Éditions du remue-ménage

  • Une histoire sociale de la prostitution : Montréal, 1800-1850

    Mary Anne Poutanen

    • Éditions du remue-ménage
    • 22 Mars 2021

    Début XIXe siècle, les Montréalaises qui ont recours au commerce sexuel pour assurer leur subsistance sont loin de former un bloc homogène. Même si celles que l'on accuse d'être des « femelles à la sexualité débridée » sont pour la plupart issues des classes populaires, leurs motivations et leurs origines sont multiples. Comment négocient-elles au quotidien avec leur famille et avec leur voisinage ? Sur qui peuvent-elles compter, et de qui doivent-elles absolument se méfier ? Ces femmes dont la sexualité est condamnée seront souvent poursuivies en cour afin de renforcer les hiérarchies sociales et donner raison à l'autorité bourgeoise.

    Ce livre retrace l'histoire passionnante et largement méconnue du travail du sexe à Montréal durant la première moitié du XIXe siècle, depuis la perspective des femmes l'ayant pratiqué, afin de lever le voile sur leur expérience et leur autonomie. Dépliant et analysant ces dynamiques complexes, ce livre réunit plusieurs histoires : celles de la famille, de la société, de la justice criminelle, de la sexualité, de l'ethnicité, de la race et du genre, tout en plaçant en son centre les récits de femmes accusées de prostitution, glanés méticuleusement par l'historienne.

    Beyond Brutal Passions : Prostitution in Early Nineteenth-Century Montreal a été publié chez McGill-Queen's en 2015. Il a remporté le Prix Lionel-Groulx de l'Institut d'histoire de l'Amérique française.

    Traduit de l'anglais par Hélène Paré

  • Hormis quelques hauts faits, l'histoire de la lutte pour le droit de vote des femmes au Québec nous est largement inconnue. Qui sait que des femmes votaient au Bas-Canada au début du XIXe siècle? Qui sait qu'elles ont perdu ce droit après les Rébellions de 1837-1838, pour ne le regagner que cent ans plus tard au terme d'une âpre lutte? Les autorités politiques et religieuses étaient fermement résolues à exclure les femmes de l'espace public: si celles-ci y entraient, elles délaisseraient leur rôle d'épouse et de mère, menaçant l'édification d'une société distincte, française, blanche et catholique. Dès lors, en refusant le statut de citoyennes aux femmes, on croyait affirmer une différence culturelle, et ainsi, se distinguer du reste du Canada.

    Repenser la nation est le premier ouvrage entièrement consacré à la tumultueuse histoire de l'affranchissement politique des Québécoises au XXe siècle. Non seulement il revisite cette bataille, sans oublier les femmes qui ne voulaient pas du vote, mais il s'attarde aux combats menés au nom de la liberté, de la justice et de la démocratie par divers groupes de femmes au fil du siècle, y compris par les femmes des Premières Nations. Il considère les décennies après le vote, alors que les femmes ont fait leur entrée en politique active, jusqu'à l'atteinte toute récente de la parité, offrant la synthèse la plus complète à ce jour sur cette question.

    «Denyse Baillargeon nous invite à bien plus que revivre l'histoire de l'accession des Québécoises au droit de vote: elle offre une fine compréhension de la lutte des unes, de la résistance des autres. Même quand on croit tout savoir, on apprend encore!» - Josée Boileau

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