Romans & Nouvelles

  • Un écrivain maghrébin, résident en France, se pend après avoir écrit une ultime lettre à sa future veuve. Comme il l'espérait secrètement, cette dernière a l'émotion plus que discrète. Sans même prendre la peine de le décrocher, elle fouille dans ses papiers, témoin de leur vie ratée. Le défunt, quant à lui, s'étonne, au chapitre suivant, de ne pas être encore au frais à la morgue. Dès les premières pages de La veuve et le pendu, Ahmed Zitouni s'amuse des situations, si morbides soient-elles. Pourtant, et le journal intime du pendu en témoigne, ce suicide ne fut pas un accident dû à une dépression passagère, mais la résultante d'une lente glissade dans la folie, l'ailleurs. Prisonnier d'une mémoire à la dérive où s'entrechoquent les horreurs de la guerre d'Algérie - qu'il vécut enfant - et du quotidien le plus ordinaire, cet écrivain n'avait plus que ses mots pour se raccrocher à la vie. Ils lui servirent, en définitive à tisser sa corde.

  • Le sourire de Houria flotte dans le ciel de Manosque. Entre passé et présent. Entre Oran et la Provence. Entre une sale guerre et les cicatrices des sillons de la terre. Entre la souffrance et aujourd'hui une autre. Et dans le déroulé des souvenirs qui griffent au sang la mémoire, l'écriture de Giono, la parole de Giono, comme une permanence qui raconte une terre perdue des douleurs de l'amour impossible, comme une référence, désormais, à tout espoir pour demain. Le sourire de Houria. Entre le deuil d'Oran, le 25 juin 1962, les « camps d'accueil » pour harkis, et puis Manosque, ce bout de l'exil. Gérard Blua

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