Langue française

  • Le problème de l'ancien wallon, que j'ai publié en 1948 et qui a mis en circulation un néologisme, scripta (= all. Schriftsprache), dont certains n'ont aimé la forme ni perçu l'utilité, comprenait deux grandes sections : dans la première, je rassemblais les indices de la différenciation dialectale en Belgique romane au Moyen Âge pour ébaucher une sorte de petite grammaire historique du wallon ; dans la seconde, j'analysais la langue d'une charte liégeoise de 1236 afin de déterminer sa nature par rapport au dialecte local. Les deux études s'appuyaient l'une l'autre. Ma pensée première avait été, en effet, d'empêcher qu'on illustre de formes trompeuses l'histoire médiévale du dialecte. Il importait donc que soit exactement définie la langue des textes anciens où les historiens du wallon peuvent puiser des exemples ; et, pour atteindre ce but, il fallait d'abord avoir décrit, dans la mesure du possible, l'état du dialecte à l'époque des documents utilisés.

  • Les premières oeuvres littéraires écrites dans le patois de la région de Liège remontent aux environs de 1600. Elles attestent, sans nul doute possible, qu'au début du 17e siècle, ce patois possédait déjà les principaux traits phonétiques et morphologiques de sa physionomie actuelle. Dès 1600, le liégeois opposait au français sa forte et nette individualité, et les trois cent cinquante années qui ont coulé depuis n'ont guère accentué le caractère original de notre dialecte. Mais avant 1600, quelle était la situation exacte du wallon par rapport aux dialectes voisins ou congénères, et notamment par rapport au français ?

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