• Depuis quarante ans, le récit national hante la France. Il s'est imposé dans les débats politiques et médiatiques, parallèlement aux questions relatives à l'identité. Comment en est-on arrivé là ? C'est en historien que répond ici Sébastien Ledoux. Ce qui implique de revenir sur la façon dont notre passé se transmet à l'école, dans la mémoire collective et, bien sûr, dans les livres. Ces bouleversements sont présentés dans le contexte de la fin de l'empire colonial : des évolutions sociétales des années 1970, marquées par une individualisation du rapport à l'histoire, à la montée des populismes au début du XXIe siècle, symbolisée par la défense d'un prétendu âge d'or d'un peuple français originel. La fabrique du récit national est aussi analysée plus largement d'après des critères essentiels, comme celui du progrès et de la nostalgie, de la dette morale et du ressentiment, de l'inclusion et de l'exclusion.  Voici la fresque détonante de cinquante années de chaos et de fracas mémoriels qui ont fragmenté la société française.  

  • D'où vient l'expression " devoir de mémoire " ? Comment s'est-elle imposée dans notre langage courant ? À partir de nombreux entretiens, d'archives inédites et de sources numériques massives, Sébastien Ledoux retrace la trajectoire de cette formule qui éclaire la relation souvent douloureuse que la France entretient avec son histoire récente. Forgé à l'orée des années 1970, le terme investit le débat public dans les années 1990, accompagnant le " syndrome de Vichy " et la réévaluation du rôle de la France dans la mise en œuvre de la Solution finale, avant d'être repris pour évoquer les non-dits de la mémoire coloniale. Doté d'une forte charge émotive, il traverse les débats sur la recomposition du récit national, la place du témoin, le rôle de l'historien, la patrimonialisation du passé ou la reconnaissance des victimes, qui traduisent un tournant majeur et accouchent de nouvelles questions dont l'actualité est toujours brûlante. Ce sont les mutations de la société française des cinquante dernières années qui sont ici analysées par le biais de ses nouveaux rapports au passé que le " devoir de mémoire " est venu cristalliser

  • Intitulé « inclure (le tiers) », ce numéro réuni des essais et des études qui abordent la question du tiers afin d'alimenter une réflexion de portée générale tout en visant à affiner l'analyse de certaines situations mettant en jeu des tiers, ou du Tiers, et à expérimenter sur l'étude d'oeuvres cinématographiques une entrée par le tiers dans l'étude des médialités. Les textes sont en grande partie issus d'une réflexion amorcée lors d'un atelier scientifique initié par Djemaa Maazouzi et Marion Froger, intitulé « Adresses au tiers et postures des tiers dans le partage des mémoires », qui s'est tenu à Montréal en avril 2012.

empty