• Les anéantis, les assassinés, les bannis, les censurés, les exterminés, les exilés, les dissidents, les disparus, les éliminés, les emprisonnés, les fusillés, les internés, les liquidés, les opprimés, les persécutés, les relégués, les réprimés, les suicidés, les suppliciés, les torturés. Qui sont-ils? Les espions de Dieu, ceux qui comprennent tout.

    Parmi ces espions, on compte ici Anna Akhmatova, Antonin Artaud, Paul Celan, Varlam Chalamov, Stig Dagerman, Mahmoud Darwich, Huguette Gaulin, Claude Gauvreau, Zbigniew Herbert, Vladimfr Holan, Franz Kafka, Primo Levi, Federico Garcia Lorca, Ossip Mandelstam, Pier Paolo Pasolini, Sylvia Plath, Raûl Rivera, Nelly Sachs, Avrom Sutzkever et Marina Tsvétaïéva.

  • Le 3 juillet 1608, sous le règne d´Henri IV, Samuel de Champlain fonde la ville de Québec. André Roy nous fait revivre cette aventure de l´intérieur, et nous croyons entendre Samuel de Champlain lui-même nous dire comment lui et ses compagnons apprennent à découvrir un territoire nouveau, synonyme d´inconnu radical. Les Indiens, les fruits étranges, les bleuets qui illuminent le jour, d´îles en caps, de caps en baies,/Le Nord deviendra leur demeure...les maladies viendront, la mort approche sans honte ni crainte. André Roy s´appuie sur les différents écrits de ce grand fondateur et traverseur d´Atlantique (21 fois de rivage à rivage !) pour créer un texte épuré, sobre, d´une nudité rayonnante. Le temps alors renoue avec la circulaire mémoire qui le noue et aiguise notre profondeur de vivants d´aujourd´hui !
    Né à Montréal, où il vit, André Roy est poète et essayiste en cinéma. Il détient un doctorat en études françaises. Professeur à temps partiel aux niveaux universitaire et collégial, André Roy a donné plusieurs conférences et lectures, tant en Amérique du Nord qu´en Europe. Il oeuvre également dans le milieu de l´édition depuis de nombreuses années, tout en travaillant à la pige comme journaliste et critique en littérature et en cinéma. D´abord codirecteur d´Hobo-Québec (1972-74), il a dirigé la collection « Proses du Jour » aux Éditions du Jour (1973-74) et la collection « Écrire » aux Éditions de l´Aurore (1974-75). Il a été cofondateur et rédacteur en chef de Spirale (1979-83) et codirecteur des éditions et de la revue Les Herbes rouges (1983-85). De 1986 à 1988, il a été rédacteur aux Éditions de l´Hexagone, et aux Herbes Rouges et auteur de plusieurs textes pour la radio Radio-Canada et la chaîne télévisuelle Radio-Québec. Animateur dans le milieu des lettres, il a été secrétaire trésorier de l´Union des écrivaines et des écrivains québécois de 1985 à 1991, tout en s´occupant d´autres associations, dont l´Association québécoise des critiques de cinéma. Il est actuellement membre du comité de rédaction de la revue de poésie Estuaire et de la revue de cinéma 24 images.
    Son oeuvre est principalement constituée de quatre cycles poétiques : Les passions, Nuits , L´accélérateur d´intensité et Vies. Ses différents écrits lui ont valu des récompenses prestigieuses, dont le Prix du Gouverneur général du Canada pour Action Writing en 1985, le Grand Prix de Poésie de la Fondation des Forges pour L´accélérateur d´intensité en 1987, le Prix Estuaire-Terrasses Saint-Sulpice pour Vies en 1999, ainsi que le Prix Association québécoise des professeurs de français/Association nationale des éditeurs de livres pour Les espions de Dieu, en 2009. Parmi ses oeuvres, on pourra noter les titres suivants : Les passions du samedi, Les amoureux n´existent que sur la Terre, On sait que cela a été écrit avant et après la grande maladie et Professeur de poésie. Il publie en 2010 Les fantômes de l´automne, un recueil de poèmes pour adolescents. Il prépare actuellement le troisième volet de Vies : N´oublie pas de dormir. Sa poésie est traduite, entre autres, en albanais, anglais (Canada, États-Unis et Grande-Bretagne), espagnol (Espagne et Mexique), italien, portugais, slovaque, macédonien et tchèque.

    Http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Roy_(%C3%A9crivain) http://www.andreroypoete.com/ http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/biographies/892.html

  • Comment parler de cinéma sans en venir un jour à aborder le territoire de tous les spectres et fantômes qui le hantent ? Ce numéro de 24 images s'attaque à la grande diversité des modes d'apparition fantomatique dont est chargée l'histoire du cinéma. Qu'il s'agisse de films hantés par d'autres films (le spectre de Louis Feuillade; le cinéma de Jesús Franco), de films de fantômes (la tradition asiatique et l'oeuvre de Kioyoshi Kurosawa), de films hantés par l'Histoire (Godard, Fassbinder, Nicolas Klotz et Élisabeth Perceval), ou de la pratique expérimentale du found footage (Apitchatpong Weerasethakul), nombreuses sont les ombres qui hantent l'image cinématographique. Des analyses des oeuvres de Buñuel, Hitchcock et Tourneur complètent ce dossier ponctué d'images évocatrices et poétiques. Le DVD du film Que ta joie demeure de Denis Côté accompagne cette édition.

  • Le travail de l'acteur a quelque chose de foncièrement mystérieux et insaisissable. Comment parler de ce qui relève d'une pure présence, d'une énergie vitale ou d'une aura que seule la rencontre féconde d'un cinéaste et de l'acteur qu'il a choisi saura laisser rayonner? Dans le cadre d'un dossier sur les acteurs, les collaborateurs de 24 images nous partagent leurs coups de coeur pour des scènes marquantes du jeu d'acteur dans le cinéma contemporain (Suzanne Clément dans Laurence Anyways, Christopher Waltz dans Django Unchained, Owen Wilson dans The Royal Tenenbaums, entre autres). La revue nous fait aussi découvrir une perception du métier vue de l'intérieur en laissant la parole aux interprètes Emmanuel Schwartz, Sophie Desmarais, Gabriel Arcand, Ève Duranceau, Marie Brassard et Marc-André Grondin qui commentent le travail de leurs pairs.

  • Certains films plus que d'autres ont le pouvoir d'habiter nos rêves et nos pensées bien au-delà de leur vision. L'espace de liberté que quelques-uns portent en eux nous aide à repenser constamment le cinéma, et à penser avec lui. Les films de Jean-Luc Godard sont de ceux-là, et le choc ressenti devant Adieu au langage a suscité un ensemble de textes conçus à la lumière de ce film et des horizons qu'il ouvre. Partant de ce film d'une richesse fabuleuse, ce numéro de 24 images a aussi tenté de voir comment d'autres cinéastes actuels affrontent la question du langage au cinéma, notamment grâce aux analyses de quelques films présentés cet automne : Atlas d'Antoine D'Agata, Journey to the West de Tsaï Ming-liang et Still the Water de Naomi Kawase, entre autres.

  • En ce début d'année, 24 images nous présente un bref retour sur le cinéma de 2014, évitant - comme à son habitude - les critères consensuels, d'où le caractère éclaté de leurs choix. La revue amorce également l'an nouveau en ravivant l'esprit libre et tellement vital du cinéma de Maurice Pialat, auquel la Cinémathèque québécoise consacre une rétrospective, en publiant le texte du cinéaste Philippe Lesage qui nous rappelle toute la force de ce cinéma. Le nouveau film de Rodrigue Jean, L'amour au temps de la guerre civile, fait couverture. Une analyse du film et un entretien avec le réalisateur sont au sommaire. Donigan Cumming, dont les films A Prayer for Nettie et Erratic Angel figurent sur le DVD accompagnant ce numéro, est interviewé par Philippe Gajan.

  • La dernière Rencontre québécoise internationale des écrivains, dont Les écrits publient la conférence et l'allocution inaugurales, prononcées respectivement par Suzanne Jacob et André Roy, avait pour titre Éros et ses fictions. Fiction érotique devient érotique de la fiction où l'imagination amoureuse et la créativité propre au désir font un avec l'inventivité verbale. C'est ce dont témoigne tout le numéro, notamment dans les fictions sexuées de Jean Pierre Girard et Jacques Abeille, les essais sur l'amour de Bertrand Leclair et Yannick Haenel, et les poèmes de Gilles Cyr, Hélène Dorion, Benoît Jutras et plusieurs autres. L'oeuvre peinte et sculptée de Garen Bedrossian accompagne les textes de ce numéro.

  • Sous le signe de la Shéhérazade des Mille et une nuits de Miguel Gomes, le numéro 175 de 24 images nous propose un bilan mi-décennie pour accompagner et réfléchir les changements d'un art, le cinéma (sous toutes ses formes), qui évolue à toute vitesse. Fin de la distribution traditionnelle, nouveau rôle des festivals, enjeux de la diffusion en ligne, impasse de la critique, naissance du vulgar auteurism, évolution du transmédia, triomphe du cinéma de la franchise, etc. Ce riche dossier est complété par un palmarès des incontournables de 2010 à 2015. On retrouve aussi dans ces pages un hommage à l'immense Chantal Akerman, sans oublier des entretiens avec Rabah Ameur-Zaïmeche ainsi qu'avec Guy Maddin et Evan Johnson.

  • L'accueil complètement délirant qu'a reçu au dernier Festival de Cannes le premier film de Julia Ducournau, Grave, a inspiré à la rédaction de 24 images un grand dossier consacré au cinéma de genre au féminin. Portraits, rencontres et textes de réflexion tracent la route ce ces réalisatrices qui ont choisi des genres longtemps méprisés, et encore parfois marginalisés, autant par la critique que par l'industrie. Des pionnières (Ida Lupino) aux « Hollywoodiennes » (Kathryn Bigelow) en passant par les sensations actuelles Marina de Van, Lucile Hadzihalilovic ou Andrea Arnold, ces créatrices certes très différentes partagent un même but : questionner et défier les catégorisations. La vitalité du cinéma de genre inspire d'ailleurs une bonne partie du contenu de ce numéro qui propose une entrevue avec le maître japonais Takashi Miike (Audition) et revient sur plusieurs films vus cet été lors du festival Fantasia. Pour couronner les tout, un hommage à la carrière inestimable du regretté Abbas Kiarostami.

  • Pour son numéro d'été, 24 images va à la rencontre de l'art contemporain. Dans son éditorial, le rédacteur en chef Bruno Dequen plaide pour « un cinéma ouvert au monde, nourri de multiples formes d'expressions artistiques qui se le réapproprient tour à tour ». Intitulée « Le cinéma en partage », la publication donne la parole à de nombreux artistes : photographes, concepteurs d'installations, sculpteurs et performeurs. Charles Guilbert, Geneviève Cadieux, Raymonde April ou encore Martha Towsend prennent la plume pour expliciter les liens entre le cinéma, les autres arts et leurs pratiques personnelles. Outre ce grand dossier, le numéro propose également un article de fond sur l'oeuvre du controversé danois Nicolas Winding Refn ainsi que des entretiens avec le réalisateur indépendant américain Whit Stillman à propos de son oeuvre et de son plus récent opus Love & Friendship et avec le vidéaste Mathieu Jacques, membre du duo son-image Organ Mood.

  • Selon la rédaction de 24 images, l'année cinéma 2016 est celle des figures de résistance. Première figure : celle d'Ines, la businesswoman sauvée par l'amour paternel dans le fabuleux film de Maren Ade Toni Erdmann, dont le chignon blond orne la couverture de la revue. Deuxième figure : celle du réalisateur Andrzej Wajda, âme créative de la Pologne, qui a tiré sa révérence en octobre dernier après soixante-dix ans de carrière. Troisièmes figures : ceux que Philippe Gajan nomme « les nouveaux alchimistes du cinéma québécois », de jeunes réalisateurs qui refusent ou réinventent les contraintes de la fiction narrative. Quatrième figure : la radicalisation politique extrême, vue par Bertrand Bonello ou Simon Lavoie et Mathieu Denis. Cinquième figure : celle du documentariste belge Pierre-Yves Vandeweerd. Sans parler de toutes les découvertes offertes par le septième art au sein des festivals de l'année... du cinéma toujours engagé, dans l'histoire, dans la société, dans l'émotion, dans la forme.

  • Ce numéro de printemps fait état d'une embellie du cinéma québécois. Plusieurs réussites sont à célébrer : en film immersif, en documentaire (Combat au bout de la nuit de Sylvain L'Espérance, Gulîstan, terre de roses de Zayne Akyol), en ovni historique (Le Cyclotron d'Olivier Asselin), sans oublier la fresque-événement de Mathieu Denis et Simon Lavoie Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau. Également au menu, un portrait et entretien avec le cinéaste israélien Nadav Lapid et l'inauguration d'une nouvelle chronique pour 2017 : Montréal et cinéma, carte blanche pour célébrer le 375e anniversaire de la ville. Le numéro est accompagné d'un DVD rassemblant sept des courts-métrages québécois les plus marquants des deux dernières années, aussi réunis en table ronde. Peut-être la meilleure façon de faire connaissance avec les créateurs de la relève de notre septième art?

  • Ce numéro de printemps de L'Inconvénient s'ouvre avec un hommage signé Geneviève Letarte à notre Leonard Cohen national, « curieux mélange de diva et de moine bouddhiste ». Les rubriques artistiques sont particulièrement riches : en cinéma, vous retrouverez la somptueuse ode funèbre de Pablo Larraín, Jackie; en littérature québécoise, l'oeuvre de contre-culture malheureusement négligée par l'histoire de Jean Basile; en séries, Black Mirror. Dans un noir et blanc contrasté, un photoreportage de David Himbert nous colle au plus près du peuple cubain en deuil de leur « comandante », Fidel Castro. Quant à Thomas Hellman, il nous offre sa réflexion autour du Prix Nobel de littérature remis, ô stupeur, à une rock star et un poète, Bob Dylan! Le tout entoure un grand dossier consacré à la question brûlante d'actualité du populisme : de l'Amérique latine (entretien avec le professeur de l'UQAM José Del Pozo) à la confrontation médiatique Richard Martineau/Marc-André Cyr, « les derniers mouvements du balancier ont singulièrement rapetissé l'espace du dicible ».

  • En ouverture de ce numéro estival, Benoît Dequen affirme qu'« il est plus important que jamais d'abattre les murs, de décloisonner la cinéphilie, mais aussi la nature des voix qui s'expriment sur et autour du cinéma. » C'est pourquoi 24 images ouvre ses pages d'été au théâtre. Se détournant de la compilation de films tirés de texte dramatique, ce numéro s'intéresse au passage de l'écran à la scène et aux démarches singulières d'hommes et de femmes de théâtre passionnés et inspirés par le 7e art. Le décloisonnement créatif est également mis de l'avant avec un hommage à Seijun, un survol personnel de Ralph Elawani sur le cinéma et la contre-culture à Montréal, un dernier salut à l'acteur Tomás Milián, aussi à l'aise dans la série B que chez Antonioni, et une tragédie théâtrale en 4 chants sur l'histoire de l'art vidéo.

  • Premier numéro de son nouveau format, entre le livre et la revue, cette édition estivale de 24 images consacre un riche dossier au cinéma de 1968. C'est l'occasion pour les collaborateur.trice.s. de la revue d'envisager les événements de 68, dont le fameux mois de Mai, dans un spectre plus large que celui du cinéma français, dont la contribution n'en reste pas moins mémorable. C'est donc sur les réalisatrices cubaines, les collectifs japonais, les étudiants mexicains, les cinéastes québécois, les documentaristes américains et les cinématographies de l'Europe de l'Est que se braquent les projecteurs des auteur.trice.s. Le dossier est agrémenté d'une liste de 68 films, des années 1960 à aujourd'hui, qui semblaient refléter le mieux les bouleversements vécus par le cinéma durant les années 60 et après. Tous sont porteurs de l'esprit contestataire, révolté et subversif au coeur de Mai 68. Le numéro est complété par les chroniques : jeu vidéo et cinéma, recension d'écrit, série télé, et autres critiques de sorties récentes.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Les catastrophes naturelles et l'action humanitaire qui s'ensuit désapproprient-elles le savoir du parler ordinaire sur la souffrance ou donnent-elles une occasion de s'en approprier ? La question est posée dans deux contextes radicalement différents. Les catastrophes naturelles peuvent provoquer une situation d'exception ou, au contraire, elles peuvent être inscrites dans la mémoire des gens comme des situations récurrentes. Ces deux cas définissent chacun des modes d'action humanitaire qui produisent des effets distincts. Le séisme de 2010 en Haïti a non seulement créé une situation d'exception, mais il est, par son coût humain, sans précédent. Cela a sans doute justifié un afflux sans commune mesure des organisations non gouvernementales (ONG). L'ampleur du désastre et de l'entreprise correspondante de secours d'urgence dans une fébrilité parfois cacophonique a retenu l'attention tant des institutions publiques que des chercheurs. On a fait état en Haïti du coût de l'aide, du gaspillage de celle-ci, de son inefficacité, de la part non honorée de l'aide promise, de la concurrence acharnée et vaine entre les ONG, du rôle d'empiètement des ONG sur les prérogatives de l'État, du manque de considération des structures sociales existantes, du caractère uniformisant des interventions humanitaires, même parfois de la destruction irréfléchie des réseaux sociaux de la population haïtienne. Au Guatemala où les désastres sont à la fois plus fréquents et de moindre ampleur, l'action humanitaire des ONG semble mieux organisée et davantage liée aux groupes associatifs. Les effets de l'action des ONG sur le mode de mise en récit de la souffrance sont-ils alors les mêmes ? En Haïti ou au Guatemala, l'attention des chercheurs s'est tournée vers ces actions humanitaires, mais peu sur les effets qu'elles engendrent sur le rapport à soi des populations affectées.

  • River Confluences and the Fluvial Network brings together state of the art thinking on confluence dynamics tributary impacts and the links between processes at these scales and river network functions. The book is unique in focus, content, scope and in bringing together engineering, ecological and geomorphological approaches to the three key areas of river system science. Taking a global approach this multi-authored text features a team of carefully selected, internationally renowned, experts who have all contributed significantly to recent ground breaking advancements in the field.   Each chapter includes a comprehensive review of work to date highlighting recent discoveries and the main thrust of knowledge, previously unpublished research and case studies, challenges and questions, detailed references as well as a forward looking assessment of the state of the science.

  • L'automne paraît complet chez le poète qui met à l'envers le temps pour toi qui n'as pas encore quinze ans.

  • André Roy, écrivain, poète ainsi que critique cinématographique et littéraire, est né à Montréal en 1944. Il a collaboré à plus de cinquante revues littéraires et culturelles, tant des Amériques que des pays européens. Il a publié toute son oeuvre poétique, plus de vingt-cinq titres, aux Herbes rouges. Sa poésie est traduite en albanais, en anglais, en chinois, en espagnol (Espagne et Mexique), en italien, en macédonien, en portugais, en serbo-croate et en slovaque.

  • Franz Kafka est mort à Kierling, près de Vienne, le 3 juin 1924, par une journée grise et triste, un mois avant l'anniversaire de sa naissance. Depuis, son nom n'a cessé de se propager, son oeuvre d'être lue, son influence de s'étendre. Aurait-il été heureux de se voir ainsi évoqué? Qu'on lise encore ses textes si incléments dans l'observation du monde? Sa pensée fut aiguë, extralucide. Son corps, dont il se méfiait comme d'un traître en puissance, fut le lieu où ses désirs étaient séparés de lui : celui d'une écriture célibataire. C'est de ce corps, que chaque jour il bichonnait (le physique était important chez lui), qu'il tira un cancrelat, un blai­reau et son terrier, un pont d'où l'on saute, une muraille de Chine, une Amérique nouvelle, une colonie disciplinaire, un homme arrêté sans motif, un château enfoui sous la neige, un artiste du jeûne... Et c'est de ce corps qu'éclatait une rage amoureuse contre laquelle il luttait constamment. Pauvre Felice, pauvre Julie, pauvre Milena, se dit-on, en lisant ses lettres et son Journal. L'écriture pouvait-elle chez lui cohabiter avec le sexe? Le bonheur de l'écri­ture était-il un châtiment? L'écriture suppléait-elle à la jouissance de l'idiot? Qu'est maintenant pour nous l'innocence coupable de cet écrivain juif de langue allemande qui rêvait de s'établir en Palestine et de parler hébreu? Par fragments, qui prennent la forme paradoxale de poèmes, ce livre interroge cela et bien d'autres choses de la vie de Franz Kafka né à Prague le 3 juillet 1883.

  • Dans ce recueil d'une grande unité et, miraculeusement, d'une diversité exemplaire, les poèmes se déploient page après page, produits d'une décantation du langage. En résultent des éclats rendus brillants par le polissage des mots. Passant de Rome à Montréal, de Québec à T?ky? et à Nanjing, traversant l'Atlantique et longeant les rives du Saint-Laurent, André Roy, en explorateur des sens possibles, dévoile les secrets d'une fabrique de la poésie unissant la mémoire à la jouissance. Les sons et la parole affluent aussitôt, étranges et beaux. Nuages et sucres, chambre noire et néant blanc, des images émergent spontanément. Expertement liées, elles dansent devant nos yeux pour composer un paysage qui palpite et se tord « avant de se diluer / comme une forêt fondante ».

    Pierre Samson

  • Ossip Émiliévitch Mandelstam, l'un des plus grands poètes russes, est mort à quarante-sept ans, en 1938, en route vers la Kolyma, condamné aux travaux forcés par Staline, le «montagnard du Kremlin, l'assassin et le mangeur d'hommes». Rien n'annonçait pourtant le destin tragique de celui qui est né dans une famille juive bourgeoise, à Varsovie. Avec sa «rage littéraire» contractée très jeune, cet homme extrêmement cultivé, européen dans l'âme, attachant et fébrile, persista à écrire aux côtés de femmes aimées, à commencer par sa compagne de combat, Nadejda, son épouse, qui apprit par coeur ses poèmes afin de les soustraire aux perquisitions et aux traques. Ami d'Akhmatova, de Tsvétaïéva, de Pasternak, il vécut d'emplois temporaires comme un gueux, changeant constamment de résidence (Kiev, Érevan, Koktebel...). Il a beaucoup publié, y compris des livres pour enfants. Ses Cahiers de Voronej sont considérés comme un sommet de la littérature russe du XXe siècle. Sa seule faute demeurera donc d'avoir écrit, entre joie et désespoir, ses «ivresses» sonores pleines d'éclats incendiaires au royaume de la peur et du mensonge. La très grande science des adieux du poète russe Ossip Mandelstam est une évocation personnelle de sa vie d'éternel non-réconcilié, éparpillée ici comme les pièces d'un puzzle dont le lecteur est appelé à reconstituer l'image du pouvoir de la poésie.

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