• En hiver, la Norvège est plongée dans le noir. Mais est-ce vraiment le cas ? Deux tiers des Norvégiens, comme 80 pour cent des Américains du Nord, ne peuvent plus distinguer la Voie lactée pendant la nuit. Les lampadaires, néons et écrans illuminent le ciel et empêchent de le voir.
    Quels sont les effets de cette lumière artificielle sur les humains, les animaux, et toute chose vivante ?
    Aussi loin que remontent ses souvenirs, Sigri Sandberg a eu peur du noir. Elle entreprend un voyage en solitaire dans les montagnes, en plein hiver, pour éprouver l'obscurité et pour comprendre ce qui se cache derrière sa peur. Au cours de son périple, elle nous fait découvrir une autre femme, Christiane Ritter, qui a passé un hiver entier dans une hutte de trappeur dans le Svalbard en 1934.
    Sigri Sandberg écrit sur ce qui se passe dans le corps pendant la nuit. Elle évoque le sommeil, les étoiles, les trous noirs, les lumières du Nord, mais aussi les lois du trafic aérien et la lutte pour préserver un ciel nocturne. Son livre cherche à donner un sens à l'obscurité.
    Depuis plus de vingt ans, Sigri Sandberg (née en 1975) travaille pour divers journaux norvégiens. Elle a vécu huit années sur une île arctique du Svalbard et a écrit quinze livres sur la nature, la philosophie de la vie sauvage, le climat et les régions polaires.

  • Qualifiée de «fléau de la Terre» par l’ONU, la pénurie d’eau est une menace bien réelle: 3,6 milliards d'individus en souffrent déjà l'équivalent d'un mois par année et, si rien n'est fait, c’est une personne sur deux qui n’aura pas accès à l’eau en 2050. Chaque jour, au moins deux milliards de personnes dans le monde boivent de l’eau contaminée par des excréments et plus d’un demi-million d’entre elles en mourront chaque année. Militante de la première heure pour le droit à l’eau, Maude Barlow a sillonné la planète pour défendre ce bien commun et dénoncer les visées des grandes entreprises qui font main basse sur l’or bleu, que ce soit pour l’embouteiller et la vendre à prix fort ou pour alimenter des industries polluantes, avec de graves conséquences sur les populations locales et leur accès à l’eau potable. Pour Maude Barlow, écologie et droits de la personne ne font qu’un, car plus nous malmenons l’eau, en la pompant de façon excessive et en la polluant, moins il en reste à partager équitablement. Devant l’inaction des États, Maude Barlow appelle à faire barrage à la privatisation de cette ressource vitale par les Véolia, Suez, Coca-Cola et autres Nestlé, en embrassant le modèle des communautés bleues. Né au Canada avant de se répandre ailleurs dans le monde, ce mouvement citoyen vise à faire reconnaître le droit à l’eau et à s’assurer que la gestion des services d’eau demeure sous la gouverne publique. Par cette invitation à faire de l’eau un trésor collectif, Maude Barlow en appelle à un monde plus bleu, une communauté à la fois.


  • « J'ai des choses à dire à mes enfants... »
    Invité par la forêt amazonienne à lui prêter sa plume, Laurent Huguelit nous fait découvrir l'enseignement de ce grand esprit que les peuples indigènes appellent « Madre » - la Mère.

    Présentation
    C'est lors d'un séjour en Amazonie que l'auteur a été désigné porte-parole de la grande forêt par l'esprit de la mère de toutes les mères en personne. Conformément au contrat spirituel qui s'est lié au sein de cette matrice végétale, Laurent Huguelit a mis sur papier les paroles, les visions, les impressions et les anecdotes que la forêt lui a demandé d'exprimer. C'est un enseignement prodigué par la nature qui nous est livré dans ces pages, un pèlerinage au coeur de la grande famille du vivant. On y croise, tour à tour, l'arbre ancestral, la clarté de la conscience, la compassion, les chamanes et leurs chants de guérison - mais également, parce que tout doit être connu, les affres de l'obscurité. Avec Mère, l'intention de la forêt est de rétablir le lien sacré qui relie l'humanité à la planète Terre, pour qu'une nouvelle conscience puisse émerger - et pour que les enfants de la forêt retrouvent celle qui les a vu naître et grandir. Pour qu'ils la respectent, la préservent et l'aiment.

    L'auteur
    Chamane suisse et pratiquant bouddhiste formé aux traditions de différentes cultures comme aux techniques modernes développées en Occident, Laurent Huguelit est le fondateur de L'Outre-Monde, un centre de pratiques chamaniques. Il est aussi membre de la Faculté des enseignants de la FSS (Foundation for Shamanic Studies, créée par l'anthropologue Michael Harner) pour les pays francophones d'Europe.
    Auteur de Les Huit Circuits de conscience et co-auteur de Le Chamane & le Psy, Laurent Huguelit a également préfacé La Voie du chamane, Caverne et Cosmos et Chamanes célestes, publiés chez Mama Éditions.

  • Le plastique est désormais omniprésent. On connaît tous ces images spectaculaires de tonnes de déchets flottant en mer ou de carcasses d'oiseaux le ventre rempli de plastique. On en retrouve aussi des particules microscopiques là où on s'y attendait le moins: dans les profondeurs marines jusqu'aux cimes des plus grands sommets en passant par l'ensemble de la chaîne alimentaire... et nos propres corps. Couramment utilisés dans une multitude d'emballages et de produits du quotidien, la plupart des plastiques peuvent en effet libérer des substances chimiques et persister très longtemps dans l'environnement. Pour atténuer les effets de ce matériau toxique et polluant, on fait miroiter les promesses du recyclage qui tiennent plutôt du mirage.Et si nous prenions le problème à sa source? Et si nous devenions les protagonistes de notre consommation? La surabondance de particules plastiques qui étouffent la nature et mettent en péril notre santé est telle que nous ne pouvons l'éradiquer complètement. Ce que nous pouvons faire, par contre, c'est freiner l'afflux de nouveau plastique dans nos vies, ce à quoi nous invitent justement les auteur.e.s de ce guide en nous donnant tous les outils pour y arriver.Ouvrage de vulgarisation qui nous permet de mieux connaître les différents plastiques et leurs dangers à court et à long terme, Vivre sans plastique est aussi une véritable boîte à outils pour parvenir à nous en passer au quotidien. Chantal Plamondon et Jay Sinha montrent comment analyser notre utilisation personnelle de plastique et donnent des idées de substituts sûrs, réutilisables et abordables, confirmant ainsi que nos choix personnels représentent une puissante force de changement.

  • Le tourisme est la première industrie mondiale, même s'il est pratiqué par seulement 3,5 % de la population... Un luxe réservé aux occidentaux qui, depuis l'avènement des congés payés, ont intégré «un devoir d'ailleurs et de loisirs». Mais qui n'a pas senti ce malaise, dans une boutique de souvenirs ou sur une plage des Caraïbes couvertes de baigneurs blancs? Qui n'a jamais ramené de vacances le sentiment de l'absurde? Car même les mieux intentionnés des voyageurs contribuent malgré eux à la mondophagie touristique. Et rien ne semble pouvoir arrêter cette conquête démesurée des quatre coins du monde: ni la pollution qu'elle impose, ni la disparition des spécificités culturelles qu'elle vient niveler et encore moins la conscience de l'Autre qu'elle réduit à une relation marchande. Pouvons-nous nous évader du tourisme? Rodolphe Christin nous invite à retrouver l'essence du voyage: préférer le chemin à la destination, et «disparaître» plutôt qu'apparaître partout.

  • Il y a une dizaine de milliers d'années, la sédenta­ri­sation des groupes humains, l'émergence de l'agriculture et l'établissement des premiers États ont jeté les bases de notre civilisation. Et si cette «révolution néolithique» n'était qu'une parenthèse malheureuse dans le cours de l'histoire humaine, comme le prétendent les primitivistes ? Et si ces événements, loin d'être «civilisateurs», avaient précipité l'humanité dans un processus écocide et autodestructeur dont nous mesurons seulement aujourd'hui toute la gravité? Stimulé par ces questions qui imprègnent les débats écologistes depuis les années 1960, Pierre Madelin examine d'un regard critique les fondements historiques et anthropologiques de cette théorie selon laquelle les multiples formes de domination ne sont pas inhérentes à la vie sociale, mais résultent de cette «catastrophe fondatrice» du Néolithique. Or le primitivisme se révèle une impasse politique, affirme l'auteur: plutôt que de mythifier la vie préhistorique en anticipant l'effondrement de la civilisation industrielle, ne vaudrait-il pas mieux se mobiliser pour une transition vers une société agroécologique?

  • C'est l'inquiétude face aux changements climatiques qui a incité Matt Hern, Am Johal et le bédéiste de réputation internationale Joe Sacco à entreprendre un road trip partant de la très progressiste et écologique Vancouver pour se rendre au coeur des champs de sables bitumineux du nord-ouest du Canada. Leur projet ? Aller à la rencontre des gens qui vivent de l'extraction de la ressource naturelle réputée la plus polluante de la planète et des hommes et femmes qui sont aux premières loges du désastre écologique qu'elle provoque.

    Mêlant le carnet de voyage, l'analyse politique et la théorie écologiste, Réchauffement planétaire et douceur de vivre dévoile avec finesse les impacts des changements climatiques sur les diverses communautés qui peuplent un territoire colonisé par l'industrie. Au fil de ce périple, il apparaît manifeste que toute écologie doit partir d'un processus de décolonisation, et chercher une nouvelle façon d'être dans le monde, quelque chose comme ce que Kojève appelait la « douceur de vivre ».

  • Crise à la fois sanitaire, économique, sociale et sociétale, la pandémie de Covid-19 interroge nos modèles de société et notre conception de la santé. Beaucoup de commentateurs parlent d'un avant et d'un après. Mais qu'en sera-t-il vraiment ? L'auteur nous livre une synthèse captivante et éclairée des défis auxquels nous confronte cette crise.

  • Santé et environnement

    William Dab

    « Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et favorable à sa santé », énonce l'article premier de notre Charte de l'Environnement. Mais comment mettre en oeuvre un tel principe ? Car si l'effet de l'environnement sur la santé est avéré, l'évaluation des conséquences des expositions aux divers facteurs environnementaux n'est pas chose aisée dans notre monde de nouveaux risques. Ces risques ne sont pas directement observables. Pour les mesurer, il faut des outils scientifiques spécialisés. William Dab présente les méthodes qui permettent d'évaluer les risques liés à l'environnement et de les gérer dans un contexte d'incertitude des connaissances. Il montre comment, au-delà des périodes médiatisées de crises sanitaires, une politique de santé environnementale fondée sur une approche rationnelle du principe de précaution est possible et nécessaire.

  • Cahiers français ; la gouvernance des déchets Nouv.

    La société moderne produit de plus en plus de déchets. Les pouvoirs publics se sont saisi du problème et mobilisent plusieurs politiques publiques pour réduire la production de déchets, les gérer et les stocker ou encore les recycler mais aussi en soutenant les entreprises du secteur.
    Si tous les pays sont confrontés aux mêmes problèmes, les modèles appliqués varient. La France a récemment renforcé la priorité donnée à la prévention de la production de déchets pour favoriser la transition vers une économie circulaire et non plus linéaire. La prévention de la production ne permet pas seulement d'éviter les impacts environnementaux liés aux traitements des déchets, mais également de réduire les impacts environnementaux des étapes amonts du cycle de vie des produits.

  • Le déluge social et écologique est déjà là. Non pas après nous, mais à côté de nous. Ce phénomène ne concerne pas que les générations futures, il affecte déjà les pays pauvres du Sud. Or, en raison de notre position privilégiée au sein des sociétés riches du Nord, nous le percevons à peine. Bienvenue dans la société d'externalisation.
    Depuis l'origine de l'industrialisation capitaliste, la stratégie des pays riches du Nord a toujours consisté à faire porter le poids de leur développement à d'autres. Ainsi, en regard de la question environnementale, le problème n'est pas tant que nous vivons au-dessus de nos moyens, mais que nous vivons au-dessus des moyens des autres. Si le concept des externalités n'est pas nouveau, Stephan Lessenich fait exploser ce cadre d'analyse et montre comment les changements climatiques et la crise des réfugiés rendent matériels et visibles la société d'externalisation et son prix, la société-monde n'ayant plus d'« en-dehors » pour se maintenir.
    Riche en exemples, À côté de nous le déluge ajoute donc aux théories de l'échange inégal et du rapport centre-périphérie une dimension écologique essentielle et un ancrage dans la vie quotidienne des citoyennes et citoyens du Nord à travers la consommation de masse. En dévoilant au grand jour la violence structurelle de la société d'externalisation - nous n'externalisons pas par méchanceté individuelle mais parce que la pratique sociale le permet -, Stephan Lessenich provoque une prise de conscience nécessaire, premier pas vers une indispensable remise en question globale du capitalisme.

  • La science est formelle: nous sommes entrés dans l'ère de l'Anthropocène, une nouvelle et dangereuse phase de l'évolution planétaire où l'action des humains est devenue la principale force géologique et qui se caractérise par une pollution généralisée, la hausse des températures du globe, la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes, la montée des océans et une extinction massive des espèces. C'est littéralement à une crise du système terrestre que l'humanité fait face en cette ère géologique inédite.

    Dans cet ouvrage convaincant et bien documenté, Ian Angus comble le fossé entre la science du système terrestre et le marxisme écologique. Il étudie non seulement les dernières découvertes scientifiques concernant les causes et les conséquences d'une transition vers l'Anthropocène, mais également les tendances socioéconomiques qui sous-tendent la crise. Si le statu quo perdure, le présent siècle sera marqué par une détérioration rapide de notre environnement physique, social et économique : de larges parties du globe risquent de devenir inhabitables, allant jusqu'à menacer la civilisation elle-même. L'auteur rappelle cependant avec force que la responsabilité est bien inégalement partagée au regard de l'évolution du système: loin d'être la conséquence d'une prétendue nature humaine exploitant sans vergogne les ressources de la biosphère, la crise actuelle est plutôt le fruit des dynamiques d'un système particulier sur le plan historique, le capitalisme.

    Face à l'Anthropocène offre une synthèse unique de science naturelle et sociale. Il illustre comment l'inexorable pulsion du capitalisme pour la croissance, alimentée par la consommation rapide des énergies fossiles qui ont pris des millions d'années à se former, a conduit notre monde au bord de la catastrophe. Pour l'auteur, survivre à l'époque de l'Anthropocène requiert un changement social radical, où nous devrons remplacer le capitalisme fossile par une nouvelle civilisation reposant sur des fondements écosocialistes.

  • Il [existe] une autre façon de plaider pour la protection de notre planète: exiger de la communauté internationale la reconnaissance du bien-être environnemental comme un droit humain fondamental. Sans la jouissance d'un climat stable et sécuritaire, les peuples ne peuvent exercer leurs droits économiques, sociaux et culturels. Pour les Inuit, comme pour nous tous, c'est ce que j'appelle «le droit au froid».
    Cette formule singulière du «droit au froid» concentre bien tout l'esprit de la lutte que Sheila Watt-Cloutier a menée durant plus d'une vingtaine d'années sur la scène internationale pour faire des changements climatiques un enjeu de droits humains. C'est d'ailleurs sous sa présidence au Conseil circumpolaire inuit qu'une pétition en ce sens a été déposée en 2005 auprès de la Commission interaméricaine des droits de l'homme, la première action juridique internationale du genre. Comme la culture et l'autonomie économique des Inuit sont tributaires du froid et de la glace, le réchauffement planétaire d'origine anthropique constitue une négation de leurs droits sociaux, culturels et sanitaires. «L'impact des changements climatiques sur l'Arctique est un signe précurseur de ce qui attend le reste du monde», dira-t-elle.
    De son enfance à Kuujjuaq, dans le nord du Québec - à une époque où la culture inuit traditionnelle du transport en traîneau à chiens et de la chasse sur glace était encore dominante -, à son engagement pour l'environnement dans les instances internationales, Le droit au froid est le récit d'une femme inspirante, devenue un modèle de leadership pour le XXIe siècle.

  • Créer une conscience populaire, tel est le but de ce livre précurseur qui nous offre un outil de planification pour mesurer le poids réel sur la Terre de l'activité humaine. Les auteurs ont donné à ce poids le nom d'«empreinte écologique», un concept qui, depuis la première publication de ce livre en 1996, est devenu mondialement connu. Cet outil permet de relever l'enjeu le plus important de notre époque : trouver le moyen de faire vivre tous les êtres humains adéquatement et équitablement, quel que soit le lieu sur Terre où ils vivent.
    Des notions bien définies, des méthodes de calcul clairement expliquées, une foule d'applications pratiques, voilà ce que chacun trouvera dans la nouvelle édition revue et augmentée de cet ouvrage pour éclairer ses choix et apprendre à bien vivre tout en réduisant sa propre empreinte.

  • Bébés sur mesure

    Blanche Streb

    • Artège
    • 18 Avril 2018

    Les extraordinaires avancées de la science placent entre nos mains de nouveaux pouvoirs, des plus prometteurs aux plus menaçants. Avec la possibilité d'intervenir aujourd'hui sur l'origine de la vie humaine, nous sommes entrés dans l'ère du « bébé sur mesure ». Dans cet essai décapant, l'auteur nous entraîne à explorer ce qui se trame dans le secret des labos, où des bébés génétiquement modifiés sont déjà nés.À quoi ressemblerait le « monde des meilleurs », un monde où les êtres humains, en plus d'être triés, seraient améliorés, voire « augmentés » ? Les générations futures seront-elles encore libres de faire des bébés sous la couette ou allons-nous vers un « avenir sans sexe » où la fabrication des bébés serait confiée à des experts ?Ce livre accessible à tous aide à saisir les basculements qui s'opèrent dans le domaine de la procréation artificielle. Avec un optimisme réaliste, Blanche Streb appelle à une prise de conscience sur le fol emballement de la technique qui nous détourne d'un progrès pleinement humain et propose quelques clés pour encourager un sursaut éthique pour l'humanité.« Quel homme voulons-nous dans le monde de demain » ? Cette question se pose à chacun...
    Blanche Streb est docteur en pharmacie. Après avoir travaillé douze ans en recherche et développement dans l'industrie pharmaceutique, elle est aujourd'hui directrice de la formation et de la recherche pour Alliance VITA.

  • Depuis l'élection d'Evo Morales à la présidence en 2006, la Bolivie constitue un formidable laboratoire de la gauche latino-américaine. Défense des droits autochtones, promotion du concept du vivir bien («bien vivre»), constitutionnalisation des droits de la Pachamama («Terre-Mère»), organisation d'une Conférence mondiale des peuples sur les changements climatiques: ce gouvernement issu des mouvements sociaux a clairement affiché sa volonté de rupture avec le néolibéralisme. Mais en parallèle, il n'a pas résisté à la tentation d'intensifier l'exploitation des ressources naturelles du pays, tout en soutenant l'agriculture intensive et transgénique et en accordant de faibles budgets à la protection de la nature. Tension créatrice ou paradoxe irréconciliable?
    S'interrogeant sur les dynamiques politiques à l'oeuvre dans ce processus de transition, Dimitri de Boissieu a sillonné les aires naturelles protégées de la Bolivie pour rencontrer divers acteurs sur le terrain. Sa vaste enquête révèle que le gouvernement d'Evo Morales, loin d'avoir renoncé aux dogmes de la croissance économique, n'a pas réussi à mettre en place un État véritablement écosocialiste comme plusieurs l'espéraient. Malgré ce désenchantement, nombreux sont ceux et celles qui cultivent encore l'utopie de bâtir des civilisations capables de vivre en harmonie avec la nature.

  • Un des plus importants précurseurs de
    l'écologie politique au Québec nous offre deux réflexions intimistes sur notre
    rapport à la nature et sur ce que signifie être heureux. Réunis en un seul
    volume, ces deux bijoux d'écriture sont d'une grande sagesse pour nous
    accompagner dans le défi écologique actuel.

    Dans L'écosophie ou la sagesse de la nature, Serge Mongeau nous invite à une profonde réflexion sur une
    éthique écologique à partir de ses propres expériences. Au lieu de voir la
    nature comme extérieure à nous, comme un réservoir de ressources, il faut
    l'envisager comme un processus de vie dans lequel nous avons un rôle à jouer.
    C'est donc un autre mode de relation qu'il faut développer et ce sont les moyens
    d'y arriver qu'explore ce texte dans lequel l'auteur préconise un respect sans
    idolâtrie de la nature et propose un certain nombre de balises pour que
    s'établisse une véritable symbiose entre la Terre vivante et les êtres humains.
    Dans La belle vie, Serge Mongeau s'interroge : tout le monde souhaite
    faire « la belle vie », être heureux et cherche le bonheur. Mais... prend-on
    les bons moyens pour y arriver ? La société de consommation offre de
    multiples biens à acquérir, une foule de services et une grande variété de
    moyens d'évasion. Cependant, bien des gens découvrent aujourd'hui qu'on ne peut
    tout attendre de la consommation, que la voie de la simplicité volontaire leur
    ouvre des portes vers un plus grand épanouissement, mais aussi qu'il ne suffit
    pas de simplifier sa vie pour être heureux. Serge Mongeau nous invite à
    chercher avec lui diverses voies pour trouver le bonheur : vivre le moment
    présent, aimer, prendre le temps de vivre, jouer, se rapprocher de la nature,
    donner un sens à sa vie et la simplifier, cultiver sa vie intérieure et
    s'investir dans des actions collectives pour changer ce qui n'est plus
    acceptable.

  • Cet ouvrage questionne la notion polysémique d'espace et la tension qu'elle génère entre une anthropologie dans l'espace et dans les lieux (vus comme contexte) et l'anthropologie de l'espace et des lieux (vus comme objet). Un point de départ partagé réunit les différentes contributions : toujours considérer espaces et lieux à la fois dans leur épaisseur, leur matérialité, et pour leur portée immatérielle. Il s'agit dès lors d'ouvrir sur des formes de co-productions en actes entre espaces, lieux et sujets, groupes ou institutions. Quels acteurs, anthropologues, sociologues, politistes, philosophes, géographes, architectes, artistes, membres d'associations, s'affrontent à cette tension ? Leurs raisons, leurs méthodes, leurs intentions sont-elles communes, singulières ou soumises à controverses ?

  • L'ouvrage repense la nature de la recherche interdisciplinaire et la place de la philosophie et des sciences humaines dans la société. Il se veut un diagnostic des maux dont souffre la production universitaire devenue moribonde à l'heure où sonne le tocsin de la disciplinarité. L'auteur, philosophe et géologue, souhaite convaincre le lecteur de la nécessité de se « dédisciplinariser » pour construire des connaissances qui répondent aux problèmes complexes et encore irrésolus, dans le domaine de la santé et de l'environnement.

  • Le vautour

    Jean-Marie Lamblard

    • Imago
    • 20 Novembre 2001

    Le vautour a mauvaise réputation et, dans notre imaginaire, évoque la puanteur, la laideur, la pourriture. Pourtant, les Parsis, dans les Tours du silence, ne confient-ils pas aux vautours leur passage vers l'au-delà ? Les déesses et les reines de l'ancienne Egypte ne portent-elles pas un vautour en guise de couronne ?
    S'appuyant sur la réalité naturaliste et relevant une multitude de traces culturelles dans les textes antiques, les récits des explorateurs, les traditions populaires, Jean-Marie Lamblard entreprend ici la juste réhabilitation de cet animal pacifique, qui revient planer aujourd'hui dans le ciel de France, s'avère un éboueur utile et efficace qui nettoie pour se nourrir et nourrir ses proches. Ainsi l'oiseau calomnié et méconnu, servi par une écriture érudite et passionnée, reprend peu à peu sa beauté, son envergure symbolique féminine et maternelle, et tout son mystère.

  • Les lagons polynésiens sont porteurs denjeux économiques, environnementaux et sociaux complexes notamment du fait des interactions entre des acteurs différents qui nont pas forcément les mêmes intérêts. Le rahui est un système de jachère traditionnel de la société polynésienne qui connait aujourdhui une certaine résurgence et sapparente à ce que la prix Nobel déconomie Elinor Ostrom a appelé les communs (Common Pool). Un des objets de ce livre est dinterroger le rapport entre cette tradition du rahui et de nouvelles formes de gestion des espaces lagunaires au travers de la notion de commun. Louvrage est structuré en six chapitres. Les deux premiers portent sur le rahui dans le Tahiti ancien et son retour dans le Tahiti moderne. Les trois suivants portent sur des études de cas et les enseignements quon peut en tirer du point de vue de la gestion des communs. Le chapitre final est consacré à lopérationnalité pratique de la notion de commun en Polynésie et soulève la question du financement de lenvironnement.

    Tamatoa BAMBRIDGE est directeur de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS). Anthropologue au Centre de Recherches Insulaires et Observatoire de lEnvironnement (CRIOBE) à Moorea, ses travaux portent sur le pluralisme juridique en matière foncière, les savoirs traditionnels relatifs à la biodiversité et la gouvernance contemporaine des aires marines en Océanie.

    François GAULME, Docteur dEtat ès Lettres, ethno-historien de formation, est chercheur associé au Centre Afrique de lInstitut français des relations internationales (IFRI). Ancien rédacteur-en-chef de Marchés tropicaux et méditerranéens puis dAfrique contemporaine, il a servi également à lAgence française de développement (AFD) et au ministère des Affaires étrangères et du développement international (Direction générale du Développement).

    Christian MONTET est professeur émérite de Sciences Economiques à lUniversité de la Polynésie française, membre de léquipe de recherche GDI. Ses thèmes de recherche favoris sont léconomie de la concurrence, la microéconomie appliquée et léconomie internationale. Il en est résulté de nombreuses publications dans des revues spécialisées au niveau national et international, dont The Economic Journal, European Economic Review, European Journal of Law and Economics, Revue Economique, Economie et Statistique, des chapitres dans des ouvrages collectifs et plusieurs ouvrages.

    Thierry PAULAIS est économiste. Ses domaines dintervention portent entre autres sur léconomie du développement, le financement des infrastructures et des collectivités locales, le développement urbain et les politiques de lhabitat, la rentabilité économique des investissements et tout ce qui concerne le montage et la conduite de projets. Il est directeur de lAgence française de développement en Polynésie française depuis 2015

  • En 2012, l'État béninois rasait les habitations des quartiers de la berge lagunaire de Cotonou au motif de l'assainissement urbain. Ce livre propose une anthropologie politique du point de vue des « déguerpis » de cette intervention gouvernementale. L'auteure cible et analyse les termes qui traduisent la pensée en intériorité des Pla, une communauté de descendants de pêcheurs installés là depuis les origines de la ville de Cotonou et principales victimes de cette opération. Cette étude met en évidence le décalage entre les formes de pensée des habitants et le discours institutionnel porté par les différentes échelles du pouvoir.

  • Gérer l'environnement... un tel projet peut sembler bien ambitieux, voire illusoire, au regard de la diversité, de l'ampleur et de la complexité des enjeux. Il s'agit pourtant d'un défi incontournable. Pour le relever, il est indispensable de comprendre finement les liens qui se tissent, au sein des territoires, entre les multiples objets d'environnement « en mal de gestion » et les acteurs concernés à un titre ou à un autre par leur devenir. C'est ce à quoi contribue cet ouvrage. À l'aide du concept de situation de gestion environnementale, il propose un éclairage original et pluridisciplinaire sur une variété de problématiques. Il y est question aussi bien de l'eau que de la faune sauvage, des sols, du vent, de la forêt, des espèces invasives... Pour analyser ces situations, l'ouvrage aborde successivement les questions de territoires et de temporalités, de conflictualité, d'outillage gestionnaire et de qualification technique des « états d'environnement ».

  • La crise environnementale entraîne-t-elle une instabilité des identités culturelles, notamment chez les modernes ? Comment les prises de conscience face aux catastrophes et autres défis se manifestent-elles ? Comment appréhender la contradiction nette entre, d'une part, les images du progrès, de l'inépuisable, du développement illimité et, d'autre part, les pénuries, les informations dramatiques ? Sujet sensible, brûlant, polémique, plus particulièrement un thème d'interrogations, de préoccupations, mais aussi de méfiance et de mise à distance, l'environnement est devenu l'un des symboles indissociables de la société moderne. Pour aborder l'incidence de la crise écologique sur notre identité culturelle, la réflexion du spécialiste Jean-Luc Roques convoque plusieurs sciences humaines et sociales et vient sonder le paradoxe intrinsèque de l'ère moderne. Une étude pluridisciplinaire édifiante, un cri d'alerte sans équivoque.

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