• Avec une honnêteté qui n'exclut ni l'enthousiasme ni la critique, Salim Jay, de par ses origines et sa double culture, explore avec passion la littérature née de l'autre côté de la Méditerranée.
    Ce Dictionnaire des romanciers algériens, travail de presque un demi-siècle, accorde une priorité évidente aux romanciers, des grands classiques aux jeunes plumes. Sans délaisser pour autant récits, témoignages et références à la poésie, au théâtre ou au cinéma. Arabophones, francophones, issus de l'immigration ou natifs, tous les auteurs élus ici et classés par ordre alphabétique sont le plus souvent associés au contexte de leur temps. Ils révèlent l'histoire de l'Algérie, son rayonnement, ses impasses, ses combats, ses métamorphoses et l'évolution des moeurs.
    De Belamri à Sénac, de Dib à Myriam Ben, sans oublier Albert Camus et tant d'autres, voici plus de deux cents écrivains, toutes générations confondues, à découvrir ou à reconsidérer à l'aune de la liberté d'une lecture exigeante.

  • Des dernières sardines de Montherlant aux araignées de mer de Jean Cayrol, du banquet de Michel Leiris où l'on bouffe une esbroufante becquetance à la tisane de Max Jacob, des glaces pour Tolstoï à Bucarest, à la harira qui mijote pour Roland Barthes, de l'influence du whisky sur la métaphysique de Melville à la cuisine éléphantesque d'Alexandre Dumas... Un festin de plats de langue présenté par un amoureux de la littérature : un vrai régal.

  • Enfin le guide d'un écrivain qui n'a aucun sens de l'orientation ! Au plaisir des terrasses, de Lipp aux Deux-Magots du Flore au Bonaparte, la déambulation dans les rues, sur les places et parmi les livres se poursuit, immuable et changée. Saint-Germain-des-Prés est encore et toujours la capitale parisienne de la conversation. Lui-même bavard comme pas un, Salim Jay a glané les propos des natifs et de tous ceux qui choisissent de vivre, de rire, d'écrire ou de peindre à l'ombre du célèbre clocher. Plutôt que de se cantonner aux seules « figures légendaires », le promeneur attentif et amical s'attache aux personnages, parfois discrets, qui nous introduisent dans les coulisses « germanopratines » de naguère à demain.

  • C'est une étrange chose que de se trouver en face d'un écrivain, dont on a lu tous les livres en se régalant à chaque page. Pour éviter à mes lecteurs l'intimidation procurée par une oeuvre sans jamais un mot de trop, on a vu que j'étais prêt à maints excédents de bagages, mais passons... Si doux qu'il me soit d'ingérer des aliments, c'est encore la littérature comme aliment de l'esprit et du coeur, qui m'aura le mieux garanti contre la fadeur de n'être jamais qu'un animal dans sa mangeoire. Je ne passe jamais devant l'Espérance, sans m'y réciter la liste des glucides, lipides et protides rameutés : avec Claude Roy, thé et confiture ; avec Pierre Bourgeade, café et croissant ; avec Michel Bernard, moult lait grenadine, et cours de cuisine poitevine pour débutant. La littérature contemporaine, j'en ferais mon garde-manger.

  • L'aire méditerranéenne est bien l'une des plus fécondes dans la vaste fête de la pensée qu'est le monde humain. Une fête dansée, sans doute, au-dessus d'un volcan qui ressemble à l'homme et l'effraie. Cette « Sagesse du milieu du monde », grappillée avec gourmandise au fil des lectures, tâche de faire résonner au présent définitif la surprise subtile, la prière immémoriale, le doute vivifiant, l'échange et le partage du supposable et du rêvé. Dessin de couverture : Calligraphie de Hawad Illustrations : Françoise Watin

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