• Histoire du droit pénal romain ; de Romulus à Justinien Nouv.

    Jamais les Romains n'ont employé de formule pour désigner ce que nous appelons le « droit pénal ». Devrait-on penser pour autant avec Theodor Mommsen que « le droit pénal romain n'ayant jamais formé un tout, il ne peut être question d'en retracer l'histoire » ? Non, précisément, car l'histoire ne saurait supposer un système doctrinal qui en déterminerait l'objet comme un tout. Depuis la fondation de Rome attribuée à Romulus (en 753 av. J.-C.) jusqu'à l'effort de reconquête mené par l'empereur byzantin Justinien (527-565 ap. J.-C.), des institutions et des normes relatives à la répression des crimes n'ont cessé d'être produites. A l'origine, un « droit de vie et de mort » qualifie la place du père dans la famille, comme celle du magistrat dans la cité. Naît ensuite la « République » ou l'avènement de la libertas, c'est-à-dire essentiellement la protection du citoyen face à l'arbitraire du magistrat. Cinq siècles plus tard et au terme de longues guerres civiles, l'autocratie impériale se substitue à la « liberté » : tout crime peut être désormais considéré comme une atteinte à la « majesté du prince » ; seul l'empereur peut décider de « l'indulgence » effaçant une peine ou recevoir l'« appel » d'un condamné. Le présent ouvrage articule en cinquante rubriques, réparties en trois chapitres (la procédure, les crimes, les peines), la lecture de treize siècles d'une histoire politique de Rome.

  • Germanicus

    Yann Rivière

    Un livre en forme de défi : faire revivre et donner à comprendre un personnage et une époque considérés comme familiers, et pourtant si éloignés de nous. Sur le Grand Camée de France, on le voit, guerrier superbe et triomphant, être accueilli par son oncle et père adoptif l'empereur Tibère et par Livie, veuve d'Auguste mais aussi sa grand-mère. Il est le prince de la jeunesse, le César que Rome et le monde espèrent lorsque reviendra le temps de la liberté d'antan. Mais Germanicus, lorsqu'il meurt à Antioche en 19, à 34 ans et dans des conditions suspectes, emporte avec lui une gloire inaccomplie. Auréolé de vertus républicaines, de courage militaire et de maîtrise intellectuelle, le petit-fils de Marc Antoine, l'époux d'Agrippine, le père de Caligula paraît avoir brûlé les étapes. Après avoir brillé en Illyrie, c'est en Germanie qu'il se distingue, infligeant une sévère défaite à Arminius et vengeant ainsi le désastre de Varus. C'est en Orient qu'il s'épanouit ensuite, faiseur de roi et de paix, populaire au point de susciter la jalousie de Tibère. La mort le frappe en plein vol, le soustrayant peut-être au destin sanglant qui caractérise sa famille. En reconstituant le parcours de Germanicus, Yann Rivière nous entraîne de façon magistrale sur les lieux que, en ces débuts glorieux de l'empire, Rome s'attacha à conquérir, chez les peuples divers qu'elle s'attacha de gré ou de force, dans les mystères et les subtilités de la politique et de la religion mêlées, et aussi au coeur de cette dynastie julioclaudienne, où le génie, la folie et le meurtre se côtoyèrent.

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