L'Esprit des Aigles Editions

  • Depuis son inscription à la salle de sport, il n'était plus le même. Il était obsédé par son poids. Lui, toujours si jovial et d'humeur égale, avait comme des passages à vide. Dans ces moments-là, nous ne le reconnaissions plus.
    D'aimable, il devenait nerveux. Il n'y avait aucun motif pour expliquer la hargne qui l'envahissait. Quand il rentrait après l'entraînement à la salle, soit il était euphorique ou bien abattu, comme au seuil de la dépression. Quand il redevenait normal, nous en profitions pour le questionner. Il nous disait de ne pas nous en faire. Ce n'était qu'une question de temps. Tout irait bientôt beaucoup mieux.
    La police ne veut pas bouger. Elle appuie sa théorie sur les deux rapports médicaux délivrés lors du décès. Nous avons contacté notre médecin traitant. Il a dit que ses confrères avaient bien fait leur travail. Il n'y avait rien à ajouter. On ne savait jamais quand la faucheuse allait frapper.
    Sincères condoléances !

    5 Autres éditions :

  • Après avoir été embarqué dans une intrigue ténébreuse aux relents de prostitution et de pédophilie dans La Ruelle Maudite, voici à présent André Gard, bien campé dans ses souliers neufs d'aspirant détective, confronté au cloaque de la traite des être humains.
    Une enquête très délicate se dessine. Mais heureusement et comme de coutume, le Grand Dédé n'est pas seul. Il peut compter sur Ferdinand, Mathieu et Arthur, trois vénérables piliers de comptoir qui vitriolent tout ce qui passe à tour de ritournelles. Ah, les dialogues et réparties signés Bernadette... assurément une de ses grandes qualités et un des intérêts majeurs de ce roman.
    Alors certes, peut-être est-il utile de vous rappeler que dans un bistrot, en milieu rural, Baudelaire, Verlaine et autres Rimbaud ont rarement droit de cité. Ces lieux sont synonymes de phrasés, de paroles typiques. Passer au-delà de cet état de fait aurait été une erreur de la part de l'auteur. Bernadette ne l'a pas commise. Donc, préparez-vous les yeux, faites chauffer votre imagination et... bienvenue chez le Grand Dédé !
    Laurent Guyot, Journaliste Vers l'Avenir

  • Dans ce nouvel épisode des Enquêtes du Grand Dédé, « L'Héritage d'Eloïse Beaubois », les fidèles auront reconnu les habitués du Bistrot que Bernadette nous avait présentés dans la première aventure de « La Ruelle Maudite ». Ferdinand, Arthur et Mathieu, trois vieilles canailles, qui s'étaient quelque peu moqués de ce grand dadais d'André Gard.
    C'est eux qui lui avaient d'ailleurs trouvé ce sobriquet du Grand Dédé. Certes, ses débuts de détective s'étaient révélés hésitants, mais efficaces. De quoi inspirer le respect au trio de pépés flingueurs.
    Plus mûr et plus émancipé dans sa deuxième aventure « La Chambre de Visite », le Grand Dédé a réellement pris son envol de détective indépendant dans ce troisième acte. En effet, un des trois lascars est au coeur de l'enquête et André mène son affaire comme il l'entend. Les trois font toujours partie de l'aventure, ils ont toujours aussi soif, leur langue a toujours autant de ressort et leur discours a toujours le ton de la parlure directe et rurale au vitriol ; c'est peut être tout ce qu'il leur reste.
    Dans cet épisode, il est question d'héritage. Et, dès la première page, le suspense s'installe, on entre dans le mystère : qui est cette cousine qui laisse à un héritier lointain, des biens, une maison et de l'argent... ? On ne quittera l'ouvrage qu'à la dernière page, l'intrigue est haletante. D'autant qu'elle nous emmène en terre familière : la Belgique, Beauraing, Dinant, Jambes, Namur et Profondeville.
    C'est l'occasion pour Bernadette Herman de décocher quelques flèches dont elle a le secret sur nos compatriotes, leur accent et leur parler lent. On ne s'étonnera pas non plus de voir couler le Pèket, d'autant qu'on y baigne dans un milieu pas très frais. Mais Bernadette nous a habitués à voguer dans des sphères glauques et sordides ; c'est probablement pour s'en protéger et s'en démarquer qu'elle utilise ce ton décalé, cette écriture légère et pleine d'humour.
    L'intrigue se déroule donc à la fois en France, à Marnier et Belvier, et en Belgique. Et là, attention, pas de méprise, même si la tentation est grande de chercher des indices de reconnaissance, comme dans la formule consacrée, "toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite."
    C'est d'autant plus vrai que l'histoire nous entraine en terrain glissant et dangereux : le détournement d'argent et de biens des malades et internés dans les établissements hospitaliers... Vaste question... Et, ici, encore plus, la formule consacrée "toute ressemblance avec des personnes ou des situations..." s'impose.
    La situation est choquante et cynique mais l'enquête du Grand Dédé permettra de démanteler un système de pratiques mafieuses.
    Le sujet abordé dans ce volet des aventures du grand Dédé est grave, mais n'empêche pas l'auteur d'utiliser ses armes les plus efficaces pour en faire un roman drôle, léger et captivant...

    Isabelle Martiat, journaliste et présentatrice Matélé.


  • Préface :

    Dans Le Grand Dédé : La Ruelle Maudite, Bernadette Herman met en scène une belle brochette de personnages truculents. À commencer par le jeune héros, le prénommé Dédé qui, sous des airs d'idiot du village, se révèlera bientôt très malin. Au café Le Bistrot, trois « vieux de la vieille », Arthur, Ferdinand et Mathieu, jouent d'abord les potaches. Au fil des pages et de nombreuses péripéties, ils auront des rôles déterminants. Pour nouer l'intrigue, on aura droit à une poignée d'individus inquiétants et de crimes louches, avec une police qui reste dans l'impasse.
    L'action débarque dans les méandres de la prostitution et de la pédophilie...
    Pas d'affolement, Bernadette Herman a toujours le ton décalé et un humour irrésistible, qui interviennent aux justes moments !
    L'auteur adore d'ailleurs les coups de théâtre. Dédé, l'apprenti-détective, va surprendre tout le monde : seul, il va résoudre l'énigme de la mort mystérieuse de sa propre mère. Mais l'écriture va rebondir quand le jeune homme tombera sur d'autres secrets et d'autres meurtres. Trop tard, il a le virus et ne lâchera l'aventure palpitante qu'au bout de ses enquêtes !
    Et vous ne lâcherez ce polar humoristique qu'au dénouement, à la dernière page. La gouaille et l'humour présents à chaque ligne, dans chaque dialogue, sont évidemment caractéristiques de Bernadette Herman. Ne boudez pas votre plaisir !

    Pascale Baidak, journaliste RTBF

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