Editions du Cerf

  • Dictionnaire du temps présent Nouv.

    Dictionnaire du temps présent

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    • Editions du cerf
    • 5 Mai 2022

    Notre temps est marqué par les bouleversements sans doute les plus importants que l'humanité ait jamais connus, et cela dans tous les domaines : les sciences, les techniques, l'environnement, la société, la morale et les moeurs, l'économie, la politique, le droit, etc.
    Or nous pouvons prendre la mesure de ce qui est en train de se passer par le seul biais des modifications linguistiques, à la fois terminologiques et sémantiques. Certains mots ont été inventés pour désigner des objets, des représentations, des vécus, des processus, des actions, des images, des formes, qui soit n'existaient pas, soit étaient négligés auparavant. D'autres mots ont changé de signification.
    D'
    abus à woke, ce
    Dictionnaire du temps présent définit, de manière raisonnée et critique, quatre cent quarante-cinq termes qui configurent nos discours et nos représentations du monde, de 1960 à nos jours.
    Face à une pléthore d'informations qui contribuent à rendre notre monde opaque au lieu de l'éclairer, à lui retirer du sens au lieu de lui en donner, ce Dictionnaire a pour ambition de constituer à la fois un répertoire et un guide.

  • Cette somme d'interventions au fil des circonstances montre la face cachée de l'oeuvre du grand philosophe français de réputation internationale : une magistrale façon inactuelle de traiter de l'actualité.
    Pourquoi Dieu sans l'être ? Que nous dit Éros sur l'amour et le don ? Qu'est-ce que la Révélation ?
    Que signifie philosopher aujourd'hui au regard de la Bible et de la théologie, de la poésie et de la littérature ?
    Pourquoi faut-il en finir avec la métaphysique ? Comment repenser Descartes et Husserl, réviser Nietzsche et Heidegger, relire Levinas et Derrida ? Quelle langue neuve peut dire l'invisible, l'inouï, l'inattendu ?
    Qu'est-ce que le nihilisme ? En quoi éclaire-t-il l'époque ? Où va le monde ? Où en est l'Église ? Que penser du déclin de l'Amérique, du réveil de l'islam ? Quel avenir ont la France et l'Europe ?
    Pourquoi l'Évangile reste-t-il plus que jamais d'actualité ?
    Telles sont, parmi d'autres, les questions de Paul-François Paoli auxquelles Jean-Luc Marion a consenti à répondre au cours de cette libre conversation comme le siècle n'en connaît plus guère.
    De la rue d'Ulm et de la Sorbonne à l'université de Chicago et à Rome, de l'aventure de
    Communio à l'engagement antitotalitaire, sur fond de rencontres et de portraits, d'enjeux et de combats, ce sont la clé d'une destinée et la fabrique d'une pensée qui, ici, se dévoilent. Celles du philosophe français vivant le plus lu, le plus commenté et le plus traduit au monde.
    Une démonstration éblouissante de l'intelligence en acte. Une invitation, surtout, à l'espérance. Un antidote au malaise contemporain.

  • L'extermination des animaux ou le suicide de l'homme

    Danielle Moyse

    • Editions du cerf
    • 16 Septembre 2021

    C'est en philosophe de métier et en bouddhiste de conviction que Danielle Moyse nous raconte et nous explique l'apocalypse que nous nous préparons. En oubliant l'unité du vivant, notre civilisation de la mort creuse sa tombe. Car plus que jamais l'animal est l'avenir de l'humanité. Une exhortation à renouer avec la plénitude du cosmos. Ne pas protéger les animaux, c'est perdre de vue notre humanité. En raison de l'installation croissante de l'homme sur la terre comme conquérant, et non comme simple cohabitant, les animaux font désormais partie des plus vulnérables. Et ce que l'homme inflige aux bêtes, il se l'inflige à lui-même.
    Élevage intensif violent pour les animaux et déshonorant pour les hommes, destruction des forêts primaires bouleversant les lieux de vie des uns et des autres, propagation d'épidémies franchissant la barrière des espèces font aujourd'hui apparaître, grandeur nature, qu'hommes et animaux sont engagés dans un destin commun, et que les agressions infligées au vivant nous entraînent dans une spirale suicidaire. À l'heure de l'industrie agro-alimentaire, de la Covid-19 et du réchauffement climatique, c'est à un sursaut salutaire que Danielle Moyse, philosophe, par ailleurs spécialiste des questions d'éthique médicale, appelle de ses voeux. Il n'y va pas seulement de notre survie, même si la brutalité à l'égard des animaux n'a jamais tardé à s'étendre concrètement à l'être humain. Sans une réforme radicale de notre rapport au vivant et une redéfinition de notre habitation terrestre, le pire est à venir.
    Un plaidoyer magistral en faveur des hommes et des bêtes. Un appel décisif au respect de tous !

  • Un huitième péché capital a été oublié de la liste. Sans surprise, puisque c'est le mal contemporain par excellence. Chez les Pères du désert, l'acédie est ce dégoût de soi et du monde qui conduit à l'inertie. Diagnostic, remède et réinterprétation moderne : un livre pour redevenir le maître de sa vie.
    Le mal de l'âme le plus insidieux et le plus répandu dans le monde contemporain serait-il aussi le plus méconnu ? Et cette ignorance ferait-elle aussi qu'il soit le moins bien combattu ? Qu'ont en commun le salarié en proie au burn-out, l'amoureux qui sombre dans l'ennui, l'actif qui cède à la torpeur ou à l'hyperactivité et la surconsommation, l'adolescent affalé sur un canapé, l'oeil rivé au plafond ou hypnotisé par l'écran vidéo, ou encore l'individu " dégoûté " de tout et rongé par les ressentiments ? Et comment cette errance et ce repli désespéré sur soi deviennent-ils un état de vie ?
    Ce mal se nomme l'acédie. Tout le monde connait les sept péchés capitaux : colère, avarice, envie, orgueil, gourmandise, paresse, luxure. Mais peu de gens savent qu'il existe chez les Pères du désert un huitième péché, cette folle mélancolie, ce " démon de midi ", ce " à quoi bon ? " qui consume l'intelligence, le coeur, l'existence.
    Alexandra Puppinck-Bortoli a décidé de réagir contre ce mal qui nous menace plus que jamais, personnellement et collectivement. Elle dévoile toutes les facettes actuelles de ce mal ancien, et propose des solutions pour en guérir.
    Un traité du déconfinement moral et spirituel sur les ravages planétaires de l'acédie, cet autre virus pandémique qui double le coronavirus.
    Une sagesse d'hier pour réapprendre à vivre aujourd'hui.
    Un guide pour passer de la morosité à la joie.

  • La pensée du philosophe, le style du pamphlétaire : c'est à la manière de Nietzsche que Taguieff dénonce ses héritiers de droite et de gauche, modernes et postmodernes, totalitaires ou libertaires. Un festival de lucidité, une relecture de 150 ans de fictions qui se sont voulues des rêves et qui ont tourné au cauchemar.
    Nietzsche aura été le philosophe du siècle. Parfois pour le meilleur, souvent pour le pire. Retournant contre le prophète de Dionysos le marteau philosophique que lui-même employait pour ébranler les idoles, Pierre-André Taguieff livre avec acuité, verve et élégance une relecture inédite, iconoclaste et critique de l'histoire de la pensée contemporaine, de ses incohérences et de ses abîmes. Il explore le vaste continent des écrits nietzschéens et antinietzschéens qui continuent d'inspirer et de diviser les philosophes, les écrivains et les artistes, notamment face à la question de la décadence et à celle du nihilisme.
    Comment comprendre la fascination récurrente exercée par Nietzsche et sa pensée ? Qu'ont en commun les nietzschéens de droite et les nietzschéens de gauche ? Pourquoi puisent-ils au même fond de métaphores, de paraboles, d'images survoltées pour les surinterpréter ? Comment comprendre cette bataille d'appropriations qui semblent contradictoires mais qui se rejoignent souvent dans le même culte de la force et de la destruction ?
    Cet essai est déterminant pour lever nos cécités sur le plus enthousiasmant et le plus aveuglant des philosophes. Un exercice de lucidité qui marque un tournant dans la pensée française et européenne.

  • La connaissance des autres

    Frédéric Fruteau De Laclos

    • Editions du cerf
    • 23 Septembre 2021

    Penser serait l'exercice exclusif des sachants de l'Occident. Faux ! Voici l'éloge des marges, des différences et des inconnues qui montre comment et combien, jusque dans la sagesse populaire et les sagesses d'ailleurs, la pensée est la chose la mieux partagée du monde. Une révision profonde de nos idées toutes faites qui nous appelle à nous réveiller. Et si l'Occident n'avait pas été seul à philosopher ? Nous avons longtemps refusé d'admettre cette évidence alors que, très tôt, des ethnologues, des psychologues et des philosophes des sciences ont repéré l'existence de systèmes d'idées dans le reste du monde.
    On croisera, dans cette fresque philosophique d'une extrême originalité, des figures intellectuelles peu communes : une spécialiste des Bantous (J. Roumeguère-Eberhardt), elle-même épouse d'un guerrier masaï ; un pionnier de l'ethnographie européenne (A. Varagnac), en quête de notions conçues dans des régions de France étrangères à la pensée dominante ; ou encore un philosophe (E. Ortigues) qui, après avoir séjourné en Afrique, montre que la logique de la découverte scientifique est indissociable des expériences vécues par les individus et les groupes humains.
    Au terme de cette traversée, les concepts que nous croyions si bien connaître nous apparaissent sous un jour nouveau, au prisme d'une ethnophilosophie et d'une géophilosophie revisitées.
    Un ouvrage essentiel pour sortir de l'ethnocentrisme et en finir avec l'héritage intellectuel laissé par la colonisation.

  • L'impardonnable

    Danielle Cohen-Levinas

    • Editions du cerf
    • 11 Mars 2021

    Plus de poésie après Auschwitz disait Adorno. Mais est-ce vrai de la pensée ? L'impardonnable ne crée-t-il pas l'impensable au risque de la répétition ? Pour qu'il n'en soit véritablement plus jamais ainsi, il faut rendre ses droits à la philosophie. Bouleversant et courageux.
    Passée le seuil du xxie siècle, la question juive n'est toujours pas réglée. L'antisémitisme est une question qui perdure, comme si, à l'échelle européenne et mondiale, on ne savait que faire des Juifs et du judaïsme. Entre haine, rejet, conversion, exclusion, persécution, extermination, l'antisémitisme revêt à travers l'histoire des formes d'une extraordinaire plasticité. La figure du Juif hante notre civilisation au point de contaminer tous les registres de l'existence. Chacun y va de sa réponse, alors même qu'aucun argument rationnel n'est jamais parvenu à combler la haine de l'autre homme. Ne pas être " dupe de la morale ", comme l'écrit Emmanuel Levinas dans la préface de Totalité et Infini, cela ne signifie rien de moins que de suspendre la conscience morale, afin d'admettre que là où réside l'antisémitisme, il n'y a pas d'eschatologie de la paix et de la justice qui tienne. Dans un contexte historique marqué par l'expérience de la Shoah, a surgi après la Seconde Guerre mondiale une autre question : le pardon, comme un défi lancé à l'impardonnable et à l'irréparable.
    Danielle Cohen-Levinas opère dans son essai un retournement. Au travers de quelques figures majeures de la philosophie contemporaine et de la pensée juive, elle passe au crible la question de l'impardonnable, à savoir comme limitation aux multiples apories du pardon.

  • Le crépuscule de l'universel

    Chantal Delsol

    • Editions du cerf
    • 13 Février 2020

    Nous avons cru que les droits de l'homme valaient partout et pour tous. Ils sont désormais dénoncés à l'extérieur par les autres civilisations et à l'intérieur même de nos démocraties. Comment penser cette crise ? Comment y répondre ? Comment maintenir l'idée de l'Universel ? Par l'une des grandes philosophes d'aujourd'hui.
    Après la Seconde Guerre mondiale et la chute du mur de Berlin, nous avons cru à la victoire définitive de notre vision du monde, caractérisée par l'individualisme libéral, le cosmopolitisme et la démocratie des droits de l'homme. Mais depuis le tournant du siècle, plusieurs cultures mondiales s'opposent clairement et fermement aux principes occidentaux considérés jusque-là comme universels. La démocratie est décriée ou dégradée, et l'autocratie nommément défendue, en Chine et à Singapour, dans certains pays musulmans, en Russie. En outre, apparaissent au sein même de l'Occident des gouvernements dits populistes ou illibéraux, opposés au libéralisme et à l'individualisme postmodernes. Ce débat conflictuel déployé tant sur le plan occidental que sur le plan mondial traduit un nouvel assaut de la vision du monde traditionnelle, holiste, face à la vision progressiste et individualiste.
    Des deux côtés fleurissent les excès. En Occident, l'humanisme classique transformé en humanitarisme. En face, des cultures parfois devenues des idéologisations de leurs traditions. C'est un énième épisode, mondialisé, de la discorde entre les modernes et les anti-modernes : ce qu'on a appelé au xxe siècle la " guerre des dieux ".

  • Peinture et philosophie

    Marc de Launay

    • Editions du cerf
    • 11 Mars 2021

    La philosophie croit tout savoir. Mais elle tombe bouche bée devant la peinture. C'est à son tour d'être enseignée. De Dürer à Rembrandt en passant par Mantegna et autres, cet essai flamboyant montre comment la couleur et la forme vont bien à la pensée, si pauvre et triste sinon sans elles. Superbe.
    L'image vaudrait-elle moins que le concept ? La peinture, si matérielle, serait-elle inférieure à la philosophie, si abstraite ? Un tableau ne servirait-il au mieux qu'à illustrer une thèse ?
    Et si c'était en fait tout l'inverse ? Si c'était, à l'opposé, le façonnage de l'idée qui constituait la matière du travail pictural ? Et si, au contraire, c'était le tableau, non pas la thèse, qui contribuait le plus directement à modifier notre perception du monde, notre relation au monde ?
    Décryptant une dizaine d'oeuvres magistrales qui couvrent du début de la Renaissance à la fin du Baroque, Marc de Launay nous entraîne dans une fantastique redécouverte, inattendue et exaltante, du lien intrinsèque entre la vue et la pensée. Et nous montre, de manière lumineuse, pourquoi et comment l'émotion esthétique n'engage pas simplement le goût, elle intervient dans la discussion philosophique. Faisant de Dürer, Rubens, Rembrandt, nos contemporains d'étude et nos compagnons d'éveil, voici un livre de philosophie pour tous intensément jubilatoire. Une leçon sur l'art de regarder.

  • Théologie et politique : la controverse

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    • Editions du cerf
    • 16 Septembre 2021

    Les chrétiens peuvent-ils rallier Hitler ? À cette question historique, voici les réponses fondatrices de deux grands philosophes allemands du XX e siècle, Peterson et Schmitt, qui se sont affrontés sur la nature et le rôle de la théologie dans le politique. Le christianisme a-t-il une signification politique ? La controverse qui opposa le théologien Erik Peterson au juriste et politiste Carl Schmitt est bien connue. Pour la première fois, leurs pensées se confrontent dans un seul ouvrage pour une mise en lumière inédite. Ainsi placés en confrontation par un spécialiste de la question théologico-politique,
    Le monothéisme comme problème politique de Peterson (1935) et
    Catholicisme romain et forme politique de Schmitt (1923-1925) apportent des éléments de réponse à un enjeu plus qu'actuel.
    Pour le théologien, démonstration savante est faite que le christianisme n'a pas vocation à justifier par sa théologie quelque ordre politique que ce soit, et à plus forte raison le nazisme. Pour le juriste et politiste, il s'agit de démontrer que le catholicisme est la meilleure voie pour proposer une conception ferme de la souveraineté politique.
    Le christianisme peut-il se passer d'une institution forte qui recourt aux moyens du monde politique afin d'être libre par rapport aux puissances de ce monde ?
    Une controverse théologico-politique passionnante, loin d'être révolue.

  • Paroles données : quarante entretiens, 1987-2017

    Jean-Luc Marion

    • Editions du cerf
    • 12 Mai 2021

    Cette somme d'interventions au fil des circonstances montre la face cachée de l'oeuvre du grand philosophe français de réputation internationale : une magistrale façon inactuelle de traiter de l'actualité.
    Avec
    Paroles données, J.-L. Marion reprend quarante entretiens sur une trentaine d'années, tenant parole sans se dédire. Il s'agit, en les rassemblant, de défendre l'art de la conversation contre les idéologies qui transforment le débat public en champ de ruines. Mais aussi de se faire une idée assez juste de son parcours. Les
    Rétrospections livrent une auto-interprétation où les livres se relient dans un projet au fur et à mesure plus conscient de lui-même. Dans
    De la philosophie, on sonde cette discipline sur les points où elle se met en crise. Dans
    De l'amour, il s'agit de retrouver la puissance de cette " raison merveilleuse et imprévue " (Rimbaud), à peine aperçue par la philosophie. Dans
    De quelques penseurs, on esquisse les figures les plus significatives, donc d'abord Heidegger et Levinas. Dans
    De la situation des chrétiens, ce que l'on dit en tant que chrétien s'adresse cependant à tous puisque, par définition, le catholicisme a vocation à l'universalité. Enfin, on ajoute des contributions à la revue
    Le Débat, diagnostiquant un parcours au sein de l'époque du nihilisme.

  • Métaphysiques ; le sens commun au défi du réel

    Jean-Marc Ferry

    • Editions du cerf
    • 18 Février 2021

    Mort imminente, vie extraterrestre, pluralité des mondes : les questions de la sagesse populaire mettent en échec le rationalisme scientifique. Pour le grand philosophe qu'est Ferry, il est temps de revoir tous nos cadres de pensée. Un fantastique voyage aux confins de l'univers.
    Vie extraterrestre, expériences de mort imminente ?... Pluralité des mondes ? La vraie philosophie, parce qu'elle demeure ouverte à toutes les questions, toutes les possibilités, n'est jamais très éloignée de la science-fiction. C'est ce que démontre Jean-Marc Ferry dans ce livre unique, qui plaira à ceux qui aiment penser hors des limites. Qu'est-ce que la physique contemporaine nous apprend sur l'espace et sur le temps ? Que faire des vérités dites " contre-intuitives " qui heurtent le sens commun, mais qui résistent et s'appuient tout de même sur le réel ?
    Un enjeu direct est de procurer à l'entendement un horizon d'intelligibilité. Peut-être y va-t-il même d'une libération de l'esprit face aux assignations de l'espace et du temps : de l'espace qui impose à nos corps un lieu juxtaposé, du temps qui de nos existences ne fait qu'un moment.
    Réunir ce qui est séparé, montrer ce qui est caché à nos yeux : voilà le défi de Jean-Marc Ferry qui enquête sur les forces de la vie autant que sur l'énigme de la mort.

  • La foi aurait-elle persécuté la raison ? Dénonçant ce mythe facile, c'est en philosophe des sciences que Rémi Sentis réécrit l'histoire des relations en réalité passionnées entre l'Église et l'Académie. Un travail visionnaire qui éclaire le présent par le passé. À savourer.
    La foi contre l'intelligence, l'inquisition contre l'expérimentation, mais aussi Galilée ou Copernic contre Dieu : la légende noire d'une exclusion réciproque entre Révélation et Science tient-elle face à la description des avancées scientifiques durant les trois siècles précédant Newton ? Non, répond Rémi Sentis en se fondant sur l'histoire. Toutes les relations entre l'Église et la science montrent au contraire un rapport autrement complexe et, surtout, infiniment plus fécond, singulièrement au regard de l'anatomie, de l'astronomie, de la physique, de la chimie ou de l'alchimie. Alors que la science semble toujours en recherche de conscience, et que les scientifiques cherchent des modèles d'explication intégrant la dimension mystérique de la vie et de l'univers, il convient d'approfondir un dialogue en rappelant qu'en fait, celui-ci n'a jamais cessé.
    Les sciences modernes ne seraient-elles pas nées dans un creuset chrétien ? Un magnifique traité de l'anti-préjugé, un voyage extraordinaire dans les pas de nombreux historiens des sciences, un appel à voir plus loin.

  • État civil, compte bancaire, permis de conduire, mots de passe, etc. : nous ne cessons d'être enregistrés, numérotés, archivés. Pas d'existence sociale sans fichage : que dit, de notre désir d'appartenance, cette documentalité ? Le maître-livre dérangeant d'un grand philosophe contemporain.
    Une société privée de mémoire et d'enregistrements est inimaginable, car toute règle et tout accord reposent sur la mémoire, et tout comportement sur l'imitation : voilà pourquoi les archives et les documents sont centraux dans la vie de la société et des individus.
    La place centrale de la " documentalité " est plus évidente encore de nos jours où nous assistons à l'explosion des systèmes d'enregistrement et d'écriture, des ordinateurs et des smartphones, ainsi qu'à l'utilisation massive d'Internet. Ces nouvelles technologies ont non seulement transformé notre quotidien, mais ont également mis en lumière l'essence même de la réalité sociale : le fait de se fonder de façon non pas accidentelle mais essentielle sur des inscriptions et des enregistrements.
    Un maître ouvrage.

  • Chamfort ou la subversion de la morale

    Jean-Baptiste Bilger

    • Editions du cerf
    • 28 Mai 2020

    Traversant la Révolution, le plus immoraliste des moralistes français, maître du fragment et de la maxime, aura été le précurseur de Nietzsche, Cioran et Camus qui en faisait " l'apôtre de la sainteté désespérée ". Un portait éblouissant pour redécouvrir un contemporain inattendu.
    On pourrait lire Chamfort comme on lirait un compte Twitter. Son recueil de Maximes et pensées, le seul de ses ouvrages passé à la postérité, est une mine de bons mots, de traits d'esprit, de phrases frappées en médailles, qui ne sont pas beaucoup plus longues que 280 caractères...
    Ce livre, qui tient à la fois de l'essai et du portrait, se propose de relire la vie et l'oeuvre de cet écrivain au parcours singulier, correspondant de Voltaire, ami de Beaumarchais et Diderot. Alors qu'il était, pendant les années 1770, l'archétype de l'homme de lettres d'Ancien Régime, pensionné par le roi, s'illustrant dans les genres classiques, il se métamorphose, à la fin des années 1780, en un écrivain révolutionnaire, rejetant l'académisme pour redonner à la littérature sa dimension politique, et n'hésitant pas à prêter sa plume à des hommes aussi influents que Sieyès ou Talleyrand, et surtout Mirabeau dont il fut tout à la fois l'ami intime et l'éminence grise.
    Traversant la Révolution, le plus immoraliste des moralistes français, maître du fragment et de la maxime, aura été le précurseur de Nietzsche, Cioran et Camus qui en faisait " l'apôtre de la sainteté désespérée ". Un portait éblouissant pour redécouvrir un contemporain inattendu.

  • Que signifie pour un vivant de donner la mort ? Pourquoi ces actes se multiplient-ils en France et en Europe ? Bible, philosophie, économie : ce sont tous les savoirs qui sont convoqués dans cet ouvrage pluriel rassemblant entre autres André Comte-Sponville et Fabrice Hadjadj.
    Alors que le suicide est dépénalisé depuis plus de deux siècles dans nos pays, inciter une personne à se supprimer ou y contribuer activement est d'ordinaire puni par la loi et réprouvé par l'éthique. Démêler ce paradoxe et rendre plus intelligible un acte qui ne le sera peut-être jamais est le but de cet ouvrage.
    Qu'en ont dit les grands penseurs, des stoïciens jusqu'à saint Augustin, Thomas d'Aquin, Hume, Kant ou Émile Durkheim ? Et aujourd'hui, que peuvent nous apprendre le psychiatre et le travailleur social, le théologien et le médecin en soins palliatifs, ou encore l'économiste, qui lève ici le voile sur un tabou occidental ? Car le suicide d'une personne questionne les valeurs sur lesquelles reposent nos démocraties, comme la dignité humaine, la liberté ou la solidarité. Un livre indispensable à toute discussion raisonnable sur l'euthanasie, l'aide au suicide et la prévention d'actes suicidaires.

  • La modernité a pu proclamer la mort de Dieu, mais il n'y aurait pas de philosophie contemporaine sans les apports juifs et chrétiens. Sur un siècle d'histoire de la pensée, cette somme sans précédent révèle l'inconscient refoulé de l'Occident.
    La relation entre les deux traditions du judaïsme et du christianisme a fait l'objet, depuis le début du xxe siècle, d'approches philosophiques fondamentales que le présent ouvrage s'efforce de réunir et de ressaisir. De Rosenzweig à Levinas, de Bergson à Maritain, de Péguy à Sartre et de Simone Weil à Ricoeur, c'est une constellation théorique singulièrement contrastée qui s'y manifeste, mettant en lumière une histoire philosophique inspiratrice de notre espace religieux et politique. Il ne s'agit cependant pas ici de rejouer philosophiquement les antagonismes historiques. Les textes rassemblés dans ce volume posent en effet de manière irréductible la question : qui est l'autre ? À quels types d'altérations et de complémentarités la pensée est-elle ici confrontée ? Il ne saurait donc être question d'autre chose que de trouver une orientation et une signification là où les déterminations historiques ont parfois recouvert ce qu'il est permis d'appeler l'exception judéo-chrétienne.

  • L'émancipation promise

    Pierre-André Taguieff

    • Editions du cerf
    • 19 Septembre 2019

    En avons-nous fini avec les illusions du progrès ? C'est au retour des grands discours prométhéens que nous assistons avec leurs cortèges d'utopies meurtrières. Dénonçant les nouvelles fabriques de la surhumanité, le philosophe de l'extrême lucidité en appelle ici au réveil de la raison.
    Dans ce livre savant et moqueur, Pierre-André Taguieff passe au scalpel l'idéal moderne par excellence, celui d'émancipation, qui exalte, mobilise et aveugle depuis longtemps les Modernes. Le temps est venu de soumettre à un examen critique sans complaisance cette notion qui fait partie du prêt-à-penser dont se sont emparés les utopistes et les démagogues de toutes obédiences.
    Comment expliquer que cette notion banale ait pu devenir un thème philosophique et politique majeur depuis la fin du XVIIIe siècle, sous la forme du projet universaliste de l'émancipation du genre humain comme sous celle de l'autonomie croissante de l'individu ? Taguieff analyse la formation philosophique de l'idée d'émancipation, explore ses usages politiques et dissèque ce qu'il appelle l'" émancipationnisme ", produit de la corruption idéologique de cette idée-force. Car l'émancipation comme projet global appelle une critique fondamentale : ce qui est rejeté subrepticement, voire diabolisé, ce sont les attachements, les fidélités, les enracinements, les mémoires particulières, donc la transmission. Il s'agit d'un programme de refonte anthropologique, visant à créer l'" homme nouveau ", chimère d'une société mondiale d'individus également émancipés.
    La généalogie d'une idée floue, pour penser librement le monde de demain.

  • Généalogie de la religion

    Nathan Devers

    • Editions du cerf
    • 16 Janvier 2020

    Le premier livre fulgurant d'un jeune philosophe de 26 ans qui revisite de fond en comble le monothéisme et ressuscite comme jamais la figure d'Abraham. Un événement.
    Comment naît une religion ? Quelles épreuves doit-elle traverser pour transposer la foi d'un fondateur spirituel en une structure sociale orchestrée autour du sacré ? Par quels processus parvient-elle à faire fructifier son héritage et à s'imposer comme liaison des hommes avec Dieu ? À quel prix la religion peut-elle devenir l'affaire d'un peuple ?
    Entreprendre une généalogie de la religion, c'est assigner à la philosophie la tâche d'une démarche démystifiante : il s'agit de considérer la religion non comme résultat d'une histoire, mais comme source de celle-ci et comme processus. Dans cet essai, Nathan Devers se propose de " relire la Bible, à travers elle et contre elle ". Il revisite la trajectoire qui mène de l'inspiration solitaire d'Abraham à la révélation universelle de Moïse - et il s'attache à montrer qu'à cet égard, la religion, symbiose de l'idolâtrie et de son propre refus, se déploie dans la nostalgie d'un rendez-vous manqué avec Dieu.

  • La phénoménologie et la vie

    Collectif

    • Editions du cerf
    • 14 Novembre 2019

    Vingt philosophes contemporains en débat décryptent ensemble la vie et la mort de la phénoménologie, courant de philosophie majeur au XX e siècle, et plaident pour sa renaissance.
    La phénoménologie, dans la diversité des approches qui ont été les siennes et à travers les mutations qu'elle a connues, a été l'un des courants principaux de la philosophie du xxe siècle, en particulier en France. Elle a été marquée par les oeuvres considérables de Husserl, son fondateur, et scandée par celles de Merleau-Ponty, Patocka, Jonas, Levinas, Henry, Derrida. À présent, ce courant naguère si influent est à un tournant de son histoire : un moment de crise majeure. La phénoménologie semble à bien des égards avoir épuisé ses possibilités. Elle est en outre remise en cause, et radicalement, par d'autres approches, en particulier réalistes ou analytiques, qui en contestent les fondements et jusqu'au privilège du phénomène. Que reste-t-il de la phénoménologie ? A-t-elle épuisé ses possibilités de renouvellement ?
    Cet ouvrage constitue une somme sans équivalent au coeur d'une actualité philosophique déterminante aujourd'hui.

  • Pourquoi a-t-on raison de se révolter contre l'homme-machine et le monde mécanique qu'entraînent les mutations technologiques incontrôlées ? Et si, contre les robots, la fragilité faisait l'humanité ? Un traité philosophique, un manuel de combat.
    Comment trouver des mots simples et de poids pour dire ce qui fait de nous des humains, dans une culture où prospèrent les promesses d'immortalité du transhumanisme et la figure froide du robot ?
    Renvoyant dos à dos technophobie et technolâtrie, cette enquête d'anthropologie radicale progresse par des chemins insolites jusqu'à atteindre à l'ironie d'un constat paradoxal : ce pouvoir technicien, qui nous fascine parce qu'il semble sans limites, aurait pour cause le rapport intime que l'homme entretient depuis toujours avec le raté, la panne, le bug, bref tout ce qui peut mettre justement une machine en défaut.
    Un traité philosophique, un manuel de combat.

  • La philosophie qui se fait

    Patrice Maniglier

    • Editions du cerf
    • 14 Mars 2019

    Normalien, agrégé, docteur, enseignant à Nanterre, Pierre Maniglier, qui compte parmi les voix nouvelles de la philosophie en France, livre ici un panorama inégalé des enjeux anthropologiques contemporains.
    Où en est la philosophie aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'un " intellectuel français " ? Que veut dire hériter du xxe siècle ? Quelle philosophie pour le nouveau millénaire ? Pourquoi cet enthousiasme des jeunes générations pour la métaphysique ? En quoi le réchauffement climatique concerne-t-il directement les sciences humaines ? Peut-on encore sauver l'Europe ? Comment être un relativiste militant ? Telles sont quelques-unes des questions que traverse ce livre unique en son genre, entre dialogue socratique, entretien journalistique et discussion au coin du feu.
    Revenant sur le parcours d'un penseur dont l'oeuvre en construction traverse plusieurs langues et plusieurs disciplines, cette conversation dresse un tableau vivant et accessible de la philosophie française la plus contemporaine, de son histoire, de ses institutions, de ses débats actuels, tout en donnant la mesure d'une entreprise individuelle qui puise aux sources du structuralisme français pour aborder les enjeux du présent.
    Témoignage d'une génération et oeuvre singulière, ce livre s'adresse à toutes celles et ceux qui s'intéressent à la philosophie en train de se faire.

  • La jouissance et l'espérance

    Patrice Guillamaud

    • Editions du cerf
    • 4 Juillet 2019

    L'homme peut-il atteindre au sublime sans s'anéantir ? Ou se sublime-t-il en renonçant à l'extrême pour trouver dans l'art le dépassement du sacrifice inutile ? Entre vie et mort, le manifeste théorique d'un philosophe contemporain majeur qui a exploré toutes les expressions limites.
    Le bonheur est-il dans la jouissance ou dans l'espérance ?
    La jouissance est le plaisir infini. L'espérance est l'attente d'un bonheur infini. Pour le poète-philosophe Schiller, la jouissance exclut l'espérance et l'espérance exclut la jouissance. Mais est-ce si sûr ?
    À partir d'une étude des pensées du marquis de Sade et de Thérèse d'Àvila, Patrice Guillamaud montre que la véritable jouissance est dans l'espérance elle-même.
    L'unité de la jouissance et de l'espérance, c'est le bonheur paradoxal de la renonciation. Le bonheur est la béatitude dans le renoncement, l'accomplissement dans la relativisation d'une aspiration à l'absolu.
    Ce livre est aussi un manifeste qui introduit de manière pédagogique à une nouvelle philosophie. Il s'agit de penser le réel tel qu'il est et tel qu'il ne l'a jamais été. Il s'agit de penser le réel comme étant lui-même une pluralité irréductible et tolérante d'espérances.

  • Intuitions et pièges de la loi naturelle

    Elisabeth Dufourcq

    • Editions du cerf
    • 7 Novembre 2019

    De l'Antiquité à aujourd'hui en passant par le Moyen Âge, voici la grande histoire inédite de la loi naturelle dont le concept anime le débat contemporain sur l'éthique et la bioéthique. Un panorama indispensable.
    On dit que la nature est en danger. Que notre nature humaine est menacée. Que nos démocraties périclitent.
    Aurions-nous transgressé une " loi naturelle " sans laquelle tout ce qui vit se dénature ? Sur fond de catastrophe, des philosophes d'apocalypse nous assurent que oui. Mais quel contenu donnent-ils à cette loi naturelle qui, sous couvert d'intuition universelle, fut si souvent instrumentalisée par les puissants ? La question est d'autant plus actuelle que l'informatisation des normes nous englue dans un monde fabriqué.
    Pour enrichir ce débat, Élisabeth Dufourcq en explore les origines antiques et les reconstructions médiévales, en terre d'islam comme en chrétienté. Elle retraduit du latin des textes oubliés qui, dès les origines, plaidaient en faveur d'un esprit de recherche plus que de certitude. Un esprit d'observation plus que de scolastique. Une sympathie qui nous engage et conduit à ce naturel qui nous appelle depuis la nuit des temps.
    Novateur et passionnant.

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