Policier

  • Simon Rose est détective privé. Mais on peut se demander comment il exerce un tel métier en vivant encore chez sa mère et en dormant au-delà de toutes limites!

  • "Brasserie de Namur. L'endroit est calme et sûr. On pouvait parler. Rue de Compiègne, à deux pas de la gare du Nord. À seize heures. Il n'a qu'un quart d'heure de retard, deux bières sur un plateau qu'il porte avec précaution. Le couloir, la cour pavée, luisante et glissante. Au fond, à droite. Il frappe, pousse la porte qui résiste. C'est une salle rectangulaire, qui doit servir pour les réunions de sociétés de chant ou les mariages. Il y a longtemps qu'on n'y a pas chanté ni dansé. Les murs sont d'un jaune pisseux, l'odeur pareille, mêlée à celle plus âcre du tabac. Ameublement sommaire, formica et chaises métalliques. Le commandant Baudry lui tourne le dos, affalé sur son siège. Simon pose le plateau sur la table recouverte d'une toile cirée douteuse, mais ce qui est hors de doute est que son client ne boira plus jamais de la Neumen. C'est d'une autre sorte de bière qu'il aura besoin."

  • C'est par 31 °C qu'Othello Desdouches atterrit à la Martinique. La chaleur est au rendez-vous. Pas son oncle, Antoine de Beuil. Faux-bond ? Enlèvement ? Meurtre ? L'ancien journaliste, tête brûlée, n'est pas au bout de ses surprises ! L'île est petite, mais les magouilles sont grandes...

  • "Puis, comme une vague qui se retire après avoir recouvert le sable, ces idées disparurent, la raison reprit le dessus : si le chalet brûlait, comment, lui, survivrait-il jusqu'au retour de Mardel ? Et si on le retrouvait, seul avec huit cadavres, ne quitterait-il le chalet que pour aller croupir au fond d'une prison ? Non, pour l'instant, ils étaient les plus forts et ils le savaient. Mais plus tard viendrait l'heure de la vengeance, quand ils seraient sortis d'ici... s'ils en sortaient. Le gros homme ouvrit la fenêtre. Le froid s'engouffra dans la chambre avec voracité. Quelques flocons de neige entrèrent également et disparurent aussitôt, ne laissant que de minuscules traces d'humidité sur le plancher. Winock sourit à la nuit, il sourit à l'immensité déserte autour de lui. Il sourit en songeant comme ce serait bon de serrer entre ses doigts la vie de ces salauds, de la serrer et, lentement, de la broyer..."

  • Neuf nouvelles noires qui, dans leur diversité de thèmes et de styles, expriment le mal-être, la dureté et le cynisme de notre fin de siècle. Heureusement, leur lucidité fait la part belle à l'ironie et à l'humour.

  • « Je résume. Mon nom est Othello Desdouches. Je suis de passage et m'intéresse vaguement à tes activités. Sans plus. Quand je suis arrivé ici, il s'agissait de pisser quelques feuillets pour un éditeur sur le regain des pratiques sataniques. En l'occurrence, on m'a branché sur Baal. Alors, Baal, Baâlon, le Cercle de Baal... Tu piges : je suis curieux de savoir de quoi il retourne ? Exploitation de l'inquiétude fin de siècle ? Au profit de qui ? Tu vois ? Mafia ? Interpénétration du néonazisme et du satanisme ? Je ne suis pas complètement débranché malgré l'apparence de vétusté ! Alors je veux savoir pour qui tu roules. »

  • Roland reçoit un jour un courrier d'un ami perdu de vue. Maxime Le Fur, journaliste, écrivain raté et frustré, lui envoie son journal intime et un cahier noir, et lui annonce sa mort qu'il jure ne pas être un suicide. Coïncidence ou fatalité, écrit-il, les écrivains dont il inscrit le nom dans le cahier noir meurent les uns après les autres...

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