• Qui a gagné la guerre de 14 ?

    Jean-Michel Steg

    • Perrin
    • 24 Mars 2022

    Un essai historique aussi original que profondDésigner les vainqueurs et les vaincus d'une guerre moderne n'est pas si aisé qu'il y paraît. En effet, sur quels éléments repose la notion même de victoire ? L'occupation du territoire ennemi ? L'asservissement d'une population ? A partir de quand doit-on parler de défaite ? Au moment de la cessation des combats ? Le jour de la signature du traité de paix ?
    S'il est aujourd'hui communément admis que la Grande Guerre se solde par une victoire des forces de l'Entente sur l'Allemagne, la situation semble en réalité bien plus complexe : dès la signature de l'armistice le 11 novembre 1918, des voix parmi les Alliés expriment le regret que la guerre n'ait pas été portée sur le territoire allemand. Pire, le traité de Versailles est vite considéré par Foch comme " une trêve de 20 ans " et Clemenceau est affublé du sobriquet de " perd la victoire ". Finalement, depuis 1918, des arguments sont avancés, d'un côté comme de l'autre, pour présenter la Première Guerre mondiale comme une victoire allemande.
    À travers la date symbolique du 11 novembre, cet ouvrage propose une relecture de la " der des der " et, surtout, une formidable enquête politique, économique et sociale sur sa postérité. Du 11 novembre 1919 après la signature du traité de Versailles, au 11 novembre 2018 qui commémore les cent ans du conflit mondial, en passant notamment par le 11 novembre 1938 au lendemain de la nuit de Cristal, Jean-Michel Steg nous montre que, en définitive, c'est bien l'ensemble des belligérants européens qui a perdu la Première Guerre mondiale.

  • Mémoires de la Grande Guerre t.1 : 1911-1915

    Winston Churchill

    • Tallandier
    • 11 Février 2016

    Lorsque paraissent les deux premiers volumes des Mémoires de la Grande Guerre en 1923, l'écrivain Winston Churchill est bien plus populaire en Grande-Bretagne que le politicien. Le succès est immédiat : la Première Guerre mondiale est encore dans tous les esprits - elle n'est achevée que depuis cinq ans - et ces Mémoires traitent d'une période pendant laquelle Churchill était ministre. Premier lord de l'Amirauté, il se trouve alors au coeur des affaires internationales, au plus près des leaders politiques et militaires du temps. Et ses écrits livrent donc un aperçu sans précédent des coulisses du conflit.

    Pendant près de cinq ans, il oeuvre aux préparatifs de la guerre, rencontre les différents responsables, tente d'imposer ses vues, est confronté aux différentes crises gouvernementales, attaqué à la fois par les conservateurs et les membres de son parti. Jamais inactif, il se rend en octobre 1914 à Anvers où l'armée belge est encerclée. Favorable à l'opération dans les Dardanelles, Churchill passe pour l'initiateur du projet ; son échec lui est alors imputé et il démissionne en novembre 1915. S'ensuit alors une douloureuse traversée du désert.

    Churchill se fait le chroniqueur des événements qui ont bouleversé l'Europe entre 1911 et 1915, et dont il a été le témoin autant que l'acteur.

    Un document irremplaçable sur l'histoire de la Première Guerre mondiale.

  • Mémoires de la Grande Guerre t.2 : 1915-1918

    Winston Churchill

    • Tallandier
    • 11 Février 2016

    « C'était quelques minutes avant la onzième heure du onzième jour du onzième mois de l'année 1918. Je me tenais à la fenêtre de mon bureau en attendant que Big Ben nous annonce la fin de la guerre. Mon esprit vagabond se reportait, par-delà ces années de souffrances, à la nuit de tension à l'Amirauté où j'attendais le même carillon pour donner le signal des hostilités aux flottes et aux escadres répandues sur le monde. Et maintenant, tout était fini ! »
    Ce second volume des Mémoires de la Grande Guerre s'ouvre sur l'année 1915, pour s'achever avec la victoire de 1918. Rendu responsable du sanglant échec de l'opération des Dardanelles, Winston Churchill, alors Premier lord de l'Amirauté, doit démissionner du gouvernement en novembre 1915. Mais il n'en reste pas moins actif et rejoint le front de France. C'est en tant que chef de bataillon réserviste qu'il participe aux combats dans les tranchées des Flandres jusqu'en mai 1916. Député à la Chambre des Communes, il porte un regard acéré sur cette Europe devenue un immense champ de batailles, et analyse avec justesse les batailles de Verdun et de la Somme. Nommé ministre de l'Armement en juillet 1917, il devient le Carnot de la Grande Guerre, tout en suivant le déroulement des opérations sur le terrain jusqu'à l'armistice final.
    Churchill se fait le chroniqueur des événements qui ont bouleversé l'Europe et dont il a été le témoin autant que l'acteur. On y retrouve des jugements bien tranchés sur les hommes politiques et les militaires de l'époque, un ton épique, un style admirable et un humour omniprésent.
    Un document irremplaçable sur l'histoire de la Première Guerre mondiale.

    Préface de François Kersaudy
    Traduction de l'anglais révisée et annotée par Antoine Capet

  • La Grande Guerre dans tous les sens

    Collectif

    • Odile jacob
    • 22 Septembre 2021

    Le livre que vous avez entre les mains est un objet éditorial original. Ni égo-histoire collective ni manifeste, il se veut un lieu où chacun des historiens et chacune des historiennes qui l'ont conçu tente de dire son lien avec la Grande Guerre - de dire quelque chose au moins de ce lien, forgé souvent de longue date. Il ne prend tout son sens qu'à l'aune du groupe qui en est à l'origine?: le Centre international de recherche de l'Historial de la Grande Guerre. Leurs textes ont vu le jour alors que cet ensemble d'historiennes et d'historiens émergeait du moment commémoratif du Centenaire... Stéphane Audoin-Rouzeau, directeur d'études, École des hautes études en sciences sociales. Nicolas Beaupré, professeur, École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques. Annette Becker, professeure émérite, université Paris-Nanterre. Bruno Cabanes, professeur, Ohio State University (États-Unis). Annie Deperchin, Centre d'histoire judiciaire UMR 8025, université de Lille. Franziska Heimburger, maîtresse de conférences, Sorbonne Université. John Horne, professeur émérite, Trinity College Dublin (Irlande). Heather Jones, professeure, University College London (Royaume-Uni). Gerd Krumeich, professeur émérite, Université Heinrich Heine de Düsseldorf (Allemagne). Anne Rasmussen, directrice d'études, École des hautes études en sciences sociales. Jay Winter, professeur émérite, Yale University (États-Unis). Laurence van Ypersele, professeure, Université catholique de Louvain (Belgique).

  • La premiere guerre mondiale dans le pacifique - de la colonisation a pearl harbor

    Reynaud Maxime

    • Passés composés
    • 27 Octobre 2021

    Pearl Harbor, Midway, Guadalcanal, Leyte, Iwo-Jima, Okinawa... Ces noms passés à la postérité jalonnent l'histoire de l'océan Pacifique durant la Seconde Guerre mondiale. Au point de faire oublier que des opérations ont eu lieu dans cette même région trente ans plus tôt, lors de la Grande Guerre. Août 1914. Alors que le monde s'embrase, l'attention se porte sur le front français, où l'armée allemande approche de Paris. À des milliers de kilomètres, une autre Grande Guerre éclate. Le Royaume-Uni, le Japon et la France attaquent les territoires allemands dans le Pacifique et en Chine. Si les combats à proprement parler sont d'une ampleur inférieure aux hécatombes en Europe, les enjeux sous-jacents ont, eux, un impact capital sur l'avenir du XXe siècle. En dépeçant l'Empire allemand du Pacifique à son avantage, le Japon se positionne comme principale puissance régionale dès 1914 et acquiert à peu de frais des bases stratégiques qui lui permettront de prendre de vitesse toutes les armées alliées dans la région lors de sa grande offensive de 1941-1942. Outre d'être un récit d'ordre militaire, cette première histoire de la Première Guerre mondiale dans le Pacifique est aussi politique dans la mesure où on découvre que les colonies, qui n'avaient rien demandé, ont été obligées d'assumer le bellicisme de leur métropole.

  • Clemenceau

    Michel Winock

    • Tempus perrin
    • 30 Mai 2013

    " La biographie de Michel Winock marque une étape dans la nécessaire déconstruction de la caricature encore dominante d'un homme d'Etat qui, de héraut de la gauche radicale, se serait mué en assassin des ouvriers, en affreux réactionnaire. Sans rien lui concéder de ses faiblesses ni de ses erreurs, Winock, dans un ouvrage au ton enlevé, stimulant, rétablit une salutaire réalité " Le Monde diplomatique.
    "Georges Clemenceau fut l'homme aux quatre visages : le Tigre qui fait tomber les ministères, le dreyfusard qui mène pendant neuf ans le combat du droit et de la justice, le premier flic de France qui, trois ans durant, dirige d'une main de fer le ministère de l'Intérieur, enfin le Père la Victoire qui conduit le pays à l'armistice avec l'Allemagne. Ce radical, d'abord haï par la droite pour son anticléricalisme, puis par la gauche pour son sens de l'ordre et sa lutte contre le pacifisme, est un homme apparemment contradictoire, qui se définissait lui-même comme un " mélange d'anarchiste et de conservateur ". Du premier, il avait la passion de la liberté, la philosophie individualiste, le dégoût de la " caserne collectiviste ". Du second, l'amour de la patrie, le respect de la propriété, une certaine forme de pessimisme - celui de l'homme d'action - sur la nature humaine." Michel WinockMichel Winock, professeur émérite à Sciences-Po, a publié de nombreux ouvrages, dont Parlez-moi de la France et Le Siècle des intellectuels (prix Médicis essai).Sa biographie de Clemenceau a été couronnée par le prix Aujourd'hui, et celle de Mme de Staël par le prix Goncourt de la biographie.

  • Cet atlas retrace les origines, les enjeux et les conséquences de la Grande Guerre, dans toutes ses dimensions et à toutes les échelles.
    Les combats en Europe, les tensions au Moyen-Orient, les révolutions russes et l'implication des États-Unis attestent de la dimension internationale du conflit.
    Les grandes batailles ont marqué plus localement les pays : la Marne, les Dardanelles, Verdun, la Somme.
    La chute des empires, la création de nouveaux États et les rapports entre vainqueurs et vaincus sèment les germes du prochain conflit mondial.

    Grâce à plus de 80 cartes et infographies, l'auteur analyse cette période charnière de l'histoire du monde que fut la Première Guerre mondiale.

  • La grande guerre

    François Cochet

    • Tempus perrin
    • 4 Janvier 2018

    " Menée selon une démarche d'historien cette synthèse remarquable permet de comprendre cette période charnière sans privilégier une seule approche et sans se cantonner au territoire européen. " Le Figaro HistoireLe conflit mondial de 1914-1918 ouvre tragiquement le xxe siècle. Sondant les mentalités, l'action des chefs comme des humbles, des civils comme des militaires, interrogeant les attitudes de ceux qui décident, autant que de ceux qui vivent la guerre dans le froid des usines ou dans la boue des tranchées, François Cochet englobe toutes les dimensions de ce conflit total. Synthèse d'ampleur refusant de céder à une lecture partisane et exclusivement hexagonale, l'ouvrage répond ainsi à toutes les questions sur cet affrontement dantesque.
    " Ce livre demeure la meilleure synthèse disponible en français sur ce qui fut la première hyperguerre. "
    XXe Siècle " Menée selon une démarche d'historien, cette synthèse remarquable permet de comprendre cette période charnière. "
    Le Figaro Histoire

  • Cartes postales illustrées en guerre (1914-1918)

    Bertrand Tillier

    • Cnrs editions
    • 21 Octobre 2021

    Inventée à la Belle Époque, la carte postale illustrée – qu'elle soit satirique ou non, graphique ou photographique – a fait partie de ces nombreux supports mobilisés entre 1914 et 1918 par les différents belligérants, au même titre que le périodique, le journal de tranchée, le tract, le livre ou l'affiche. Ce sont, en Europe et aux États-Unis, des milliers d'images originales qui ont ainsi été créées et largement diffusées. 1reLes usages de ces cartes postales, dans les circonstances particulières du conflit, 1reont été variés : du support épistolaire entre combattants et civils, entre le front et l'arrière, à l'image que l'on conserve dans ses effets personnels ou que l'on épingle 1reau mur et jusqu'au collectionnisme des amateurs.

    Cet ouvrage examine les modalités de production, de consommation et de circulation de ces objets. Il s'intéresse aussi à leur matérialité, à leur langage singulier, associant l'image et le verbe, et à leur imaginaire, où se combinent la violence et l'exagération, le sens des stéréotypes graphiques, la dévaluation comique de l'adversaire entretenue jusqu'à la haine de l'ennemi, l'autodérision 1repar la farce joyeuse, le goût du scabreux...

    Alors même que la guerre constitue une expérience personnelle et collective, où les relations interpersonnelles et les mobilités sont profondément modifiées, 1rela carte postale se trouve ici entendue comme un objet de consommation courante inscrit dans une culture visuelle transnationale.

    Préface d'Annette Becker

  • La Guerre des Russes blancs ; 1917-1920

    Jean-Jacques Marie

    • Tallandier
    • 26 Novembre 2019

    De 1917 à 1922, la guerre civile a ravagé la Russie. En octobre 1917, les bolcheviks ? les Rouges ? prennent le pouvoir. Les Blancs, commandés par des généraux de l'ancienne armée, s'organisent pour les renverser. Les paysans se révoltent et créent des bandes de partisans, les « Verts », engagés eux aussi dans la lutte.

    L'Armée rouge, de près de cinq millions d'hommes, éliminera une à une les armées blanches jusqu'en novembre 1920. Les Blancs, persuadés que les bolcheviks ne résisteraient pas, soutenus par l'Entente mais ravagés par des divisions politiques et militaires, se demanderont longtemps comment ils ont pu perdre une guerre dont ils s'étaient vus tant de fois les vainqueurs.

  • - 57%

    Le cimetière de l'espérance

    Nicolas Werth

    • Tempus perrin
    • 10 Janvier 2019

    Une histoire de l'URSS par son meilleur spécialiste.Une somme brillante éclairant les méandres politiques autant que sociétaux du régime soviétique de sa naissance à sa chute. En voici le sommaire :
    1. A l'est, le front oublié
    2. La prise du pouvoir par les bolcheviks
    3. Les manuscrits censurés de Lénine
    4. Feliks Dzerjinski, les débuts du KGB
    5. Les pogroms des guerres civiles russes
    6. De l'amour libre à l'ordre moral
    7. Les paysans contre Staline
    8. Comment Staline a-t-il affamé l'Ukraine ?
    9. Y eut-il un génocide en Ukraine?
    10. Etre communiste en URSS sous Staline
    11. La vérité sur la Grande Terreur
    12. Les 900 jours de Leningrad
    13. Pourquoi les Soviétiques ont gagné la guerre?
    14. Goulag : les vrais chiffres
    15. Les derniers jours du tyran
    16. URSS 1954: Opération Terres vierges
    17. Révélations et silences d'un " Rapport secret "
    18. Le dimanche rouge de Novotcherkassk
    19. La grande stagnation
    20. Tchernobyl : enquête sur une catastrophe annoncée
    21.URSS : les mécanismes de la corruption
    22. Les ruines de l'Empire

  • Injustement méconnu, le front d'Orient a pourtant joué un rôle décisif dans l'issue de la Première Guerre mondiale. Max Schiavon propose de revisiter la Grande Guerre dans les Balkans.
    D'avril 1915 à fin 1918, les armées alliées d'Orient (britannique, française, italienne, serbe, russe puis grecque) affrontent dans des conditions effroyables les troupes turques, austro-hongroises, allemandes et bulgares. Au plus fort de la bataille, ce sont près de 600 000 hommes de part et d'autre qui s'opposent.
    Les débarquements et les combats des Dardanelles débutent en avril 1915, avec l'objectif de prendre Constantinople. Décevants, sanglants, ils vont durer neuf mois, au terme desquels les Alliés prennent conscience de l'ampleur du désastre et de l'échec de l'opération.
    Puis, pendant deux ans, les tensions entre Alliés, le manque de troupes et la complexité de la situation se conjuguent et aboutissent, malgré quelques opérations, à une quasi-neutralisation du front de Salonique. Des centaines de milliers d'hommes y sont immobilisés, souvent dans l'inaction et la douleur, car loin d'avoir vécu une expédition exotique, « la fleur au fusil », les poilus d'Orient y ont connu des souffrances terribles, autant si ce n'est plus qu'en France.
    Il faut attendre fin 1917 pour que le général Guillaumat, nommé à la tête des armées alliées, redresse la situation et permette à son successeur, le général Franchet d'Esperey, de disposer d'une force efficace et puissante. Ce dernier, grâce à ses talents de stratège et à son audace, va conduire les armées alliées d'Orient à la victoire, imposer des armistices à la Bulgarie et à la Turquie, accélérant ainsi la fin de la Première Guerre mondiale.

  • La guerre de 1914 fut le paroxysme des nationalismes du xixe siècle.Chaque peuple belligérant, marqué dans son âme, garda de la grandeépreuve une mémoire nationale, qui se répercute dans les travaux deshistoriens du siècle suivant. Ce déterminisme masque pourtant uneréalité, celle d'une guerre de puissances coalisées, qui s'affrontèrent surdes théâtres d'opérations éloignés les uns des autres, mais ayant uneinfluence réciproque. C'est particulièrement le cas en 1916. Du 15 maiau 28 septembre de cette année, les cinq empires européens se livrèrent,du nord-est de la France aux marches de la Russie, une gigantesquebataille, dont l'auteur restitue ici l'unité. À rebours des idées reçues,l'offensive des Russes contre les Autrichiens à l'est, indissociable dupoint de vue des conséquences stratégiques de celles de Verdun et dela Somme, aurait pu décider du sort des armes. S'appuyant sur dessources historiques, militaires et diplomatiques, et notamment cellesinédites révélées par la numérisation massive des archives de plusieurspays, Benoît Chenu retrace les différentes phases de cette batailled'Europe, au cours de laquelle les Alliés eurent la possibilité de terminervictorieusement la guerre.

  • 14-18 ; penser le patriotisme

    Frédéric Rousseau

    • Gallimard
    • 10 Octobre 2018

    S'il demeure un « mystère » dans le cours de la Première Guerre mondiale, c'est le déroulement de la mobilisation : en quelques heures, au son des cloches, des millions de Français ont quitté les leurs, leur village, parfois pour la première fois, délaissant les récoltes, ont rejoint, sans incident, leur lieu d'enrôlement, revêtu l'uniforme, pris les armes et sont montés au front.
    Pour nombre d'historiens, il y aurait eu un « consentement » patriotique de l'opinion, préparé notamment par l'école, et qui aurait conduit, par une « brutalisation » des hommes et des sociétés en guerre, à prolonger le Grand Carnage par la haine de l'ennemi. Frédéric Rousseau mène une lecture différente des sources - journaux intimes et correspondances familiales au premier chef : les stratifications sociales qui constituaient la société française ont tamisé la mise en guerre de chacun, selon que l'on était paysan ou avocat, ouvrier ou professeur. Relayé par les parents restés à l'arrière, le regard que la communauté ou le voisinage portaient sur les potentiels « héros » neutralisa, dans un premier temps, toute possibilité de refuser la guerre ; mais, au fil des mois, les yeux de beaucoup se déssillèrent devant l'absurdité du sacrifice et la commune humanité des belligérants.
    Le débat entre historiens est ouvert.

  • « L'histoire du corps expéditionnaire russe se situe à la croisée de l'histoire des relations franco-russes, des mutineries et de la révolution de 1917. Comment la révolution a-t-elle pu se frayer un chemin jusque dans les tranchées, loin de l'agitation politique de la Russie, apparemment hors de portée de la propagande bolchévique ? Par quels canaux cette "contagion" a-t-elle innervé l'ensemble du corps expéditionnaire ? Comment est-on passé, d'une "troupe d'élite" dont les hommes et les officiers avaient été sélectionnés avec un soin tout particulier, à la plus importante mutinerie survenue sur le front occidental ? »
    En 1915, alors que la guerre s'est enlisée, le gouvernement français prend la chair à canon partout où elle se trouve. L'empire colonial y pourvoit largement, mais c'est encore insuffisant. Paris forme alors le projet de puiser dans les immenses réserves d'hommes de l'allié russe, en échange de quelques livraisons d'armes.
    C'est un faible apport militaire, mais un magnifique outil de célébration de l'« amitié franco-russe » - jusqu'au moment où la contagion révolutionnaire vient briser les rêves de la propagande. Les deux brigades, arrivées en France en 1916, accueillent la nouvelle de la révolution de février dans le plus grand enthousiasme. La détestation du tsar est unanime parmi les hommes. Après le désastre de l'offensive Nivelle dans laquelle elles sont jetées en avril, les brigades se mutinent et exigent leur rapatriement. Elles sont retirées du front, internées à La Courtine, mais rien n'y fait : l'agitation persiste. Elle sera durement réprimée.
    Rémi Adam est historien et enseignant. Il a consacré plusieurs livres à l'histoire de la Première Guerre mondiale. Les Révoltés de La Courtine est la première monographie complète sur l'histoire méconnue du corps expéditionnaire russe.

  • « En croisant leurs regards et les histoires nationales dont ils sont porteurs, Jean-Jacques Becker et Gerd Krumeich, deux des plus grands spécialistes de 14-18, signent l'un des livres sans doute les plus originaux et les plus stimulants. Au fil des chapitres qui embrassent largement l'histoire de la Grande Guerre, depuis l'histoire militaire jusqu'à l'histoire sociale et culturelle du conflit, notre connaissance est sans cesse renouvelée par la perspective comparée adoptée par les auteurs. » L'Histoire

  • 1914

    Jean-Yves Le Naour

    • Tempus perrin
    • 7 Janvier 2016

    Le premier opus de la série de référence sur la Grande Guerre enfin en poche ! En 1914, l'obsession de la guerre hante l'Europe. Elle occupe les esprits, s'affiche à la une des journaux, monopolise les conversations et les discours politiques sans que personne n'y croie véritablement.
    Quand elle éclate en juin, à la suite de l'attentat de Sarajevo, elle s'impose comme la solution, promet l'émancipation des nationalités et l'avènement d'un nouveau monde. Autant d'illusions qui font basculer le monde dans un engrenage qui va le broyer : pendant quatre longues années, la guerre sera mondiale, totale et terroriste.
    Conjuguant les approches diplomatiques, militaires, sociales et culturelles, Jean-Yves Le Naour fait revivre 1914 et renouvelle l'histoire de la Grande Guerre.

  • 14-18, retrouver la guerre

    ,

    • Gallimard
    • 15 Mai 2014

    Tandis que disparaissent les derniers combattants, la Grande Guerre nous revient, dans une tout autre lumière, comme la matrice d'où sont sortis tous les désastres du XXe siècle. Romans, films, recueils de lettres et documents, collections d'objets, sites historiques : une curiosité nouvelle s'exprime de la part des jeunes générations pour ce qui apparaît comme l'énigme d'un suicide collectif de l'Europe.
    Du côté historien, c'est une équipe internationale réunie autour d'une expérience de terrain, l'Historial de la Grande Guerre de Péronne, dans la Somme. Stéphane Audouin-Rouzeau et Annette Becker s'en font ici les interprètes et les porte-parole. Il ne s'agit plus de savoir, comme autrefois, qui porte la responsabilité de la guerre ou comment se sont déroulées les opérations, mais d'explorer une culture de la violence, d'analyser un nationalisme de croisade, de mesurer la profondeur d'un deuil peut-être non terminé.
    Il s'opère aujourd'hui sur la guerre de 14 le même type de subversion du regard que sur la Révolution française dix ans plus tôt. Le phénomène mérite attention : en peu d'années, deux des plus gros massifs de l'histoire nationale auront connu ainsi un basculement comparable et, dans des conditions différentes, un renouvellement du même ordre.

  • La Grande Guerre

    Jean-Jacques Becker

    • Que sais-je ?
    • 22 Mars 2017

    Si les guerres ont scandé l'histoire de l'humanité, les Européens du début du XXe siècle ont presque immédiatement eu conscience qu'ils vivaient un événement hors normes, d'où le terme de Grande Guerre, appelée plus tard Première Guerre mondiale. Une guerre européenne en fait. Une guerre multiple, se déroulant à l'Ouest, à l'Est, au Sud, sur mer, sous mer mais aussi outre-mer. Une guerre où l'esprit national a été porté au plus haut, où les populations toutes entières se sont intégrées à la lutte comme jamais. Une guerre presque totale par ses moyens et ses méthodes. Une guerre telle qu'elle fut la matrice d'un siècle tout entier. À lire également en Que sais-je ?...
    La guerre, Bruno Tertrais

  • La décennie qui ébranla le Moyen-Orient ; 1914-1923

    Nadine Picaudou

    • Flammarion
    • 13 Septembre 2017

    Le Moyen-Orient a le triste privilège de ne pas quitter la une de l'actualité. Trop souvent synonyme de chaos et de barbarie, il décourage les analyses. Pour éviter la confrontation caricaturale entre Orient et Occident ou l'explication par les "spécificités culturelles", il importe de considérer l'histoire de cette région.
    Le destin du Moyen-Orient s'est joué en une décennie, au tournant du XXe siècle. 1914 : la Première Guerre mondiale éclate. 1923 : le dernier sultan ottoman fait ses adieux à Istanbul. Sur les ruines de l'Empire ottoman, communautés et nations s'éveillent. La Turquie, la Perse et l'Afghanistan accèdent à l'indépendance, aux franges d'une Russie devenue bolchevique ; le Croissant fertile se couvre de frontières ; Kurdes et Arméniens sont sacrifiés aux impératifs de la géopolitique occidentale, tandis que les chrétiens du Liban imposent leur État et les juifs d'Europe, un foyer national en Palestine.
    Précise et synthétique, cette enquête éclaire une période fondamentale pour comprendre les grands enjeux qui traversent le Moyen-Orient actuel.

  • Les crises d'orient t.2 ; la naissance du moyen-orient 1914-1949

    Henry Laurens

    • Fayard
    • 20 Février 2019

    Dans ce volume, Henry Laurens montre de manière originale comment la Première Guerre mondiale est aussi une guerre pour l'islam. L'Allemagne impériale cherche à organiser un jihad contre les empires coloniaux de la France, de la Grande-Bretagne et de la Russie quand Britanniques et Français tentent de prendre le contrôle des villes saintes de l'islam.
    À la faveur du Premier Conflit mondial, né de la question d'Orient, et de l'effondrement de l'Empire ottoman, une multitude d'États se constituent dont les élites travaillent avec acharnement à se libérer de la tutelle étrangère. Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toutefois, les Britanniques parviennent à maintenir leur monopole. Mais l'entrée en scène des États-Unis et de l'Union soviétique, qui reprend à son compte le Grand Jeu du tsarisme, déstabilisent la région. D'autant que la création d'Israël en 1948, soutenue par les Occidentaux, initie un nouveau cycle de conflits au Moyen-Orient.
    Ce livre révèle une fois de plus combien l'enjeu des ingérences et des implications a façonné la réalité politique de la région et créé de terribles tragédies humaines comme la destruction de la chrétienté anatolienne ou l'exode des Palestiniens. Les drames d'aujourd'hui y trouvent leurs origines.
     
    Henry Laurens est titulaire, depuis 2003, de la chaire d'histoire contemporaine du monde arabe au Collège de France et auteur de plus d'une vingtaine d'ouvrages d'histoire, notamment la  Question de Palestine, en cinq volumes, première véritable synthèse d'une des questions essentielles de notre temps. Le premier volume de ses  Crises d'Orient, consacré aux années 1768-1914,  est paru en 2017.

  • J'étais médecin dans les tranchées ; 2 Août 1914 -14 Juillet 1919

    Louis Maufrais

    • Robert laffont
    • 2 Octobre 2014

    Août 1914. Louis Maufrais, étudiant en médecine, pense présenter l'internat quand la guerre éclate. Le jeune homme rejoint le front, découvre les tranchées. Il va y rester quatre ans. Quatre ans pendant lesquels il côtoie la mort les pieds dans la boue et les mains dans le sang, jour et nuit enterré au fond de postes de secours secoués par le souffle des obus. Quand il a un moment de repos, il prend des notes, photographie, pour raconter la souffrance, celle de ses camarades, la sienne, mais aussi l'amitié, le burlesque, l'absurde... "Voici un texte hallucinant. Oeuvre d'un médecin, qui a fait toute la Grande Guerre dans les tranchées, il est à ce jour inédit, publié pour la première fois en ce 90e anniversaire de l'Armistice. "Maufrais a été partout : d'abord en Argonne et en Champagne en 1915, à Verdun et sur la Somme en 1916, à nouveau à Verdun en 1917, enfin chirurgien dans une ambulance d'avril 1918 à janvier 1919. Non seulement il a été sur tous les fronts de la guerre, en France, mais au feu quatre années sur quatre. En cela, son témoignage est unique. Il l'est aussi en ce que son activité de médecin auxiliaire l'amenait à prendre des notes pour le suivi de ses blessés. "Ce sont ses carnets et ses photographies, sauvegardés, qui lui ont permis, soixante ans plus tard, de dicter des fragments d'une précision inégalée : des informations et souvenirs intacts, comme congelés." Marc FerroDe l'Argonne au Chemin des Dames en passant par Verdun et la Somme, la Grande Guerre racontée au jour le jour, illustrée - fait rarissime - de photos prises par l'auteur du texte.

  • Dans ce travail pionnier, Manon Pignot interroge les parcours et motivations des adolescents qui se sont engagés, aux côtés des armées régulières, dans le premier conflit mondial. En creux, se dessine la délicate question d'un éventuel désir de guerre chez ces jeunes combattants, qui vient nous interroger, dans nos visions contemporaines, nous lecteurs du XXI e siècle.
    Christian Sarton du Jonchay, Ernest Wrentmore, Marina Yurlova, Rudolf Hss, Jack Cornwell... Ces jeunes Français, Américain, Russe, Allemand ou Anglais sont nés entre 1899 et 1904 ; ce sont des combattants juvéniles, dont l'historienne Manon Pignot est allée chercher la trace dans les archives d'Europe et d'Amérique du Nord. Bien souvent camouflés, du fait du caractère illicite de leur engagement au sein des armées régulières, trouver ces " ado-combattants " relève du jeu de piste, tant les sources sont parcellaires, dissimulées. L'auteure interroge les raisons comme les modalités de l'engagement de ces adolescents, les obstacles aussi qu'ils ont dû surmonter et la manière, s'ils ont survécu, dont cette expérience de guerre les a marqués. Patriotisme, transgression et filiation, désir d'aventure et désir de guerre... C'est une histoire délicate à écrire, tant elle touche à nos conceptions contemporaines de l'enfance et de l'adolescence. Avec ce travail pionnier, Manon Pignot s'attaque à un angle mort de l'historiographie contemporaine.

  • L'histoire méconnue du soldat inconnu

    Christophe Soulard

    • Editions du felin
    • 5 Novembre 2020

    Le soldat inconnu est, en France, avec le bleuet, le casque Adrian et nos 36 000 monuments aux morts, l'un des symboles emblématiques de la Première Guerre mondiale et de l'armistice du 11 novembre 1918. Il en est même le symbole universel pour avoir été « adopté » dans de nombreux pays

    Cependant, le Soldat inconnu n'est pas arrivé sans mal sous l'Arc de Triomphe. Loin de rassembler, ce combattant français anonyme a suscité, d'emblée, de nombreuses polémiques, devenant un point de crispation et de cristallisation des querelles idéologiques et politiques franco-françaises.

    C'est à la découverte de cette histoire méconnue que le lecteur est convié.

    Diplômé de droit et de sciences politiques, Christophe Soulard-Coutand a exercé de nombreux métiers dans la presse et les médias. Officier de réserve féru d'histoire, on lui doit notamment "Syndicats : 13 entretiens pour comprendre" aux éditions Gnos-Ellébore (2006), "Royan 14-18" au éditions Bonne Anse (2014), ou encore "Clemenceau au fil des jours" aux éditions Sud-Ouest (2013) et plus recemment "Guynemer, la légende et le mystère" aux éditions du Félin en 2017.

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