• Les racines de l'islam radical - histoire, pensee, geopolitique Nouv.

    L'"État islamique", visage d'épouvante de l'islam radical, continue à sévir. Afin de freiner son expansion, une nouvelle coalition mondiale s'est formée, dans l'espoir de venir à bout de ce monstre. Pour éclairer l'actualité de façon constructive et tracer un pont entre l'Orient et l'Occident, cet ouvrage propose un retour historique et une analyse philosophique du radicalisme, aux sources millénaires et religieuses. Il produit aussi une analyse géopolitique des formes contemporaines de l'islam radical. Enfin, il dresse le bilan géostratégique de la situation internationale depuis le 11 septembre. Antoine J. Assaf nous livre un décryptage éclairant pour comprendre les transformations à l'oeuvre. Il nous invite à appréhender avec recul les enjeux et les problématiques d'une réalité complexe, loin des fantasmes, des amalgames ou des simplifications.

    Publié pour la première fois en 2015, ce texte a été récompensé par le prestigieux prix Vauban. Pour cette nouvelle édition, il a été actualisé.

    Histoire - Définitions - Analyse

  • À l'aube du VIIe siècle, l'Arabie a été réveillée de sa torpeur millénaire par un souffl e puissant et jusque-là inconnu, l'islam. Son émergence fut particulièrement rapide car il n'a fallu à Mohammed, le nouveau prophète, qu'un peu plus d'une vingtaine d'années, de 610 à 632, pour imposer une nouvelle religion, à la fois monothéiste et abstraite dans son horizon de pensée. C'est cette histoire et ses turbulences que Malek Chebel raconte, en cernant au plus près l'homme dans son aventure personnelle, sa vie privée et publique, ses combats et les relations qu'il a entretenues avec son entourage comme avec ceux qui l'ont combattu. L'auteur livre une description minutieuse des débuts du dogme, de ses écoles de pensée et de ses premières sectes, et aborde des thèmes rarement traités, comme ceux de l'art de la guerre et de la diplomatie chez Mohammed. Malek Chebel montre comment le Prophète, homme de doctrine et de pouvoir, a voulu que l'islam tienne compte de l'expérience humaine dans sa double part, sublime d'un côté, ordinaire de l'autre, divine par ses aspirations, terrestre par son exercice. Balayant ici autant de préjugés que d'approximations, il confi rme qu'il est plus que jamais nécessaire de connaître la destinée du Prophète pour bien comprendre la vérité et la richesse de son enseignement.

  • L'authenticité d'un canon est une question essentielle pour toutes les religions où un écrit tient une place centrale. Mais alors que, pour d'autres confessions, la vérité du message s'accommode de variations dans la formulation, telle n'est pas la position du dogme musulman, qui considère que le texte canonique du Coran, qu'il soit récité par les fidèles ou consigné sur les exemplaires d'abord manuscrits et par la suite imprimés, reflète très scrupuleusement la parole divine conservée sur un original céleste.
    À rebours de cette conviction, qui s'est peu à peu affirmée dans les premiers siècles de l'islam avant de s'imposer complètement, des données empruntées à la tradition musulmane permettent, par recoupement avec les indications tirées de l'examen des plus anciens manuscrits coraniques, de constater que la pluralité a caractérisé la genèse du Coran et sa transmission initiale, tant écrite qu'orale.
    En analysant différentes strates de la version qui s'est imposée, mais aussi les fragments de recensions qui ont progressivement été écartées, François Déroche montre que le Coran est resté longtemps ouvert à une pluralité de " lectures " et révèle un rapport originel de la communauté des fidèles à son égard très différent du littéralisme absolu vers lequel l'orthodoxie musulmane a évolué. Cette histoire riche et complexe fait également apparaître un Muḥammad plus soucieux du sens du message qu'il annonçait que de sa lettre.
    François Déroche est islamologue, membre de l'Institut et professeur au Collège de France, titulaire de la chaire " Histoire du Coran. Texte et transmission ".

  • Malek Chebel offre ici sa propre sélection des hommes et des femmes qui ont façonné l'islam; et, chemin faisant, il dessine une histoire originale de la religion.Comment comprendre les bouleversements du monde arabe sans connaître l'islam ? Fondée sur une sagesse humaine des plus élaborée, cette culture s'éclaire à la lumière de ses grands hommes. Qu'ils soient savants, médecins, philosophes, mystiques, théologiens, découvreurs, voyageurs, écrivains ou encore bâtisseurs, tous ont contribué à la grandeur de l'Islam.
    Du Prophète et de son entourage, notamment féminin, aux figures de proue, Malek Chebel retrace l'histoire de l'islam depuis ses premiers moments jusqu'à nos jours.

  • Le Coran est-il antisémite ? L'islam véhicule-t-il une « haine du Juif » qui le rend incompatible avec les valeurs occidentales ? Le regard de l'islamologue est indispensable pour dépassionner le débat et sortir des jugements à l'emporte-pièce. Sans rien masquer des aspects les plus problématiques, le grand savant Meïr M. Bar-Asher fait le point sur ce dossier brûlant. Il passe en revue l'image des « fils d'Israël » et des « Juifs » dans le Coran et le Hadîth, ainsi que les bases coraniques du statut de dhimmi. IL s'attarde également sur l'apport extraordinaire de la tradition juive à l'exégèse musulmane du Coran, ainsi que sur les parallèles entre les lois religieuses juive et musulmane, halakha et sharia. Il montre surtout que la question du rapport de la tradition islamique à la figure du Juif et au judaïsme est complexe, et qu'on ne saurait la ramener à la caricature qu'en donnent tant les prédicateurs islamistes que les islamophobes.Un ouvrage accessible, essentiel pour comprendre les enjeux de société actuels.

  • Râbi'a al-Adawiyya (713-801) est la première grande figure du soufisme, et il n'est pas indifférent qu'elle soit une femme. Elle est l'objet d'une vénération encore vive de nos jours, aussi bien au sein des milieux populaires que des cercles soufis. Ses paroles et ses poèmes, recueillis et transmis au fil des siècles par une chaîne ininterrompue de spirituels, conservent toute leur actualité.Son rayonnement et sa personnalité de feu lui permirent toutes les audaces. On raconte notamment qu'elle se promenait avec un seau d'eau et une torche : le premier, disait-elle, était destiné à éteindre le feu de l'Enfer, et le second à porter le feu au Paradis - ceci pour faire valoir une spiritualité totalement désintéressée, qui ne procède pas d'un marchandage moral avec Dieu.Après une biographie et une introduction lumineuse, Salah Stétié nous offre une magnifique traduction des poèmes et des propos qu'il nous reste de la sainte, accompagnés des calligraphies du grand artiste Ghani Alani.

  • Première mondiale, ce monument savant et accessible, qui réunit trente spécialistes internationaux, offre, en trois mille pages, une synthèse complète et critique des travaux passés et des recherches présentes sur les origines du Coran, sa formation et son apparition, sa composition et sa canonisation : vingt études exhaustives sur le contexte introduisent ici à l'analyse circonstanciée du texte, les éléments archéologiques et épigraphiques, les environnements géographiques et linguistiques, les faits ethnologiques et politiques, les parallèles religieux éclairant, verset après verset, en un commentaire total les cent quatorze sourates du livre fondateur de l'islam.
    Une aventure inédite de l'esprit.
    Une somme sans précédent dans l'histoire.
    Une contribution majeure à la science.
    Une avancée décisive pour la compréhension mutuelle des cultures.
    VOLUME 3 : Bibliographie des études sur
    le Coran.

  • Les descriptions de la fin des temps et de l'Apocalypse dans le Coran n'ont pas seulement nourri un messianisme temporel, annonçant les événements qui départagent les amis et les ennemis de Dieu. Le philosophe Christian Jambet présente ici une oeuvre du penseur shite Mull adr qui, au XVIIe siècle, « neutralise les conflits de la fin des temps en leur donnant un sens permanent et spirituel, qui en apaise l'urgence, en défait les prestiges temporels au profit du combat spirituel. » L'essai qui précède la traduction de L'épître du rassemblement dévoile ainsi une éthique de la résurrection. Il éclaire également les influences néoplatonicienne et soufie qui parcourent cette oeuvre, dont Christian Jambet restitue ici toute la puissance.

  • Pierre le Vénérable, Dante, Goethe, Voltaire, Hugo, Renan, Assia Djebar, Salman Rushdie : du Moyen Âge à nos jours, ces auteurs ont évoqué Mahomet, faisant du prophète de l'islam tantôt
    un personnage historique désacralisé, tantôt un héros romanesque fictif.

    Pierre le Vénérable, Dante, Goethe, Voltaire, Hugo, Renan, Assia Djebar, Salman Rushdie : du Moyen Âge à nos jours, ces auteurs ont évoqué Mahomet, faisant du prophète de l'islam tantôt

    un personnage historique désacralisé, tantôt un héros romanesque fictif.

    Au Moyen Âge, au plus fort de la conquête musulmane, l'Occident chrétien voit en Mahomet un imposteur, un faux-prophète, voire un Antéchrist prêt à combattre le Messie. La littérature médiévale peint de grossières caricatures de rituels musulmans, et n'hésite pas à proférer des

    injures à l'adresse du prophète. C'est au siècle des Lumières, avec Voltaire et Goethe notamment, que l'on tente d'identifier et d'étudier sérieusement le personnage historique. Mais il faut encore attendre les Romantiques, Lamartine et Hugo entre autres, pour que le prophète de l'islam bénéficie d'une image positive en Occident. Il est même alors qualifié de personnage

    attachant ! Au XXe siècle enfin, de nouveaux auteurs prennent la liberté de faire de lui un personnage de roman. Avec Driss Chraïbi, Assia Djebar, Salim Bachi, Marek Halter et Salman Rushdie, Mahomet devient imaginaire, de plus en plus éloigné de la figure traditionnelle musulmane.

    La connaissance de la figure de Mahomet à travers la littérature peut éclaircir quelque peu l'horizon assombri par les fanatismes. Car si le prophète de l'islam ne vécut certes qu'une seule vie, les oeuvres littéraires lui ont permis de revêtir divers habits et de montrer de multiples facettes. Un ouvrage courageux, par un auteur qui a fait l'objet d'un procès en Turquie pour blasphème, pour son roman Les Filles d'Allah.

  • Dieu est, selon un article de foi universellement reconnu en islam, le souverain de l'univers, parce qu'il est son créateur et il gouverne le monde terrestre par l'intermédiaire de ses prophètes dont le meilleur est Muhammad (Mahomet). C'est dans la théologie de Mullâ Sadrâ (m. 1640), le plus grand représentant du vaste courant philosophique et mystique contemporain de la dynastie des rois safavides, que Christian Jambet explore la souveraineté de Dieu. Il confronte cette théologie aux penseurs musulmans antérieurs, aux sources grecques et à leurs interprétations. Il examine les transformations par lesquelles une théologie intégrale de la souveraineté divine a conduit de nos jours à l'autorité du théologien juriste. L'autorité des prophètes et des imâms, fondée sur une compréhension spirituelle du Coran et des traditions islamiques, s'exerce au nom de Dieu selon une stricte hiérarchie : un niveau supérieur, celui de l'épanouissement de la vie spirituelle et un niveau inférieur, celui de l'activité judiciaire. À l'opposé de tout modèle de domination extérieure, la religion devient un exercice spirituel d'appropriation des sens cachés du Coran et un modèle de liberté intérieure. En un temps où les théologies islamiques les plus sommaires sèment la terreur, il est bon de connaître que les plus grands penseurs de l'islam, dont Mullâ Sadrâ, ont pensé les fondements de la foi islamique, les transformant en une quête impérieuse de la vie bienheureuse.

  • Géo-histoire de l'islam

    Pascal Buresi

    Au début du XXIe siècle, un cinquième de la population de la planète se rattache à la religion musulmane, selon des modalités qui varient considérablement d'une région à l'autre.

    Peut-on réduire l'islam/Islam (religion et civilisation) à un ensemble de traits qui le caractériserait en tous temps et en tous lieux ?

    Une approche historique et géographique s'impose pour comprendre les processus sociaux, politiques et culturels qui sont à l'oeuvre dans le monde au sein des différentes populations musulmanes. De la prophétie muhammadienne à l'Empire ottoman, des guerriers nomades du désert aux marchands-navigateurs de l'océan Indien, du coeur de la péninsule Arabique aux périphéries « occidentales », de la centralité du pèlerinage à La Mecque à l'infinie variété des pèlerinages locaux, de l'héritage des savoirs médiévaux à la chaîne de télévision qatariote al-Jazeera, des souks traditionnels au système bancaire « islamique », de la naissance des droits musulmans aux révoltes des « printemps arabes », des règles de l'hospitalité à l'exposition numérique de décapitations d'otages par l'État islamique de Syrie et d'Irak (Daesh), cette synthèse explore toutes les composantes de la religion et des cultures musulmanes, pour mieux comprendre les fractures qui affectent le monde.

    La violence pratiquée au nom de l'islam est-elle un aspect du choc des civilisations cher à Samuel Huntington, ou bien celui, inattendu, de la globalisation néo-libérale ?

    Ce livre a été augmenté d'une préface et d'un chapitre final.

  • Lorsque l'organisation de l'État islamique proclame le califat en 2014, elle signe le retour d'une institution à l'histoire plus que millénaire. Le calife, à l'origine simple successeur du Prophète de l'islam, devient une figure centrale du pouvoir, avec la mise en place de plusieurs dynasties califales : les Omeyyades à Damas, les Abbassides à Bagdad, les Fatimides au Caire, les Almohades à Marrakech, les Ottomans à Istanbul. Au fil des siècles, cette figure évolue : d'abord chef spirituel et temporel, le calife finit par n'être plus qu'un guide religieux, soumis au pouvoir d'un vizir ou d'un émir. Il subit tout à la fois la pression des oulémas et de l'armée, puis celle des puissances étrangères, avant de disparaître à l'issue de la Première Guerre mondiale. Malgré la suppression du califat en 1924, ce rêve d'unité de la communauté musulmane est toujours présent. Il signe l'échec de l'État-nation porté par le nationalisme arabe et le retour d'un panislamisme conquérant. Loin d'être l'expression d'un fanatisme local, il apparaît aujourd'hui comme un projet mûrement réfléchi, à l'enracinement historique.

  • Au XVIIe siècle en Iran, un clerc shi'ite aux penchants soufis, Qu b al-D n A kevar , achève d'écrire l'histoire universelle de la sagesse depuis le premier homme Adam jusqu'à son propre temps. Rédigé dans les deux principales langues savantes de l'Islam, l'arabe et le persan, cet ouvrage qui porte le titre de Ma b b al-qul b, littéralement « l'Aimé des coeurs », est pour diverses raisons resté longtemps confidentiel. Son premier volet, dont Mathieu Terrier propose ici la traduction et le commentaire, occupe une place importante dans ce que l'on peut appeler « l 'histoire de l'histoire de la sagesse en Islam », étant à la fois la dernière oeuvre du genre rédigée à l'époque classique et la première composée d'un point de vue shi'ite imamite. Cette autre histoire de la philosophie ancienne manifeste une fidélité inattendue à son sujet, retrouvant la vocation de la philosophie grecque antique à être à la fois un discours théorique et un mode de vie conduisant l'homme à « se rendre semblable au divin autant qu'il est possible », selon la parole de Socrate. Elle est aussi un acte de résistance spirituelle contre les forces de l'« orthodoxie » autoproclamée. Ce livre témoigne de la vivacité de la philosophie en Islam iranien à l'aube de la modernité.

  • Il était une fois le Maghreb qui réinventait l'islam sur le mode de la liberté. Une étude riche et surprenante. Une vision décapante de notre plus proche Orient.
    Parmi les figures de sainteté, le " fou " en Dieu reste un modèle anthropologique commun à plusieurs religions, au-delà même de la variété de ses postures et de ses expressions. Mais " fou " ou saint, partout où les majdhûbs, ces " ravis " en Dieu, se sont manifestés dans le monde musulman, leurs contemporains, partagés entre fascination et scepticisme, ont remis en cause leur parole et leur pratique - allant parfois jusqu'à les rejeter.
    Alors, vraie ou fausse sainteté ?
    Partant d'une réflexion sur les rapports qu'entretiennent, dans le Maghreb des XIVe et XVe siècles, aussi bien les intellectuels que la foi populaire avec la sainteté, Nelly Amri interroge la croyance à l'oeuvre dans l'islam médiéval et les différentes modalités du faire croire, en posant un regard comparatif sur le christianisme.

  • Héritière d'anciennes traditions gnostiques proches du manichéisme et profondément marquée par le néoplatonisme antique, la branche ismaélienne de l'islam chiite a élaboré une philosophie qui aborde avec une grande originalité des questions éternelles comme la nature de Dieu, l'origine de l'univers, le salut de l'âme humaine et le sens de notre existence terrestre. Souvent méconnue en Occident et encore largement inconnue du public cultivé, la philosophie ismaélienne n'a pas encore reçu toute l'attention qu'elle mérite. Ce livre en présente la première synthèse accessible au lecteur non spécialisé.

  • Depuis les attentats du 11 septembre 2001, le terme jihad est entré dans le langage commun, le plus souvent de façon assez caricaturale. Dévoyé de son sens initial, son usage s'est banalisé, renvoyant dans l'imaginaire collectif aux combattants musulmans ultra-violents venus anéantir nos sociétés. Une vision aussi portée par les idéologues jihadistes eux-mêmes, qui voient dans leur combat un véritable pilier religieux et une réaffirmation identitaire absolue.
    Cette polarisation des perceptions a conduit à d'intenses polémiques entre islamophobes et défenseurs de l'islam, toutes très éloignées des faits et des sources, et brouillant une juste compréhension des bouleversements à l'oeuvre. Quel sens donner au jihad selon les époques ? Quel lien entre jihad et jihadisme ? Qui sont les jihadistes ? Quelles sont les causes de leur engagement ? Quelles sont les différentes mouvances ? Qu'ont-elles en commun sur le plan idéologique ? En quoi divergent-elles ? Cet ouvrage ambitionne de creuser cette complexité en vue de briser nombre de clichés et stéréotypes existants sur un enjeu fondamental de notre époque.

  • Le soufisme est la dimension intérieure de l'islam sunnite. Prenant sa source dans le Coran et dans la Tradition prophétique, il a souvent été défini comme la « science des états spirituels » dont la maîtrise doit permettre à l'initié de dépasser son ego pour parvenir à la connaissance et à la contemplation de Dieu. Fondamentalement, le soufi aspire à puiser dans l'influx spirituel (baraka) du prophète Muhammad, transmis depuis des siècles de maître à disciple, grâce auquel il pourra lutter contre les passions et les illusions qui l'assaillent.
    Mettant en relief l'universalisme du soufisme, Eric Geoffroy explique comment s'est formée cette « science de l'intérieur », et comment, au fil des siècles, les grands maîtres ont adapté les doctrines et les pratiques initiatiques aux transformations du monde musulman. Il montre aussi que le soufisme constitue aujourd'hui un véritable antidote contre les divers intégrismes et qu'il est appelé à jouer un rôle croissant en Occident.

    Eric Geoffroy, universitaire islamologue, est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le soufisme.

  • Le cadi est une figure emblématique des sociétés musulmanes prémodernes. Savant, juge, administrateur de biens, il incarnait plus que toute autre institution le règne d'un ordre social fondé sur les préceptes de l'islam. Les anciens développements de la judicature musulmane, aux VIIe et VIIIe siècles, demeurent pourtant empreints de mystère. Comment rendait-on la justice aux premiers temps de l'Islam, avant que le droit musulman n'acquière les structures pérennes offertes par les écoles juridiques classiques ? Est-il possible de retracer les étapes de développements régionaux ? Quel rôle le pouvoir et les savants jouèrent-ils dans la formation de l'institution ? En quoi la judicature musulmane est-elle liée aux autres systèmes judiciaires de l'Antiquité tardive ou des débuts de l'Islam ? Mathieu Tillier livre ici les résultats d'une plongée au coeur des sources les plus anciennes du Proche-Orient islamique, croisant papyrus arabes, droit musulman archaïque et textes canoniques syriaques. Cette quête des dynamiques qui présidèrent à l'épanouissement de la judicature musulmane fait apparaître une image nouvelle des tribunaux qui se partageaient le jeune empire islamique. Elle met par ailleurs en lumière le processus dialectique de formation des pensées juridiques proche-orientales, qui s'élaborèrent non seulement au gré d'interactions entre savants d'une même confession, mais également en lien avec le droit des communautés dont ils tentaient de se distinguer.

  • Rebattons les cartes. Le Sahara est au Nord. Son rivage, le Sahel, coupe l'Afrique en deux, de l'Atlantique à la mer Rouge. En son centre, le lac Tchad est le lieu de rencontre de migrants, transhumants, marchands et pèlerins venus des quatre coins du continent. Cette région, plus connue aujourd'hui pour les exactions de Boko Haram, fut à l'époque moderne un carrefour majeur dans les échanges économiques, humains et culturels du Sahel et du Sahara, jusqu'à la Méditerranée. C'est là que, à la croisée du Niger, du Nigeria, du Tchad et du Cameroun actuels, la dynastie des Sefuwa pose les bases d'un État islamique puissant : le sultanat du Borno. Parcourant et organisant leur territoire, entreprenant au péril de leur vie le pèlerinage à La Mecque, les sultans du Borno s'affirment aux xvie et xviie siècles comme des interlocuteurs essentiels dans le monde musulman. Un imam de la cour, Amad b. Fur, nous a livré un témoignage exceptionnel de ce chapitre de l'histoire de l'Afrique, à travers le récit des quinze premières années du règne du sultan Idrs b. Al (1564-1596), plus connu sous le nom d'Idrs Alawma. Loin des idées reçues, son témoignage donne un éclairage saisissant sur le fonctionnement d'un état sahélien à l'époque moderne et sur ses relations avec le monde qui l'entoure. C'est en embrassant son regard et en prenant en compte les dynamiques environnementales, sociales et politiques que cet ouvrage cherche à redonner au sultanat du Borno sa place dans le monde, du lac Tchad à La Mecque.

  • Marinos Sariyannis explore dans ce petit livre les perceptions qu'avaient les différents groupes d'Ottomans du surnaturel, c'est-à-dire des phénomènes qu'une culture donnée regarde comme échappant aux lois naturelles et comme étant difficiles ou même impossibles à expliquer par la pensée humaine. Il étudie les attitudes à l'égard de ces phénomènes, en tenant compte de l'existence de diverses « cultures » ottomanes : culture populaire, culture soufie favorisant une vision magique du monde, mais aussi culture des oulémas et culture des classes urbaines artisanales et commerçantes, qui préféraient une vision du monde plus rationalisée. L'auteur examine les géographies merveilleuses, les événements et les phénomènes extraordinaires décrits par les sources ottomanes, les miracles des prophètes et des saints, le monde des rêves et des anges, les apparitions des âmes des morts, des esprits et des djinns ; il étudie la magie, la divination et les sciences occultes ottomanes, leur place dans la classification du savoir, les attitudes envers les pratiques magiques et divinatoires ; enfin, il tente de repérer les routes possibles d'un certain « désenchantement », d'un recul (même partiel) des croyances et des interprétations surnaturelles en faveur d'une vision du monde plus matérialiste.

  • Cet ouvrage constitue les actes du colloque international et interdisciplinaire tenu à Chicoutimi sur la problématique de la mort musulmane en contexte d'immigration et d'islam minoritaire par la Chaire d'enseignement et de recherche interethniques et interculturels (CERII), en collaboration avec le Célat, les 7 et 8 octobre 2010. L'objectif de ce colloque, le premier à se tenir au Canada sur ce thème, était de faire un état des lieux des questionnements scientifiques, sociaux, religieux et identitaires que soulève la mort dans les communautés musulmanes en contexte d'immigration ainsi que des tensions, négociations, adaptations et « accompagnements » qu'elle suscite en contexte d'islam minoritaire au Québec et ailleurs en Occidents.
    Les textes de cet ouvrage illustrent l'importance d'un nouveau chantier de recherche sans les études sur la présence de la religion musulmane au Québec ainsi que les défis de l'interculturalité et du vivre-ensemble qu'il porte. En plus d'une participation significative des intervenants sociaux et des représentants des cultes, le colloque a réuni d'éminents chercheurs de différents pays (France, Suisse, Maroc et Québec) et de disciplines scientifiques variées (sociologie, anthropologie, sciences du langage, sciences religieuses, sciences de la communication, sciences politiques, etc.)

  • " Pour pouvoir comprendre le processus de restructuration du champ religieux entrepris au Maroc par le Roi Mohammed VI, il faut commencer par l'inscrire dans la dynamique d'ensemble d'un culte fondé sur les valeurs du juste milieu, incarné par un Commande

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