Gallimard

  • Demain la Chine : guerre ou paix ?

    Jean-Pierre Cabestan

    • Gallimard
    • 2 Septembre 2021

    Développement économique vertigineux, montée en puissance impressionnante, modernisation militaire sans précédent, passions nationalistes souvent incandescentes, confrontation de plus en plus intense avec les États-Unis, tous ces ingrédients connus semblent conduire immanquablement la Chine à la guerre.
    Les causes immédiates d'un conflit armé ne manquent pas : les prétentions de Pékin en mer de Chine du Sud, le conflit territorial sino-japonais autour des Senkaku (Diaoyu) et surtout la volonté farouche de Xi Jinping de réunifier Taiwan à la République populaire constituent les principaux barils de poudre qui peuvent à tout moment exploser. De fait, les prédictions d'un affrontement militaire dans le détroit de Formose d'où la Chine sortirait vainqueur se multiplient.
    Pour l'heure, ce que l'on observe avant tout est une utilisation de plus en plus fréquente par le gouvernement chinois de ce qu'on appelle les "zones grises" entre la paix et la guerre. Cette stratégie s'est étendue, en 2020, à la longue frontière sino-indienne. Ce nouveau modus operandi permet aussi à l'Armée populaire de libération (APL) et aux autres agences de sécurité chinoises d'améliorer leur capacité de projection de forces et leur préparation au combat. Mais les enjeux d'une guerre ouverte, et pas uniquement avec les États-Unis, restent énormes, incitant l'APL à d'abord envisager des "opérations extérieures" plus limitées et moins dangereuses.
    Pour ces raisons, bien que nul ne puisse contrôler les passions humaines, et sans pour autant exclure l'irruption de crises militaires, la Chine et les États-Unis s'orientent plus vers une guerre froide d'un nouveau type que vers une guerre chaude qui pourrait rapidement se nucléariser.

  • La reconnaissance ; histoire européenne d'une idée

    Axel Honneth

    • Gallimard
    • 12 Novembre 2020

    Le concept de "reconnaissance" est aujourd'hui essentiel à notre identité politique et culturelle : il recouvre des exigences aussi diverses que celles de se respecter mutuellement comme membres égaux d'une communauté de coopération ; de garantir une reconnaissance inconditionnelle à la singularité de l'autre ; ou de témoigner de considération aux minorités culturelles.
    Or les cultures française, britannique et allemande divergent profondément dans leur façon de concevoir le sens et le contenu de la rencontre interhumaine. Si, dans le contexte français, l'effort individuel pour acquérir un statut social ou une existence socialement assurée fait naître la crainte de la perte de soi, dans le contexte britannique, le besoin individuel d'approbation sociale dispose les sujets à exercer un contrôle moral sur eux-mêmes ; tandis que, dans le contexte germanophone, la nécessité où se trouve l'individu d'entrer dans une relation de reconnaissance réciproque ouvre la possibilité de l'autodétermination.
    Axel Honneth s'interroge sur le lien qui existe entre les trois approches : ne font-elles qu'éclairer différemment le même phénomène de reconnaissance intersubjective, ou bien en révèlent-elles des aspects complémentaires qui, rassemblés, fourniraient une image plus complexe de ces processus ?
    La reconnaissance est suivi, en annexe, de "Abolir les injustices, l'emporter sur le crime : retour sur les souces de la solidarité européenne" (traduit de l'allemand par Julia Christ).

  • "Nous les avons accueillis avec sympathie, un brin amusés par leur accoutrement folklorique. Quelques années plus tard, nous découvrîmes presque à l'improviste que cet islamisme qui nous paraissait si pauvrement insignifiant s'était répandu dans tout le pays."

    Boualem Sansal, l'une des grandes voix de la littérature algérienne, s'interroge sur les acteurs de la propagation de l'islamisme : les États prosélytes, les élites opportunistes, les intellectuels silencieux, les médias, "la rue arabe"... Il questionne aussi l'échec de l'intégration dans les pays d'accueil des émigrés.

    Une synthèse engagée, documentée, des prises de position humanistes qui dénoncent à la fois le pouvoir militaire algérien et le totalitarisme islamiste.

  • Dommage, Tunisie ; la dépression démocratique

    Hélé Béji

    • Gallimard
    • 17 Octobre 2019

    «Une expérience beaucoup plus cruelle que celle du colonialisme nous attend, celle de la guerre impitoyable avec notre vie sauvage. Ce qui n'avait pas été assimilé par la domination coloniale ne l'a pas été par la modernité nationale, ni par la Révolution, ni par la démocratie. L'islamisme armé vient nous rappeler que le travail ne fait que commencer, et qu'en réalité, nous l'avons esquivé.» Hélé Béji
    La Révolution tunisienne de 2011, née du sentiment de dignité et de justice d'un peuple, fut celle de la spontanéité. Elle a aussi ouvert une voie alternative à l'ingérence démocratique occidentale, aux accents de nouvelle croisade, qui n'a fait que raviver dramatiquement l'islamisme radical. Mais qu'a fait la Tunisie de ce grand moment de son histoire ? Neuf ans après, au coeur d'une crise politique et sociale aiguë, Hélé Béji dresse le constat d'un échec, qui dépasse les frontières de la seule Tunisie. Comment sortir de cette dépression politique, si ce n'est par la constitution d'une société qui, trouvant en elle-même une réponse à l'obscurantisme, restaure la dignité de l'homme ?

  • Visages du politique dans le Proche-Orient arabe contemporain

    Nadine Picaudou

    • Gallimard
    • 8 Novembre 2018

    Un livre de plus sur le Proche-Orient ? Non.
    À côté de l'image commune et quotidienne que nous avons de cette région - bombardements, attentats, exodes massifs de population -, Nadine Picaudou expose les ressorts et les formes spécifiques de
    l'action politique - les modes de construction de l'État et les dynamiques de mobilisation des acteurs dans le long XXe siècle.
    Elle s'interroge, en alternant les moments de récit avec les plages d'analyse, sur la définition même de la chose publique dans les sociétés concernées, sur le découpage d'un espace du politique dans ses rapports avec les autres instances du social : loin d'être le degré zéro du politique, la violence apparaît alors comme un instrument de négociation pour l'accès aux ressources, comme la poursuite de la politique par d'autres moyens.
    Cet ouvrage aide à comprendre comment et pourquoi les affrontements politiques revêtent aussi aisément le visage de fractures communautaires qui mystifient les peuples pour mieux les écraser.

  • Demain la Chine : démocratie ou dictature ?

    Jean-Pierre Cabestan

    • Gallimard
    • 19 Avril 2018

    Une thèse communément admise voudrait que le développement économique spectaculaire de la Chine et l'expansion d'une classe moyenne qu'il entraîne favorisent tôt ou tard une libéralisation de son régime politique et une évolution plus ou moins douce vers la démocratie. Est-ce si sûr ? Jean-Pierre Cabestan montre la fragilité de cette thèse en regard du fonctionnement réel du système politique chinois et de ses rapports avec la société. Il expose les raisons qui rendent beaucoup plus probable le maintien d'un régime autoritaire et modernisateur dirigé sans partage par le Parti communiste, la principale étant le large consensus des élites autour de ce projet.

  • Le nouvel empire ; l'Europe du vingt et unième siècle

    Bruno Le Maire

    • Gallimard
    • 4 Avril 2019

    L'Europe peut disparaître. Non pas le marché unique, mais le projet politique. Jamais les forces d'éclatement n'ont été aussi fortes depuis le traité de Rome de 1957 : des tensions internes entre pays membres de l'Union européenne se font jour, alors que le Royaume-Uni a décidé de sortir de l'Union. Mais surtout, l'affrontement des États-Unis et de la Chine, dont la maîtrise des technologies et les forces financières nous surpassent, nous impose un choix radical entre une Europe souveraine et une Europe soumise. Il est donc temps que l'Europe affirme elle aussi sa puissance. Celle d'un continent riche de la diversité de ses nations, avec de véritables frontières. Une puissance technologique, qui favorise la création de champions industriels européens, capables de créer les emplois et d'assurer la formation des centaines de millions d'Européens. Une puissance au service de la paix, qui défend ses intérêts économiques et militaires, ses entreprises comme ses citoyens. L'Europe doit définir un projet politique et s'affirmer, au XXl siècle, comme un nouvel empire.

  • Le passage à l'Europe ; histoire d'un commencement

    Luuk Van Middelaar

    • Gallimard
    • 20 Janvier 2014

    Ce livre raconte un événement lent et majeur : la genèse d'un ordre politique européen.

    Il évite le jargon et les poncifs des manuels ; ceux-ci cachent bien plus les enjeux du pouvoir qu'ils ne les éclairent. Il ne spécule pas sur une quelconque finalité. Il n'est pas pour ou contre l'Europe - peut-on l'être d'ailleurs?

    Le passage à l'Europe distingue trois sphères européennes. La sphère externe, celle du continent et de l'ancien concert des nations ;
    la sphère interne des institutions et du Traité, source de grandes attentes ;
    enfin, imprévue et non perçue, une sphère intermédiaire, celle où les États membres, rassemblés autour d'une même table, se découvrent peu à peu coresponsables d'une entreprise commune, parfois malgré eux. Cette sphère intermédiaire, dont le Conseil européen des chefs d'État ou de gouvernement est devenu l'expression institutionnelle, est le théâtre des tensions entre l'un et le multiple. Tensions qui font la force et la faiblesse de l'Union comme en témoigne la crise de l'euro.

    Livre d'histoire, en ce qu'il prend au sérieux l'expérience des hommes politiques qui ont façonné l'Europe depuis soixante ans. Livre de philosophie, en ce qu'il veut savoir ce qu'est la politique avant de trancher sur l'existence d'un corps politique européen. L'un et l'autre, parce que l'auteur considère que la vérité de la politique ne se comprend que dans le temps.

  • Corée du Nord ; un Etat-guérilla en mutation

    Philippe Pons

    • Gallimard
    • 22 Avril 2016

    La Corée du Nord est le pays le plus haï, mais aussi le plus mal connu de la planète.
    Comprendre les ressorts d'un système totalitaire sans équivalent par son monolithisme idéologique, l'inscrire dans son espace et dans son temps pour en saisir l'ancrage et décrypter le fonctionnement d'une économie émergente, de facto de marché : tel est l'objet de ce livre.
    La Corée du Nord est le fruit d'une histoire disputée : colonisée par le Japon (1910 1945) puis divisée par les États-Unis et l'URSS en 1945, partition entérinée trois ans plus tard et contestée par une guerre fratricide (1950-1953), et restée depuis sans traité de paix.
    Kim Il Sung au pouvoir a élevé la lutte de libération au rang de récit fondateur et organisé le pays sur le modèle d'une unité de guérilla, entretenant la population dans une mentalité d'assiégé permanent. La résilience de cet 'État-guérilla' est sans doute à chercher moins dans son caractère stalinien que dans un nationalisme invétéré.
    La Corée du Nord évolue néanmoins vers une économie hybride, où la frontière entre secteur public et initiative privée est de plus en plus floue et qui génère de profondes mutations sociales.
    Cette évolution interne a pour toile de fond des enjeux géostratégiques : les risques entraînés par les ambitions nucléaires de Pyongyang, les visées hégémoniques du puissant voisin chinois et le retour de la Russie dans le Grand Jeu diplomatique.

  • Carnets de Homs

    Jonathan Littell

    • Gallimard
    • 14 Juin 2012

    « Ceci est un document, pas un écrit. Il s'agit de la transcription, la plus fidèle possible, de deux carnets de notes que j'ai tenus lors d'un voyage clandestin en Syrie. Ces carnets devaient au départ servir de base pour les articles que j'ai rédigés en rentrant. Mais peu à peu, entre les longues périodes d'attente ou de désoeuvrement, les plages de temps ménagées, lors des conversations, par la traduction, et une certaine fébrilité qui tend à vouloir transformer dans l'instant le vécu en texte, ils ont pris de l'ampleur. C'est ce qui rend possible leur publication. Ce qui la justifie est tout autre : le fait qu'ils rendent compte d'un moment bref et déjà disparu, quasiment sans témoins extérieurs, les derniers jours du soulèvement d'une partie de la ville de Homs contre le régime de Bachar al-Assad, juste avant qu'il ne soit écrasé dans un bain de sang qui, au moment où j'écris ces lignes, dure encore. »
    Jonathan Littell a passé deux semaines et demie à Homs, au coeur des quartiers opposés au régime syrien. C'est, on le sent page après page, un texte écrit dans des conditions extrêmes, où les protagonistes, à chaque instant, jouent leur vie. Constituant un documents tout à fait unique, véritable enquête sur le terrain, ces carnets témoignent de la vie quotidienne du peuple en révolte de la ville de Homs, de la résistance des déserteurs de l'Armée syrienne libre, et des atrocités commises par les forces gouvernementales.

  • La constitution de l'Europe

    Jürgen Habermas

    • Gallimard
    • 6 Février 2014

    L'Union européenne est-elle désormais contre la démocratie?
    Avec l'épisode du référendum grec et l'effroi qui saisit tous les dirigeants de voir un peuple, auquel on avait imposé une cure problématique, entrer en résistance, la crise de la dette a révélé le déficit démocratique des institutions européennes. Jürgen Habermas nous alerte sur les risques que prend l'Europe à s'engager dans une voie 'postdémocratique' pour régler la question de la dette des pays de la zone euro.
    L'union monétaire européenne ne disposant pas d'un contrôle supranational à sa mesure, les dirigeants allemand et français veulent une collaboration intergouvernementale renforcée. Le Conseil européen doit s'employer à la mettre en place. Ce changement en apparence minimal devrait se traduire par une perte progressive de contrôle des Parlements nationaux sur les lois de finances ; cette réforme insidieuse asphyxierait petit à petit le poumon de la démocratie à l'échelle nationale, sans que cette perte soit compensée au niveau européen.
    Le processus grec ouvre-t-il le passage d'une Europe de gouvernement à une Europe de la 'gouvernance' - joli euphémisme pour désigner une forme dure de domination politique, qui ne repose que sur le fondement faiblement légitimé des traités internationaux?
    La 'démocratie d'un seul pays' n'est plus à même de se défendre contre les injonctions d'un capitalisme forcené, qui franchissent, elles, les frontières nationales. Il faut avancer vers et dans la constitution de l'Europe, pour que les peuples regagnent des latitudes d'action au niveau supranational, sans pour autant sacrifier la démocratie.
    La crise de l'Europe des gouvernements doit conduire à la constitution d'une Europe des peuples.
    Telle est la conviction de Jürgen Habermas dans ce petit traité de démocratie, vif, tonique et constructif.

  • De la religion en amerique

    Denis Lacorne

    • Gallimard
    • 10 Août 2015

    En Amérique, tout semble imprégné de valeurs et de références religieuses : la politique, la morale, l'enseignement et jusqu'à la vie intime. Comme si l'esprit des premiers puritains continuait à régenter les lois et les moeurs de cette vieille démocratie. C'est ce rapport entre religion et politique, constitutif de l'identité nationale américaine depuis trois siècles, qu'explore le présent ouvrage.

    Il analyse la foi des pèlerins, la montée en puissance des sectes évangéliques, la "guerre des Bibles" entre catholiques et protestants au XIXe siècle, l'invocation du Credo anglo-protestant contre l'afflux des nouveaux immigrés, l'annonce de la "mort de Dieu" dans les années 1930, ou l'usage plus récent du fondamentalisme religieux à des fins électorales... Au fil des chapitres, il met en évidence deux conceptions rivales de la nation : l'une, séculière, qui puise ses racines dans l'héritage des Lumières ; l'autre baignée dans la culture des puritains et ses avatars. Dès l'origine, les Fondateurs ont érigé un "mur de séparation" entre l'Église et l'État - qui sera parfois ébranlé et toujours reconstruit.

    Mais cet essai ne se limite pas au seul discours de l'Amérique sur elle-même. Il ne cesse de solliciter, de Voltaire à Sartre, le regard tantôt avisé et plus souvent biaisé des Français, séduits par l'exotisme d'une Amérique si étrangère à leur tradition nationale et à leurs habitudes de pensée.

  • À l'Ouest, du nouveau.
    Fin septembre 2005, le coordinateur pour la lutte contre la grippe aviaire et humaine à Genève prédisait de 2 à 150 millions de morts dans le monde lors d'une prochaine pandémie, 'comme en 1918!' tenait-il à préciser. Assurément, un nouveau spectre hante le monde transatlantique : la terreur biologique.
    Les États planchent sur des scénarios catastrophes, afin que l'économie mondiale ne soit pas frappée, du jour au lendemain, par la mise hors travail de cadres dirigeants et de simples ouvriers affaiblis par l'infection. Cette peinture des 'tempêtes microbiennes' traduit une amplification considérable de l'idée de sécurité sanitaire et une dégringolade vertigineuse dans la fiction (chiffres exagérés, analogies sans fondement, etc.) lorsqu'il s'agit de définir la prévention contre les menaces microbiennes et les procédures de gestion des crises épidémiques.
    Patrick Zylberman dégage trois grands axes de la sécurité sanitaire :
    - La place grandissante faite aux scénarios (fictions qui feignent le réel en proposant des situations imaginaires mais propices à l'apprentissage des réflexes et comportements visant à la maîtrise des événements) ;
    - Le choix systématique de la logique du pire comme régime de rationalité de la crise microbienne. Or l'événement déjoue les prévisions : il est toujours autre chose. Les scénarios du pire deviennent un handicap pour la pensée, parce qu'ils demeurent prisonniers de la modélisation ;
    - L'organisation du corps civique : dans l'espoir de renforcer l'adhésion aux institutions politiques et de faire face à la désorganisation sociale engendrée par la crise épidémique, les démocraties sont de plus en plus tentées d'imposer un civisme au superlatif (l'accent est mis sur les devoirs et les obligations du citoyen comme sur la nécessité de faire preuve d'altruisme), qu'il s'agisse des quarantaines, de la vaccination, voire de la constitution de réserves sanitaires sur le modèle des réserves de la sécurité civile.
    Ce faisant, la sécurité sanitaire transatlantique contribue à la crise de l'État-nation. Afin de maîtriser des problèmes qui sont précisément inter-nationaux dans leur nature, les États adoptent des solutions globales, même ceux qui, comme les États-Unis ou la Chine, se montrent d'ordinaire extrêmement chatouilleux sur le chapitre de la souveraineté nationale.

  • Israël et ses colombes ; enquête sur le camp de la paix

    Samy Cohen

    • Gallimard
    • 13 Octobre 2016

    Existe-t-il encore un camp de la paix en Israël ? Au début des années 1980, il occupait une place centrale, jusqu'à faire descendre dans la rue des centaines de milliers de personnes. Mais depuis, il semblait décliner alors que le conflit israélo-palestinien s'enlisait dans la violence, surtout avec la seconde Intifada. Aujourd'hui, il peine à se faire entendre et à mobiliser en masse. Ce livre en retrace l'histoire, avec ses succès et ses échecs.

    C'est surtout après la guerre des Six jours que le mouvement de la paix prend forme, aussitôt confronté aux partisans d'une colonisation à outrance des territoires conquis. Mais son étoile pâlit à mesure que la question palestinienne s'invite dans le débat national et que les attentats-suicide sapent la confiance dans le processus de paix engagé par Yitzhak Rabin. Le terrorisme a déstabilisé une opinion publique de plus en plus obsédée par sa sécurité ; le sentiment gagne que les "colombes" mènent un combat aussi illusoire qu'inactuel. Pourtant, le mouvement de la paix n'a pas disparu. Il s'est métamorphosé, donnant naissance à une multitude de petites organisations d'une vitalité insoupçonnée, y compris en Israël même : forum de familles endeuillées, associations de réservistes, de médecins, de juristes, des vigies des droits de l'homme et même d'anciens hauts responsables de la diplomatie et de la sécurité. Ce sont ces héros, nombreux et souvent méconnus, que cette enquête fait découvrir.

  • Le doux monstre de Bruxelles ou l'Europe sous tutelle

    Hans Magnus Enzensberger

    • Gallimard
    • 27 Avril 2012

    Dans ce bref pamphlet, Hans Magnus Enzensberger s'attaque frontalement à l'Europe. Une provocation supplémentaire de la part de cet Européen convaincu? Non, un cri d'alarme contre la bureaucratie bruxelloise qui, sous prétexte d'harmoniser, détruit peu à peu l'idéal qui a présidé à la construction de l'Union. Absence de démocratie flagrante, organismes innombrables, langue sclérosée, l'Europe, Enzensberger en est convaincu, travaille aujourd'hui à sa perte.
    Une contribution argumentée et mordante au débat sur l'avenir de l'Europe.

  • Inévitable protectionnisme

    ,

    • Gallimard
    • 19 Mai 2014

    Le protectionnisme est le dernier tabou des élites européennes. Malgré la violence de la crise, la suprématie du libre-échange demeure une croyance indiscutée. C'est cette interdiction de débattre que les auteurs, journalistes économiques de la nouvelle génération, ont voulu lever dans ce livre sans a priori idéologique.
    Le constat est cruel : l'idéologie libre-échangiste, devenue hégémonique à la fin du siècle dernier, est aujourd'hui battue en brèche par les faits. Dans les pays en développement, l'amélioration du niveau de vie, réelle dans certains cas, s'est avérée illusoire dans beaucoup d'autres. Dans les pays développés, la mondialisation a creusé des inégalités qui menacent de corroder le tissu social de nos sociétés.
    Le temps est donc venu pour l'Europe de définir un protectionnisme positif, européen, social et écologique, à l'opposé du nationalisme et du repli sur soi. C'est ce à quoi s'emploie cet ouvrage, qui étudie les conditions de la mise en oeuvre d'un tel dispositif et la manière dont il pourrait s'appliquer concrètement dans la vie des Européens.

  • Revue Les temps modernes n.666 ; Harkis 1962-2012 ; les mythes et les faits

    Collectif

    • Gallimard
    • 28 Janvier 2015

    Les harkis : les mythes et les faits :
    Claude Lanzmann, Les parias de la guerre d'Algérie
    Fatima Besnaci-Lancou, Pour une histoire hors manichéismes
    Pierre Messmer, 1962 : 'Ultra-secret'
    Louis Joxe, 'Nr 1676 très secret - Priorité absolue -'
    Jean-Marie Robert, 1962 : Sous-préfecture d'Akbou
    Collectifs, Le témoignage est un combat
    Wassyla Tamzali, L'homme au couffin
    Fatima Besnaci-Lancou - Benjamin Stora, Les témoins muets de la tragédie finale (entretien)
    François-Xavier Hautreux, Quelques pistes pour une meilleure compréhension de l'engagement des harkis (1954-1962)
    Todd Shepard, La République face aux harkis : questions aux historiens
    Gilles Manceron, Un abandon et des massacres aux responsabilités multiples
    Yann Scioldo-Zürcher, Les harkis sont-ils des rapatriés comme les autres?
    Abderahmen Moumen, Camp de Rivesaltes, camp de Saint-Maurice L'Ardoise
    Sung Choi, Les anciens combattans musulmans dans la France postcoloniale
    Régis Pierret, Les révoltes des enfants de harkis
    Abderahmen Moumen, De l'absence aux nouveaux porte-parole
    Vincent Crapanzano, Le récit harki : tyrannie des événements, accidents du destin
    Zineb Ali-Benali, Une généalogie de la parole 'harkis'. Mémoires des filles, paroles des mères
    Lydia Aït Saadi-Bouras, Les harkis dans les manuels scolaires algériens
    Benoît Falaize, L'histoire scolaire des harkis : une absence obsédante
    Alain David, L'hypothèse du crime contre l'humanité
    François-David Sebbah, Ce que nous partageons
    Géraud Geouffre de La Pradelle, Le sort des harkis et la notion juridique de 'crime contre l'humanité'
    Mohammed Harbi, La comparaison avec la collaboration en France n'est pas pertinente
    Mohand Hamoumou - Gérard Wormser, Hommage à André Wormser. Quelle mémoire, quels symboles, quelle transmission? (entretien)
    Anonymes, Quelques repères chronologiques - Lexique - Bibliographie

    Micheline B. Servin, Invités étrangers, théâtre et intégrisme

  • Dialogues avec l'Asie d'aujourd'hui

    Pierre Mendes France

    • Gallimard (réédition numérique fenixx)
    • 10 Juillet 2020

    Au moment où l'Asie est en train de vivre un chapitre important de son histoire et accède au premier rang de la politique mondiale, Pierre Mendès France rapporte ses impressions du Japon, de Chine communiste, de Hong Kong et Macao, de Malaisie, de l'Inde. La visite du président Nixon en Chine, la crise du dollar et ses répercussions au Japon, la guerre indo-pakistanaise et la naissance du Bangla Desh, le nouveau tournant de la guerre d'Indochine, autant de sujets de réflexion. Les entretiens de Pierre Mendès France avec les dirigeants asiatiques, ses analyses d'économiste et de politique aident à mieux comprendre les problèmes nouveaux de l'Asie d'aujourd'hui.

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