• Enfin le guide d'un écrivain qui n'a aucun sens de l'orientation ! Au plaisir des terrasses, de Lipp aux Deux-Magots du Flore au Bonaparte, la déambulation dans les rues, sur les places et parmi les livres se poursuit, immuable et changée. Saint-Germain-des-Prés est encore et toujours la capitale parisienne de la conversation. Lui-même bavard comme pas un, Salim Jay a glané les propos des natifs et de tous ceux qui choisissent de vivre, de rire, d'écrire ou de peindre à l'ombre du célèbre clocher. Plutôt que de se cantonner aux seules « figures légendaires », le promeneur attentif et amical s'attache aux personnages, parfois discrets, qui nous introduisent dans les coulisses « germanopratines » de naguère à demain.

  • C'est une étrange chose que de se trouver en face d'un écrivain, dont on a lu tous les livres en se régalant à chaque page. Pour éviter à mes lecteurs l'intimidation procurée par une oeuvre sans jamais un mot de trop, on a vu que j'étais prêt à maints excédents de bagages, mais passons... Si doux qu'il me soit d'ingérer des aliments, c'est encore la littérature comme aliment de l'esprit et du coeur, qui m'aura le mieux garanti contre la fadeur de n'être jamais qu'un animal dans sa mangeoire. Je ne passe jamais devant l'Espérance, sans m'y réciter la liste des glucides, lipides et protides rameutés : avec Claude Roy, thé et confiture ; avec Pierre Bourgeade, café et croissant ; avec Michel Bernard, moult lait grenadine, et cours de cuisine poitevine pour débutant. La littérature contemporaine, j'en ferais mon garde-manger.

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