Publie.net

  • Les trois yeux

    Maurice Leblanc

    Un savant, Noël Dorgeroux crée le « rayon B », son neveu Victorien Beaugrand est l´un des premiers témoins des prodiges de ce rayon: sur un mur sont projetés des images comme cinématographiques mais... venues du passé ! Noël Dorgeroux compte devenir riche en utilisant son invention : quel plus beau spectacle que celui de l´histoire, de la vraie Histoire, restituée par un moyen scientifique difficile à comprendre? Revivre l´exécution de Miss Cavell, espionne de la Première Guerre Mondiale, assister à la bataille de Trafalgar, être témoin de la première ascension des Montgolfier à Annonay, observer la montée à l´échafaud de Louis XVI, voir un combat aérien de la Grande Guerre, ou encore suivre le chemin de croix de Jesus Christ : que de merveilles à dévoiler, quelle histoire vivante à découvrir !
    Le succès est immédiat mais bientôt Noël Dorgeroux est assassiné et c´est la lutte pour connaître son secret. Tenu en haleine, le lecteur ne la découvre, bien plus extraordinaire encore que ces « trois formes inexplicables », ces « trois cercles triangulaires », ces « formes qui diffèr[ent] toutes les unes des autres » et qui « diffèr[ent] d´elles-mêmes en l´espace d´une seconde » vus par les témoins de ces projections...
    Maurice Leblanc en quittant pour un temps l´univers lupinien nous entraîne dans le domaine de ce merveilleux scientifique théorisé par un autre Maurice, Maurice Renard: « Il n´y a de merveille que dans le mystère, dans l´inexpliqué. Tout prodige cesse d´en être un aussitôt que nous pénétrons ses causes réelles et sa véritable nature, dès qu´il passe du ressort de l´ignorance ou de celui du doute dans celui de la science. » Car derrière l´étrange se cache la science et l´écran sur lequel apparaissent les Trois Yeux est l´image même de ce merveilleux scientifique qui « brise notre habitude et nous transporte sur d´autres points de vue, hors de nous-mêmes.» Philippe Ethuin, extrait de la présentation. 

  • Des enfants jouent sur un rivage, et aperçoivent un corps échoué. C'est celui de Monsieur M. - une énigme à résoudre, jusques et y compris dans la fable qui peu à peu devient fantastique, mêlant l'enfermement de qui écrit à ce qui l'oppose aux mots d'ordre hurlés. Les voix qu'il entend dedans la page encore à écrire, et celles d'un dehors devenu carcéral, vociférant ordres et mots d'ordre. Aux mises en abyme successives qu'organise le récit, aux labyrinthes d'une bibliothèque - vide de tous ses livres brûlés, sauf un seul encore à écrire -, aux jeux de miroirs que peu à peu le geste d'écrire fait naître de lui-même, le roman vient proposer, comme autant de nouveaux reflets, l'écho de portraits successifs.


    Ils viennent comme démultiplier, dans leur champ propre, l'interrogation que porte le récit, que porte peut-être tout récit. Dans la clôture d'une chambre, que peuvent écrire ou peindre ? Les deux actes, entiers dans leur geste, viennent, chacun à leur mesure, dépasser la condamnation qu'ils portent en eux-mêmes. Un papillon noir, fasciné par la flamme du rêve dans un rêve, vole vers la nuit elle-même.

    Jean-Yves Fick

  • « Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance ! »Indécis, ils s'assirent d'abord sur la coque et observèrent un moment le passage continu des spectres à l'assaut des rives de l'Enfer dans la clarté diffuse qui provenait de nulle part : pas de soleil, de lune ou d'étoiles dans ces parages.L'Histoire ne mourant jamais, de l'étang de Thau à l'Enfer de Dante, arrivée brutale de l'oncle Henri, le dernier des pourris, la pire des raclures. À ses côtés, Mô, dilué dans le désespoir comme on se perd dans un brouillard façon Zyklon B, s'aventure à l'aveugle dans les neuf cercles fantasmagoriques peuplés de damnés nazis et de diables cornus. Comment ne pas le suivre dans cet Enfer tatoué de croix gammées quand on sait qu'il va faire la lumière sur la part d'ombre qui l'agite depuis son enfance ? Lancé dans ce cauchemar comme un chien dans un jeu de quilles, dans l'obscurité et la douleur, Mô découvre qu'il n'y a pas de limites à l'horreur.

  • Ouest

    Jean Olmedo

    Ex-taulard reconverti dans les assurances, Léo Boivin mène une vie terne, mais paisible, dans une ville de l´ouest à la pluviométrie abondante. Jusqu´au jour où la visite d´un policier muni d´une photographie vient lui rappeler qu´il est souvent plus difficile qu´on ne le croit d´échapper à son passé. Lancé bien malgré lui sur les traces d´un mystérieux personnage au destin plus que trouble, Léo devra risquer sa peau, offrir le café à son pire ennemi, rencarder des types qui ne méritent franchement pas le détour, déchaîner la Chine millénaire... Tout ça pour apprendre à ses dépens que la fréquentation des fantômes n´est jamais sans danger.

  • Cent pages, un seul récit, mais se saisissant des signes multiples de la ville, de ses noms, de scènes parfois brutales ou seulement quotidiennes ou abstraites, pour autant de textes brefs, comme des plaques liquides, chacune liée à un point précis de la ville et qui seraient notre appréhension intérieure de l´hyper-métropole. Le narrateur (parce qu´un récit s´ébauche, se centre autour de la notion de colporteur) est continuellement en mouvement dans la ville, un trajet comme cette ville qui n´a pas de centre, une ville qui ne se reconnaît plus d´un nom à l´autre nom, et qui exige l´habitat provisoire de la voiture comme seul trait commun.
    De quelle façon aborder la complexité de Los Angeles, avec quels mouvements, quels arrêts, quel travail sur l´image, quelle saisie des silhouettes, visages, noms, enseignes, et quelles permanences au contraire ?
    Et que bien sûr, à cette mise à l´épreuve, c´est le récit en prose qu´on interroge.
    Lire aussi, de Frank Smith sur publie.net, Guantanamo 2006.

    Frank Smith est né en 1968. Producteur-coordonnateur de l´Atelier de Création Radiophonique de France Culture, il est l´auteur de plusieurs documentaires radiophoniques, dont Un barrage contre le Golfe du Mexique (Grand Prix 2004 de l´Université Radiophonique et Télévisuelle Internationale). Avec Christophe Fauchon, il a dirigé deux anthologies, parues chez Autrement : une de poésie, Poé/tri , 40 voix de poésie contemporaine (2001), et une de réflexions critiques sur la poésie contemporaine, Zigzag Poésie, formes et mouvements : l´effervescence (2001). Frank Smith a publié deux ouvrages : Pas, sur des photographies d´Anne-Marie Filaire (Éd. Créaphis, 1998) et Je pense @ toi (Éd. Olbia, 2202, réédité par les Éd. du Cygne, mai 2004).
    Après Le cas de le dire, éditions Créaphis, 2007, Frank Smith vient de publier Guantanamo au Seuil, Fiction & Cie, en avril 2010.
    A visiter : Le site de Frank Smith.

  • Coups portés en plus d´être un lieu de mémoire et d´archéologie familiale c´est aussi la rencontre avec Ian Monk au festival midi-minuit poésie à Nantes. Puis la lecture de son livre Plouk town : parlé franc, dire les gens comme ils sont. Mais c´est surtout Ian qui m´a incitée à tenter une forme d´écriture sous contrainte. J´ai opté pour l´écriture sous forme de bloc et à ma grande surprise les mots sont venus se chauffer entre eux, la langue s´est déliée en une somme de petites coups portés.
    C.G.

    Pauline Paulette Louise Lucien Totor Aimé Ferdinand... de ces noms et de ces petits blocs de leur langue, légèrement râpeuse comme un patois de campagne, avec mots gros et collection de détails constituant peu à peu mosaïque criante de vérité de cet ici (au hasard : "café calva canard, et lunettes rafistolées bouts de gros scotch"...), qui resurgissent là, dans cette écriture de la langue parlée.
    Une croisière pas de tout repos dans les zones accidentées des liens familiaux, "où sang veines familiales renversent coulent de mains en mains où ne pas étouffer ni taire", "un siècle ou deux de générations" et la guerre, et puis au moment du deuil : noeuds affectifs, cristallisation lors des héritages, émergence des enjeux toujours exagérés ("bout de terre ne vaut pas grand kopek inculte juste un petit bout de lande"), "des vertes et pas mûres" pour se partager "la part de la galette", le magot, qui dort là, c´est sûr...
    De ce qui se joue au fond des cuisines de nos campagnes, lieu de la discussion, du café, sur la nappe à carreaux que l´on imagine là.
    Bref, une langue avec ce goût de poésie brute, cet écho des sagesses et bêtises paysannes (rappelant en bien des tonalités celle de Claude Favre), une très belle langue, et pas seulement pour qui sait et a vu ces scènes-là... de ces langues-là de campagne, mais repassées ici au contemporain.

    Fred Griot l´auteur Née en1976 en Normandie près de Rouen et vit depuis quelques années à Nantes. Ne cotise pas à la sécurité sociale des poètes, travaille dans un bureau non climatisé.

    Heureuse d´enrichir de temps à autre le site terreaciel.free.fr qui maintenant est devenu un espace à multiples regards.
    Auteur de :
    Terre à ciels, carnets du dessert de lune, 2006 planche en bois, contre-allées, 2007 te visite le monde, carnets du dessert de lune, à venir 2009 Publications en revue : N4728, décharge, contre-allées, infusion, verso, microbe et à venir : gare maritime

  • Brrr

    Antoine Boute

    Juste pour le plaisir. Mais un plaisir qui décape.
    Dès lancé le projet publie.net, j´avais sollicité Antoine Boute : présence forte de la scène bruxelloise, performeur proche des chemins de Charles Pennequin, lisant et intervenant aussi bien en langue française que flamande. Je ne savais pas qu´il me répondrait avec deux envois presque antagonistes : un travail de fond sur Guyotat et le toucher constamment téléchargé depuis lors, et cette suite de neuf brefs polars, classés par saison.
    Alors dans un premier temps, on les a mis en ligne 2 par 2, dans les formes brèves, à chaque changement de saison.
    Mais, à les relire, c´est bien d´un bloc qu´il faut les prendre.
    Antoine Boute, lisez-ci-dessus le premier des 9 polars, déconstruit systématiquement et les codes de la fabrication du polar, ses modes de convocation du monde, de manipulation de l´intrigue, mais aussi les usages sociétaux, suspense, peur et sang, action et cinéma.
    Et il le fait en riant. Vous le verrez, dans les 9 polars (avec pelleteuses, avec chiens, ou l´ultime variation pour un roman inerte), le poète traîne toujours des pieds dans un coin. Et c´est un poète lettriste, qui s´active dans l´intérieur même des romans à en déconstruire ou démonter les mots.
    Le lien avec Antoine Boute performeur, avec Antoine Boute décortiquant le corps écrit de Guyotat, n´est donc pas si ténu. En attendant, dans les dérives les plus actuelles de la langue et du monde, les ficelles du polar apparaissent au premier plan, et on reconnaît tout ce qu´on doit au (mauvais) genre.
    C´est bien un seul livre de 150 pages qu´on propose à lire.

    FB Antoine Boute vit à Bruxelles. Pour l´écriture de Brrr... polars de saison, il a bénéficié d´une bourse de création du Centre national du livre (France).
    Brrr... sera prochainement disponible en édition papier aux éditions Voix, dir Alain Hélissen. Nous serons heureux de faire profiter gratuitement de la version numérique les acheteurs du livre.
    Autres liens :
     Antoine Boute performeur : sur MySpace Clodo3000  dans les Cahiers de Benjy  ou ces 3 récentes conférences données à la Bellone à Bruxelles pour le festival Troubles lors d´un colloque sur le burlesque (la 2ième contient de la poésie sonore, la 3ième du silence burlesque) PARTIE 1 - PARTIE 2 - PARTIE 3  Déconstruire les codes du roman policier reconstruit-il un nouveau roman policier ? 2009-09-24 ZONE RISQUE Démanteler les clichés du suspense, du polar, des mythes, et revisiter tout ça allègrement façon poésie performance... roman policier, roman, cinéma publienet_BOUTE04 publie.net

  • Le roman d´épouvante, c´est comme le film d´horreur : on sait ce que c´est. On le sait vaguement d´avance : ce sont des figures obligées, poursuites, traquenards, effets spéciaux. Dans Le moine de Lewis raconté par Antonin Artaud (puisque tel est le titre officiel, les souterrains, les squelettes. Et une seule loi, en fait : la pulsion à tourner les pages, à avancer dans la lecture.
    Pour de faux ? Sans doute c´est ce qui nous protège, même si on n´est pas sûr. Le besoin d´aller se faire peur ici parce que, poussée la porte sur le vaste monde, est la peur réelle - il n´y aurait pas l´épouvante si nous n´étions pas - pour de vrai - des inquiets.
    C´est ce qui se joue ici, dans le jeu que Jean-François Paillard inaugure avec l´ensemble des cordes de l´épouvante. La peur à la multiplication immobile de l´ordinaire, s´en servir. La poursuite hallucinée dans la ville, s´en servir.
    Mais c´est bien de langue qu´il s´agit : elle ressemble étonnamment à ce qu´en font les exemples de manuels scolaires ? Ce n´est pas forcément un hasard. Olivier Cadiot avait magistralement joué de ces détournements dans son Art Poetic´.
    Il y a des accumulations : chez Rabelais et chez Novarina aussi. Il y a un travail précis sur les images du monde et de la ville, jusqu´à ce qui nous entoure au plus proche et au plus commun : mais c´est bien ce qui signe la démarche de Jean-François Paillard, comme le texte aigre-acide que nous accueillons déjà, Les plus belles piscines du monde, et comme il l´explore sans cesse dans sa démarche de vidéo, voir notamment son Guide du XXIème siècle.
    Un monde qui nous fiche la trouille, on a le droit d´en rire avec la langue ? C´est ce que Jean-François Paillard fait dans Un monde cadeau ou ses Le saviez-vous ?.
    Un roman d´épouvante, c´est un rythme et une linéarité de lecture, c´est le monde ordinaire perçu soudain selon la traque, c´est la macération et l´accumulation des paroles qu´on n´a pas dites, c´est une interrogation toute simple sur ce pour de vrai / pour de faux : sérieusement, si on devait définir la plus effrayante menace qui nous serait possiblement infligée, est-ce que ce ne serait pas celle de naître en ce monde-là ? Et que notre pauvre humaine condition, puisque justement nous y sommes, c´est qu´il se multiplie dans la totalité de notre champ visuel même quand on cherche à le fuir ?
    C´est l´immense et ludique plaisir à lire ce Roman d´épouvante.

    FB Jean-François Paillard est né en 1961, et vit à Marseille.
    Outre les liens mentionnés ci-dessus, la porte d´entrée de territoire3, un des plus étonnants sites de création littéraire et visuelle, par Jean-François Paillard.

  • "Ici, parents, grands-parents, cousins, oncles, des générations compactes d'hommes, avaient mêlé leur sueur dans les cales et sur les quais, chaque individu habité par l'idée que son propre salut dépendait de l'avenir commun. Bras dessus, bras dessous, jusqu'au bout du chemin. Le ciel avait fini par craquer sous le poids de la réalité. Tout s'était délité d'un coup, la fraternité, la camaraderie, et il avait fallu se résigner à ne plus penser qu'à soi, se faire à l'idée que l'horizon était désormais équipé d'un panneau de sens interdit." Le crime de Sainte-adresse est une course poursuite dans les rues du Havre. Ce polar mélange intrigue et documents, petite et grande histoire, un patchwork qui colle à notre triste réalité comme sait si bien les fabriquer Didier Daeninckx qui n'a pas oublié que le Havre fut un temps capitale de la Belgique.

    Bernard Strainchamps

  • Le boucher de Meudon

    Jules Mary

    On n'aurait jamais dû laisser le thriller devenir une spéciatlité américaine.

    On est en 1893, banlieue de Paris. Les gares et les trains prendront ici une grande place. Jules Mary a connu Rimbaud, vous savez : "Un joli crime piaulant dans la boue de la rue". Ici, c'est juste dans l'arrière-boutique de la boucherie de Meudon, que tout se passe.

    L'enquête, le médecin légiste et ses experts, le juge d'instruction, le procureur général, on balaiera tous les étages de la vie parisenne, et c'est à couper le souffle.

    Mais tout s'enracine dans la vieille campagne, dans les pulsions brutes, la présence des animaux et le sang sur les mains.

    Jules Mary a été un des grands initiateurs de la littérature populaire en France. La plus noble. Il a beaucoup écrit, après ce "Boucher de Meudon" qui l'a lancé, on l'a un peu oubié - c'est à tort. C'est grâce à des gens comme lui qu'ont pu venir ensuite des Simenon (auquel on pense souvent dans ce livre), et d'autres.

    C'est la période des Troppmann, c'est le moment où la ville devient tentaculaire. Mais il n'y a pas besoin de prétextes raisonnables pour s'enfoncer dans un livre qui se lit à telle allure, jusqu'au bord de la guillotine.

    Un vrai, vrai grand livre. Et il faut que ça se sache.

    FB

  • Tout commence avec Paul Valéry, se moquant des conventions du roman, quand la littérature s´y prend les pieds : « La marquise sortit à cinq heures... » Depuis, c´est une phrase étendard : parce qu´il y en a tant, de livres et même de ceux qui se vendent et se vendent, qui prennent les recettes de l´illusion sans les remettre en chantier, les questionner. Non, « la marquise sortit à cinq heures » ne fait définitivement rien sortir de la langue. Sauf ici.
    Disons d´abord que c´est un jeu, une jouissance. Pas un amoureux de Simenon qui ne connaisse Lognon, dit le mal gracieux. Mais d´autres personnages de Simenon, des lieux aussi (le Picratt´s, le boulevard Lenoir, vont surgir dans le récit). Parce que, si la marquise est sortie, c´est lié à des tas et tas de choses louches. Et qui n´a pas sommeillé devant un Nestor Burma à la télévision ? Mais qu´on gratte encore un peu plus les strates d´écriture sous Kill that marquise, on verra passer - comme Fellini qui fait danser Proust et Kafka -, ledit Marcel, Emma Bovary ou Victor Hugo et bien d´autres. Et ça se complique même un peu lorsque des auteurs réels de romans policiers utilisent eux-mêmes des pseudonymes tirés de Simenon, et qu´ils viennent croiser le texte avec extraits de livres pour de vrai.
    Alors, exercice intellectuel où s´ennuyer et se perdre ? Que non. Voyez la Disparition de Perec : c´est pour de vrai un roman policier, et qui n´est pas prévenu tombera parfaitement dans le panneau tendu.
    L´art du jeu, c´est de créer une machine plus forte que vous, qui vous emporte où vous n´avez pas prévu d´aller. Michel Brosseau a lancé le 4 janvier 2010 un feuilleton quotidien sur le web, où les personnages ci-dessus évoqués, et cette marquise qui sort à toutes les heures, se croisent avec des anecdotes sociétales réelles. C´est un blog, distinct de A chat perché, le blog principal de l´auteur. Mieux, la marquise aura elle-même sa page Face Book pour se défendre de tout ce monde-là.
      L´expérience dure 150 jours, et autant d´épisode, et se clôt en juin dernier. La marquise est définitivement devenue roman Internet. Avec ce que ça comporte : on parle du tabac ou de la boule de fort, des liens vous embarqueront dans le monde réel. 150 épisodes qui se croisent et se décroisent, avec leurs galaxies baroques d´événements et de personnages  : les liens dans le texte renvoient au blog (et ses images), on se promène dans le texte lui-même. Les commentaires se greffent et influent sur la marche du roman : les liens vous embarqueront vers l´intervention des lecteurs en cours d´écriture. Et puis les Vases communicants : le 1er vendredi de chaque mois, on va tous écrire les uns chez les autres, bonne façon de découvrir, faire connaissance. Alors, à plusieurs reprises, un épisode de Kill that marquise va être confié à un autre auteur...
    Et on fait quoi quand ça finit ? Justement, c´est peut-être là que la Marquise invente l´édition numérique : là où le blog accompagne le chemin, l´édition numérique retransforme ce chemin en livre, mais un livre ouvert, multiple, neuf.
    Ah, quand même, un petit détail : si nous avons déjà accueilli Michel Brosseau sur publie.net avec Mannish Boy, plus près de Julien Gracq (qui traverse réellement le texte), et le début de carrière d´un jeune enseignant au temps du rock´n roll, Michel est réellement auteur de romans policiers. C´est comme les prestidigitateurs ou les funambules : faire un vrai roman policier en jouant des ficelles du roman policier, ça ne s´improvise pas. Il faut déjà connaître un peu ses bases. Nous, ça va, on a nos bases de lecteurs : que Lognon ici (et le jeune Lapointe bien sûr) avec joie renverse.

  •   Tous les codes du polar, conspiration internationale, délits informatiques, diplomatie et barbouses, d'analyses sociétales et vue sur le dessous des villes, avec de bonnes rasades  de rire et la bonne dose d'érotisme et violence, dans un thriller fleuve, d'abord paru aux éditions de l'Atalante.
    C'est le premier volet d'une tétralogie, Al Teatro, que Stéphanie Benson confie à la collection "noire" de publie.net, dirigée par Bernard Strainchamps, sous l'enseigne de son site légendaire Mauvais genres.

    FB Milton - qui ne s´appelait pas encore Milton, qui, pour autant qu´il s´en souvienne, n´avait aucun nom à ce moment précis, n´était rien, inexistant, ou alors un tout, qui dépassait de loin une existence unique, étriquée d´humain - marchait en souriant quand la femme l´accosta... Sur le coup, il avait trouvé la femme plutôt classe. Plus tard, au moment de la tuer, il la haïrait à cause de sa laideur. L´être humain est profondément instable.

    La banlieue de Cologne, Allemagne réunifiée. Calme, résidentielle. Un parfum résiduel de campagne, d´autrefois. Petit pavillon banal, ni trop modeste ni tapageur. On avait évacué (discrètement) les voisins, bouclé le quartier. Tomas Geist ne s´en tirerait pas. La question demeurait : combien en emmènerait-il avec lui ? Katz s´était décidé pour l´opération commando, uniquement les membres de son unité, afin d´éviter à tout prix le bain de sang et de ne lui donner aucune raison de tuer la fille... Iris entendait Katz respirer dans le micro. Une longue respiration maîtrisée. Puis une autre.


    - Vas-y, Iris, dit-il très bas. La fenêtre des toilettes. Tu nous ouvres la porte, ensuite tu restes à l´entrée et tu nous couvres. Exécution.


    L´Untergott. Putain, où était-il allé chercher tout ça ? Et ces hiéroglyphes, et la langue d´Io, et les êtres originels ? Sans parler de la fin de tous les mondes où l´Untergott remonterait de l´abîme pour séduire l´âme des faibles et récompenser ses fidèles. Et où lui, Los, sauverait une poignée de fidèles parmi les fidèles pour les conduire vers le nouveau monde. Seulement, fallait pas se planter. D´autres avaient déjà prédit la fin du monde, des tremblements de terre, la chute d´une station orbitale sur le Gers (pourquoi diable le Gers ?), et le monde continuait de se porter comme une fleur.



    Rudi a tort : je ne suis pas un vampire. Je ne me nourris pas de l´horreur, je la dénonce. Je l´expose sur la place publique dans toute sa nudité sordide. Je démontre, photo après photo, que l´horreur est banale, un peu bête, très loin du flamboiement cinématographique ou littéraire qui voudrait en faire le nouveau héros de notre temps. Lermontov serait ravi.


    La pluie le trempa en quelques minutes, s´insinua entre le col de sa chemise et la peau mal rasée de son cou. Mortimer Blakemann, quarante-neuf ans, célibataire, photographe de presse indépendant depuis douze ans, trempé jusqu´à l´os comme un chien qu´on vient de repêcher dans la Tamise. Ou un cadavre.

     S. B.

       

  •   Juillet 1999, Il revient. Le descendant direct de Jésus et  Marie-Madeleine ? Et puis quoi encore ! Les Templiers peut-être ? Ah,  eux aussi ? Et pourquoi pas le Vatican, sa police secrète, ses Evangiles  apocryphes ? Ou Nostradamus, puisque vous y êtes ! Ah, Nostradamus est  au centre de l´histoire ? D´accord, c´est l´Apocalypse en quelque sorte...
    Le troisième millénaire commence fort.
      Lu sur www.mauvaisgenres.com sous la plume de Michel Barouh :
      Le livre de Philippe Carrese devrait permettre aux lecteurs du Da Vinci  Code de relativiser les questions qu'il n'ont pas manqué de se poser et  de le prendre pour ce qu'il est à savoir un roman. Il est vrai que  depuis, des spécialistes, ont beaucoup écrit sur le sujet pour corriger  des erreurs et rétablir des vérités.






    Le premier mérite de Philippe Carrese est d'avoir écrit son ouvrage en  1999 bien avant celui de Dan Brown.





    Lui aussi nous raconte les aventures de la descendance de Jésus et Marie  Madeleine. Elle aurait fuit la Terre Sainte accompagnée d'un petit  groupe de fidèles pour être mis à l'abri de malveillants voulant les  faire disparaître. Ils auraient ainsi tous débarqué en Camargue, aux  Saintes Maries de la Mer! ....proche de de Salon de Provence la ville de  Nostradamus!... S'en suit la lutte impitoyable entre le groupe des  protecteurs et le celui qui souhaite éliminer toute trace de la  descendance de Jésus et Marie Madeleine. Philippe Carrese donne libre  cours à son talent. Une pointe d'humour de temps en temps permet au  lecteur de respirer avant de retomber dans le tragique. Comme souvent  dans ses ouvrages, l'auteur de romans noirs, fidèle à ses thèmes  favoris, décrit à l'occasion des situations désespérées qui le  poursuivent, (le hantent ?).

      Le mode reportage donne un rythme alerte au  roman, le style décalé en rend la lecture agréable.

        Philippe Carrese est champion du monde du baratin. Normal, il est né à  Marseille. C´est aussi un écrivain capable de rendre crédible n´importe  quelle histoire énorme et de nous entraîner dans une course poursuite  qu´il est ensuite impossible de lâcher ! L'occasion aussi de rappeler  pour cette première publication numérique d'un roman de Philippe Carrese  que le premier auteur de roman.
      Bernard Strainchamps

  • Floride. Un paquebot un peu démodé largue les amarres pour une traversée de l'Atlantique. Sitôt au large, les sens des passagers commencent à s'atrophier. La nourriture perd sa saveur, les sons deviennent plats, les instruments s'affolent, les couleurs et les odeurs disparaissent. Des passagers aussi...

    Quel lien entre la journaliste mexicaine venue porter la révolution, le second qui prête à la science le pouvoir de tout résoudre, la mennonite qui s'imagine que c'est tous les jours dimanche, le financier intégriste qui exige le monde à son image, le romancier cynique au coeur tendre qui s'est trompé d'époque, l'éleveur de cochons qui a toujours faim et le commandant du Sud profond hanté par un terrible souvenir d'adolescence ?

    Le paquebot arrivera-t-il quelque part ?

    Reste-t-il seulement un quelque part ?

  • Le pianiste Stéphen Orlac est grièvement blessé dans un accident de train. Sa femme le confie au célèbre chirurgien parisien Cerral pour une opération dans les meilleurs délais. Mais si Cerral sauve la vie de Stéphen, celui-ci ne retrouve pas sa virtuosité, ses mains ayant subi de multiples fractures. Même si elle n'ignore pas que le docteur Cerral est mal vu de ses confrères, l'épouse du pianiste demande au chirurgien de rendre à Stéphen toute son adresse à n'importe quel prix. Cerral accepte. Orlac est opéré, mais sa femme ne le reconnaît plus, il est affaibli, apathique. Néanmoins il se consacre à sa rééducation. Dans les semaines qui suivent, de bien étranges événements bouleversent la vie du couple...
    Édition conjointe Ebooks libres et gratuits et Wikisource

empty