• Berceau de l'Europe, les Pays-Bas ont une grande et inspirante Histoire. Depuis la République des Provinces-Unies au XVIIe siècle, terre d'accueil pour savants et hommes de lettres, les Néerlandais ont fait preuve d'un esprit d'ouverture et d'indépendance. Autant que leurs renommés marchands d'épices et d'étoffes, les maîtres de la peinture du Siècle d'Or ont contribué à la prospérité de cette nation ingénieuse.
    Ce delta sans cesse menacé par la mer et les fleuves est devenu un pays conquérant, longtemps détenteur d'un vaste empire colonial de l'Amérique du Sud à l'Asie.
    Des origines germaniques de ce peuple appelé autrefois les Bataves, en passant par la rivalité entre les « cabillauds » et les « hameçons » ou la guerre des Boers, sans oublier les nombreuses femmes néerlandaises emblématiques, sans qui la société n'aurait pas connu un tel degré de fortune et de bien-être, cette synthèse nous invite à saisir les spécificités d'une nation unique. Un peuple libéral, pionnier dans le domaine des moeurs, pilier de la construction européenne, qui n'a pu s'élever qu'en restant fidèle au traditionnel polder model, idéal de consensus et de solidarité, né de la nécessaire maîtrise de l'eau.
    Aujourd'hui, face à une indéniable montée populiste, cette société dynamique et multiculturelle se trouve déchirée entre son idéal de tolérance et la crainte de la perte de son identité.

  • « La Hollande est couverte de champs de tulipes », « Amsterdam est la Venise du Nord », « Van Gogh était fou », « En Hollande, la drogue est en vente libre », « Les Néerlandais sont les inventeurs de la télé-réalité », « Les Néerlandais sont de redoutables commerçants »...

  • L'IRHiS-UMR 8529 (Univ. Lille, CNRS) a organisé à l'université de Lille le 25 novembre 2016 une première journée d'étude consacrée aux collections extra-européennes dans les musées d'Europe du Nord-Ouest. Cette rencontre, au cours de laquelle sont intervenus des conservateurs de musées, des chercheurs et des doctorants de France et de Belgique, a donné lieu à une publication en ligne : https://books.openedition.org/irhis/3279. À travers les différentes contributions proposées, il a été possible de saisir l'histoire de la constitution et de la présentation de collections ethnographiques muséales en Europe du Nord-Ouest ainsi que les problématiques et les enjeux divers qui en découlent. Il s'agissait de faire prendre conscience à la fois aux chercheurs et aux pouvoirs publics de la nécessité de mieux considérer ces collections, de les valoriser aux yeux du plus grand nombre et de permettre un accès facilité aux chercheurs. Lors de cette deuxième édition, une place plus large a été donnée à l'histoire d'objets extraeuropéens issus de collections muséales européennes. À l'heure où les demandes de restitutions se font toujours plus pressantes, il devient indispensable de mieux connaître l'origine des collections et de re-contextualiser les objets. Le principe de cette publication a été de demander aux intervenants de choisir un objet extra-européen ou une collection d'objets extraeuropéens en particulier, peu importe l'origine géographique, et d'en raconter l'histoire : quels sont les propriétaires, quelles sont les conditions de sa collecte (instructions, cadre normatif, activité prédatrice, hasard, simple acquisition monnayée, etc) ; quel est l'usage et quelle est la signification de l'objet dans son contexte ethnographique ; comment a lieu le passage du statut de spécimen ethnographique à celui d'oeuvre d'art. Il a également été demandé de préciser la situation de médiation dans laquelle les objets choisis sont placés et les améliorations possibles pour mieux valoriser les artefacts, au moment où la volonté de « décoloniser » les musées est toujours plus palpable.

  • Les arts premiers semblent n'avoir été représentés que rarement dans la peinture ou la littérature du Moyen âge à la fin du 18e siècle. Difficile à attester, il est cependant certains que des sculptures et objets « exotiques » faisaient bien partie de la cargaison des navires marchands européens. Les pièces les plus fragiles, celles en bois, ont souvent disparu victime du temps, alors que les ivoires font partie des artefacts les mieux conservés parmi ces artificialia : « Les collections ethnologiques, incluses dans ces lieux, ont rarement bien survécu. De temps à autre des écrits, postérieurs en gardent trace. Ainsi le fils d'André Tiraqueau, ami et protecteur de Rabelais, détenait une collection africaine du début du siècle, mais perdue depuis. Quelques années plus tard Charles le Bold rechercha et acheta des pièces africaines en 1489, à l'embouchure du Congo, pour le compte du roi du Portugal. Parmi elles se trouvaient des sculptures en ivoire et des étoffes en fibres végétales. Il apparaît quasiment impossible de connaître la date d'arrivée en Europe » indique Josette Rivallain, maître de conférences au Muséum national d'histoire naturelle (« Cabinets de curiosité, aux origines des musées », Outre-mers, 2001, Volume 88, p. 20). Repérer la mention d'objets ethnographiques dans les archives de cette période n'est guère plus simple, la provenance géographique de ces objets hétérogènes amassés pèle mêle n'étant souvent pas indiquée. Un des cabinets de curiosités les plus connus est celui du physicien hollandais Bernadus Paludanus (1550-1633) qui constitua une collection d'ethnographie africaine en 1580 à Enkhuizen aux Pays-Bas. La réflexion sur les artefacts non occidentaux prit une nouvelle envergure/dimension au début du 19e siècle. On assista alors à la naissance d'un changement de regard vis-à-vis de ces objets qui désormais furent classés et décrits par leurs possesseurs.

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