• Les questions des identités, de la parenté, du foncier, du pluralisme juridique et culturel et de la construction de l´État sont ici examinées de manière concomitante. Cette approche permet aux spécialistes des questions foncières dans le Pacifique d´appréhender les enjeux fonciers et de réfléchir à des solutions en matière de gestion du foncier, tenant compte de la complexité des situations contemporaines postcoloniales. Ce livre est la première grande synthèse des questions foncières en Polynésie française, analysées sous l´angle de la catégorie des acteurs locaux. Il permet de comprendre en quoi les solutions juridiques institutionnelles à venir sont vouées à l´échec si les représentations, les discours et les pratiques des familles élargies ne sont pas pris en compte dans le Pacifique Sud.

    En raison de la méthodologie utilisée (l´observation participante, la recherche d´archives et les indicateurs spécifiques à l´anthropologie du droit) et des thèmes abordés, ce travail monographique constitue un cas d´école. Il permet de restituer de manière dynamique la complexité des rapports entre identité, société et foncier dans le Pacifique. Il confronte ses résultats de recherche avec ceux des travaux anglophones dans le Pacifique (en Papouasie-Nouvelle-Guinée, aux Salomon, en Nouvelle-Zélande, à Fidji, Tonga, Samoa).

  • Les lagons polynésiens sont porteurs denjeux économiques, environnementaux et sociaux complexes notamment du fait des interactions entre des acteurs différents qui nont pas forcément les mêmes intérêts. Le rahui est un système de jachère traditionnel de la société polynésienne qui connait aujourdhui une certaine résurgence et sapparente à ce que la prix Nobel déconomie Elinor Ostrom a appelé les communs (Common Pool). Un des objets de ce livre est dinterroger le rapport entre cette tradition du rahui et de nouvelles formes de gestion des espaces lagunaires au travers de la notion de commun. Louvrage est structuré en six chapitres. Les deux premiers portent sur le rahui dans le Tahiti ancien et son retour dans le Tahiti moderne. Les trois suivants portent sur des études de cas et les enseignements quon peut en tirer du point de vue de la gestion des communs. Le chapitre final est consacré à lopérationnalité pratique de la notion de commun en Polynésie et soulève la question du financement de lenvironnement.

    Tamatoa BAMBRIDGE est directeur de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS). Anthropologue au Centre de Recherches Insulaires et Observatoire de lEnvironnement (CRIOBE) à Moorea, ses travaux portent sur le pluralisme juridique en matière foncière, les savoirs traditionnels relatifs à la biodiversité et la gouvernance contemporaine des aires marines en Océanie.

    François GAULME, Docteur dEtat ès Lettres, ethno-historien de formation, est chercheur associé au Centre Afrique de lInstitut français des relations internationales (IFRI). Ancien rédacteur-en-chef de Marchés tropicaux et méditerranéens puis dAfrique contemporaine, il a servi également à lAgence française de développement (AFD) et au ministère des Affaires étrangères et du développement international (Direction générale du Développement).

    Christian MONTET est professeur émérite de Sciences Economiques à lUniversité de la Polynésie française, membre de léquipe de recherche GDI. Ses thèmes de recherche favoris sont léconomie de la concurrence, la microéconomie appliquée et léconomie internationale. Il en est résulté de nombreuses publications dans des revues spécialisées au niveau national et international, dont The Economic Journal, European Economic Review, European Journal of Law and Economics, Revue Economique, Economie et Statistique, des chapitres dans des ouvrages collectifs et plusieurs ouvrages.

    Thierry PAULAIS est économiste. Ses domaines dintervention portent entre autres sur léconomie du développement, le financement des infrastructures et des collectivités locales, le développement urbain et les politiques de lhabitat, la rentabilité économique des investissements et tout ce qui concerne le montage et la conduite de projets. Il est directeur de lAgence française de développement en Polynésie française depuis 2015

  • Cet ouvrage pluridisciplinaire réunissant géographie, anthropologie, histoire et archéologie, est le premier à aborder d'une manière comparative l'avenir des atolls du Pacifique considéré du point de vue des sociétés qui y vivent et du ressenti de leurs habitants confrontés au changement climatique.
    Il présente les résultats d'enquêtes de terrain effectuées simultanément en 2015 dans l'archipel des Tuamotu en Polynésie française et dans celui des îles Gilbert en République de Kiribati. Des synthèses historiques sur les axes traditionnels de la résilience d'îles basses, très exposées aux risques cycloniques et aux submersions marines, complètent ces observations contemporaines pour souligner les dangers d'un développement économique oublieux de l'équilibre socio-environnemental et des effets potentiels du changement climatique.
    Ces analyses lancées à l'initiative de l'AFD (Agence française de développement) s'adressent autant à un public sensibilisé aux enjeux climatiques mondiaux qu'à des responsables et acteurs des politiques publiques. Au-delà des différences ponctuelles, elles témoignent du rejet d'ensemble des consignes internationales par des sociétés insulaires voulant demeurer libres de leur destin et s'appuyant sur l'expérience des savoirs traditionnels.
    Elles dégagent une orientation centrale pour le développement durable d'atolls situés en première ligne du risque climatique : éviter, dans un contexte de crise, que deux conceptions de la résilience, celle de la vision locale et celle des États, ne s'affrontent pour devenir antagonistes.

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