• La régulation du débat public sur Internet est devenue un impératif pour les démocraties européennes, compte tenu du pouvoir exercé par les grandes plateformes numériques. Mais comment la discussion en ligne peut-elle devenir propice à l'exercice de la rationalité critique ? Le dossier, coordonné par Romain Badouard et Charles Girard, examine la propagation des fausses nouvelles, la mobilisation de nouveaux publics, les pouvoirs de régulations privés et la déstabilisation des cadres juridiques. À lire aussi dans ce numéro : le naufrage moral de l'Église, qui sont les talibans ?, gouverner la pandémie, la question woke, et une rencontre avec Pierre Bergounioux.

  • Les médias

    Francis Balle

    En pleine mutation technologique, les médias jouent un rôle chaque jour plus important tant en matière d'information et de communication que de loisir et d'éducation. Presse, cinéma, radio, télévision, Internet : tous ces moyens d'échange multiplient les passerelles entre les personnes, les peuples, les cultures. Francis Balle propose un panorama historique des différents médias. Il examine leurs objectifs ou leurs finalités pour mieux souligner les enjeux majeurs dont ils sont aujourd'hui porteurs : les médias sont-ils en passe de devenir le « quatrième pouvoir » dénoncé par certains ? Soumis aux lois de l'économie marchande, mettent-ils la culture en péril ? L'essor des médias favorise-t-il, à l'ère de la mondialisation de l'économie, l'avènement du village planétaire ?

  • La communication

    Lucien Sfez

    La communication envahit tous les domaines : communication d'entreprise, marketing politique, pages « communication » de nos journaux, technocommunication, psychothérapies de groupe pour apprendre à « communiquer », etc. En soi, communiquer ne veut rien dire. Il y a en revanche des théories, des pratiques et des techniques de la communication que Lucien Sfez expose et discute. Représentative, expressive ou confondante : les formes de la communication y sont décrites ainsi que les idéologies qui les portent afin de permettre à chacun de décrypter ce phénomène fondamental de nos sociétés contemporaines.

  • Nous le constatons tous les jours: la nouvelle économie numérique qui carbure aux algorithmes et aux mégadonnées (Big Data) pose des défis de plus en plus préoccupants à nos sociétés, surtout en ce qui a trait à la protection de la vie privée, au travail ou au vivre-ensemble. Au-delà des promesses de progrès et de liberté que nous chantent ses principaux laudateurs, dont Google, Amazon et Facebook, quelles logiques, quels intérêts se cachent dans la lumière de nos écrans? Qui possède nos donnée? Quels dangers recèle la rencontre de l'automatisation du travail, de la cybernétique, de la quantification et du néolibéralisme à travers le Big Data?
    Ces logiques numériques capitalistes participent à l'amenuisement, voire à la suppression de l'espace politique, à l'érosion de la pertinence économique et sociale du travail humain et à la destruction de la société comme lieu de mutualisation des activités, des projets et des risques. Les moindres aspects de nos existences sont paramétrés en données, c'est-à-dire en marchandises ou en outils de surveillance. Il s'agit de tout mesurer, de numériser le réel et de réduire la vie à des indicateurs: seul ce qui est compté compte. Qui plus est, ces dynamiques accélèrent la mise en place d'oligopoles de la donnée d'une puissance financière et technologique sans précédent. En un mot, elles menacent ni plus ni moins nos sociétés de dissolution.
    Pierre Henrichon déploie une analyse percutante des dynamiques sous-jacentes à ce véritable complexe sociotechnique et financier qu'est le phénomène du Big Data, mais offre également un vibrant plaidoyer contre cette tendance à réduire l'humain à une forme de capital dont il faut uniquement mesurer le rendement.

  • Depuis les années 1950 la sexualité des jeunes inquiète les autorités. À lheure dinternet, laccès facilité à la pornographie, lexposition de la sexualité sur les réseaux sociaux ou le cyberharcèlement angoissent car ils sexerceraient dans des espaces incontrôlables.Mais sait-on vraiment ce que les jeunes font sur internet en matière de sexualité ? Et en quoi ces pratiques influent sur leur vie ? Cest à ces questions que répond ce livre, fruit dune enquête menée auprès de 1 500 Français de 18 à 30 ans. Prenant en compte lâge, la classe ou le genre des personnes interrogées, il en résulte une analyse des relations que les jeunes entretiennent avec la sexualité qui va souvent à lencontre des préjugés. Une réflexion passionnante sur les frontières de lintime à lheure du numérique.

    Yae?lle Amsellem-Mainguy est chargée de recherche à lInstitut national de la jeunesse et de léducation populaire (INJEP). Elle a publié l'Atlas des jeunes en France (Autrement, 2012) et Enque?ter sur la jeunesse (Armand Colin, 2018, avec Arthur Vuattoux).Arthur Vuattoux enseigne la sociologie à lUniversité Paris 13 et est chercheur à lINJEP. Il a travaillé sur le genre et la sexualité et a notamment traduit Raewyn Connell, Masculinite?s. Enjeux sociaux de lhe?ge?monie (Amsterdam, 2014).

  • Pénétrez dans les coulisses de la plus grande encyclopédie du monde !
    Qui décide des règles de Wikipédia ? Certains articles peuvent-ils être censurés? Y a-t-il un rédacteur en chef ? Quel est le modèle économique qui la régit ? Combien y a-t-il d'articles à ce jour ? Qu'est-ce qu'un wikipédien ?
    Nous l'utilisons tous les jours, et pourtant elle reste très mystérieuse à nos yeux. Certains en sont adeptes, d'autres l'accusent de tous les maux. En 2020, l'encyclopédie Wikipédia fêtera ses 20 ans, avec plus de 2 millions d'articles publiés. Rémi Mathis, président du conseil scientifique de Wikimédia France de 2014 à 2017, connaît l'encyclopédie mieux que personne. Il répond dans ce livre à toutes les questions que vous vous êtes toujours posées sur l'encyclopédie libre.

  • François Dufour a choisi 100 mots pour défendre et illustrer un journalisme pur et dur : 100 % de faits, 0 % d'opinions, guerre contre le « conditionnel de précaution », respect de la vie privée et de la présomption d'innocence... De A comme Affaire Grégory (symbole de très mauvais journalisme) à W comme Wikipédia (encyclopédie bourrée d'infos à ne pas recopier bêtement) en passant par C comme Capa et K comme Kessel (ses héros), il rappelle quelques règles indépassables de ce beau métier.
    Au risque de ne pas se faire que des amis parmi ses confrères, François Dufour livre un plaidoyer qui sera utile aussi bien à l'étudiant de Sciences Po qu'au journaliste en herbe, à l'attaché de presse comme au citoyen soucieux de s'informer correctement.
    Une lecture indispensable à l'époque de l'invasion mondiale des fake news sur Facebook et de l'autre invasion, celle des médias par les éditorialistes et des réseaux sociaux par les non-journalistes. En fermant ce livre, vous n'écouterez plus les infos, à la radio ou la télé, comme avant...

  • La disparition progressive des kiosques et marchands de journaux rétrécit l'espace public de la démocratie qui se replie dans l'univers borné des smartphones et des tablettes où l'information est assignée à résidence par le jeu des algorithmes. L'intelligence artificielle - plus d'artifice que d'intelligence - prend le pas sur l'intelligence humaine pour fixer désormais à toute vitesse - érigée en vertu de l'époque - la hiérarchie des événements, selon des critères ou le clic commercial, le « putaclic » à vocation publicitaire, l'emporte sur le discernement éditorial. Éric Fottorino, directeur de publication du 1, s'engage.

    Éric Fottorino est un journaliste et écrivain français. Après 25 années passées au quotidien Le Monde, qu'il dirige de 2007 à février 2011, il est le cofondateur de l'hebdomadaire Le 1, lancé en avril 2014.

  • La presse

    Patrick Eveno

    La très grande diversité de la presse est l'une de ses principales forces : au-delà des nombreuses périodicités - quotidiennes, hebdomadaires, bimensuelles, etc. -, la variété des maquettes et plus encore des contenus rédactionnels impressionne. Preuve de sa vitalité : chaque jour des titres de presse sont créés, tandis que d'autres interrompent leur parution.
    L'unité se situe plutôt sur le plan économique : la lourdeur des processus industriels, la complexité des systèmes de diffusion et l'importance des capitaux mobilisés ont contribué à réunir la presse en un ensemble d'industries et de services. Longtemps florissant, le secteur connaît depuis deux décennies une crise latente qui s'est accentuée récemment.
    De la salle de rédaction jusqu'à la lecture sur support électronique, cet ouvrage propose un panorama complet de la presse en France et dans le monde, de ses contenus, de son économie, de son lectorat, de ses mutations actuelles aussi.

  • Avec l'apparition de l'imprimerie, le besoin d'information présent dans toute vie sociale trouve une réponse dans le journal. À la fois témoins et acteurs de la vie nationale et internationale, les périodiques sont peut-être l'objet historique qui nourrit les liens les plus étroits avec l'état politique, la situation économique, l'organisation sociale et le niveau culturel du pays et de l'époque qui sont les leurs. Des feuilles volantes à périodicités variables comme les libelles, de la Gazette de Théophraste Renaudot jusqu'à nos journaux contemporains, cet ouvrage restitue la vie des journaux, de ces témoins et acteurs de la vie nationale et internationale et précise le rôle qu'ils ont joué dans l'évolution des sociétés.

  • Les médias ont orchestré l'essentiel de la dramaturgie politique du second tour des élections présidentielles de 2002 et de 2017. Au débat démocratique qu'ils chérissent tant - et qu'ils piétinent si allègrement -, ils ont préféré asséner leurs leçons de bienséance républicaine, de morale civique et de tactique électorale aux électeurs déviants.
    En collaboration avec les communicants politiques, les médias fixent l'agenda électoral, influent sur ce à quoi il faut penser et disposent du pouvoir de consécration (ou de stigmatisation) des candidats. Ce journalisme de prescription des choix électoraux légitimes et d'écrasement des opinions dissidentes, on l'a déjà connu en 1992 et en 2005 avec les référendums sur le traité de Maastricht et sur le Traité constitutionnel européen.
    S'ils ne font pas toujours une élection, les médias cherchent à imposer un choix qui semble inéluctable. Le choix des maîtres. En 2002 et 2017, le rappel à l'ordre médiatique de l'entre-deux-tours eut pour fonction d'effacer le désastre du premier tour : « La récréation est finie ! Au nom de la démocratie, votez ! Mais surtout, votez bien ! »

  • Les jeunes et même les moins jeunes accueillent aujourd'hui avec enthousiasme l'arrivée de Netflix, de Youtube, demain de Disney. Ils sont la nouvelle télévision, la télévision en mieux.
    Or ces offres restructurent en profondeur tout l'écosystème de l'audiovisuel. La publicité a perdu 10 000 emplois au cours des dernières années, les chaînes commerciales privées ne vont pas bien, certains pays européens se demandent s'il leur faut encore une télévision publique, le cinéma français craint que les bonnes années ne soient derrière lui. Et Netflix ne passe pas ses films en salles, mais obtient des prix partout dans le monde, sauf à Cannes.
    Comment en est-on arrivé là ? Quels sont les mécanismes cachés qui animent ce nouveau monde audiovisuel ? Au moment où l'Amérique de Donald Trump s'éloigne de l'Europe, où la consommation de vidéo engendre des monceaux de
    big data personnelles qui partent outre-Atlantique, comment faire pour ne pas perdre complètement cette guerre éclair au terme de laquelle la majorité des médias européens risquent de passer sous pavillon américain ?

  • Qu'est-ce qu'un média ? un discours ? une plateforme numérique ? la liberté d'expression ? Voilà quelques exemples qui donnent une idée de l'étendue du champ couvert par les sciences de l'information et de la communication, cette discipline qui existe en France depuis un peu plus de quarante ans et qui offre des formations très diverses aux étudiants (journaliste, médiateur culturel, webmestre, chargé de communication, etc.).
    En 100 mots, un collectif d'auteurs se propose de prendre l'analyse des médias comme le « noyau » de cette discipline. Croiser les approches (sociologique, juridique, historique, économique, sémiologique) est de fait la meilleure façon de construire cette discipline encore jeune, qui cherche à penser le monde en mettant la communication au coeur de la réflexion.

  • La pandémie de Covid-19 nous rappelle avec acuité que le Web est devenu incontournable dans l'étude des événements récents. En cela le phénomène mémoriel ne fait pas exception, que l'on pense aux débats sur le passé colonial ou sur la Guerre d'Algérie. Cependant, les traces laissées sur la Toile sont instables et difficiles à appréhender pour les historien·ne·s du temps présent. Nées dans les années 1990, les initiatives d'archivage de ce patrimoine nativement numérique se sont traduites par la création d'un dépôt légal du Web français dont la collecte, la conservation et l'accès sont organisés par l'INA et la BNF. Ce Web archivé constitue un gisement de sources précieux permettant de retrouver des contenus aujourd'hui inaccessibles en ligne. L'archivage du Web offre en outre la possibilité de consulter d'anciennes versions de sites mais aussi de pérenniser un corpus issu du «Web vivant». Ce livre, à partir de la thèse pionnière soutenue en 2015, apporte des clefs pour appréhender les enjeux historiographiques liés au déploiement des récits publics consacrés aux passés sur le Web. Il propose également des pistes méthodologiques adressées à des étudiant·e·s ou à des chercheur·e·s désireux·euses de se plonger dans l'étude d'un phénomène à partir des archives du Web.

  • Rêvée depuis la nuit des temps, imaginée avant l'informatique, nommée dans les années 50 (du 20ème siècle), l'Intelligence Artificielle a traversé des moments difficiles depuis mais connaît ces dernières années une expansion grâce à l'augmentation des performances des ordinateurs et surtout les masses de données générées par une civilisation de plus en plus numérisée. Cette omniprésence de l'IA est la promesse de jours meilleurs pour certains mais le début de la fin de l'humanité pour d'autres. En adoptant, dans les deux parties de ce livre, ces points de vue diamétralement opposés, les auteurs ont cherché à présenter les multiples facettes de cette technologie et ses conséquences sur nos vies, notre relation au travail mais aussi nos choix de société et notre environnement. Qui, des prophètes de malheur ou des technophiles heureux, a raison ? Chacun pourra se faire une opinion, peut-être grise, à la lecture du livre blanc et du livre noir de l'IA. Ce n'est qu'en connaissant les bons et les mauvais côtés de sa créature que l'humanité pourra la maîtriser.

  • « Il ne s'agit pas d'une révolution numérique, mais d'une civilisation numérique ». Cette phrase prononcée par Irina Bokova, directrice de l'Unesco, résume à elle seule l'importance des humanités numériques. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, celles-ci ne sont pas l'affaire de quelques geeks lettreux, mais, traitant de notre patrimoine et de nos identités, elles nous concernent tous et nous accompagnent déjà au quotidien.
    Dématérialisation du savoir, démocratisation de la culture, mais aussi mort du livre et création de nouvelles inégalités, les humanités numériques font débat : quelles limites fixer à la collecte et l'exploitation des données ? Quel rapport voulons-nous entretenir avec notre passé et les autres communautés ? Comment réguler les usages délictueux ?
    Au travers d'une analyse précise et d'exemples concrets, Dominique Vinck montre que les humanités numériques vont bien au-delà de la bonne maîtrise de l'informatique. Elles sont un défi posé à notre société pour la nouvelle humanité que nous voulons construire.

  • Ces dernières années, le développement des technologies numériques a donné un nouvel essor à la figure de l'amateur, notamment dans le domaine de la culture. Face à cette nouvelle donne, plusieurs institutions ont lancé des plateformes contributives culturelles, pour permettre à des amateurs, ou plus généralement à des citoyens, de participer à la construction de savoirs liés à leurs objets culturels en interaction avec l'institution. Les rapports entre institutions et amateurs qui s'instaurent à travers ces dispositifs ne sont pas linéaires et transparents. Si l'institution voit le besoin d'interagir avec ces figures clés, en même temps elle a du mal à leur donner une place qui en préserverait la liberté d'expression. Similairement, les amateurs qui commencent leur activité en autonomie sont souvent attirés par le cadre institutionnel qui peut donner de la reconnaissance ou de la visibilité à leur action. Cependant, dans ce cadre institutionnel, ils ne sont pas toujours à l'aise.
    En interrogeant les modèles épistémiques et politiques de ces plateformes, entre sciences participatives et pratiques amateurs, cet ouvrage a l'ambition de proposer une nouvelle approche à l'étude des plateformes contributives en tant que dispositifs multi-espace de dialogue entre les institutions et les citoyens.

    Ces dernières années, le développement des technologies numériques a donné un nouvel essor à la figure de l'amateur, notamment dans le domaine de la culture. Face à cette nouvelle donne, plusieurs institutions ont lancé des plateformes contributives culturelles, pour permettre à des amateurs, ou plus généralement à des citoyens, de participer à la construction de savoirs liés à leurs objets culturels en interaction avec l'institution. Les rapports entre institutions et amateurs qui s'instaurent à travers ces dispositifs ne sont pas linéaires et transparents. Si l'institution voit le besoin d'interagir avec ces figures clés, en même temps elle a du mal à leur donner une place qui en préserverait la liberté d'expression. Similairement, les amateurs qui commencent leur activité en autonomie sont souvent attirés par le cadre institutionnel qui peut donner de la reconnaissance ou de la visibilité à leur action. Cependant, dans ce cadre institutionnel, ils ne sont pas toujours à l'aise.
    En interrogeant les modèles épistémiques et politiques de ces plateformes, entre sciences participatives et pratiques amateurs, cet ouvrage a l'ambition de proposer une nouvelle approche à l'étude des plateformes contributives en tant que dispositifs multi-espace de dialogue entre les institutions et les citoyens.

  • Après un bref historique et le rappel des différentes fonctions des bibliothèques selon leur environnement administratif, social et culturel, expose les aspects fondamentaux du métier de bibliothécaire : accueil et information du public, recherche documentaire, acquisition, conservation... Une large place est faite aux outils et aux techniques actuelles de traitement et de gestion des documents.

  • Un ouvrage nécessaire pour comprendre la révolution à l'oeuvre dans l'information aujourd'hui.
    Fakenews, vérification des faits, consommation des écrans et du numérique par les jeunes, irruption des plateformes numériques mondialisées dans l'univers des médias traditionnels...Les médias et
    l'information sont aujourd'hui en pleine transformation,et tout le monde crie à l'urgence d'une éducation critique à et hors l'école pour faire face à des évolutions que le «numérique»semble accélérer. Partant d'une question d'actualité brûlante(comment et à quoi faut-il éduquer les jeunes dans le domaine des médias et de l'information?), l'ouvrage de Laurent Petit est une synthèse montrant, à travers l'évocation de précurseurs et d'expériences fondatrices, l'héritage complexe des rapports entre l'éducation et les médias. Il dévoile les enjeux du champ de l'EMI, dans lequel s'affrontent des intérêts contradictoires. Il propose enfin de repenser une approche critique qui rend possible une mise en perspective et une compréhension des enjeux politiques contemporains.

  • Comment le numérique transforme-t-il la musique ?
    Les sciences sociales se penchent désormais sur les mutations des pratiques de création, de promotion ou l'expérience des auditeurs... mais la question même n'échappe pas au déterminisme technique. L'auteur propose de renverser la perspective et se demande ce que la musique fait aux technologies et aux médias du Web.
    Il montre ce que la success story d'une plateforme de référence, YouTube, doit à la musique - en observant la multiplicité des pratiques, des formes et des valeurs qui lui sont associées, depuis les premiers clips bricolés jusqu'à la circulation accélérée des remixes sous le contrôle des maisons de disques.
    L'ouvrage se fonde sur un travail documentaire et généalogique inédit à partir des traces laissées par YouTube dans les archives du Web, d'analyses serrées de ses interfaces successives, des blogs de ses équipes, et bien sûrs de chaînes et de vidéos emblématiques.
    Finalement, ce livre montre comment, loin de répondre à un besoin immédiat, YouTube s'est construit par de multiples détours, profitant d'expériences issues des mondes de la musique pour mieux les exploiter et les réorienter.

  • Dans son roman Le Guépard, Lampedusa raconte l'histoire d'un aristocrate sicilien du XIXe siècle qui assiste inquiet aux révolutions en marche. Lors d'une discussion avec son neveu, il lui dit « Si tu veux que les choses restent comme avant, alors il va falloir tout changer ». Avec la transformation digitale, nous sommes dans une situation comparable. Si nous voulons qu'un dirigeant puisse continuer à entreprendre, si nous voulons qu'un médecin continue à pouvoir soigner, si nous voulons qu'un professeur continue son métier d'enseignant, si nous voulons que les magistrats continuent à garantir un État de droit, eh bien alors il va falloir tout changer ! L'enjeu ne consiste pas à « numériser » ces métiers essentiels, mais plutôt à les réinventer dans un monde devenu numérique. La transformation digitale est un impératif, et cette Petite philosophie propose aux responsables une méthode pour la piloter et se réinventer dans ce nouveau monde.

  • La série n'est pas simplement un genre télévisé en vogue, c'est d'abord une forme. C'est du neuf esthétique, et on sait que les inventions de formes sont rares. Pour la décrire, il faut se lancer dans une anatomie comparative et la confronter à d'autres formes, au cinéma, évidemment, mais aussi à des formes plus anciennes, fondamentales dans notre civilisation?: au mythe, au roman, aussi au tableau. La question de la série se pose depuis toujours, dans la littérature, avec le feuilleton par exemple, ou dans l'art, avec les Nymphéas de Monet, la reproductibilité technique selon Walter Benjamin ou la collection, notamment. Mais la forme-série n'est pas qu'un problème esthétique, et cette forme n'est pas seulement nouvelle, elle est profondément actuelle. La forme-série pourrait être le langage du monde comme il est?: en crise. La série serait une forme de crise. Elle serait structurée comme le monde en crise, ou le monde serait lui-même structuré comme une série. D'où l'interrogation qui anime le propos?: de quoi la série est-elle la forme?? La série symptôme du monde comme il va, ou comme il ne va pas. Une forme témoin du malaise dans la civilisation. Cela conduit, pour finir, à la question de savoir pourquoi les femmes occupent le devant de la scène des séries.

  • L'information traverse une crise majeure. Alors que la presse et l'audiovisuel perdent des recettes et une grande partie de leur audience, les plate-formes numériques attirent un vaste public et diffusent massivement des nouvelles sans contrôle ni vérification, donnant libre cours à de multiples formes de manipulation. Qui plus est, elles collectent des ressources considérables en exploitant des millions de données appartenant aux internautes.
    En France et en Europe, la réflexion sur la révolution numérique ne fait que commencer alors que celle-ci bouleverse déjà la vie sociale. Antoine de Tarlé propose, en s'appuyant notamment sur des études de chercheurs américains, une analyse neuve et stimulante d'une situation d'une gravité extrême. Car au-delà du journalisme, c'est la démocratie qui est menacée.

  • À quoi sert le journalisme en démocratie ? Que veut dire voir et faire voir le monde au présent ? Quel est le sens politique d'une telle activité ? Existe-t-il un journalisme « idéal », à l'aune duquel juger le journalisme « réel » ? Sur quelle base le critiquer, et pour lui indiquer quels chemins aujourd'hui ? Dans cet essai stimulant, le premier à soumettre le journalisme à un questionnement philosophique, Géraldine Muhlmann montre qu'une double tâche est assignée au journalisme : faire vivre du conflit et tisser du commun au sein de la communauté politique. C'est finalement l'énigme de la démocratie qu'elle explore : la coexistence de deux scènes, celle des actions et celle des représentations, la seconde offrant une issue symbolique aux conflits qui agitent la première. Une préface inédite met cet essai à l'épreuve des problèmes les plus aigus auxquels le journalisme est confronté aujourd'hui : le complotisme et les fake news ; la vitesse de l'information et son « séquençage » ; ou encore, le phénomène des « lanceurs d'alerte », dans ce qu'il a d'ancien et de nouveau.

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