• Une nouvelle fenêtre s'ouvre sur les grands mouvements populaires des années 1960 et 1970 dans la Caraïbe. Que se passe-t-il durant ces révoltes à San Juan, à Kingston et à Pointe-à-Pitre ? Que reproche-t-on à ces Dreads abattus par la police à la Dominique ? Comment expliquer ces coups d'État fantasques à la Grenade et au Suriname ? Quelles résonances entre ces évènements isolés, la longue marche pour l'émancipation caribéenne et les trépidations du monde occidental : Mai 68 en France, Révolution tranquille au Québec, lutte pour les droits civiques aux États-Unis ; mais aussi éviction de De Gaulle et assassinat de Kennedy. Cet ouvrage revisite bien des idées reçues sur la Caraïbe, sur les liens entre socialisme et capitalisme, sur la finance, et sur quelques concepts creux de cette époque qui nous hantent toujours tels le développement, la crise économique, les théories du complot. Romain Cruse raconte une histoire populaire de la révolution caribéenne, en donnant à l'Histoire la force du vécu et du vivant. Le Mai 68 des Caraïbes est un petit manuel de la résistance.

  • L'ouvrage propose une réflexion critique à la fois sur la géographie et sur la région caribéenne comme elle a trop souvent été enseignée et décrite. Pour ce faire, cet espace est appréhendé à la fois dans sa globalité et dans le détail, au travers de nombreuses études de terrain menées par l'auteur durant les dix dernières années (Suriname, Haïti, Cuba, etc.). Le géographe Romain Cruse rejette ici d'emblée le mythe de la neutralité en sciences humaines, qui amène trop de chercheurs à décrire le monde qu'ils étudient du point de vue des classes moyennes occidentales. Fort des années passées dans les quartiers pauvres et les villages de pêcheurs de Trinidad, de la Dominique ou encore de la Jamaïque, il choisit volontairement d'adopter le regard des classes populaires caribéennes - regard à la fois inspiré des observations sur le terrain et fondé sur un travail de recherche minutieux dans les bibliothèques universitaires de la région. La Caraïbe ainsi décrite n'est donc ni un éden touristique, ni un modèle de libre-échange, ni une région de forte croissance économique. On découvre plutôt des sociétés profondément divisées selon des clivages ethniques et sociaux hérités du colonialisme, des bidonvilles abandonnés derrière des décors de carte postale, la manipulation des masses par les élites locales et les investisseurs étrangers, et un regard différent sur la condition caribéenne contemporaine. Une condition qui se nourrit d'un environnement particulier, d'une histoire singulière et de traits démographiques propres tels que la créolisation et le pluralisme.

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