Presses Universitaires de France

  • Bonjour l'angoisse ! et autres impromptus

    André Comte-Sponville

    • Presses universitaires de france
    • 9 Mars 2022

    « Philosopher, c'est penser sa vie et vivre sa pensée. Entre les deux, un décalage subsiste pourtant, qui nous constitue et nous déchire. A quoi bon tant penser si c'est pour vivre si peu ? On voudrait ici essayer autre chose : une philosophie à découvert, au plus près de la vie réelle, de ses échecs, de sa fragilité, de sa perpétuelle et fugitive improvisation. C'est ce que le mot d'impromptus, emprunté à Schubert, a paru pouvoir désigner à peu près. »

  • L'ouvrage débute par une définition précise des termes « anarchie » et « anarchisme » et de leur histoire, en même temps que par un tour d'horizon des enjeux politiques contemporains qui rendent nécessaire une nouvelle réflexion sur ces termes et leur potentiel émancipateur, trop vite enterré ou méprisé (les anarchistes sont des nihilistes, des terroristes, etc.). Catherine Malabou s'interroge sur la raison pour laquelle certains des philosophes les plus importants du XXe siècle ont élaboré des concepts d'anarchie décisifs pour comprendre la situation contemporaine de la pensée en matière d'éthique et de politique sans jamais toutefois se référer à l'anarchisme. Comme si l'anarchisme était quelque chose d'inavouable, qu'il faudrait cacher alors même qu'on lui Au fil de l'interprétation critique de chaque philosophe se dégagent les éléments d'une pensée du « non gouvernable », qui va bien au-delà d'un appel à la désobéissance ou d'une critique convenue du capitalisme. Le livre propose donc une réinterprétation de l'anarchisme.

  • Petit manuel philosophique à l'intention des grands émotifs Nouv.

    Petit manuel philosophique à l'intention des grands émotifs

    Ilaria Gaspari

    • Presses universitaires de france
    • 4 Mai 2022

    Les émotions ont mauvaise presse et souffrent depuis toujours d'un préjugé tenace. Les émotions, ce sont les « humeurs », ou encore les « passions » ? passivité de l'âme. Aujourd'hui encore, les hommes, bien souvent, ne doivent pas montrer leurs larmes, tandis que les femmes passent pour hystériques quand elles le font. Pourtant, ce sont nos émotions, ce que nous ressentons, qui nous rendent humains. À rebours du développement personnel, c'est un guide philosophique des émotions que propose Ilaria Gaspari. Nostalgie, angoisse, gratitude, etc. : les mots que nous mettons sur nos maux ont une histoire, celle de toutes les personnes qui les ont vécues, dites, chantées, étudiées. En s'appuyant sur les plus grands philosophes et la littérature, des récits initiatiques d'Homère à Schopenhauer en passant par Spinoza, Ilaria Gaspari montre que ce qui est le plus intime est aussi universel : les émotions nous inscrivent dans la lignée des hommes. À travers ce voyage émotionnel dans le temps et la philosophie, à partir de son expérience personnelle, Ilaria Gaspari enjoint à se reconnaître comme émotif afin de ne pas se laisser dominer par elles, ne pas les subir, ni les réprimer, mais les vivre et nous fier à ce qu'elles nous disent. Car c'est l'émotion que nous ressentons qui nous rappelle nos besoins profonds, qui nous rappelle que nous sommes humains.

  • à côté du genre : sexe et philosophie de l'égalité

    Geneviève Fraisse

    • Presses universitaires de france
    • 2 Mars 2022

    Le contemporain démocratique nous invite, depuis quelques décennies, à penser le sexe et le genre. La légitimité de cette réflexion s'affirme enfin. Dans cet ouvrage qui réunit La controverse des sexes, La différence des sexes et un recueil d'articles inédits, la démarche privilégie l'« à côté » d'une recherche des définitions et des identités. Le passage conceptuel de « sexe » à « genre » demande une distance critique. C'est à partir d'un repérage des lieux dans une histoire de la pensée, philosophique, littéraire et factuelle que les questions philosophiques sont identifiées et développées par l'autrice. Car il s'agit de comprendre ce qui surgit quand égalité et liberté se révèlent comme des enjeux, dans la politique et la création, l'économique et le corps, la pensée et l'agir. La longue histoire de la philosophie, quelques scènes littéraires contemporaines, et la mise à l'épreuve de débats récents, tout contribue à restituer l'importance de l'émancipation féministe au regard du monde.

  • La poétique de l'espace

    Gaston Bachelard

    • Presses universitaires de france
    • 27 Mai 2020

    La Poétique de l'espace explore, à travers les images littéraires, la dimension imaginaire de notre relation à l'espace, en se focalisant sur les espaces du bonheur intime. Le « philosophe-poète » que fût Gaston Bachelard entend ainsi aider ses lecteurs à mieux habiter le monde, grâce aux puissances de l'imagination et, plus précisément, de la rêverie. Aussi l'ouvrage propose-t-il tout d'abord une suite de variations poético-philosophiques sur le thème fondamental de la Maison, de celle de l'être humain aux « maisons animales » comme la coquille ou le nid, en passant par ces « maisons des choses » que sont les tiroirs, les armoires et les coffres. Il ouvre de la sorte une ample réflexion sur l'art d'habiter le monde, impliquant une dialectique de la miniature et de l'immensité, puis du dedans et du dehors, qui s'achève par une méditation des images de la plénitude heureuse, condensant les enjeux anthropologiques, métaphysiques et éthiques de cette oeuvre sans précédent.

  • L'enquête infinie

    Pacôme Thiellement

    • Presses universitaires de france
    • 15 Septembre 2021

    Qu'y a-t-il de commun entre le petit Grégory, Alfred Jarry, Jack L'Éventreur, Ronald Reagan, David Bowie, Edgar Allan Poe, Nicolas Sarkozy, Vincent Van Gogh, Martin Shkreli, Philip K. Dick, Nelson Mandela, Otis Redding, ou André Breton ? Qu'ont-ils en commun, ces individus hantant le vingtième siècle comme s'il était un théâtre grinçant ? La réponse est peut-être que, sans eux, l'histoire de ce siècle - notre histoire - serait incompréhensible. Car il y a les récits de manuels, avec ses grands hommes et ses grands événements. Et puis il y a le reste - les légendes dont est tissée la réalité, et qu'on ne peut raconter qu'au coin du feu ou dans l'ombre d'une porte, de peur de passer pour fou. Pacôme Thiellement n'a pas peur de la folie. Et lorsqu'il choisit de raconter « son » vingtième siècle, c'est à travers le plus étonnant des réseaux de correspondance, où la poésie fait écho au fait divers, les stars médiatiques à d'obscures préoccupations mystiques, et les nobles déclarations politiques aux tentatives incessantes de rendre la vie des humains impossible. Qu'y a-t-il donc de commun entre toutes ces figures ? Elles cherchèrent toutes à faire de la question « Qu'est-ce que vivre ? » celle du siècle lui-même.

  • La dialectique de la durée

    Gaston Bachelard

    • Presses universitaires de france
    • 9 Mars 2022

    Penser le temps peut aider à mieux vivre, à condition de se défaire des métaphores qui assimilent la durée à un flux ininterrompu ou à une continuité mélodique. Contre Bergson, Bachelard soutient que la durée, loin d'être un tissu indéchirable, une enveloppe qui nous berce ou qui nous porte, a un caractère essentiellement composite. Elle se forme sur la base discontinue des actes de l'esprit. Pour vérifier cette thèse, Bachelard aborde tour à tour la psychologie de la mémoire et de l'action volontaire, les formes de la causalité en physique, l'observation des phénomènes quantiques, l'esthétique musicale et poétique, les compositions temporelles du sentiment, de la pensée abstraite et de la vie morale. Il en dégage cette leçon générale : durer, c'est ordonner de loin en loin des instants actifs ; c'est composer des rythmes. L'approfondissement métaphysique de cette idée conduit Bachelard à dégager ce qu'il tient pour le noyau « dialectique » de l'expérience temporelle, et plus généralement de la vie de l'esprit : l'oscillation entre activité et repos, être et néant. Le projet de « rythmanalyse » sur lequel débouche cette étonnante enquête suggère que le secret philosophique du repos est dans une existence bien rythmée. De nombreuses applications permettent d'en vérifier l'idée : de l'homéopathie à la chronobiologie, en passant par le travail poétique des ambivalences sentimentales ou l'analyse de « l'état lyrique ». Accompagnée d'une présentation, de notes explicatives, d'une table analytique, d'un index et d'une bibliographie, cette édition permettra à chacun de prendre la mesure de l'originalité et de l'audace d'un essai de philosophie expérimentale qui n'a rien perdu de son actualité depuis sa première publication en 1936.

  • Le vivable et l'invivable

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    • Presses universitaires de france
    • 12 Mai 2021

    Dans les épreuves et les violences du monde contemporain. l'invivable est la pointe extrême de la souffrance, de l'injustice, et du soin qui peut et doit y répondre. Mais qu'est-ce qui est invivable ? Puisqu'il exige immédiatement une action et un soin, comment s'en prémunir et le réparer? Judith Butler critique les normes qui rendent des vies « précaires » et « invivables » (depuis Trouble dans le genre), mais sans pour autant la lier à une philosophie de « la vie » ou du « soin ». Frédéric Worms, de son côté revendique un « vitalisme critique », pour lequel tout ce qui cause la mort relève de la vie, mais d'une manière différenciée selon les vivants, de sorte que « l'invivable » qui tue quelque chose en nous, reste littéralement vital et révèle la spécificité des vivants humains. Mais tous les deux voient dans la différence entre le vivable et l'invivable le fondement critique pour une pratique contemporaine du soin. Pour l'un et pour l'autre, le soin complet rendra la vie humaine vivable, « plus que vivante ». Il faut s'appuyer pour cela sur les pratiques concrètes des humains confrontés à l'invivable, les réfugiés dans le monde contemporain, les témoins et les écrivains des violations du passé. Ce sont eux qui nous apprennent et nous transmettent ce qui dans l'invivable est insoutenable, mais aussi indubitable, et ce qui permet d'y résister. Un dialogue transcrit et traduit d'une séance tenue à l'Ecole normale supérieure.

  • Le plaisir des images

    Maxime Coulombe

    • Presses universitaires de france
    • 2 Octobre 2019

    Les images répondent à certains besoins essentiels : elles nous font apprendre, nous défoulent et nous apaisent, elles stimulent notre mémoire, nos sens, nos émotions, nos désirs, elles nous permettent d'explorer nos tensions internes. Leur nature fictionnelle sait ouvrir la porte de notre vie intérieure souvent bien mieux que ne le fait notre quotidien. Telle est d'ailleurs le plus souvent la raison pour laquelle nous les fréquentons. Ce pouvoir mémoriel et affectif des images est au coeur de cet ouvrage. Nous tenterons de comprendre ce qui opère en nous lorsque nous les regardons : la manière dont elles réveillent nos souvenirs, nourrissent nos fantasmes, la force avec laquelle elles nous ébranlent et nous défoulent, leur pouvoir à lever le voile sur certains pans de notre vie intérieure.

  • Sycomore sickamour

    Pacôme Thiellement

    • Presses universitaires de france
    • 3 Octobre 2018

    Nous sommes les héritiers de la plus sinistre des histoires : celle qui a fait de l'amour un piège. De Adam et Ève aux séries contemporaines, elle n'a pas cessé d'être rejouée, définissant l'horizon de vie des femmes et des hommes errant sur la terre sous l'oeil mauvais du Démiurge. Il s'agit d'une histoire dans laquelle l'amour n'est pas ce qui sauve, mais ce qui enferme ; il n'est pas ce qui rend bon et joyeux, mais triste et méchant, égoïste et cruel. L'amour est un sickamour - un amour malade. Comment faire pour en échapper ? Comment faire pour retrouver ce qui a été perdu lorsque, jaloux du bonheur d'Adam et Ève, Dieu décida de les flanquer à la porte du Paradis ? Telle est la question que s'est posée Pacôme Thiellement dans Sycomore Sickamour, une promenade hallucinée et somptueuse dans les méandres d'un savoir amoureux perdu, mêlant le théâtre de William Shakespeare et les textes gnostiques, les images de Jacques Rivette et celles de David Lynch, mais aussi Buffy et Clair de lune, Raymond Roussel et John Lennon, Gérard de Nerval et Martha & The Vandellas. Une promenade à la recherche du twist de l'amour heureux.

  • Philosophie de l'odorat

    Chantal Jaquet

    • Presses universitaires de france
    • 9 Mars 2022

    Découvrir la noblesse de l'odorat, tel est le but de ce livre, qui fait d'un sens négligé un objet de réflexion à part entière. Chantal Jaquet remet en cause les préjugés sur l'odorat comme sa prétendue faiblesse, son caractère primitif ou immoral et met au jour la manière dont l'esprit nous vient aussi du nez. Le rôle décisif des odeurs dans la constitution de la mémoire et de l'affectivité ainsi que dans la construction de l'identité et de l'altérité est rappelé. Cette réhabilitation de l'odorat vise la promotion d'un véritable art olfactif qui dépasse le simple usage cosmétique des parfums et substitue le « sentir beau » au « sentir bon ». L'élaboration d'une esthétique olfactive repose sur la recherche des expressions artistiques de l'odeur, aussi bien dans la littérature de Huysmans, Balzac et Proust, que dans la musique de Debussy, la peinture de Gauguin ou la sculpture de Rodin. Elle s'appuie également sur les tentatives historiques de création pure de parfums ou les installations dans l'art contemporain.

  • Trop mignon !- mythologies du cute

    Vincent Lavoie

    • Presses universitaires de france
    • 18 Mars 2020

    Nous vivons l'âge du triomphe du mignon. Qu'il prenne la forme de personnages de dessin animé aux yeux démesurés ou de vidéos de chatons, de bébés joufflus ou de petites voitures qui donnent l'impression de sourire, la totalité de l'espace de la culture semble avoir trouvé dans la fascination pour ce que les Anglo-saxons appellent « cute » et les Japonais « kawaii » une sorte d'exutoire à l'horreur qui s'étale partout ailleurs. Mais de quel exutoire s'agit-il ? Et si, bien loin de marquer un échappatoire au cours du monde, notre goût pour le mignon n'était rien d'autre qu'une manière de nous y enchaîner davantage ? Et si, loin d'évoquer un monde de gentillesse et de douceur, il constituait une manifestation paradoxale de nos désirs de violence et de destruction ? Telles sont les questions qui servent de guide à Vincent Lavoie dans cet essai malin et virevoltant, où les célébrités d'Internet croisent celles du cinéma, du jeu vidéo, de la bande dessinée et même de l'industrie, de Pikachu à la Coccinelle, de Mickey Mouse aux inquiétants Cats for Jihad.

  • Les psychonautes

    Sinziana Ravini

    • Presses universitaires de france
    • 16 Février 2022

    Qu'est-ce que l'inconscient ? À cette question, de nombreuses disciplines, de la psychanalyse aux neurosciences, ont tenté de proposer une réponse toujours frustrante. Peut-être cet échec repose-t-il sur le fait que l'inconscient a trop longtemps été considéré comme une chose à observer de loin, plutôt que comme un paysage à arpenter, à parcourir, à explorer. S'entourant d'une pléiade d'artistes, de cinéastes et d'écrivains, de Christopher Nolan à Mikhaïl Boulgakov, de Anish Kapoor à Stanley Kubrick, de Michel Houellebecq à Liv Strmquist, balayant tout le spectre de la pensée contemporaine, Sinziana Ravini propose donc une invitation au voyage une traversée de l'inconscient en compagnie de ceux qui ont choisi de ne pas chercher à le circonscrire, mais à en creuser les méandres et à en approfondir les chemins. En la suivant, on découvrira un monde nouveau, où les dimensions les plus narcissiques, les plus individuelles, de l'inconscient se confondent avec les plus générales, les plus collectives un monde où la vie intime des individus se fait l'écho de celle de la réalité elle-même. Dans un va-et-vient méditatif, les frontières trop bien définies des savoirs de l'inconscient finissent par perdre leur pertinence, au profit d'une approche nouvelle et sensible, qui cherche moins à définir les règles de compréhension de notre vie psychique qu'à poser les questions susceptibles de nous aider à poursuivre le voyage à devenir enfin, comme les artistes eux-mêmes, les psychonautes de notre présent.

  • Sexe, genre et sexualités : introduction à la philosophie féministe

    Elsa Dorlin

    • Presses universitaires de france
    • 7 Avril 2021

    Le sexe désigne communément le sexe biologique qui nous est assigné à la naissance (mâle ou femelle), le rôle ou le comportement sexuels qui sont censés lui correspondre (le genre), et, enfin, la sexualité. Les théories féministes s'attachent à la problématisation de ces trois acceptions mêlées du sexe. Elles travaillent à la fois sur les distinctions historiquement établies entre le sexe, le genre et la sexualité, sur leurs constructions et leurs relations. S'agit-il d'une relation de causalité : le sexe biologique détermine-t-il le genre et la sexualité ? D'une relation de simultanéité non contraignante entre le sexe biologique, d'une part, et l'identité sexuelle (de genre et de sexualité), d'autre part? S'agit-il d'une relation de normalisation? L'hétérosexualité reproductrice est-elle la norme légale, sociale, mais aussi médicale, à l'aune de laquelle les catégories de sexe comme de genre peuvent être déconstruites, voire contestées et bouleversées ? Le présent volume porte sur les théories féministes de ces cinquante dernières années, dont la richesse et l'engagement en font l'un des champs les plus novateurs de la recherche actuelle : le féminisme marxiste, l'épistémologie ou l'éthique féministes, l'histoire et la philosophie féministes des sciences, le black feminism, le féminisme « post-moderne » et la théorie queer. L'ensemble de ces pensées constitue aujourd'hui un véritable champ de la philosophie contemporaine, dont on trouvera ici une introduction et une problématisation particulièrement éclairantes.

  • L'échec d'une prophétie

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    • Presses universitaires de france
    • 13 Avril 2022

    Très nombreuses sont les religions et les sectes qui prédisent la fin du monde. Mais comment réagit une collectivité humaine lorsque sa croyance est démentie par la réalité ? Trois spécialistes en psychologie sociale ont suivi le parcours d'une secte persuadée de l'imminence de la fin du monde, prévue à une date précise, et qui s'y prépare avec la certitude que ses fidèles seront sauvés par une intervention extraterrestre. De toute évidence, la prophétie devait échouer. Et les membres de la secte se trouver face à l'échec de la prophétie. La théorie de la dissonance cognitive, qui sert de fil conducteur à cette recherche, nous explique pourquoi, au lieu de renoncer à leur croyance, comme le voudrait la logique, les fidèles continuent au contraire à la répandre et font des prosélytes afin de trouver auprès d'eux la confirmation que la réalité leur a refusée.

  • Qui parle ?

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    • Presses universitaires de france
    • 20 Avril 2022

    Dans les années 1970, lorsqu'on demandait « Qui parle ? », c'était un rideau de théâtre qui se levait, ouvrant sur une scène où s'exprimaient des êtres humains désireux de questionner les sciences et leurs procédures, la légitimité? des autorités, la structure des regards, la politique des identités, les épistémologies féministes, queer et postcoloniales, les institutions représentatives et jusqu'à l'histoire du cinéma documentaire ou des écritures pronominales en littérature. Mais aujourd'hui, à l'âge de l'Anthropocène, la voix silencieuse du monde a rattrapé ces humains. Poser la question « Qui parle ? » signifie désormais élargir la scène à tous les êtres qui, parce qu'ils ne disposent pas de la parole, ne pouvaient s'y exprimer. Animaux, végétaux, objets ou machines : comment faire pour leur donner cette parole dont ils furent exclus ? Aliocha Imhoff et Kantuta Quiros répondent à cette question par un manifeste pour une politique du silence qui est aussi bien une cartographie de ses moyens possibles : procédés de traduction et formes nouvelles de citoyenneté, d'écodiplomatie, d'attention ou de porte-parolat sont mobilisés par les militants, artistes et penseurs qui cherchent à donner une voix à ce qui n'en a pas.

  • Dire la maladie

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    • Presses universitaires de france
    • 13 Avril 2022

    L'expérience de la maladie nous confronte aux limites du langage. Que peut-on dire de l'expérience de la maladie, de son accompagnement et de son soin ? Fruit d'une journée d'étude consacrée aux récits de maladie, entre philosophie, littérature et médecine, cet ouvrage réunit des chercheurs, soignants et patients. Il s'agit ici de questionner le rapport au « dire » de la maladie, en croisant les savoirs et les expériences. Que peut-on dire de la maladie ? La maladie peut-elle-même se dire ? En partant des difficultés qui conditionnent l'accès à la parole dans la maladie, les récits qui s'en dégagent questionnent, en miroir, ce que la maladie fait au langage, et ce que la parole peut faire dans la traversée de la maladie.

  • Remontant aux prémisses fondamentales de la théorie kantienne du droit, ce livre établit que le droit de propriété privée, loin d'être pour Kant un droit formel, dont l'effectivité pour chacun serait contingente, est au contraire la condition universelle de la liberté concrète : tout être humain a droit d'avoir un lieu sur terre pour vivre libre. Au siècle suivant, Marx a montré comment l'économie capitaliste a transformé ce droit en un instrument de dépossession qui sépare le sujet, entendu comme une entité abstraite, de ses conditions organiques d'existence. Dans l'espace fini d'une terre entièrement occupée, les logiques de l'économie capitaliste et de la politique des États-nations se conjuguent pour pérenniser cette séparation. Elles sont génératrices d'exclusions qui bafouent frontalement l'universalité du droit à la liberté : entre répression et assistance paternaliste, les politiques publiques visant les pauvres et les migrants dénient dans la pratique à leurs destinataires la qualité de sujet de droits.

  • éloge du suffisant

    André Gorz

    • Presses universitaires de france
    • 3 Avril 2019

    Pour André Gorz, défense du « monde vécu » et défense du « milieu naturel » sont les deux faces d'une même résistance. Il inscrit la question écologique dans le cadre plus vaste de la domination des « systèmes » (marché capitaliste et administration étatique) sur le « monde vécu ». Tandis que le capital, à l'accroissement illimité, menace la nature qu'il pille autant que la société qu'il manipule, l'autogestion est une autolimitation, selon le « principe de suffisance » : une gestion raisonnable et un lissage des richesses atténuent les tensions sociales et préservent les ressources naturelles. Le choix de la décroissance est un arbitrage démocratique entre efforts consentis et besoins reconnus, qui assure tout à la fois moins de charge de travail (redistribué), plus d'autonomie (espaces coopératifs) et de sécurité (revenu garanti), et qui laisse leur temps aux activités qui valent pour elles-mêmes.

  • Canguilhem philosophe : le sujet et l'erreur

    Michele Cammelli

    • Presses universitaires de france
    • 20 Avril 2022

    À partir de la théorie cartésienne de l'erreur comme acte créateur à la rencontre de l'âme et du corps, Alain élabore une esthétique et une théorie de l'art qui constituent pour Canguilhem le point de départ d'une véritable étude philosophique du sujet et de ses opérations psychiques-corporelles. Le livre reconstruit la recherche de Canguilhem depuis ce premier engagement dans l'esthétique d'Alain jusqu'à sa réflexion sur la normativité vitale comme un mouvement de pensée proprement philosophique : en passant par le tournant canguilhemien, la méditation classique sur le problème de la création et de l'erreur élaborée par la tradition idéaliste depuis Platon jusqu'à Descartes s'ouvre philosophiquement à la révolution darwinienne et se trouve par-là confrontée à un nouveau défi, penser la création et l'erreur dans l'initiative même du vivant.

  • Le nouvel esprit scientifique

    Gaston Bachelard

    • Presses universitaires de france
    • 27 Mai 2020

    « Saisir la pensée scientifique contemporaine dans sa dialectique et en montrer ainsi la nouveauté essentielle, tel est le but philosophique de ce petit livre. » Cette phrase de Gaston Bachelard donne l'ambition du projet. En prenant pour modèle la révolution axiomatique des géométries non-euclidiennes, Bachelard démontre dans cet ouvrage publié pour la première fois en 1934 la nouveauté des théories physiques contemporaines - théorie de la relativité restreinte et générale et mécanique quantique. Celles-ci ont modifié les bases du savoir et rompu avec les représentations classiques. Bachelard en induit la nécessité de réviser en profondeur nos conceptions métaphysiques et les images qui s'y rattachent. Il analyse ainsi comment la relativité einsteinienne transforme les notions de temps et d'espace et la microphysique périme la notion de « chose ». À la lumière de ses analyses, la méthode scientifique apparaît comme « non-cartésienne », c'est-à-dire qu'elle ne s'appuie plus sur un fondement absolu et des idées simples mais consiste, au contraire, à réviser constamment ses hypothèses pour mieux épouser la complexité des phénomènes.

  • Une éthique du numérique : pour quoi faire?

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    • Presses universitaires de france
    • 16 Février 2022

    Le monde vit une profonde conversion numérique. Entré dans notre vocabulaire au tournant des années 2000, le numérique modifie les méthodes scientifiques et les démarches techniques. Il participe à l'environnement social et culturel global dans lequel nous vivons et une démarche éthique spécifique s'y rapporte. Cet ouvrage aborde les influences importantes et durables des technologies numériques sur l'être humain et la fascination provoquée par les machines qui imitent le vivant, mais aussi la remise en jeu, radicale et universelle, de la manière dont nous considérons aujourd'hui l'autonomie humaine, les rapports sociaux et politiques. Ils mettent en lumière enfin les apports du numérique aux objectifs de développement durable, notamment pour l'éducation, la culture, la santé, la justice sociale, l'économie, l'environnement. Les membres de Comité national pilote d'éthique du numérique et plusieurs de leurs collègues illustrent ces différents aspects au travers de textes courts explicitant les concepts et les défis et en donnant des exemples issus de leurs travaux sur les véhicules dits autonomes, la reconnaissance faciale, les chatbots ou les dilemmes issus de la lutte contre la désinformation.

  • Le matérialisme rationnel ; édition critique

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    • Presses universitaires de france
    • 24 Février 2021

    Dernier ouvrage d'épistémologie de Gaston Bachelard, Le Matérialisme rationnel (1953) étudie la chimie, définie comme la science des transformations et des créations matérielles. Il commence par interroger les conditions d'émergence de cette science, en soulignant la rupture qu'elle a dû opérer avec l'alchimie et la cosmologie, où Bachelard décèle le jeu de l'imaginaire et les symboles de l'inconscient. À travers une lecture philosophique passionnée des traités scientifiques, il pose ensuite de manière remarquablement précise la question des relations entre chimie contemporaine et physique nucléaire. Il y voit une rencontre historique entre deux rationalismes régionaux et cherche à préciser les termes de l'unification de ces deux traditions théoriques et expérimentales. Il montre enfin que la nouvelle ontologie de l'énergie qui émerge au croisement de ces deux disciplines déborde de toutes parts les catégories philosophiques traditionnelles. Cet ouvrage est présenté dans une nouvelle édition critique comportant une présentation, des notes explicatives, une table analytique, un index et une bibliographie.

  • Alain Badiou par Alain Badiou

    Alain Badiou

    • Presses universitaires de france
    • 3 Février 2021

    Né d'une rencontre avec une classe de lycéens belges, ce livre incarne l'accomplissement d'un défi : celui qui consiste, pour un philosophe célèbre pour l'ambition et la richesse de son travail, à en proposer une introduction qui n'en perde pourtant jamais la pointe. C'est ce défi qu'a relevé Alain Badiou dans ce petit livre, mêlant entretiens et textes inédits, qui parcourt avec autant d'allégresse que de pédagogie plus de soixante années de publications, et traverse la totalité des domaines dans lesquels sa pensée s'est illustrée : ontologie fondamentale, mathématiques, politique, poésie ou amour - non sans multiplier les digressions en direction des grandes figures de l'histoire de la philosophie. À l'heure où l'oeuvre d'Alain Badiou est enseignée et commentée dans les universités et les grandes écoles du monde entier, il était temps qu'on dispose d'une boussole fiable afin de s'orienter dans son fantastique foisonnement. On la tient entre les mains.

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