Policier

  • Un muet qui n'est pas sourd, une danseuse vieillissante, la ravissante Lila, leur meilleur ami et un enquêteur fou de chaussures, des corps introuvables, des assassins qui n'en sont peut-être pas...

  • « Aucun fantôme dans le dos mais quelques cicatrices à l'horizon. Je l'ai reconnue, le blue-jean délavé contrastait avec les chaussures trop femme, mais la toile rugueuse était gonflée par la plénitude de ses hanches. Sous le cou ferme et velouté, un fin chemisier Soleïado donnait de la couleur à son regard noir. Avant d'entrer, elle s'est retournée pour jeter un franc de tendresse dans la rainure de mes yeux : elle a blessé gravement mon immobilité. » Bien mal acquis, ne profite jamais aux rêveurs et aux idéalistes. Aux autres, par contre... Vincent Conti n'était pas très armé pour comprendre la leçon. Avec ses poings durs et sa gueule tendre - à moins que ce soit l'inverse - il n'a pour armes que ses gants de boxe et les poèmes de René Char. C'est peu pour se faire une place au soleil et dans le coeur de sa Bérangère. Heureusement il apprend vite et nul doute qu'il ira loin si les petits cochons ne l'ont pas mangé avant.

  • « Le moteur s'était arrêté mais on n'entendait aucun claquement de portière, aucun pas sur le gravier de la cour. Seulement le silence et, très loin, l'écho des vagues. Ce n'est pas possible. Où sont-ils ? » U Fucone est mort assassiné par... U Fucone. Dès les premières lignes, Dominique Pinelli nous emmène dans un suspense haletant et totalement corse : difficile de s'y retrouver, dans les imbroglios du maquis que traversent les jolis seins des filles nues sur la plage et le plastiquage des belles villas qui défigurent la côte. Mais rassurez-vous : personne n'est tout à fait méchant, et souvent même on s'aperçoit que les Corses ont du coeur (avec l'accent !). Hommes mûrs et jeunes gens se battent dur pour leur île, mais craquent dans les yeux amoureux de leurs compagnes... très corses, elles aussi ! Un polar qui sent bon l'Île de beauté, aux effluves forts et sauvages comme un délicieux porcelluciu mitonné au coin du feu.

  • « La première détonation réveilla Kamel Rahem en sursaut. Un bruit assourdissant. Il crut, un moment, que le tir avait eu lieu à l'intérieur même de son appartement. Il rejeta le drap, regarda autour de lui, et allait se lever quand il entendit la seconde détonation, tout aussi forte. » Dans une jolie rue d'Alger un homme est assassiné. Impulsivement, Kamel se précipite pour aider la victime ; mais s'il est trop tard pour elle, il l'est aussi pour rester en dehors de cette affaire. Kamel le savait pourtant bien que dans l'Algérie d'aujourd'hui, il vaut mieux ne jamais rien voir ! Le voilà pris dans le maelström des arrestations, enlèvements et interrogatoires. En réchappera-t-il ? Et si oui, ne sera-ce pas au détriment de ce qu'il a de plus cher au monde ? Abed Charef nous livre ici, dans sa brutalité, le roman noir de l'Algérie. Terrible et fascinant.

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