• Toutes les forces politiques se réclament aujourd'hui du mot « démocratie ». Or l'étude des discours des « pères fondateurs » des prétendues « démocraties » modernes aux États-Unis et en France révèle que ces derniers s'opposaient à un régime où le peuple se gouverne seul, et associaient cette idée au chaos et à la tyrannie des pauvres. Comment expliquer que le régime électoral actuel soit perçu comme l'ultime modèle « démocratique », alors qu'il a été fondé par des antidémocrates déclarés ?

    Après avoir puisé dans diverses sources du passé, l'auteur dévoile ici une étonnante aventure politique où s'affrontent des personnalités et des forces politiques qui cherchent à contrôler les institutions des régimes fondés à la fin du XVIIIe siècle. Deux siècles plus tard, alors que la planète entière semble penser que « démocratie » est synonyme de « régime électoral », toute expérience d'un véritable pouvoir populaire se heurte toujours au mépris des élites.

  • - Des leçons détaillées, des repères incontournables et des compléments pour gagner des points
    - Des sujets corrigés, classiques ou diffi ciles, pour s'entraîner avant l'examen ou le concours
    - Un questionnaire de 100 QCM pour faire le point sur ses connaissances
    - Une sélection de lectures pour aller plus loin
    - Un index

  • La communication a longtemps été considérée comme un instrument supplétif du travail politique, analysée exclusivement sous le jour d'une pure mise en forme symbolique de l'offre électorale, de la décision publique ou des luttes politiques. En tant que telle, elle a difficilement pu prétendre au statut d'objet légitime de la science politique, sinon comme la partie la plus artificielle (et sans doute la plus insignifiante) de la conquête et de l'exercice du pouvoir. L'étude des journalistes a, d'une certaine façon, échappé à cette perspective stratégiste. Il s'agira donc, à travers ce manuel, de reconsidérer sociologiquement le monde professionnel de la communication et de l'information politiques, en donnant des exemples et des outils d'analyse sur un espace de pratiques et de relations où se rencontrent, collaborent et s'opposent acteurs et collaborateurs politiques, communicants, journalistes, experts, sondeurs et lobbyistes.

  • Le genre est un organisateur central de la mondialisation néolibérale actuelle. Qu'il s'agisse de comprendre la division internationale du travail, les mobilités et les migrations, les guerres ou encore la transnationalisation des mouvements sociaux, le genre est, avec les rapports de classe et de race, une clé d'analyse indispensable.En effet, les femmes constituent l'une des principales sources de profit pour le capitalisme global et, simultanément, l'un des groupes sociaux les plus actifs dans la conception et la mise en oeuvre d'alternatives à cette mondialisation.En réunissant des spécialistes internationaux sur des thématiques rarement abordées, comme le rôle des femmes du Sud et leurs mouvements, la militarisation ouverte et les guerres « de basse intensité », ou encore le travail non rémunéré des femmes, cet ouvrage renouvelle fondamentalement la critique des conséquences économiques, sociales, politiques, culturelles et idéologiques de la mondialisation.Sous la direction de Jules Falquet, Helena Hirata, Danièle Kergoat, Brahim Labari, Nicky Le Feuvre et Fatou Sow.Avec les contributions de Paola Bacchetta, Paula Banerjee, Lourdes Benería, Françoise Bloch, Francine Descarries, Uma Devi, Zillah Eisenstein, Diane Elson, Jules Falquet, Miriam Glucksmann, Jacqueline Heinen, Ruri Hito, Arlie R. Hochschild, Bruno Lautier, Lim Lin Lean, Adelina Miranda, Mirjana Morokvasic, Liane Mozère, Saskia Sassen, Fatou Sow, Fatiha Talahite, Viviene Taylor, Lise Widding Isaksen.

  • Avec la seconde Intifada, le conflit du Proche-Orient est entré dans une nouvelle phase de violence. Refusant d'accorder aux Palestiniens la reconnaissance de leurs droits, l'Etat d'Israël ne leur laisse le choix qu'entre une résignation sans espoir et une révolte sans issue. La guerre engagée par les Etats-Unis contre le terrorisme international crée un climat de tension qui est exploité par les ultras des deux camps. L'illusion du processus de paix, du coup, paraît définitivement évanouie. En remontant jusqu'aux origines de l'antisémitisme européen et de la création de l'Etat juif, le présent ouvrage propose, à l'occasion de sa deuxième édition, une analyse critique du conflit israélo-arabe à la lumière de l'actualité.

  • Alors que la plupart des débats autour des politiques publiques se focalisent sur les objectifs annoncés et sur les résultats obtenus, l'ouvrage dirigé par Pierre Lascoumes et Patrick Le Galès propose de faire porter l'attention sur les instruments de l'action publique. À travers ces études de cas européens, de la rationalisation salariale dans l'administration française à la restructuration de l'État en Grande-Bretagne, en passant par la réforme de la politique bancaire en Italie, un certain nombre de caractéristiques - des conditions de leur choix, des effets qu'ils produisent, aux rapports gouvernantsgouvernés qu'ils induisent - se dessinent. Au-delà, l'analyse des instruments d'action publique démontre sa capacité à révéler l'évolution des politiques publiques.

  • Du jour au lendemain, chacun peut se retrouver au coeur d'une communication de crise ou au centre d'une problématique d'image. L'actualité nous montre chaque jour l'importance qu'ont acquise les professionnels de la communication, ces spécialistes de l'image. Mais qui sont ces professionnels perçus comme des acteurs travaillant dans l'ombre ? Qui sont ces "spins-doctors" ? Leur métier est appelé à se développer plus encore à l'heure d'internet, de Facebook et de Twitter. Dès lors, comment régir cette image en la rendant la plus efficiente possible, sans prendre de risques inconsidérés ?

  • L'espace est devenu un catalyseur des moyens de sécurité et de défense, et son utilisation dans cette perspective un enjeu majeur, les moyens spatiaux renouvelant sinon révolutionnant l'art de faire la guerre. Outre la "militarisation de l'espace", il convient aussi de s'intéresser à "l'arsenalisation de l'espace", et, par suite, à la question de la sécurité et de la surveillance internationales de l'espace.



  • Ce livre a pour ambition de montrer comment Hobbes met en place les concepts centraux de la politique des Temps modernes : l'élaboration d'une anthropologie politique complète, la refonte de l'idée de droit subjectif et l'invention des droits inaliénables de l'individu, la construction de l'idée abstraite de l'État conçu en termes de souve-raineté et de personnalité, l'invention de la représentation politique et de l'idée d'une volonté politique et publique. En outre, contrairement aux idées reçues, il s'agit d'attester que Hobbes n'est pas le penseur du monopole étatique de la violence légitime. Il a au contraire montré les antinomies qui sont au fondement du droit pénal. Il n'est pas non plus le penseur de la domi-nation, il a au contraire séparé la propriété et le pouvoir.
    Mais le philosophe anglais est aussi l'objet d'un grand nombre de débats à notre époque, c'est-à-dire à la fin de la modernité. Ainsi sa théorie de la liberté négative est conçue comme à l'origine de la conception libérale, sa théorie de l'intérêt et du contrat est récupérée pour comprendre le comportement des acteurs économiques, son concept de la souveraineté de l'État redevient d'actualité à l'époque contemporaine de la servilité de l'État.
    Ce livre, traduit en plusieurs langues, est devenu un classique des études hobbesiennes.

  • Il peut sembler paradoxal de consacrer un ouvrage aux grands débats parlementaires de la Cinquième République, un régime précisément fondé pour en finir avec les excès du parlementarisme.
    Mais le paradoxe n'est qu'apparent, tant il est vrai que le général de Gaulle et Michel Debré n'ont jamais remis en question la nécessité d'un dialogue fécond et animé entre les pouvoirs. Si le parlementarisme a été rationalisé, il n'en a pas moins conservé sa capacité de produire discours, débats, incidents et polémiques. En dépit de la présidentialisation du régime, en dépit de la discipline de parti, de la médiatisation réductrice et de la technocratisation des enjeux, la scène parlementaire est restée l'un des lieux essentiels du politique.
    Outre les déclarations de politique générale, certains discours semblent incontournables: celui de Michel Debré défendant en décembre 1959 sa loi de financement de l'enseignement privé; celui d'Edgar Faure, ministre de l'Éducation nationale, présentant en juillet 1968 sa réforme de l'enseignement supérieur; celui de Robert Badinter, ministre de la Justice, sur l'abolition de la peine de mort en septembre 1981... Mais la prépondérance de l'exécutif ne doit pas faire oublier la part de l'initiative parlementaire, comme l'illustrent les discours de Lucien Neuwirth en faveur de la contraception, en juillet 1967, ou de Christiane Taubira visant à faire reconnaître l'esclavage comme un crime contre l'humanité, en février 1999.
    C'est encore dans la critique, voire dans la polémique, que peut s'exprimer la créativité rhétorique des parlementaires. Parmi ces grands discours d'opposants, citons celui de Paul Reynaud contre la révision constitutionnelle d'octobre 1962, celui de Pierre Mendès France condamnant la politique économique et sociale du gaullisme en mai 1967, celui de François Mitterrand contre Jacques Chirac en octobre 1976, celui de Jacques Chirac contre le projet Savary en mai 1984, ou encore le réquisitoire de Philippe Séguin contre le traité de Maastricht en mai 1992.
    Si la technicité et l'expertise ont tendance à prendre le pas sur l'escrime oratoire et sur le plaisir de la délibération, les discours sélectionnés dans ce recueil recèlent une qualité littéraire intrinsèque.

  • La Terre est dans un état critique. Surexploitée, spoliée, sa finitude est niée par l'appropriation productiviste qui domine notre temps et qui accroît les inégalités au sein des sociétés et entre les parties du monde. La Terre n'est pas simplement le globe terrestre, elle est aussi et fondamentalement le monde habitable. En la détruisant continuellement, l'homme s'autodétruit. Il devient urgent de nous reprendre si l'humanité souhaite rester libre de son destin et transmettre un monde habitable aux générations futures.
    Beaucoup de choses ont été dites ou écrites sur les autres développements possibles, mais il manquait un principe susceptible de rendre compte du sens philosophique du tournant que nous devons prendre.
    Tel est l'enjeu de ce livre qui entend repenser, par le concept d'inappropriabilité, notre être dans son rapport aux autres, à l'humanité et au monde vivant. Cette refondation repose sur trois piliers (cosmopolitique, politique et éthique) et vient revisiter la manière dont nous vivons et agissons, individuellement et collectivement. Elle doit, au final, permettre de surmonter le nihilisme contemporain et restaurer l'espoir en un avenir qui ne soit pas hanté par le spectre de la catastrophe.

  • Dans le monde contemporain, tout homme est soumis, à des degrés divers, à un pouvoir gouvernemental. Mais le fait d'être gouverné ne peut s'analyser dans sa généralité et sa complexité si l'on porte le regard sur les seuls destinataires de l'action publique. Les manières de gouverner, les multiples façons dont se définissent et se déploient les politiques publiques engagent des rapports fort divers entre ceux qui sont gouvernés et ceux qui les gouvernent. On ne saurait de surcroît oublier que les uns et les autres oeuvrent dans le champ clos de l'Etat, dont la place dans les relations sociales est encore et toujours à revisiter.Dans quelles perspectives appréhender ces hommes et femmes que l'on gouverne ? Comment les gouverne-t-on ? Sont-ils d'ailleurs gouvernables ? L'Etat doit-il être tenu en lisière, réinvesti, dépassé ?Telles sont les questions autour desquelles s'organisent les contributions rassemblées dans ce livre publié en l'honneur de Jean Leca. Une vingtaine de politologues, parmi les plus représentatifs et reconnus de la discipline, rendent ainsi hommage à une figure majeure de la science politique internationale.

  • Les institutions internationales contribuent-elles à la construction de la paix ? On pourrait en douter, tant les critiques abondent : dysfonctionnements, défaillances, soumission aux intérêts des États les plus puissants.Diplomates, universitaires et praticiens de ces institutions, les auteurs sont plus nuancés. Dans une perspective qu'ils jugent réaliste et constructive, ils soulignent les forces et les faiblesses de ce que les acteurs internationaux ont créé et qu'ils ne veulent pas abandonner. Au terme de leurs investigations, il apparaît que s'il demeure possible de faire la guerre contre l'avis des institutions internationales, il devient désormais difficile de se passer d'elles pour faire la paix.Le choix des questions traitées sécurité collective, désarmement, médiation, consolidation de la paix, sécurité humaine, réduction de la pauvreté et des inégalités, justice pénale internationale, multilatéralisme fait de cet ouvrage une référence sur les institutions internationales.Ont contribué à cet ouvrage : Louise Aubin, Rosalie Azar, Bertrand Badie, Abraham Béhar, Jean-Marc Bellot, Antoine Bernard, Karine Bonneau, Jean-Marc Châtaigner, Alain Dejammet, Henri Léval, Shahrbanou Tadjbakhsh, Charles Tenenbaum.

  • L'élection présidentielle de 2012 fait partie de ces rares élections où, six mois avant l'échéance, le sort du second tour paraissait scellé. Elle se distingue fortement des derniers scrutins (1995, 2002 ou 2007) qui avaient connu un jeu politique plus ouvert et incertain. Tout s'est déroulé comme si les « figures imposées » l'avaient emporté sur les « figures libres » : figure de la mobilisation gauche-droite, figure des préoccupations économiques et sociales, figure du bilan dans un contexte de crise...
    À l'hyperprésidence de Nicolas Sarkozy, fragilisé à droite, a répondu la campagne de François Hollande en faveur d'une présidence normale. Le candidat socialiste a profité de l'effet catalyseur de la primaire socialiste pour rassembler son propre camp. Il a su aussi agréger des protestations diverses et hétéroclites qui, l'élection acquise, ont retrouvé leur pouvoir dissolvant et perturbateur. 
    "Ceux qui se demandent pourquoi le chef de l'Etat semble parfois marcher sur des oeufs doivent lire l'ouvrage publié sous la direction de Pascal Perrineau, directeur du Centre de Recherches politiques de Sciences-Po".
    Nouvel Observateur, 21/28 février 2013

  • L'ambition de l'Encyclopédie de la culture politique contemporaine est de donner accès à tout ce qui nourrit et structure la conscience politique du citoyen, à tout ce qui, relevant de l'histoire, du droit, des sciences politiques, de la philosophie politique, de la sociologie ou de l'économie politique, permet à la société contemporaine d'appréhender la sphère politique, les questions qui s'y posent, les choix qui s'y offrent, les jugements qu'elle suscite.
    Sont ainsi présentés, sur près de trois mille pages, tous les éléments (faits, valeurs, institutions, doctrines) qui "font culture" dans l'esprit du temps, et distinguent notre conscience politique de celles des hommes du monde antique, de l'âge classique, de l'époque des Lumières, ou de celles des Occidentaux d'il y a une ou deux générations.
    L'encyclopédie de la culture politique contemporaine contribue donc à l'édification d'une véritable conscience politique, ou mieux : d'une véritable "raison publique". Car les progrès de la démocratie se jugent aussi, au-delà d'un certain nombre de conditions institutionnelles et juridiques, à la capacité réellement offerte aux citoyens de se forger des opinions et des convictions réfléchies et de les comparer, les confronter et les juger. C'est à cette condition seulement que la démocratie ne demeure pas uniquement formelle, mais entre véritablement dans les consciences.
    Près de 500 articles par une centaine de contributeurs pour tout savoir sur les acteurs politiques, les événements, les institutions, les normes et les lois, le fonctionnement des administrations et des organisations, les doctrines et les courants de pensées, et réfléchir sur les débats actuels.

  • Qu'est-ce que la raison d'État ? Le concept est ordinairement associé au pouvoir politique dégagé de toute limite éthique ou juridique. Il désigne l'excroissance inouïe et soudaine de l'autorité, libérée des entraves qui se révèlent fragiles. Il est tentant d'y voir une part essentielle du pouvoir politique. Le moment de la raison d'État fait surgir la permanence profonde de ce qui se donne pourtant comme un pouvoir d'exception. L'idée associant la raison d'État à la force brutale dont l'institution accable ses propres sujets, traduit peut-être fondamentalement la réalité du conflit indépassable qui oppose les gouvernants et les gouvernés. Cependant, la conservation d'un État et l'accroissement de sa puissance ne sont pas étrangers au domaine des fins légitimes. C'est ainsi qu'une longue tradition philosophique et juridique a voulu reconnaître de telles nécessités, en essayant toutefois de codifier les dérogations aux principes et aux règles en vigueur. Dans la perspective d'une telle tension, les auteurs du Pouvoir de la raison d'État se demandent quelles sont la réalité historique et la signification philosophique d'un concept aussi décisif pour la théorie et la pratique politiques. Par quels actes spécifiques s'affirme cette raison d'État, qu'est-ce qu'un secret d'État, quel est le sens du coup d'État ? Telles sont, parmi d'autres, les questions auxquelles cet ouvrage tente d'apporter quelques réponses. Dans le prolongement de ces travaux, un autre volume, intitulé La raison d'État : politique et rationalité, s'interroge sur les théories et les enjeux qui sont à l'oeuvre dans les pratiques relevant de la raison d'État. Il est publié simultanément dans la même collection.

  • Ce livre est une initiation à la démarche sociologique appliquée aux phénomènes politiques. Ni l'une ni l'autre de ces deux expressions ne sont claires par elles-mêmes. Il est nécessaire de les préciser sommairement au départ, d'abord pour délimiter ce dont on va traiter, ensuite pour aider le lecteur à se débarrasser des illusions du sens commun, qui sont très grandes dans ce domaine. Tout le monde ou presque croit savoir ce qu'est la société, objet de la sociologie, et la politique. Il faut absolument dépasser ce faux savoir si l'on veut aborder d'une façon scientifique les phénomènes sociaux en général et les phénomènes politiques en particulier.

  • 46 articles thématiques analysent les dimensions politiques et sociales essentielles en histoire et en économie. Complété par un mini-dictionnaire des partis politiques et des syndicats français et par des index (général et titres).

  • Ce dictionnaire permet d'aborder l'histoire de la pensée politique dans sa diversité. Des notices détaillées sur des auteurs majeurs et sur des notions cruciales, ainsi que la présentation d'oeuvres fondamentales, permettront au lecteur de s'informer et de réfléchir aux grands enjeux de la politique. De Platon à Nietzsche, d'Aristote à de Gaulle, de la théorie de la guerre juste à celle de l'État de droit, de la Monarchia de Dante, aux Origines du totalitarisme de Hannah Arendt, 230 entrées renvoient le lecteur à des textes précis et clairs. Des Grecs au postmodernisme, c'est un tableau d'ensemble qui est ainsi dressé. Des bibliographies à la fin de chaque entrée, un index des oeuvres et des auteurs font de ce dictionnaire un instrument de travail efficace aussi bien qu'un ouvrage d'initiation, voire d'approfondissement à l'histoire de la pensée politique.

  • Le 24 décembre 1942 était assassiné à Alger l'Amiral Darlan, successeur désigné du Maréchal Pétain, qui venait de signer avec les Américains les accords Darlan-Clark en tant que représentant officiel du gouvernement français. Le 26 décembre au petit matin, son meurtrier, Fernand Bonnier de la Chapelle, était fusillé après un jugement sommaire et une instruction éclair. Quinze jours après cette exécution, commençait paradoxalement une instruction judiciaire exemplaire et rapide qui mit en cause royalistes et factions gaullistes, une tentative de restauration monarchique, et qui aboutira à un non-lieu imposé par l'autorité militaire et gouvernementale représentée par le Général Giraud. Ce témoignage essentiel nous permet de comprendre un point fort de l'histoire moderne, l'un des tournants de la guerre pour notre pays.

  • Si la Politique agricole commune est l'objet de ce regard croisé franco-polonais, c'est d'abord parce qu'il s'agit de la politique communautaire la plus ancienne et la plus intégratrice, mais aussi en raison de son poids singulier dans les sociétés polonaise, française et européenne. L'objectif de cette manifestation organisée à Varsovie en septembre 2004 est de faire vivre un espace de dialogue, d'échange et de réflexion entre des représentants de groupes sociaux de deux pays désormais acteurs de la construction européenne au même niveau de responsabilité.

  • Ce livre retrace l'histoire du concept de gouvernement en Occident, depuis ses origines patristiques – le regimen comme art de conduire les âmes (Vie siècle) – jusqu'à sa fixation dans le vocabulaire juridico-administratif de l'État moderne (XVIIe siècle). Son objectif, toutefois, n'est pas de reconstituer les étapes d'une sécularisation progressive mais de mettre en relief les mutations qui ont conduit, vers la fin du Moyen Age, au renversement des rapports entre le regimen et le regnum (au sens du pouvoir monarchique). Contrairement à l'idée que le gouvernement présuppose l'existence de l'État, l'auteur démontre que, pendant des siècles, ce sont les exigences du regimen qui ont défini les conditions d'exercice du pouvoir. Il faut attendre le XVIe siècle – après Machiavel – pour que l'État, issu d'une évolution séculaire, mais porté par une crise sans précédent, s'impose comme le fondement de l'ordre civil et constitue le principe des pratiques gouvernementales. C'est alors que le regimen – s'efface dans le droit du souverain.

  • Mai 1968 - mai 2008, de la politique à la religion : parmi les maoïstes français, ils sont quelques-uns à avoir emprunté ce chemin. Qu'ils soient croyants ou athées, ils sont passés d'une scène marxiste à une scène spirituelle : de Mao à saint Paul, pour Alain Badiou, Guy Lardreau ou Christian Jambet ; de Mao à Moïse, pour Benny Lévy, Jean-Claude Milner et leurs camarades. Par-delà les divergences, ils se retrouvent désormais sur ce nouveau front. Mais ils ne se sont pas « rangés ». L'argent ne les intéresse guère, le conformisme bourgeois ne leur inspire que mépris. Pour ces hommes de plume, l'essentiel est ailleurs. Ils connaissent la France, le pouvoir qu'exercent les idées ici. Ils savent que la guerre intellectuelle, la seule qui compte, est une bataille de longue durée. Ainsi, les anciens « maos » n'ont pas cessé de croire. Avec le temps, l'objet de leur foi s'est déplacé, voilà tout. Hier, pour chacun, la Cause se situait à Pékin, au coeur de l'Orient rouge. Aujourd'hui, pour certains, la Cause s'appelle Occident. « L'Ouest », comme dit André Glucksmann. Chez ceux-là, d'une radicalité à l'autre, le glissement a quelques conséquences. Quarante ans après Mai 68, ces anciens gauchistes fustigent les Lumières, les penchants démocratiques et autres naïvetés progressistes : égalitarisme, anti-racisme ou pacifisme. Telle est donc la thèse de ce livre : dans leur style flamboyant, sans nuance ni pitié, les « Maoccidents » se tiennent à l'avant-garde d'une révolution culturelle qui s'appelle néoconservatisme.

  • La forme de cet ouvrage est inhabituelle. Deux histoires en constituent la trame: celle d'une femme, habitante d'une cité dite « difficile » de la banlieue parisienne, et celle, racontée par trois générations, d'une famille, dite « ordinaire», issue du monde rural. A travers ces deux récits, c'est la question, centrale, des effets des transformations de la société française sur le rapport au politique des individus qui se trouve posée.

    Comment se compose, à l'échelle d'un individu, une identité problématique? Quels sont les mécanismes de transmission entre générations ? En quoi le politique intervient-il dans l'éventuelle constitution d'une identité singulière ou d'une mémoire familiale ?

    En s'interrogeant sur les phénomènes de socialisation politique, les auteures mettent à l'épreuve les notions d'identité et de mémoire, couramment utilisées, si ce n'est galvaudées, dans le débat public et scientifique. En privilégiant le cadre de l'individu, elles tentent de comprendre les formes d'indétermination et les marges de manoeuvre qui accompagnent, voire autorisent, adaptations et mutations.

    Au delà, cette expérimentation par l'exemple des attendus de l'étude de cas en sociologie politique illustre plus largement les exigences, les enjeux et les possibles apports d'un travail fondé sur des matériaux qualitatifs.

    Florence Haegel et Marie-Claire Lavabre sont directrices de recherche au Centre d'études européennes (Sciences Po, CNRS)

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