• Parce qu'elle était sensible à l'effondrement des êtres, Gabriella sentit le besoin d'aller se recueillir devant la cage des vautours du zoo de Barcelone. Quelques mois plus tôt, son père Giotto s'y était écrasé à bord de l'avion Spica. Les charognards, ces beaux chéris, avaient observé la scène, stoïques et ravis. Le premier, Sasko, avait demandé à son voisin : « Rhamp, tu aimes les anthrax ? » Immobile sur son perchoir de bambou, il répondit : « Cela dépend du coryphée. » Kalino, Dur LaSoie, Eschyle, OEil de Mouche et Karma LeCoran veillaient.

    Quel que soit le médium auquel il s'intéresse, Rober Racine le réinvente pour en tirer quelque chose qui brille avec tout l'éclat de ce qui est radicalement neuf.

    Les Vautours de Barcelone, sans doute son oeuvre littéraire la plus accomplie à ce jour, est une étonnante méditation sur la création, le tragique, la place de l'homme dans le cosmos.

    C'est surtout une célébration de l'art sous toutes ses formes, et un hommage poignant à l'oeuvre du compositeur Claude
    Vivier, dont la musique et le destin hantent le roman.

  • À Orvita, en Italie, un homme qui s'appelle Giotto raconte à son petit-fils, Matéo, sa passion pour les voyages lunaires et les pierres qu'on en a rapportées. Une jeune fille avale des lucioles avant de se coucher dans l'herbe pour regarder les étoiles. On projette des classiques du cinéma muet sur les voiles des navires amarrés dans le port. Un paon blanc, appelé Dieu, est assassiné d'un coup de diapason en plein coeur. Voici un livre qui amène le lecteur radicalement ailleurs. Comme dans chacune de ses oeuvres, quel que soit le médium - musique, arts visuels - qu'il choisit d'utiliser, Rober Racine, avec une infinie liberté et une prodigieuse invention, transgresse toutes les règles pour en tirer des effets « inouïs ». Dans L'Ombre de la Terre, ce sont les voyages Apollo qui servent de point d'appui à son imagination poétique. Ce roman, que baigne une lumière irréelle et qu'habite une sourde violence, dit de manière poignante cette attirance pour la disparition et l'infinie solitude que l'on ne peut manquer d'éprouver quand on sonde les immensités glacées du cosmos.

  • Gregory Paxton est chercheur en radiologie. Un jour, il apprend que, soixante ans plus tôt, à l'âge de cinq ans, il aurait sauvagement assassiné une fillette de douze mois à peine. Il n'en garde aucun souvenir. Il aurait tué la petite Rose-Aimée parce qu'elle faisait trop de bruit.

    À présent, tout est différent dans sa vie : regarder, respirer, manger, dormir, penser, se concentrer. Alors qu'il se trouve à Hiroshima pour étudier les ombres imprimées sur certains immeubles de la ville au moment de l'explosion de la première bombe atomique, une nouvelle image s'imprègne en lui : celle d'une fillette fracassée dans son landau.

    Pendant ce temps, Tania, sa femme, habile couturière, confectionne une robe couleur de feu pour une mystérieuse cliente, et Marie, leur fille, parcourt les rues du Centre-Sud à la recherche des lieux où a vécu le poète Denis Vanier, pour qui elle éprouve une irrésistible fascination.

    La Petite Rose de Halley est une histoire faite d'explosions, de vents, de tissus, de musiques, de poèmes, qui sont autant de blessures et de secrets.

  • Voilà des années que j'attends cette éclipse totale du soleil. Il y a si longtemps que j'attends ce regard. Bientôt la lune passera devant le soleil et m'offrira une ombre cerclée de feu. Ce sera notre alliance. La lune noire se greffera au soleil comme, il y a quelques mois, on vous a greffé le coeur d'Edward Mattingly. Le coeur d'un meurtrier bat dans votre poitrine, ma chérie. Vous n'y pouvez rien. Depuis toujours, Oxymoron collectionne les collectionneurs, les hommes et les femmes. Il acquiert ceux et celles qui ont possédé, contemplé, vécu, incarné les chefs-d'oeuvre, les phénomènes naturels, les événements extraordinaires, uniques. La pièce maîtresse d'Oxymoron est Gabriella, la plus grande interprète des madrigaux de don Carlo Gesualdo, prince et compositeur italien du XVIe siècle. Le plus musical sans doute de tous les textes de Rober Racine, cette cantate à deux voix est portée par un lyrisme envoûtant.

  • Des récits de Catherine Mavrikakis, Myriam Ouellette et Marie Claire Lanctôt Bélanger, aux poèmes de Chantal Neveu, Normand de Bellefeuille et Daniele Pieroni, en passant par les discours de Rober Racine, Daniel Canty et Joël Des Rosiers, la dernière livraison des Écrits réunit des textes d'écrivains chevronnés et de jeunes auteurs prometteurs, qu'ils soient romanciers, poètes ou essayistes. Le numéro s'ouvre sur un hommage à l'artiste Raymond Gervais, décédé au début de l'année et dont le numéro 150 des Écrits présentait le portfolio. Il comprend également la critique de poésie de Monique Deland, un autoportrait livresque de Marie-Andrée Lamontagne, un carnet d'écriture de Marie-Line Laplante, ainsi que les traductions de cinq poètes arabes contemporains originaires d'Irak, de Syrie et de Palestine. Le portfolio est consacré à l'artiste George Spiridakis.

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