Policier & Thriller

  • Mutée disciplinairement à New York, Colorado, un petit village du fin fond de l'Amérique, raciste, sans couverture mobile et où il ne se passe jamais rien, la lieutenant de police de couleur noire, à forte corpulence, Agatha Crispies a trouvé un échappatoire à son désoeuvrement dans l'animation d'un club de lecture au sein du commissariat. Mais alors qu'elle désespérait de pouvoir un jour enquêter à nouveau sur un meurtre autre que celui d'un écureuil, une série d'effroyables assassinats et disparitions viennent (enfin) troubler la tranquillité des lieux, mettant à l'épreuve ses connaissances littéraires. Puértolas signe un drôle de thriller loufoque, un poilar !

  • Au nom du pire

    Pierre Charras

    Quand ça frotte, que ça s'enraye et qu'il faut agir vite, on (le parti) envoie Goneau, Christian Goneau, un rondouillard teigneux et ficelle qui sait « trouver la faille, se méfier du contre et taper dur » ; « le contraire d'une dentellière », plutôt un « vidangeur » de la politique. Car cet expert en nature humaine que les femmes effraient est aussi un grand marrant. C'est ainsi qu'il débarque, le 12 juin 1995, entre les deux tours des municipales, dans une ville (peu importe laquelle) dont le maire, Michaux, en place depuis vingt-cinq ans, est en train d'avaler son écharpe, mis en ballottage par un chevau-léger de l'opposition. Goneau prend pied, rencontre, à défaut du maire étrangement invisible, Sylvie (la mystérieuse chef de cabinet) et Péron (le secrétaire général très investi)... Il hume, rôde, élabore. Tout cela fleure bon le ragoût provincial chabrolien.
    Mais soudain tout bascule et Au nom du pire, roman posthume de Pierre Charras, passe de la mascarade à la tragédie. Par l'effet d'un simple discours, tout se tend, s'électrise, la plus sombre mémoire que l'on avait tue revient en force : celle qui va de l'Occupation aux lendemains qui devaient chanter. Avec ce roman, Pierre Charras, homme d'une oeuvre « lucide, profonde et désabusée » comme l'écrit Philippe Claudel dans son fervent prologue, donne à la fois une grande leçon d'écriture - maîtrisant en virtuose la conduite (et les changements de cap) de son récit - et un coup de sonde redoutable dans le pire de la mémoire collective française, la pelant à vif, jusqu'à son coeur noir.
    « Les enfants des bourreaux sont des enfants, pas des bourreaux », nous dit l'exergue. Message reçu.

  • J'ai déjà donné

    A.D.G.

    L'ultime roman d'A.D.G, une voix singulière dans le polar français, qui remet en scène tous les personnages de la Série Noire dans le cadre de la Touraine et de la Nouvelle-Calédonie. Ce livre-testament a été écrit en 1984 et terminé quelques mois avant la disparition de l'auteur en 2004.

  • Rigaut s'est voulu sans source, façonnant sa mort dès l'abord de la vie. La guerre de 14 le rend à la vie plus vidé qu'une douille ; il fait alors du droit pour meubler le temps.

  • Kléber étala la viande sur la table et la coupa en morceaux, à l'aide de son Pradel.
    Ce fut Tépaz l'un des piranhas, qui, le mieux placé, attrapa le premier morceau de boeuf. Son frère Arsène se ruait déjà pour lui bouffer la gueule. Dora, la murène des sables, doucement ondula jusqu'à la surface l'eau.
    Elle fixa Kléber de ses deux billes d'acier. Le TV Killer balança le reste de la viande, en vrac. Un gros bouillon se produisit. Youri, fasciné par spectacle, s'était approché : - C'est beau.
    Kléber qui était un fameux bricoleur avait transformé le vieux Continental Edison en aquarium : - C'est mon émission préférée.

  • La nouvelle année

    Roger Nimier

    C'est une histoire de voiture : elle braque, elle recule, elle fonce?; c'est une histoire de jeune fille : elle s'appelle Anne, porte jupe plissée, cheveu batailleur, mignonne petite plaie au coeur?; c'est l'histoire d'un garçon, Roland. Il vit au jugé, véloce et tâtonnant. Anne morte, flics aux basques : escaliers, voiture, fuite. Puis commissariat, tabassage, évasion. Un conte de Noël exécuté par Roger Nimier, noir comme la terre qui durcit sous la neige. Une morale : Noël sent le sapin. Bonne année !

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