• Algérie 1914-1962 : de la Grande Guerre à l'indépendance Nouv.

    Après avoir présenté et analysé dans un précédent ouvrage la conquête de l'Algérie par la France et comment s'est construite cette colonie jusqu'en 1914, Jacques Frémeaux s'attache ici aux événements qui, depuis la Première Guerre mondiale, ont conduit à la lutte armée et à la proclamation de l'indépendance du pays en 1962.Un ordre colonial fondamentalement inégalitaire, l'absence d'une croissance économique suffisante et une population algérienne en augmentation très rapide, des mutations sociales, une légitimité politique française contestée, la guerre engagée avec les forces révolutionnaires, la montée en puissance du FLN... N'éludant aucun sujet, n'épargnant aucun protagoniste, mais sans entrer dans des polémiques qui engageraient un camp ou l'autre, l'auteur relate de façon claire, précise et condensée une histoire longue et complexe, et montre le caractère inéluctable de ce qui s'est produit.Ce livre très documenté aborde et décrypte sans concession la réalité d'une mémoire coloniale douloureuse de part et d'autre. C'est le prélude nécessaire à toute volonté de réconciliation, le seul moyen acceptable d'y parvenir.
    Jacques Frémeaux, membre de l'Académie des Sciences d'Outre-mer et ancien membre de l'Institut universitaire de France, est professeur émérite d'histoire à la Sorbonne. Il a écrit une vingtaine d'ouvrages, dont récemment La Conquête de l'Algérie. La dernière campagne d'Abd el-Kader (CNRS-Éditions) et La Question d'Orient (Fayard). Il a publié Algérie 1830-1914. Naissance et destin d'une colonie chez Desclée de Brouwer.

  • La France en Algérie... Une histoire longue et douloureuse, dont les conséquences se font encore sentir dans les événements qui touchent les deux pays, liés pour le meilleur et pour le pire depuis près de deux siècles. Mais sait-on vraiment comment tout a commencé ?Du débarquement de l'armée d'Afrique à Sidi Ferruch, en 1830, jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale, l'auteur raconte les étapes de l'établissement de la France en Afrique du Nord : la guerre et la reddition d'Abd el-Kader ; l'arrivée et l'installation des premiers colons ; l'utopie du « royaume arabe », que Napoléon III ne sait pas imposer ; puis, après 1870, l'action de la République qui croit consacrer l'Algérie française.Pour les Algériens d'aujourd'hui, cette période est celle d'une très dure conquête, de la perte de leurs meilleures terres, de l'installation d'un régime oppressif et injuste. Les Français la méconnaissent trop souvent, quand ils n'en rejettent pas les fautes sur les seuls colons. Cependant, en 1914, le système colonial paraît solide, fondé sur une administration efficace, une certaine collaboration des élites musulmanes, le dynamisme des colons et la résignation des paysans algériens. La réalité est plus complexe, l'équilibre plus fragile qu'on ne pense.Analysant la mentalité des hommes qui ont déclenché la conquête et de ceux qui ont résisté, la violence qui se déchaîne des deux côtés, les erreurs manifestes et les bonnes intentions parfois funestes, cet essai montre les résultats des mauvais choix, nés de l'incompétence des dirigeants et de l'ignorance des peuples. Il nous permet de mieux comprendre la force et la complexité des relations qui persistent entre les deux pays.Ces dernières seront étudiées dans un second volume traitant de la période allant de la Grande Guerre à la Guerre d'Algérie.
    Jacques Frémeaux, membre de l'Académie des Sciences d'Outre-mer, ancien membre de l'Institut universitaire de France, est professeur émérite d'histoire à la Sorbonne. Il a écrit une vingtaine d'ouvrages, dont récemment La Question d'Orient (Fayard) et La Conquête de l'Algérie : la dernière campagne d'Abd el-Kader (CNRSÉditions).

  • Au début du XXe siècle, sous l'égide de l'Organisation sioniste mondiale, les fondements de l'État d'Israël tel que nous le connaissons sont posés. Coup de tonnerre : en 1905, Israel Zangwill quitte l'organisation dont il est un membre historique. Partisan de la création d'un État juif, il demeure sceptique quant à l'idée de le localiser en Palestine. À la fin de sa vie, Zangwill résume ses positions dans un ouvrage majeur, où il propose même une relecture de l'Ancien Testament.Il réconcilie le projet d'un État juif avec des idéaux pacifistes, humanistes, et révolutionnaires. Il se montre tout aussi soucieux de préserver son peuple de la montée des périls, que de respecter l'occupation historique du territoire convoité. Nécessairement, son propos prend aujourd'hui une lueur particulière.

    Israel Zangwill (1864-1926) est un écrivain, essayiste et journaliste britannique. Il connaîtra un certain succès littéraire. Conscient des dangers qui menacent les juifs à la fin du XIXe siècle, il s'interroge sur la survie de son peuple et envisage la création d'un État juif. Critique envers les visées coloniales de l'Organisation sioniste mondiale, il la quitte en 1905. Il fonde alors l'Organisation juive territorialiste qui entend créer un État juif hors de la Palestine.

  • L'Irak a 100 ans. Ce vaste pays du Moyen-Orient de 40 millions d'habitants peine à s'inventer une identité partagée et se trouve au bord de l'implosion.

    Résultat d'un découpage arbitraire fait par les Britanniques en 1921 à la suite du démantèlement de l'Empire ottoman, l'Irak s'est construit sans socle politique et culturel commun. Divisé en trois régions occupées par trois communautés - les chiites au sud et majoritaires, les sunnites au centre, les Kurdes au nord -, le pays souffre des rivalités entre ces entités que tout oppose : ni la langue, ni les modes de vie, ni la mémoire collective ne les réunit. De Bassora à Mossoul, de Bagdad à Erbil, l'absence de mythe fondateur et de projets communs retournent violemment ces groupes les uns contre les autres.

    C'est une histoire passionnante à laquelle nous convie le francoirakien Adel Bakawan qui aime son pays autant qu'il s'en désespère car, après un siècle, le projet initial d'intégration nationale du roi Fayçal reste dans l'impasse. Aujourd'hui, face à la corruption généralisée, la main basse des partis sur les ressources du pays - l'Irak vit à 95 % du pétrole -, les ingérences de l'institution religieuse, la milicisation du pays et l'injustice sociale profonde, la nouvelle génération, désillusionnée, exprime une réelle colère contre les classes politiques et constate l'échec de l'unification de l'Irak, sans trouver d'horizon.

  • L'Arménie a-t-elle été le premier État chrétien ? Qu'est-ce qui relie les communautés arméniennes ? Pourquoi le gouvernement turc continue-t-il à nier le génocide ? Les Arméniens sont-ils à jamais dans la main des Russes ? Pourquoi l'Arménie est-elle membre de la francophonie ? Quel est l'impact géopolitique de la guerre du Haut-Karabagh ?

    Tiraillés depuis toujours entre Orient et Occident, dominés par de puissants voisins - Perses, Romains, Russes, Turcs -, les Arméniens sont restés unis, attachés à un christianisme singulier. Grâce à sa forte diaspora - deux Arméniens sur trois vivent en dehors du pays -, ce peuple s'est nourri de tous les mondes qu'il côtoyait et les a enrichis en retour. Depuis la première République fondée en 1918, leur existence collective est traversée par le besoin de reconnaissance du génocide de 1915, les fortes migrations vers la Californie et la Russie, le conflit avec l'Azerbaïdjan et une volonté farouche d'indépendance.

    En 100 questions, Michel Marian présente une histoire, une culture, un système de valeurs qui ont assuré aux Arméniens la continuité de leur identité. Il décrypte aussi la relation particulière que la France, premier pays d'accueil en Europe, entretient avec la communauté arménienne et montre la résilience d'un peuple en marche vers un idéal démocratique mais encore aux prises avec son passé.

  • On appelle généralement " sécularisation " le phénomène qui aurait vu les sociétés occidentales sortir du règne de l'hétéronomie et entrer dans l'ère de l'histoire et de l'autonomie. Dès lors les humains, guidés par la Raison, auraient construit un monde libéré des croyances et des superstitions.
    C'est une tout autre histoire que raconte ce livre, une histoire dans laquelle la proclamation d'un monde sans Dieu est le fruit d'une " impérialité " hantant l'Europe et ses colonies depuis l'échec de la réunification de l'Empire chrétien par Charles Quint - un monde impérial qui s'annonce, dès la fin du XVIIIe siècle, comme le seul ayant dépassé les religions et ainsi capable de les réconcilier. Mais cette affirmation n'est possible qu'au prix de la racialisation de l'islam et de sa réduction à un universalisme concurrent, insécularisable et irrémédiablement " fanatique ", ouvrant ainsi la voie à l'expansion européenne vers l'Afrique et l'Asie.
    Outre la dimension raciale de la sécularisation, ce livre en met au jour une seconde, écologique celle-là. En l'absence d'un Royaume de l'au-delà, la Terre devient le seul monde " sacré ", et l'exploitation de ses sols et sous-sols la source unique de la légitimité de l'Empire. Aiguisée par les rivalités interimpériales (entre la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne), la ruée sur les biens terrestres s'est peu à peu muée en destruction de l'écosystème global. Ainsi pouvons-nous faire remonter la crise climatique à ce surgissement impérial-séculier et qualifier l'ère qu'il a ouverte de " Sécularocène ". C'est la critique du Ciel qui a bouleversé la Terre.

  • Dans cette enquête choc, le reporter Antoine Mariotti nous entraîne dans les coulisses de la guerre en Syrie. Il raconte le fiasco des Occidentaux à mener ce conflit complexe et pourquoi Bachar el-Assad est, envers et contre tous, toujours au pouvoir.

    Antoine Mariotti a interviewé une centaine d'acteurs majeurs du conflit en France, aux États-Unis, en Suisse, en Belgique, en Russie, en Syrie ou en Iran : des chefs d'État, des ministres, des conseillers, des diplomates, des espions, des militaires, des opposants et des membres du pouvoir syrien. Il montre la manière dont nos dirigeants ont pris leurs décisions, souvent contre l'avis de leurs experts, de leurs services de renseignement, les yeux rivés sur les sondages. Comment l'opposition en exil, déconnectée, a induit les Occidentaux en erreur. Comment la coalition internationale a frappé des cibles fictives pour satisfaire l'opinion publique. Et pourquoi la Russie n'est pas totalement maîtresse du jeu.

    L'auteur nous fait vivre, comme si on y était, les moments clés dans les ambassades à Damas, aux côtés d'Obama dans le bureau ovale, avec François Hollande à l'Élysée ou dans les négociations sans fin entre l'Américain John Kerry et le Russe Sergueï Lavrov.

    Voici le récit sidérant de dix ans d'une guerre interminable, de cascades de mauvaises décisions et d'aveuglement des puissances occidentales.

  • Petite nation au rayonnement indéniable, sans cesse menacée de l'intérieur ou de l'extérieur, le Liban traverse une crise profonde dans une région en plein chaos.
    Seul pays au Moyen-Orient à montrer un goût marqué pour la culture, à rejeter le radicalisme religieux, à n'avoir jamais connu de régime autoritaire, le Liban fait figure d'exception. Toutefois, cet équilibre fragile a été mis en péril par plusieurs guerres civiles, les occupations israéliennes et syriennes, la présence de réfugiés palestiniens, les ingérences de certains de ses voisins, les inégalités socio économiques et la déliquescence de la classe politique.
    De l'Antiquité à nos jours, Xavier Baron retrace la fascinante histoire du pays des cèdres.

  • La Turquie, un partenaire incontournable : économie, politique, société, international Nouv.

    Polarisation politique, manquements démocratiques, turbulences économiques, crispations identitaires, question kurde, blocage européen... La Turquie se trouve régulièrement au centre de l'actualité internationale et fait fréquemment l'objet de jugements à l'emporte-pièce.

    En abordant successivement les aspects politiques, économiques, sociétaux et internationaux de la Turquie, cet ouvrage précis et didactique fournit des clés de lecture pour découvrir et comprendre ce pays qui résiste décidément aux analyses binaires. Loin des clichés et des préjugés, il propose des pistes d'analyse pour explorer la profondeur historique et les paradoxes contemporains de la Turquie sans esquiver ses contradictions et ses défis. Des cartes, des schémas et des tableaux viennent illustrer le propos.

  • Kadhafi

    Vincent Hugeux

    La vie tumultueuse et l'oeuvre dévastatrice du Guide libyen.Honni par les uns, adulé par les autres, Mouammar Kadhafi a inspiré une abondante littérature. Voici les faits, les actes, les thèses, les discours, les écrits, les lubies, les fantasmes, les calculs, les volte-face, passés au tamis des archives et des récits de celles et ceux qui ont connu, fréquenté, adoré ou exécré le " bouillant colonel ". De sa naissance, énigmatique, à son trépas, brutal et crépusculaire, le parcours d'un fils de berger fasciné par le raïs égyptien Nasser, succession de saisissants paradoxes. Le portrait total de l'un des personnages les plus mystérieux, déroutants et controversés du siècle écoulé. L'épopée, toute de bruits et de fureurs, d'un despote singulier.

  • L'Arabie Saoudite, de l'or noir à la mer rouge : économie, politique, société, international Nouv.

    Centralisation du pouvoir, restructuration économique, construction d'une nation, marginalisation du salafisme, émergence d'une société prenant le chemin de la sécularisation... Derrière sa façade immobile, l'Arabie saoudite a entamé une révolution silencieuse dont on a mal pris la mesure.
    En abordant successivement les aspects politiques, économiques, sociaux et diplomatiques de l'Arabie saoudite, cet ouvrage décrypte l'évolution d'un pays dont la stabilité politique fait exception dans une région troublée. On comprend à sa lecture combien anachroniques deviennent les clichés d'obscurantisme wahhabite ou de pays de l'or noir associés à l'Arabie saoudite, à l'heure où ses habitants tournent leurs regards vers la mer Rouge pour renouer avec leur tradition d'ouverture. Des cartes, des schémas et des tableaux viennent illustrer le propos.

  • Jérusalem n'est pas un champ clos sur lequel se rejouerait depuis des millénaires le "choc des civilisations", la guerre des identités religieuses ou nationales. En se tenant à distance de ces catégories douteuses pour raconter la longue histoire urbaine de Jérusalem des origines à nos jours, en restant attentif à l'esprit des lieux autant qu'aux cassures du temps, on découvre au contraire une ville-monde ouverte aux quatre vents, le berceau commun dans lequel se sont inventés tour à tour le judaïsme, le christianisme et l'islam, et dont les lieux saints emblématiques reflètent autant les échanges et les influences réciproques que les conflits et les confrontations. Pour la première fois, cette synthèse rend accessible à un large public les toutes dernières découvertes archéologiques, des archives encore inédites et les débats historiques les plus récents, en guidant le lecteur grâce à une chronologie et à une cartographie entièrement renouvelées. Une lecture indispensable pour comprendre pourquoi le monde s'est donné rendez-vous à Jérusalem.

  • "S'étendant jadis des portes de Vienne au Yémen, de l'Algérie à l'Irak, l'Empire ottoman s'effondre en 1923 et cède la place à la république de Mustafa Kemal. Aujourd'hui, la Turquie d'Erdogan, impliquée dans de nombreuses guerres régionales, suscite des inquiétudes dans les pays occidentaux.

    L'Empire ottoman connaît plusieurs siècles de conquêtes territoriales, notamment celle de Constantinople en 1453 par le sultan Mehmed II. Le règne de Suleyman le Magnifique parachève cet empire universel. Sa longévité, plus de 600 ans, est une exception dans le monde musulman. Au début du XIXe siècle, il tente de se réformer : absolutisme éclairé, règne autocratique d'Abdülhamid II, révolution jeune-turque de 1908... Après une décennie de guerre, marquée par le génocide des Arméniens, un régime autoritaire, celui de Mustafa Kemal, voit le jour. À la lumière de ces sept siècles d'histoire, Hamit Bozarslan donne à comprendre la Turquie contemporaine, incarnée par son leader islamo-nationaliste Erdogan."

  • Travailleur acharné, charmeur et bluffeur, Kemal Atatürk (1881-1938) réalise en 1923 une étonnante marche au pouvoir : il met fin au sultanat ottoman, proclame la République de Turquie et en devient le premier président.

    Ayant vaincu l'occupant allié après la Première Guerre mondiale, Atatürk impose à son pays des réformes radicales - occidentalisation, laïcité, droit de vote des femmes. Fondateur de la Turquie et véritable mythe, il reste au coeur des aspirations, des contradictions et des déchirements du pays : problème kurde, entrée dans l'Europe, question de la laïcité du monde musulman... À partir de sources inédites et des témoignages directs, Alexandre Jevakhoff dresse le portrait de ce chef d'État moderne, au carrefour de l'Occident et de l'Orient, du XIXesiècle et du monde contemporain.

    4e édition

  • En Syrie, terre de passage depuis des millénaires, chaque civilisation a laissé sa trace et des milliers de sites y sont répertoriés. Ce n'est cependant qu'à la fin du XVIIe siècle que des Européens commencent à s'intéresser à ces vestiges. La description de Palmyre par le pasteur Halifax en 1691, puis celle des " antiquaires " Robert Wood et James Dawkins en 1751, ainsi que le récit de voyage de Richard Pococke en 1737, sont à l'origine d'un véritable engouement pour les ruines syriennes. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, aventuriers et érudits n'hésitent pas à s'aventurer dans des régions inexplorées, comme le Hauran ou la vallée de l'Euphrate.

    Aux voyageurs succèdent les savants pour étudier ce riche patrimoine et éclairer une histoire mal documentée. Le mandat exercé par la France sur la Syrie et le Liban après la Première Guerre mondiale entraîne l'ouverture de multiples chantiers archéologiques et épigraphiques dont beaucoup étaient encore actifs en 2011. À cette date, une vingtaine de missions internationales œuvraient à exhumer et à mettre en valeur un patrimoine exceptionnel. Mais les destructions et pillages massifs occasionnés par dix ans de guerre y ont depuis causé des pertes irréparables.

    L'auteur nous raconte cette aventure archéologique haute en couleur et ses principales découvertes depuis le XVIIe siècle.

  • L'histoire de l'Égypte commence il y a huit mille ans quand des pasteurs proto-berbères fuyant un Sahara en phase d'assèchement trouvèrent refuge dans la vallée du Nil où ils se mêlèrent aux chasseurs-cueilleurs qui l'habitaient. Puis, il y a cinq mille ans, naquit l'Égypte des pharaons. À travers plus de trente dynasties, elle connut une histoire glorieuse durant laquelle furent édifiés temples, tombeaux et pyramides.Au IVe siècle avant J.-C., l'Égypte passa sous le contrôle de la dynastie grecque des Ptolémées, avant de devenir colonie romaine. En 632, elle fut conquise par les Arabes, puis, aux XIe et XIIe siècles, elle constitua le coeur de l'Empire fatimide. Première puissance du monde musulman aux XIIIe et XIVe siècles, durant le sultanat mamelouk, l'Égypte fut englobée dans l'Empire ottoman en 1517.Devenue un enjeu stratégique primordial à partir de 1869 et de l'inauguration du canal de Suez, l'Égypte passa en 1882 sous le contrôle de la Grande-Bretagne. En 1922, sous la pression d'un puissant courant nationaliste, son indépendance lui fut rendue. À partir de 1954, avec le colonel Nasser, l'Égypte fut le phare du nationalisme arabe. Durant les années 2010, le pays fut dévasté par le printemps arabe et ruiné par les Frères musulmans arrivés au pouvoir. En 2013, l'armée referma la parenthèse d'anarchie.C'est cette histoire pluri-millénaire que Bernard Lugan, spécialiste du continent africain, raconte ici dans un livre sans équivalent qui fait la synthèse des connaissances se rapportant à l'Égypte des origines à nos jours.
    Bernard Lugan est universitaire. Il est l'auteur de plusieurs dizaines d'ouvrages consacrés à l'Afrique. Aux éditions du Rocher, il a notamment publié Les Guerres d'Afrique des origines à nos jours ; Rwanda : un génocide en questions ; Osons dire la vérité à l'Afrique (prix La Plume et l'Épée 2018) ; Atlas historique du continent africain et une volumineuse Histoire de l'Afrique du Nord. Il édite L'Afrique Réelle, une revue par internet.

  • Après 1988, l'Algérie a connu plus de dix ans d'une terrible guerre à la suite de l'interruption par l'armée de la première expérience démocratique du monde arabe qui a brièvement profité au Front islamique du salut (FIS). Dans les années 2000, l'Algérie d'Abdelaziz Bouteflika a lentement retrouvé la paix grâce à la rente des hydrocarbures, mais au prix d'une absence de justice et du mensonge. À l'armée, principale détentrice du pouvoir, se sont alors agrégés de plus en plus les milieux d'affaires qui ont profité de la libéralisation économique. La corruption a explosé.
    En 2019, une mobilisation populaire pacifique, inédite par son ampleur et sa durée, le
    hirak, a demandé que ce régime " dégage ". Après le départ de Bouteflika, l'armée a engagé une transition factice pour reconduire un régime à bout de souffle, ouvrant une nouvelle période à l'issue incertaine. Aucune alternative politique claire ne semblait se faire jour, alors que les perspectives économiques s'assombrissaient. C'est cette évolution de trois décennies d'une Algérie contemporaine très contradictoire que cet ouvrage retrace de manière chronologique.

  • Histoire de Jérusalem

    Michael Jasmin

    Jérusalem a 4 000 ans.

    Longtemps, ce que l'on a su de son histoire, on l'a tiré des auteurs antiques (Flavius Josèphe, Philon d'Alexandrie...), des témoignages des premiers pèlerins chrétiens et, bien sûr, du texte biblique. Mais à partir de 1863, date à laquelle des fouilles sont entreprises sur le site même de la Ville sainte, l'archéologie a profondément renouvelé l'approche des historiens.

    En huit chapitres chronologiques, de la période cananéenne (à l'âge de bronze) jusqu'aux débats les plus ancrés dans les problématiques historiques et idéologiques actuelles en passant par les croisades, Michaël Jasmin réussit la gageure de retracer quatre millénaires d'une histoire chahutée mais absolument passionnante. Intégrant les dernières découvertes archéologiques qu'il fait dialoguer avec les sources historiques, il met au jour les dynamiques urbaines et religieuses propres à la cité des trois monothéismes.

  • Parce que pour connaître les peuples, il faut d'abord les comprendre.
    Comment raconter cet insatiable soif de vivre du peuple libanais ? Comment raconter ce Liban si souvent envahi, menacé, dépecé et aujourd'hui confronté à l'afflux de millions de réfugiés en provenance de Syrie, ce voisin qui jadis mit Beyrouth à sa botte ?
    Le Liban est une passion. Une raison d'être que son territoire, accolé à celui d'Israël, dissimule souvent mal, tant s'entremêlent sur cette terre des destins opposés, jetés les uns contre les autres lors de la guerre civile qui poussa vers l'exil - une fois de plus - des centaines de milliers de Libanais. Sa géographie, magnifique combinaison de plaines, de montagnes et de forêts de cèdres, est un écrin pour le coeur d'une nation que tout pourrait diviser, mais qui toujours a su ressusciter.
    Ce petit livre n'est pas un guide. C'est un décodeur. Il dit les souffrances, les divisions religieuses, l'héroïsme de certains et les doutes des autres. Car le Liban est un pays vivant et qui se bat. Comprendre son peuple exige de se laisser conquérir par son instinct formidable de survie.
    Un grand récit suivi d'entretiens avec Carla Eddé (Le peuple libanais est jouissif et jouisseur), Walid Joumblatt (Le Liban ne disparaîtra jamais), Ziad Majed (Les Libanais sont habitués à "faire avec", sans Etat) et Joumana Haddad (Nous souffrons d'une incapacité à la cohésion nationale).
    Un voyage historique, culturel et linguistique pour mieux connaître les passions libanaises. Et donc mieux les comprendre.
    EXTRAIT
    Au Liban le mariage est une fin en soi. Une pression infinie repose donc sur les épaules de celles qui doivent « se dépêcher » de trouver chaussure à leur pied puisqu'on compte un homme pour sept femmes, conséquence directe de la guerre civile et de l'émigration masculine. Aujourd'hui, la nouvelle génération - privilégiée intellectuellement et financièrement - n'hésite plus à sortir du carcan familial, si bien qu'on dénombre de plus en plus de couples non mariés installés en ville.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - "(...) Belle et utile collection petit format chez Nevicata, dont chaque opuscule est dédié à un pays en particulier. Non pas un guide de voyage classique, mais, comme le dit le père de la collection, un «décodeur» des mentalités profondes et de la culture. Des journalistes, excellents connaisseurs des lieux, ont été sollicités (...). A chaque fois, un récit personnel et cultivé du pays suivi de trois entretiens avec des experts locaux. - Le Temps
    - "Comment se familiariser avec "l'âme" d'un pays pour dépasser les clichés et déceler ce qu'il y a de juste dans les images, l'héritage historique, les traditions ? Une démarche d'enquête journalistique au service d'un authentique récit de voyage : le livre-compagnon idéal des guides factuels, le roman-vrai des pays et des villes que l'on s'apprête à découvrir." - Librairie Sciences Po
    À PROPOS DE L'AUTEURE
    Franco-libanaise résidant à Paris, après avoir vécu longtemps à Beyrouth, Stéphanie Baz-Hatem est conseillère et consultante en communication. Spécialisée en politique française et européenne, elle conseille différents organismes internationaux et personnalités publiques.

  • Près de soixante ans après la fin de la guerre d'indépendance algérienne, cette vaste fresque de l'Algérie coloniale, replaçant la guerre d'indépendance dans le temps long - car c'est bien dans la longue durée que le conflit s'enracine - est plus que jamais essentielle pour mieux comprendre la situation actuelle de la France et de l'Algérie, ainsi que leurs relations depuis 1962. Dans ce cadre historique, cet ouvrage, écrit principalement par des historiens (algériens, français et d'autres nationalités), met à disposition les travaux les plus récents, qui tiennent compte des interrogations actuelles des sociétés sur ce passé en France comme en Algérie. Il montre comment l'histoire de ces deux pays et de ces populations s'est nouée, dans des rapports complexes de domination et de violence, mais aussi d'échanges, dans les contextes de la colonisation puis de la décolonisation. Enfin, ce livre interroge les héritages de ces cent trente-deux ans de colonisation qui marquent encore les sociétés.

  • La rivalité franco-britannique (1916-1948), matrice des conflits au Moyen-Orient.Comment la France et la Grande-Bretagne se sont-elles partagé le Moyen-Orient ?
    À travers une analyse novatrice, James Barr montre que de 1916, date des accords Sykes-Picot, à 1948, tout a été mis en place pour dynamiter la région : la Syrie à feu et à sang, la montée des extrêmes terroristes, le statut de Jérusalem et la maîtrise du canal de Suez.
    Revenant sur le duel aussi venimeux que mal connu entre Londres et Paris, ce récit écrit d'une plume fluide s'attache aux protagonistes du conflit - politiques, diplomates, espions et soldats - et éclaire les problématiques passées et actuelles du Moyen-Orient.
    " Un découpage des frontières à l'origine des conflits actuels. Le livre est tout simplement passionnant ! "
    L'Obs

  • Parce que pour connaître les peuples, il faut d'abord les comprendre.
    L'Iran est un jardin que les mots font fleurir. Sous les coupoles des mosquées d'Ispahan et des mausolées de Chirâz, une somme de fascinantes contradictions persanes est à l'oeuvre.
    Les Iraniens aiment les sciences et sont superstitieux. Ils sont mystiques et amoureux des plaisirs plus terrestres. L'Iran des poètes est celui du pardon. Mais l'Iran des juges islamiques condamne à mort le plus grand nombre de mineurs au monde. Les omniprésents mollahs y sont sans cesse moqués, affublés de sobriquets ridicules, maudits, voire insultés. Mais peu d'Iraniens voudraient qu'ils disparaissent de leur paysage.
    Ce petit livre n'est pas un guide. C'est un décodeur. L'Iran est un poème persan dont ces pages vous aident à saisir les dérangeantes ambiguïtés. Il dit l'âme d'un pays qui, de tout temps, a figuré au panthéon des voyageurs. Il explique le mystère et les secrets d'un grand peuple. Parce qu'en Iran, comprendre n'est qu'une étape sur le sinueux chemin des sentiments.
    Un grand récit suivi d'entretiens avec Clément Therme (Comment les mollahs ont fabriqué l'homo islamicus) et Leili Anvar (Le mythe de la Taverne).
    Un voyage historique, culturel et social pour mieux connaître les passions iraniennes. Et donc mieux les comprendre.
    EXTRAIT
    À Chirâz, même les chardonnerets et les rossignols connaissent les poèmes de Hâfez. À l'entrée de son sanctuaire, pour deux graines et trois sous donnés à l'oiseleur par le passant ou le voyageur, ils vont picorer ses vers recopiés sur de petits bouts de papier qui sont disposés sur le sol, à même la poussière de la rue. L'oiseau choisit le poème d'un rapide coup de bec et le rapporte à son maître qui en dévoile le sens.
    Un peu plus loin, au coeur d'un long jardin annoncé par une garde royale de cyprès, se dresse son tombeau, couronné par une ample coupole qui le protège des terribles ardeurs du soleil. Un petit paradis pour les amoureux. Ici, la police leur fiche la paix et ne vérifie pas s'ils sont mariés ou non. Les yeux dans les yeux, la main droite effleurant le sépulcre du poète, certains ouvrent son Divân pour y chercher leur destin. Depuis huit siècles, les innombrables amis de Hâfez - et il en a sans cesse de nouveaux - sont à ses côtés.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - "[...] Belle et utile collection petit format chez Nevicata, dont chaque opuscule est dédié à un pays en particulier. Non pas un guide de voyage classique, mais, comme le dit le père de la collection, un «décodeur» des mentalités profondes et de la culture. Des journalistes, excellents connaisseurs des lieux, ont été sollicités [...]. A chaque fois, un récit personnel et cultivé du pays suivi de trois entretiens avec des experts locaux. - Le Temps
    - "Comment se familiariser avec "l'âme" d'un pays pour dépasser les clichés et déceler ce qu'il y a de juste dans les images, l'héritage historique, les traditions ? Une démarche d'enquête journalistique au service d'un authentique récit de voyage : le livre-compagnon idéal des guides factuels, le roman-vrai des pays et des villes que l'on s'apprête à découvrir." - Librairie Sciences Po
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Jean-Pierre Perrin, spécialiste du Moyen-Orient, a longtemps été journaliste à Libération. Il est l'auteur de nombreux livres, dont Le djihad contre le rêve d'Alexandre (Seuil, 2017).

  • Les victoires d'Israël ont contraint ses voisins à accepter son existence. Malgré la supériorité de Tsahal, l'omniprésence des menaces a marqué la stratégie militaire et les relations diplomatiques mais aussi la société et les institutions israéliennes.

    En 1948, c'est une guerre qui donne vie au rêve sioniste de reconstitution d'un foyer national juif. Après l'opération de Suez (1956), Israël écrase en 1967 les armées arabes coalisées et prend le contrôle du Sinaï, de Gaza, de la Cisjordanie et du Golan.

    La revanche d'Anouar el-Sadate en 1973 lance le processus de normalisation mais, en 1982, Israël choisit de faire la guerre au Liban pour étouffer le nationalisme palestinien. En 2006, Israël y affronte le Hezbollah, qu'il a renforcé en occupant le sud du pays pendant dix-huit ans.

    Israël fait aujourd'hui face à une autre menace, l'occupation de la Cisjordanie, incompatible avec la solution à deux États.

  • Plus vieille communauté juive du monde (en dehors d'Israël), les juifs d'Égypte ont joué un rôle crucial dans le développement économique, éducatif, intellectuel et culturel de leurs pays au travers des siècles. La trace archéologique la plus ancienne d'une présence juive en Égypte date du milieu du VIIe siècle avant J.-C. Lorsque le pays passe sous domination romaine, toute vie juive cesse jusqu'à la conquête musulmane et l'instauration du califat omeyyade. Bénéficiant du statut de dhimmis, les juifs égyptiens connaissent des hauts et des bas. Enrichie par la venue de migrants du Proche-Orient, la communauté héberge les premiers adhérents de la secte des Karaïtes puis, à l'avènement des Fatimides et des Ayyoubides, entre le Xe et le XIIe siècles, accueille les rescapés des persécutions almohades d'Andalousie et du Maghreb. Cet « âge d'or » égyptien prend fin avec l'arrivée au pouvoir, au milieu du XIVe siècle, des Mamelouks. Réduit à quelques centaines de familles, le judaïsme égyptien se ranime avec l'arrivée d'émigrés judéo-espagnols en 1492 puis à la suite de la conquête du pays, en 1517, par les Ottomans.L'expédition française de 1798 et l'accès au pouvoir en 1805 de Méhémet Ali ouvrent l'Égypte à l'influence européenne. À partir de la moitié du XIXe siècle, des milliers de juifs originaires du bassin méditerranéen, du Levant et d'Europe orientale s'installent en Égypte. Un processus qui s'étiole entre les deux guerres mondiales, victime de la montée du nationalisme égyptien, de l'aggravation de la question palestinienne puis de l'irruption d'Israël sur la scène internationale, de l'émergence des Frères musulmans, de la chute de la monarchie et de l'avènement du nassérisme - des événements qui sonnent le glas de la présence juive dans la vallée du Nil.

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