'Express puis à Europe N° 1 et à l'hebdomadaire économique Les Informations, Pierre Péan a parcouru les pays du Golfe persique. Il a recueilli les confidences des ministres arabes et des agents des compagnies américaines. Et, aujourd'hui, il est formel : ce qui se passe depuis six mois au Proche-Orient a été voulu par les États-Unis et dirigé de Washington. Il s'agit, par la hausse massive des prix du pétrole, de rendre les économies européennes et japonaises moins compétitives. Tout le monde trouvera son compte à cette hausse du pétrole. Les pays producteurs, bien sûr, qui vont obtenir trois fois plus de recettes sans avoir à dilapider plus de richesses. Les Russes, qui voient leurs fantastiques mais lointains gisements sibériens devenir rentables et peuvent caresser l'espoir que les Japonais seront suffisamment affolés pour venir leur proposer de les aider à exploiter cet océan souterrain. Et, enfin et surtout, les États-Unis qui restent, on l'oublie trop souvent, les premiers producteurs mondiaux de pétrole. Les États-Unis qui ont déjà préparé la relève nucléaire et savent qu'en 1980 ils auront retrouvé leur totale indépendance énergétique. Un complot génial. Et jusqu'à présent réussi.

  • V...

    Pierre Péan

    Enquête sur l'affaire des avions renifleurs et ses ramifications proches ou lointaines. 

  • La démocratie est-elle en train de tuer la démocratie, à bas bruit ? 
    L'actualité a égrené depuis quinze ans des scandales politico-financiers sans que nous ne puissions en comprendre la logique, s'il devait même y en avoir une. Après plus d'un an d'enquête, au cours de laquelle de très nombreux acteurs, jusqu'au sommet de l'État, ont accepté de lui parler, à condition que cela soit souvent en « off », Pierre Péan met au jour bien des aspects passés inaperçus sur les activités dans les zones grises de l'État. Dans toutes ces affaires, un seul enjeu : constituer un « trésor de guerre », en vue de la campagne présidentielle suivante. À chaque fois, il s'agit de tirer la manne des grands contrats civils ou militaires. 
    Le durcissement de la législation sur le financement des partis a accouché d'un monstre : désormais, la pratique des rétrocommissions est devenue la règle d'un certain commerce international d'État. Cette « République des mallettes » a pris le pas sur l'État démocratique. Son fonctionnement et les décisions les plus stratégiques du pays semblent aiguillonnés, plutôt que par l'intérêt national, par le souci de perpétuer ce système et de le rendre le plus fluide possible par la constitution d'une oligarchie restreinte occupant les postes « stratégiques » : à la tête des grandes entreprises à capital public, à l'Élysée et dans les ministères régaliens. Une oligarchie pour qui l'argent est devenu roi. 
    À travers l'incroyable itinéraire de l'un des « facilitateurs » de ce système, personnage au passé des plus troubles, Pierre Péan démonte une à une les pièces d'un mécanisme qui, si nous n'y prenons garde, finira par ronger le système démocratique français, comme c'est déjà le cas en Russie ou en Italie.Pierre Péan est enquêteur-écrivain. On lui doit notamment Affaires africaines (1983), Une jeunesse française (1994) et Le Monde selon K. (2008). Il a publié dernièrement aux éditions Mille et une nuits Carnages.

  • La menace

    Pierre Péan

    Chaque soir, à vingt heures, les téléspectateurs du journal d'Antenne 2 se voient rappeler que les otages français détenus au Liban n'ont toujours pas été libérés.
    On sait aujourd'hui que la clé de leur libération ne se trouve pas ailleurs qu'à Téhéran. On sait que l'aide privilégiée fournie par la France à l'Irak, avant et depuis le déclenchement des hostilités entre ce pays et l'Iran, a pesé lourd dans cette nouvelle sorte de guerre opposant le régime de l'ayatollah Khomeyni aux " satans " occidentaux que sont, avec les Américains, les Français.
    Une guerre jalonnée d'attentats terroristes, de prises d'otages, de chantages, de subversion. Une guerre où l'affairisme de certains milieux, notamment dans le domaine des exportations d'armements, et les aléas de la diplomatie secrète risquent à tout moment de faire éclater, en France même, des scandales comparables à celui de l'" Irangate " qui, à Washington, a " déstabilisé " le Président Reagan. Une guerre qui n'obéit à aucune des règles de conduite des démocraties et où celles-ci risquent à bien des égards de perdre leur âme.
    Journaliste d'investigation des " dossiers sensibles ", Pierre Péan est notamment l'auteur d'Affaires africaines, de V, l'affaire des " avions renifleurs " et de Secret d'Etat.

  • " M. Jacques Foccart a été et reste sans nul doute un des personnages les plus mystérieux de la Ve République. Le pouvoir occulte qu'on lui a prêté en a même fait un mythe. Le nom de Foccart a toujours été lié aux activités non officielles du pouvoir gaulliste, qu'il s'agisse de la lutte contre l'OAS, du SAC ou des services spéciaux. Rien ne paraissait pourtant prédisposer cet homme à devenir un collaborateur si proche du général de Gaulle qu'il en est devenu, aux yeux de ses fidèles, mais aussi de ses opposants, comme l'ombre même... "
    Ainsi s'exprime en 1982 le rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur le SAC.
    Telle est aussi la figure centrale du nouveau livre de Pierre Péan, à la confluence de tous ses centres d'intérêt: les affaires africaines, l'histoire secrète de ces dernières décennies, les services spéciaux, l'argent noir, les réseaux d'influence et les polices parallèles, sans oublier le terroir chouan dont l'auteur est originaire à l'instar de son personnage principal.
    Celui-ci, de fait, a été l'homme le plus puissant et le plus mal connu de la Ve République. Cofondateur et patron du parti gaulliste, le RPF, lors de la " traversée du désert " d'avant 1958, il devint ensuite le " grand vizir " de la politiqueafricaine de la France pendant près de vingt ans, et, bien qu'il s'en défende, il ne cessa dans le même temps d'avoir la haute main, soit directement, soit indirectement, sur l'action des services secrets français. Personnage énigmatique, ultra-protégé, on a dit à son propos qu'il était l'éminence grise et le collaborateur le plus proche de De Gaulle. Comme tel, certains membres de la CIA ont vu en lui un espion à la solde de Moscou, l'OAS, un traître pro-FLN, et il n'est pas une grande affaire _ affaire Ben Barka, affaire Markovic, affaire Boulin, etc. _ à propos de laquelle son nom, à un titre ou à un autre, n'ait pas été prononcé.
    En ce temps de commémorations gaulliennes, Pierre Péan, au terme d'une enquête de plusieurs années, apporte sur ce personnage considérable _ et son entourage _ des révélations pour le moins surprenantes qui donnent à certains chapitres de cette vie une dimension proprement romanesque.
    Pierre Péan, journaliste-écrivain, est notamment l'auteur de Les deux bombes, affaires africaines, V (l'affaire des avions renifleurs), Secret d'Etat, L'Argent noir.

  • Il est devenu évident aux yeux de tous que les buts de la guerre du Golfe ne sont pas seulement ceux qu'ils paraissaient être lors du déclenchement du conflit: contraindre Saddam Hussein à se retirer du Koweït, restaurer par la force, sur mandat des Nations Unies, la primauté du droit international sur l'expansionnisme irakien. Il était clair depuis le début que l'Occident ne pouvait tolérer que les énormes réserves mondiales de pétrole que contient la région tombent sous la dépendance plus ou moins directe de Bagdad. Mais, par-dessus tout, la transformation de l'Irak en superpuissance militaire au cours des quinze dernières années _ la quatrième armée du monde, reconnaît-on aujourd'hui _ menaçait d'embraser à brève échéance l'ensemble du Proche et du Moyen-Orient. A fortiori si, comme il était prévisible, Bagdad finissait à très brève échéance par se doter de l'armement nucléaire, face à un ennemi de toujours, Israël, qui en était déjà doté.
    C'est de cet aspect capital des origines de la guerre du Golfe que traite ce livre de référence de Pierre Péan en évoquant la manière dont la France, entre 1956 et 1975, a successivement donné à l'Etat hébreu, puis à l'Irak, les moyens d'exercer l'un sur l'autre, à court ou moyen terme, le chantage à l'arme atomique.
    A l'heure où chacun se repent un peu tard d'avoir contribué à surarmer Bagdad et à transformer la région en poudrière, il n'est pas inutile de lire ou relire cette longue et ténébreuse histoire.

  • Henri Martin est certainement le plus grand comploteur du siècle. Né en pleine affaire Dreyfus, il adhère à quatorze ans à l'Action française, fasciné par le discours et l'activisme antirépublicains des fidèles de Charles Maurras. Mais Martin est un indépendant farouche et quitte bien vite l'organisation monarchiste qu'il juge trop timorée. Les Juifs, les francs-maçons, la finance internationale et les bolcheviks entretiennent, dans les années trente, son exaltation et son acharnement à guerroyer contre les adversaires des valeurs de la France éternelle au nom desquelles il se bat. Puis il fonde avec quelques extrémistes la fameuse Cagoule, qui a pour objectif avoué de renverser la République, de lutter contre les Républicains espagnols et d'extirper le communisme... Martin qui, toute sa vie, fera du renseignement politique, met son énergie farouche au service de Pétain. Mais bientôt la passion de l'intrigue reprend le dessus, contre Laval d'abord (jugé trop favorable à l'occupant), contre une partie du gouvernement de Vichy ensuite (qui, pense-t-il, fait obstacle à la Révolution nationale). Excédées, les autorités de Vichy le font interner en 1942. Et Martin finira la guerre comme agent des Américains ! Après guerre, il reprend son combat contre les communistes, et bientôt sa carrière de conjuré. Ses complots contre la IV' République sont finalement détournés par les gaullistes en mai 58 : Martin est ainsi un acteur essentiel du retour du général de Gaulle, qu'il exècre pourtant. Puis ce sera, bien sûr, l'O.A.S. Tranquille est la République quand Martin se repose à... la Santé. Voici une extraordinaire traversée du siècle, la vie d'un comploteur magnifique, racontée à partir d'une enquête auprès des derniers témoins de cette épopée, d'une plongée aux archives et dans les papiers de famille du mystérieux Docteur.

  • Ce Suisse n'a jamais été neutre.
    Adolescent, il fait siennes les frustrations allemandes nées du traité de Versailles, avant de s'engager du côté des nazis.
    Après la Seconde Guerre, il assume avec vigueur ses responsabilités d'exécuteur testamentaire de Hitler, de Bormann et de Goebbels, puis s'engage avec la même fougue au service de la cause arabe. C'est alors qu'il se lie d'amitié avec les chefs historiques du FLN et croise les chemins de bien des militants de la gauche et de l'extrême gauche européennes.
    Dans les années 1970, il passe pour être l'un des cerveaux du terrorisme international, fait la connaissance de Carlos, dont il restera solidaire jusqu'au bout, vole au secours de Klaus Barbie.
    François Genoud ne renie rien, ne regrette rien. Ses convictions sont intactes. Extrême droite? Extrême gauche? Pierre Péan, l'auteur d'Une jeunesse française, lève le voile au terme d'une minutieuse enquête.

  • Les Chapellières. Un domaine au nord de la Loire entre Ancenis et Châteaubriant. Deux hommes que la Révolution oppose : le seigneur Jacques Defermon des Chapellières a opté pour la Révolution et la remise en cause des vieilles bases de la société. Son métayer, Jean Terrien, poussé à la révolte par les excès des conventionnels, devient le redoutable chef chouan, Coeur de Lion. Une chronique historique nourrie par une longue enquête dans les archives publiques et privées où Pierre Péan a découvert des documents inédits et qui retrace sur un siècle (1754-1855) les vies entrelacées de ces deux personnages hors du commun. Defermon et Coeur de Lion, frères ennemis, s'accordent finalement sur l'essentiel : leur attachement à leur terre et au-delà à la France. Coeur de Lion prend les armes en 1793 et ne finit son combat, anobli, qu'en 1832 avec la folle équipée de la duchesse de Berry. À Rennes, Jacques Defermon fomente la première révolte qui précède la Révolution, devient président de l'Assemblée nationale, premier président du procès de Louis XVI, puis principal conseiller financier de Napoléon. Exilé en 1816, il ne retrouve ses droits qu'en 1821. Un grand récit remarquablement coloré, fourmillant d'aventures et de révélations à travers lequel Pierre Péan montre les véritables racines des contradictions qui depuis deux siècles n'ont cessé de déchirer la France.

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