• Pas de pensée sans langage. D'où vient donc le langage et sert-il à quelque chose ? Pour les philosophes, le XIXe fut le siècle de l'histoire et le XXe, le siècle du langage. Ce n'est pas un hasard si 1916 est l'année où paraît le Cours de l'inguistique générale de Saussure et où Walter Benjamin rédige, à 24 ans, l'un des textes fondateurs de sa pensée, "Sur le langage en général et sur le langage humain". Le langage a-t-il une utilité ? Sert-il à communiquer un message ou à révéler un sens caché ? A-t-il une dimension intuitive, poétique ? Ces questions l'occuperont jusqu'à sa mort. Ce recueil, préfacé par l'écrivain et psychanalyste Sébastien Smirou, regroupe les textes qui composent la théorie du langage de Benjamin : le texte de 1916, ainsi que deux fragments des années 1920 sur le « squelette du mot », un micro-conte ("Pourquoi l'éléphant s'appelle éléphant"), et deux essais des années 1930 : "Sur le pouvoir d'imitation" et "Problèmes de sociologie du langage"

  • L'OEuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique annonce, dès son titre, le tournant opéré par la modernité : Benjamin montre dans cet essai lumineux que l'avènement de la photographie, puis du cinéma, n'est pas l'apparition d'une simple technique nouvelle, mais qu'il bouleverse de fond en comble le statut de l'oeuvre d'art, en lui ôtant ce que Benjamin nomme son "aura". L'auteur met au jour les conséquences immenses de cette révolution, bien au-delà de la sphère artistique, dans tout le champ social et politique. Un texte fondamental, dont les échos ne cessent de se prolonger dans les réflexions contemporaines.

  • Quelle serait la validité morale de la violence en tant que moyen dès lors que les fins sont justes ? Pour le droit naturel, seule la justesse de la fin compte. Pour le droit positif, tout droit s'établit sur la critique des moyens. Or, il convient de distinguer les différents types de violence indépendamment des circonstances de leur exercice. Pour Benjamin, c'est in finele droit qui s'octroie le privilège de la violence vu qu'il serait menacé si elle venait à s'exercer en dehors de lui. La violence peut être fondatrice de droit ou lui être inhérente, raison pour laquelle le pouvoir y recourt. Le droit positif constitue aux yeux de Benjamin un obstacle à une justice véritable et plaide pour l'usage de moyens d'action "purs", parmi lesquels la grève générale.

    Proche de Theodor Adorno, Gershom Scholem et Bertolt Brecht, Walter Benjamin (1892-1940) a d'abord été critique littéraire, avant de publier en 1928 Rue à sens unique (Allia, 2015) et Origine du drame baroque allemand. Il publie également dans des revues Petite Histoire de la photographie (Allia, 2012), préfiguration de L'OEuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique (Allia, 2011). Exilé à Paris en 1933, il gagne l'Espagne. Or, menacé d'être remis aux Allemands, il se suicide en 1940.

  • "In God We Trust" : la formule orne les billets de banque américains. Mais qu'est-ce que l'argent a à voir avec Dieu ou la religion ? Le capitalisme comme religion, l'un des textes les plus célèbres de Walter Benjamin, soutient que l'investissement, la spéculation, les opérations financières, les manoeuvres boursières, l'achat et la vente de marchandises, sont les éléments d'un culte et que le capitalisme est une religion à part entière. Les textes qui composent se recueil sont suivis du "Caractère fétiche de la marchandise et son secret", de Marx.

    Avec une préface de Baptiste Mylondo, philosophe et économiste, spécialiste de la décroissance et l'un des promoteurs du revenu minimum universel.

  • C'est dans cette fameuse histoire critique de la photographie que Walter Benjamin définit pour la première fois le concept d'aura, clé de voûte de sa théorie esthétique, ainsi que la notion d'inconscient optique, ce quelque chose qu'en prenant une photo nous captons sans le savoir et que, par exemple, certains psychogénéalogistes vont traquer pour éclairer notre histoire. Petite histoire de la photographie (1931) est suivi de Un portrait d'enfant (1934), où Benjamin, analysant une photographie du jeune Kafka baignée de tristesse, se trouve soudainement renvoyé à sa propre enfance.
    Avec ce livre, qui est l'autre volet de L'oeuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique, partez en compagnie d'un maître penseur à la recherche de la puissance des images.

  • Sur le concept d´histoire, Walter Benjamin Traduit de l´allemand par Olivier Mannoni Préface de Patrick Boucheron Traduction inédite Éditions Payot « Il a les yeux écarquillés, la bouche ouverte, les ailes déployées. Il a tourné le visage vers le passé. Il aimerait sans doute rester, réveiller les morts et rassembler ce qui a été brisé. Mais une tempête se lève... » Au printemps 1940, quelques mois avant de se suicider, Walter Benjamin rédige une suite d´aphorismes denses et étincelants, bouleversants blocs de prose poétique au centre desquels rayonne Angelus Novus, le tableau de Klee, que le philosophe associe à l´Ange de l´Histoire. Réunis sous le titre de Sur le concept d´histoire, ces aphorismes sont le texte le plus commenté de Benjamin. Leur répondent ici deux autres essais : « Eduard Fuchs, le collectionneur et l´historien » (1937), et le célèbre « Paris, la capitale du XIXe siècle » (1935), traversés par une même question : peut-on sauver le passé ?

  • Paris, capitale du XIXe siècle constitue l'exposé programmatique de l'oeuvre de Benjamin : le livre des passages. Tous les thèmes de ses recherches y sont présentés sous une forme concise : le flâneur, les passages, l'architecture comme concrétisation de l'idéologie d'une époque, la figure emblématique de Baudelaire, la mode, l'intérieur, etc. Le tout est une tentative d'interprétation globale du XIXe siècle et de son équivoque modernité.

  • De 1899 jusqu'à sa mort, Karl Kraus (1874-1936) fut le fondateur, et parfois l'unique rédacteur, de Die Fackel (Le flambeau), revue lue par les plus grands (Musil, Wittgenstein ou encore Adorno). Les milieux intellectuels et les journalistes redoutent cette plume acerbe, admirée par Thomas Bernhard et à laquelle Walter Benjamin rend hommage dans cet essai lumineux. Kraus fut un fin limier du langage et a su faire apparaître « le journalisme comme l'expression parfaite du changement de fonction du langage dans le capitalisme avancé ». Mais Benjamin ne fait pas que commenter des idées, il dresse le portrait sans concession d'un dramaturge qui fut aussi son propre personnage : « "Shakespeare a tout prévu" ; en effet ! Il a surtout prévu Kraus lui-même. »

    Walter Benjamin (1892-1940) a compté parmi ses interlocuteurs Theodor Adorno, Gershom Scholem et Bertolt Brecht. Il est l'auteur d'Origine du drame baroque allemand, Paris, capitale du XIXe siècle, Petite Histoire de la photographie préfiguration de L'OEuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique. Il s'exile à Paris en 1933. Lors de l'invasion allemande, il gagne l'Espagne pour s'embarquer pour les USA. Menacé d'être remis aux Allemands, il se suicide en 1940.

  • Comment concilier action et rêve, vie et poésie ? Walter Benjamin pensait que l'art pouvait transformer le monde et changer la vie. D'où son intérêt pour le surréalisme dans trois textes fascinants des années 1920-1930 : "Le kitsch du rêve", "Le surréalisme, dernier instantané de l'intelligentsia européenne" et "Sur la localisation sociale actuelle de l'écrivain français", où ce philosophe passionné de littérature développe son célèbre concept d'illumination profane et explore les forces de la créativité contre le capitalisme.

  • Comment transmettre le passé ? Est-ce possible dans un monde régi par l'information brute et l'immédiateté ? Les trois célèbres textes réunis ici - La tâche du traducteur (1923), Expérience et pauvreté (1933), Le conteur (1936) - sont traversés par cette idée : depuis la Première Guerre mondiale, l'expérience a perdu de sa valeur, ce que l'on a soi-même vécu n'est quasiment plus mis en mots et transmis d'une génération à l'autre. Benjamin livre ici une poignante réflexion sur la beauté de ce qui disparaît, le sens de l'histoire et notre attitude ambiguë vis-à-vis du passé.

  • Voici un ouvrage d'un genre nouveau, dans lequel Walter Benjamin pratique le collage à la manière de ces amoureux des télescopages poétiques que furent Dada et les surréalistes. Rue à sens unique se compose de notes autobiographiques, de souvenirs d'enfance, d'aphorismes, de scènes de la vie urbaine, de considérations acérées sur l'état du monde, et de l'Allemagne en particulier, mais aussi de réflexions sur l'écriture elle-même, sur la graphologie. Benjamin­ se penche par exemple sur l'entrelacs des manuscrits arabes. Voire va-t-il jusqu'à donner des conseils à l'écrivain : par exemple, ne jamais faire lire une oeuvre non encore achevée ; une musique et quelques voix en fond sonore sont recommandées, de même que l'attachement maniaque à tel type de papier ou à telle plume. Benjamin rend compte par la même occasion de l'éclatement de l'écrit dans la signalétique qui émaille nos villes, désormais parsemées de messages à décrypter. Arrachée du livre imprimé, son asile de prédilection, l'écriture se retrouve désormais dans la rue, à travers la publicité, prise dans le chaos d'une économie devenue toute-puissante. Et l'auteur ne manque pas d'humour en ce sens, reprenant pour titre de ses pensées les recommandations, mises en garde et autres slogans assenés dans nos villes : "Travaux publics", "Défense d'afficher", "Attention aux marches" ou encore "Allemands ! Buvez de la bière allemande". Emprunter cette Rue à sens unique, c'est se laisser entraîner dans une dérive au coeur d'une ville certes de papier mais dont les mots fournissent autant de repères urbains pour qui sait jeter des passerelles. Du reste, entre la ville décrite et le paysage fait de mots que dessine l'écrivain, il n'y a pas loin, quand Benjamin nous propose de découvrir les "principes des pavés ou l'art de faire des livres épais".

  • Bienvenue au "pays des voix". Ce pays sans frontière où règnent les personnages les plus attachants : Peter Munk le Charbonnier, le petit homme de verre, le roi de la piste de danse ou encore Ezéchiel. Dans Le Coeur froid, merveilleuse adaptation pour la

  • Le destin, la violence, la mort : écrits entre 1921 et 1929, les textes qui composent ce recueil (Critique de la violence, Destin et caractère, Le concept de destin dans le drame de la fatalité, Brèves ombres) contiennent en germe toute la philosophie de l'histoire de Walter Benjamin et poussent leurs ramifications jusque chez Michel Foucault et Giorgio Agamben. Ils nous parlent de nous, du pouvoir, de nos luttes.

  • "Donner une idée de ses convictions théoriques, de sa façon de converser, voire de son allure extérieure, importe bien plus que de dévider le fil de ses oeuvres dans l'ordre chronologique, en fonction de leur contenu, de leur forme et de leur efficace." Extraites du premier essai de ce livre, ces lignes programmatiques indiquent déjà qu'il s'agit d'un ensemble vivant. La théorie du théâtre épique, la conception du Roman de Quat'sous, la question de "l'auteur comme producteur" se mêlent à des conversations, à des lettres, à des rencontres qui ont comme toile de fond les années 1930, l'exil, la montée du nazisme. Et dans ces années de crise aiguë, transparaît la synergie entre la pensée-Benjamin et la pensée-Brecht comme par exemple lorsque Benjamin fait du trauerspiel baroque l'ascendant du théâtre épique, ou lorsqu'il met en avant chez Brecht le geste, surtout le geste inapparent, infinitésimal, ne se situant pas dans la ligne d'attente.

    Un dialogue des plus actuels entre deux grands esprits du XXe siècle : deux exilés, deux allemands, deux amis, dans une traduction nouvelle de Philippe Ivernel.

  • N'oublie pas le meilleur

    Walter Benjamin

    • L'herne
    • 7 Novembre 2012

    Pour l'écriture de N'oublie pas le meilleur, Walter Benjamin a délaissé ses formes habituelles pour faire appel aux genres très prolifiques que sont le conte et le récit. Des réflexions gustatives, oniriques, philosophiques... Chaque histoire contient des éléments connus ou familiers, suscitant un sentiment de sécurité et de confiance pour celui qui la lit. Walter Benjamin amène ensuite, doucement, son lecteur dans un univers de réflexion plus complexe, moins reconnu...
    On retrouve là l'intérêt de Walter Benjamin pour la dialectique du choc : ses récits et histoires confrontent la nostalgie des contes à l'ironie de la réalité actuelle, empreinte du pessimisme de la Seconde Guerre Mondiale. Histoires, récits a été rédigé parallèlement à deux oeuvres importantes de Walter Benjamin : Sens Unique (1928) et Enfance Berlinoise (1932-1938), paru aux éditions de L'Herne au début de l'année 2012.

  • Walter Benjamin est sur le point d'embarquer quand un kamikaze se fait exploser à quelques mètres de lui. Violemment projeté en arrière, il découvre hébété qu'il a perdu une jambe. Nous sommes le 22 mars 2016, il est 7 h 58 à l'aéroport de Bruxelles. Autour de lui, des corps brûlés, un homme décapité... Une scène apocalyptique. Amené à l'hôpital dans un état critique - il a perdu énormément de sang -, les médecins parviendront tout de même à le sauver. Débute alors le récit d'une reconstruction, les longs mois d'hospitalisation, les opérations, la rééducation... Walter doit mener un combat quotidien, contre ses angoisses, ses idées noires, réapprendre à vivre dans ce nouveau corps, s'autoriser à aimer aussi...Un témoignage qui touche par son exemplarité et la capacité de résilience de son auteur.
    Aujourd'hui, Walter Benjamin - qui partait pour Israël ce jour-là voir sa fille - a noué une amitié très forte avec son sauveur Hassan, un musulman. En quête de réponses, il est parti à la rencontre des jeunes de Molenbeek, pour comprendre qui ils sont. Et il se rend régulièrement dans le service où il a été soigné pour insuffler aux patients gravement handicapés l'espoir et l'envie de se battre.

  • One of the most important works of cultural theory ever written, Walter Benjamin's groundbreaking essay explores how the age of mass media means audiences can listen to or see a work of art repeatedly - and what the troubling social and political implications of this are.

    Throughout history, some books have changed the world. They have transformed the way we see ourselves - and each other. They have inspired debate, dissent, war and revolution. They have enlightened, outraged, provoked and comforted. They have enriched lives - and destroyed them. Now Penguin brings you the works of the great thinkers, pioneers, radicals and visionaries whose ideas shook civilization and helped make us who we are.

  • Paris, capitale du XIXe siècle constitue l'exposé programmatique de l'oeuvre de Benjamin : le livre des passages. Tous les thèmes de ses recherches y sont présentés sous une forme concise : le flâneur, les passages, l'architecture comme concrétisation de l'idéologie d'une époque, la figure emblématique de Baudelaire, la mode, l'intérieur, etc. Le tout est une tentative d'interprétation globale du XIXe siècle et de son équivoque modernité.

  • Paris, capitale du XIXe siècle constitue l'exposé programmatique de l'oeuvre de Benjamin : le livre des passages. Tous les thèmes de ses recherches y sont présentés sous une forme concise : le flâneur, les passages, l'architecture comme concrétisation de l'idéologie d'une époque, la figure emblématique de Baudelaire, la mode, l'intérieur, etc. Le tout est une tentative d'interprétation globale du XIXe siècle et de son équivoque modernité.

  • Walter Benjamin was one of the most original cultural critics of the twentieth century. Illuminations includes his views on Kafka, with whom he felt a close personal affinity; his studies on Baudelaire and Proust; and his essays on Leskov and on Brecht's Epic Theater. Also included are his penetrating study "The Work of Art in the Age of Mechanical Reproduction," an enlightening discussion of translation as a literary mode, and Benjamin's theses on the philosophy of history. Hannah Arendt selected the essays for this volume and introduces them with a classic essay about Benjamin's life in dark times. Also included is a new preface by Leon Wieseltier that explores Benjamin's continued relevance for our times.

  • Walter Benjamin - philosopher, essayist, literary and cultural theorist - was one of the most original writers and thinkers of the twentieth century. This new selection brings together Benjamin's major works, including 'One-Way Street', his dreamlike, aphoristic observations of urban life in Weimar Germany; 'Unpacking My Library', a delightful meditation on book-collecting; the confessional 'Hashish in Marseille'; and 'The Work of Art in the Age of Mechanical Reproduction', his seminal essay on how technology changes the way we appreciate art. Also including writings on subjects ranging from Proust to Kafka, violence to surrealism, this is the essential volume on one of the most prescient critical voices of the modern age.

    Contains: 'Unpacking My Library'; 'One-Way Street'; 'The Work of Art in the Age of Mechanical Reproduction'; 'Brief History of Photography'; 'Hashish in Marseille'; 'On the Critique of Violence'; 'The Job of the Translator'; 'Surrealism'; 'Franz Kafka' and 'Picturing Proust'.

  • Illuminations contains the most celebrated work of Walter Benjamin, one of the most original and influential thinkers of the 20th Century: 'The Work of Art in the Age of Mechanical Reproduction', 'The Task of the Translator' and 'Theses on the Philosophy of History', as well as essays on Kafka, storytelling, Baudelaire, Brecht's epic theatre, Proust and an anatomy of his own obsession, book collecting.This now legendary volume offers the best possible access to Benjamin's singular and significant achievement, while Hannah Arendt's introduction reveals how his life and work are a prism to his times.

  • Ce serait un leurre de croire que ce texte, parce qu'il est l'un des rares écrits de fiction que nous ait laissés Walter Benjamin, consiste seulement en une description brillante du carnaval niçois. Certes, le narrateur regarde passer le corso en ce jour de Mardi gras - mais pas en simple spectateur amusé, comme la foule qui suit les chars. Pour lui, cette manifestation publique est l'occasion de nouvelles réflexions sur l'art du divertissement, et les déguisements chatoyants se révèlent autant de symboles à décrypter...

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Walter Benjamin. "L'objet de ce livre est une illusion exprimée par Schopenhauer, dans cette formule que pour saisir l'essence de l'histoire il suffit de comparer Hérodote et la presse du matin. C'est là l'expression de la sensation de vertige caractéristique pour la conception que le XIXe siècle se faisait de l'histoire. Elle correspond à un point de vue qui compose le cours du monde d'une série illimitée de faits figés sous forme de choses. Le résidu caractéristique de cette conception est ce qu'on a appelé "l'Histoire de la Civilisation", qui fait l'inventaire des formes de vie et des créations de l'humanité point par point. (...) Notre enquête se propose de montrer comment par suite de cette représentation chosiste de la civilisation, les formes de vie nouvelle et les nouvelles créations à base économique et technique que nous devons au XIXe siècle entrent dans l'univers d'une fantasmagorie. Ces créations subissent cette "illumination" non pas seulement de manière théorique, par une transposition idéologique, mais bien dans l'immédiateté de la présence sensible. Elles se manifestent en tant que fantasmagories. Ainsi se présentent les "passages", première mise en oeuvre de la construction en fer; ainsi se présentent les expositions universelles, dont l'accouplement avec les industries de plaisance est significatif; dans le même ordre de phénomènes, l'expérience du flâneur, qui s'abandonne aux fantasmagories du marché. À ces fantasmagories du marché, où les hommes n'apparaissent que sous des aspects typiques, correspondent celles de l'intérieur, qui se trouvent constituées par le penchant impérieux de l'homme à laisser dans les pièces qu'il habite l'empreinte de son existence individuelle privée. Quant à la fantasmagorie de la civilisation elle-même, elle a trouvé son champion dans Haussmann, et son expression manifeste dans ses transformations de Paris." - Walter Benjamin.



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