Flammarion

  • Les batailles nocturnes

    Carlo Ginzburg

    • Flammarion
    • 2 Janvier 2019

    Dans les campagnes du Frioul, entre le XVIe et le XVIIe siècle, d'étranges récits attirent l'attention des autorités religieuses. Les membres d'une mystérieuse confrérie, nommés benandanti, racontent se battre à coups de branches de fenouil contre de méchants sorciers armés de tiges de sorgho. L'issue de ces combats, qui se déroulent en rêve, est déterminante pour les récoltes : selon que les uns ou les autres l'emportent, l'année qui vient sera prospère ou frappée par la famine.
    L'Église est prise de court face à ces phénomènes : elle ne comprend pas ces pratiques à demi païennes. Les inquisiteurs tentent de faire avouer aux benandanti que ces «batailles nocturnes» sont une réédition du classique sabbat...
    En examinant, à la lumière des archives de l'Inquisition, le décalage entre les propos des juges et ceux des accusés, Carlo Ginzburg ouvrait la voie à un renouveau de l'historiographie - à la fois par ses hypothèses inédites sur les origines de la sorcellerie et par son choix de faire entendre les voix, longtemps ignorées, des persécutés.

  • Dans notre société laïque, la chrétienté constitue-t-elle encore un sujet pertinent pour l'histoire ? Plus que jamais, répond Françoise Hildesheimer. En explorant celle de l'Église sur le temps long, l'historienne retrace les origines et les développements du conflit d'influence entre religion et État qui a enfiévré l'Occident des siècles durant.
    Or c'est en France qu'il a connu son paroxysme. Doctrine politique originale, le gallicanisme a prôné dès le XIIIe siècle l'indépendance temporelle de l'Église de France vis-à-vis du pape ; une spécificité qui, via la rupture de la Séparation, a durablement marqué notre histoire.
    La France, fille aînée de l'Église ? De Clovis à Aristide Briand en passant par Charlemagne, Charles VII et Jeanne d'Arc, Louis XIV et Bossuet ou Napoléon, ce parcours passionnant entrecroise théologie, politique, récit historique et débats d'idées pour proposer une vision inédite de l'histoire de l'Église catholique en France.

  • "La Grèce antique est la plus belle invention des temps modernes", écrivait Paul Valéry. Son héritage, si longtemps placé au coeur de la culture européenne, est fait de multiples voyages vers un objet façonné et refaçonné au fil des siècles. De quelles significations la Grèce a-t-elle été successivement porteuse, à Rome, au Moyen Âge, à la Renaissance et depuis la Révolution française ? De quelles manières a-t-elle aidé à définir les identités culturelles ou nationales, la démocratie, l'histoire ? Et quel sens peut-il y avoir, aujourd'hui encore, à "partir pour la Grèce" ?
    Par une réflexion lumineuse qui nous conduit d'Hérodote à Jean-Pierre Vernant, en passant notamment par Plutarque, Montaigne ou Fustel de Coulanges, François Hartog permet de comprendre l'émergence et les transformations de ce repère majeur de la pensée occidentale qu'on appelle la Grèce.

  • Philosophie de l'histoire

    Jules Michelet

    • Flammarion
    • 2 Novembre 2016

    L'histoire a-t-elle un sens ? Une société peut-elle se passer de religion ? Comment parvenir à une connaissance de l'homme ? Tels sont, parmi tant d'autres, les problèmes classiques de la philosophie affrontés par Michelet (1798-1874) à l'orée de sa carrière d'historien. S'il demeure avant tout, dans la mémoire collective, l'auteur d'une Histoire de France à laquelle il a consacré une grande partie de sa vie, Michelet n'a jamais conçu son oeuvre indépendamment d'une réflexion philosophique.
    Les quatre textes rassemblés ici, inédits ou indisponibles à ce jour, mettent en pleine lumière la philosophie de l'histoire, la méthode et les concepts fondamentaux qui irrigueront les chefs-d'oeuvre de l'historien, depuis Le Peuple jusqu'à La Sorcière. Lire la Philosophie de l'histoire du jeune Michelet, c'est aussi découvrir un pan méconnu de la philosophie française du premier XIXe siècle, et percevoir la dynamique de la pensée française entre l'Empire et l'avènement de la Troisième République.
    Ce volume contient Discours sur l'unité de la science (1825), Discours sur le système et la vie de Vico (1827), Cours de philosophie à l'École préparatoire (1828-1829, inédit) et Introduction à l'histoire universelle (1831)?

  • Géopolitique des empires

    ,

    • Flammarion
    • 19 Septembre 2012

    Une géopolitique des empires à travers six mille ans d'histoire n'avait jamais été tentée. C'est ce que réalise cet ouvrage, depuis le premier empire (celui de Sargon, en Mésopotamie) jusqu'à l'effondrement du dernier, l'Union soviétique.
    Forts de cette appréciation du temps long, les auteurs invitent à appréhender le monde de demain, celui qui suivra la crise majeure que nous traversons.
    Comment l'industrialisation, l'urbanisation et la réduction de l'espace-temps bouleversent les équilibres, quel rôle primordial joue la géographie dans l'histoire ? Quelle place les différentes nations occuperont dans le monde ? Faut-il croire à un amenuisement décisif du rôle des États ? Quel type de confrontation les États-Unis et la Chine vont-ils exercer étant donné leurs intérêts d'États, et leur souci de conserver ou de restaurer leur imperium ?...

    « Une nouvelle fois, Gérard Chaliand nous propose une mise en perspective brillante et éclairante de l'aventure humaine - la chronologie des empires de l'Antiquité à nos jours -, qui permet de corriger le court-termisme contemporain, et de remédier à la confusion des esprits et à la perte des repères historiques et géographiques. »
    Hubert Védrine

  • L'invention du bronzage

    Pascal Ory

    • Flammarion
    • 2 Mai 2018

    « Bronzage : action de recouvrir un objet d'une couche imitant l'aspect du bronze. » La définition donnée par le dictionnaire Littré en témoigne : on ne songeait guère, sous le Second Empire, à aller étendre son corps au soleil !
    Au début du XXe siècle, ombrelles et chapeaux rivalisent avec les préparations blanchissantes pour préserver la peau des méfaits du grand air. Dans les années 1930, les maillots de bain s'échancrent ; on préconise les bains de soleil contre l'acné et la cellulite... Comment est-on passé, en une vingtaine d'années, de la phobie du soleil à son exaltation ?
    Sous ses apparences futiles, le bronzage est un fait social riche de significations. Pascal Ory se saisit avec brio d'un objet peu étudié par les historiens, et qui fut pourtant l'une des principales révolutions culturelles du XXe siècle.

  • Du monumental vase de Vix jusqu'au disque de Nebra, la plus ancienne carte du ciel connue, en passant par les premiers temples de l'humanité en Turquie ou les tunnels regorgeant d'offrandes de Teotihuacan, jamais autant de trésors n'ont été découverts que ces dernières décennies. C'est cette richesse fascinante que Jean-Paul Demoule entend explorer avec nous dans cet ouvrage.
    Mais au-delà de l'or des Scythes ou des pharaons, des « trésors » non moins estimables sont là, sous nos pieds, insignifiants en apparence - comme ce brin de cannabis trouvé dans une tombe chinoise - si ce n'est invisibles - la séquence ADN qui a caractérisé l'homme de Denisova.
    Fervent défenseur de l'archéologie préventive, l'auteur montre qu'il importe de les sauver, mais aussi de les penser pour que des mots comme « civilisation », « peuple », « culture » ou « migration » ne soient pas détournés. Fouiller, c'est plus que jamais éclairer notre avenir.

  • L'amour maternel est-il un instinct qui procéderait d'une « nature féminine » ou bien relève-t-il largement d'un comportement social, variable selon les individus, les époques et les moeurs ? Tel est l'enjeu du débat qu'étudie ici Élisabeth Badinter, au fil d'une enquête historique très précise : à observer l'évolution du comportement maternel depuis quatre siècles, elle constate que l'intérêt et le dévouement pour l'enfant se manifestent - ou ne se manifestent pas. La tendresse existe - ou n'existe pas. Aussi choquant que cela puisse paraître, le sentiment maternel est un sentiment humain, incertain et fragile.
    Ce dévoilement d'une contingence de l'amour maternel suscita des réactions passionnées lors de la première publication du livre, en 1980 : les uns y virent une aberration, remettant scandaleusement en question le concept de nature ; les autres y trouvèrent une véritable libération, l'occasion d'une meilleure compréhension de la maternité et d'une reconnaissance de la multiplicité des expériences féminines.
    Trente ans après, L'Amour en plus est toujours un livre nécessaire et dérangeant, tant il est vrai que nous avons changé de vocabulaire, mais pas d'illusions.

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