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  • Goodbye Britannia ; le Royaume-Uni au défi du Brexit

    Sylvie Bermann

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    • 27 Janvier 2021

    Le vote de 2016 sur le Brexit a provoqué la stupeur dans le monde et au Royaume-Uni, généralement considéré comme l'incarnation de la mondialisation heureuse. Même si la Grande  Bretagne est un pays insulaire, très différent des États membres continentaux de l'Union européenne, et intuitivement eurosceptique, ce scrutin a en réalité marqué le début d'une ère populiste où l'expertise et les faits sont rejetés au profit des passions  souvent négatives. Les thèmes dominants exploités par des démagogues issus eux-mêmes des classes privilégiées ont été la haine des élites, le rejet de l'immigration et un réflexe identitaire profond fondé sur la nostalgie d'un âge d'or fantasmé. Cela a été révélateur d'un basculement du monde, qui a trouvé sa réplique quelques mois plus tard aux Etats-Unis avec l'élection de Donald Trump, mais aussi en Italie avec l'émergence du mouvement 5 étoiles et de la ligue de Salvini, en Allemagne avec l'arrivée d'une centaine de députés d'extrême droite de l'AFD au Bundestag, et en France avec les gilets jaunes. Pendant que l'Union européenne se défait, la Chine poursuit sa politique de puissance géoéconomique alors que les États-Unis ont initié une nouvelle guerre froide tous azimuts. La pandémie de Covid a mis en lumière et accentué ce phénomène et le monde se définit désormais par rapport à la rivalité entre ces deux géants, qui devrait être le facteur déterminant des prochaines décennies.Dans ce contexte, le Royaume-Uni malgré la proclamation d'une « global Britain » a choisi un chemin solitaire, pris en étau entre Pékin et Washington qui limitera ses choix au lieu de les augmenter. L'Union européenne doit maintenir une ligne solidaire afin de préserver sa liberté et exercer le rôle d'une puissance d'équilibre.

  • Commonwealth

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    • 19 Septembre 2012

    Troisième ouvrage issu de la collaboration entre Antonio Negri et Michael Hardt, Commonwealth poursuit la critique du triumvirat république, modernité et capital, en affirmant la nécessité d'instituer et de gérer un monde de richesses partagées. Le commun en question est de nature écologique mais aussi biopolitique, puisque ce sont les connaissances, langages, images, codes, affects et réseaux de communication qu'une société produit de manière collective. Face à une république devenue république de la propriété privée - tant au niveau national que global - au fil des constitutions et des grandes révolutions bourgeoises, la multitude doit apprendre à se réapproprier le commun, et devenir par là un projet d'organisation politique.
    Pour ce faire la critique ne suffit pas, aussi Negri et Hardt esquissent-ils les ligne de fuite de l'alter-modernité - ces forces de résistance mais aussi de renouvellement. Negri et Hardt confient donc la lutte des classes à l'autonomie croissante du travail biopolitique. Ainsi les aptitudes économiques montrent la voie aux aptitudes politiques de la multitude. Cet ouvrage, et l'étude des manières d'instituer le commun qu'il propose, gagne une nouvelle perspective au vu des événements récents, notamment du printemps des révoltes arabes.Traduit de l'anglais par Elsa Boyer

  • Mon Europe, je t'aime moi non plus ; 1989-2019

    Marion Van Renterghem

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    • 9 Mai 2019

    Il y a trente ans, je n'avais pas trente ans, le mur de Berlin tombait et on croyait à la fin de l'histoire. La démocratie allait enfin gagner l'Europe entière. Internet arrivait, le monde s'offrait en accès libre, c'était excitant, c'était beau.
    Trente ans plus tard, l'Europe promise comme un modèle de civilisation est traversée par des lignes de fractures, des sociétés coupées en deux, une agitation nationaliste et populiste nourrie par la peur, le malaise, le ressentiment.
    Qu'est-ce qui se passe ?M.V.R.
    De Budapest à Londres, Marion Van Renterghem a parcouru cette Europe d'humeur sombre. Elle a vu et écouté autant de citoyens ordinaires que de dirigeants politiques - un ministre de Viktor Orbán, une Présidente balte aux prises avec Vladimir Poutine, la première ministre d'Écosse, Tony Blair ou Emmanuel Macron. Son livre est un portrait vif, inquiet et facétieux, de ce que nous sommes en train de vivre : un moment-clé de notre histoire.

  • La Chine en eaux profondes

    Sylvie Bermann

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    • 8 Mars 2017

    Aucun pays, comme la Chine, n'a changé en si peu de temps.
    L'écrivain Yu Hua, auteur du roman Brothers, écrivait que la Chine avait connu en quarante ans ce que d'autres pays avaient vécu en 400 ans.
    L'Empire du Milieu est arrivé aujourd'hui au pic de sa puissance et de ses contradictions : bientôt première économie du monde et en même temps économie socialiste de marché, pays influent et pourtant encore dénué d'un vrai soft power. Il ne cache plus son ambition. Au contraire de Deng Xiaoping qui recommandait de s'appuyer sur les pierres du gué pour traverser la rivière du changement, le président Xi Jinping a déclaré que la Chine était entrée en eaux profondes.
    Mais le rêve chinois sera-t-il le cauchemar des occidentaux ? À quel prix cette conquête se fait-elle ? Et ce Dragon est-il pacifique ou belliqueux ?
    Sylvie Bermann peut répondre, avec expertise et pédagogie, aux questions que nous nous posons. Elle a connu mieux que personne cet immense changement de l'intérieur, depuis la fin de la révolution culturelle comme étudiante sortie de Sciences politiques (1976-1977), les débuts de la politique de réforme sous Deng Xiaoping (1980-1982), et le retour au pouvoir fort avec Xi Jinping, en tant qu'ambassadeur de France (2011-2014).
    Depuis les rizières parmi les étudiants-ouvriers-paysans-soldats des années en bleu de chauffe au surgissement de Shanghai l'insolente, de la prudence affichée des politiques à la liberté surprenante de la société civile, de la calligraphie à internet, Sylvie Bermann aura vécu dans deux Chines : la moderne et l'archaïque. Toute la question à laquelle ce livre passionnant répond est de savoir si cet essor est irréversible. Et comment l'Occident, l'Europe, la France, doivent agir quand la Chine change le monde.

  • Les hackers russes qui ont piraté les mails du parti démocrate américain en 2016, qui sont-ils  ? Des artistes patriotes comme le prétend Vladimir Poutine ou des mercenaires du clavier ? Pour répondre à ces questions, nous avons rencontré des hackers français, nous sommes allés sur la ligne de front de la cyberguerre, en Ukraine et en Russie, nous avons débusqué d'anciens dirigeants américains en charge de la cybersécurité et écumé les conférences de l'Otan. Et nous avons infiltré l'un des principaux forums de hacking russes, là où se vend la matière première des pirates  : des données ou des failles de sécurité.
     
    Au fil des mois, ces hommes sont devenus le symbole et la figure de proue d'une Russie agressive et sans vergogne. Dans un univers souvent fantasmé, où les preuves n'existent pas et où espions, paranoïaques et geeks discrets se disputent le territoire, tout autre chose se joue  : une guerre nouvelle dans laquelle les virus sont des armes terrifiantes et l'information un enjeu primordial.
     
    Ce livre est le pendant d'un documentaire diffusé sur Arte «  Les nouveaux mercenaires russes  ».
      É. H. et B. R.

  • Dans la tête de Donald Trump

    Anne Toulouse

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    • 28 Septembre 2016

    « Depuis des décennies, les politiciens des deux partis ont essayé de réduire au plus petit dénominateur commun un pays dont le mot favori est « big » (grand). Arrive le Donald comme un bison dans la prairie, comme un taureau dans un rodéo, comme le sheriff dans un western. Une partie de l'Amérique, celle qui a le sentiment d'avoir fait ce pays, a retrouvé ses marques ! On peut avoir un jugement personnel et subjectif sur cette Amérique, mais voici les chiffres et les faits qui expliquent pourquoi, contre les attentes de tous les experts, le Donald est devenu le pivot de la campagne 2016. »Anne Toulouse
    La journaliste Anne Toulouse vit depuis 20 ans aux États-Unis. Elle en est une des meilleures et des plus fines observatrices. Parce que la France et les médias français n'ont rien vu venir et ne comprennent pas l'irrésistible et spectaculaire ascension de Donald Trump - chaque jour plus proche du pouvoir suprême - elle a choisi de nous raconter, avec une pointe d'humour et très simplement, les ressorts de sa popularité. Chemin faisant, elle démonte une série d'idées reçues sur les États-Unis et sur Donald Trump, et montre, chiffres et citations avoureuses à l'appui, comment il s'est trouvé en adéquation avec des constantes du caractère américain exacerbées par un vent de mécontentement, et raconte qui sont les électeurs de ce « Monsieur tout le monde milliardaire », ses idées, ce qu'il veut, peut ou ne peut pas faire.
    Enfin un livre sérieux, argumenté, au-delà des clichés ! Pour ne pas passer à côté du phénomène.

  • Comment peut-on être Américain ?

    Véronique Maumusson

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    • 26 Mai 2010

    On ne saurait soupçonner Véronique Maumusson de classique allergie antiaméricaine. Ancienne journaliste au Monde, elle a épousé un Américain et vit à Los Angeles depuis quinze ans. Ses enfants y sont nés. Elle y a trouvé une maison, des amis, un réseau associatif, un univers de vie.
    Pourtant, quinze ans après, cette culture continue de la surprendre. Elle nous fait part de ces interrogations au travers d'un récit d'expérience qui n'est en rien un essai géopolitique ou un ouvrage de conjoncture. Elle raconte ce qu'est sa vie de tous les jours, une vie surprenante.
    L'individualisme, le puritanisme, la religion, le patriotisme, l'argent tout-puissant, la consommation souveraine, la méfiance envers l'État, la culture autocentrée sont et restent, pour elle, des motifs d'étonnement dont elle détaille les tenants et les aboutissants.
    Elle ne dissimule pas sa sympathie pour Obama. Mais jusqu'à quel point Obama a-t-il les moyens d'agir et est-il représentatif de l'Amérique profonde ?

  • Militants

    Isabelle Spaak

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    • 5 Octobre 2011

    Pour la première fois en France, les 9 et 16 octobre 2011, des « primaires ouvertes » permettront à tout citoyen inscrit sur les listes électorales de désigner le candidat du Parti socialiste à l'élection présidentielle de mars 2012. Mais aujourd'hui, l'inquiétude grandit : ces primaires dépossèdent-elles les adhérents du choix traditionnel de leur candidat ? Font-elles peser sur eux une pression trop forte ? L'affaire Strauss-Kahn redistribue-t-elle les rôles et les enjeux ?
    Ces questions, et bien d'autres, les militants se les posent déjà sur le terrain. Mais qui sont ces dizaines de milliers d'hommes et femmes de l'ombre ? Quelle histoire personnelle, familiale ou professionnelle les a conduits à s'engager à gauche ? Quels sont leurs héros ? Leurs motivations ? Qu'ils tractent ou débattent, les militants parlent rarement d'eux-mêmes.
    Partir à leur rencontre dans toute la France est l'objectif de ce livre conçu à la façon d'un carnet de voyage. Prendre le temps d'écouter, remonter la pente des souvenirs, s'ouvrir aux rêves et faire un bout de chemin avec eux le temps d'une réunion de section, d'une balade dans une région, d'un repas, d'une fête. Recueillir des histoires de famille, d'amour, d'amitié, d'inimitiés, de batailles perdues ou gagnées ensemble permet de dessiner par sa base le portrait en creux du Parti socialiste. Et celui d'une France militante trop souvent laissée de côté. 
    Le parcours débute à Jarnac lors des commémorations des quinze ans de la disparition de François Mitterrand, passe par l'Île de Ré, Carmaux - la terre de Jaurès -, Lille, Alençon, l'Aveyron, la Corse, le quartier de La Courneuve ou la très chic section du vie arrondissement de Paris. Au fil des régions, les territoires historiques de la gauche succèdent aux « terres de mission ». 
    « À quoi reconnaît-on un militant socialiste ? Il est enseignant, barbu et cotise à la Camif », répond en forme de boutade un adhérent de longue date. C'est un tout autre profil qui émerge à l'occasion de ce voyage au coeur de la France militante. Des figures, des caractères, et une véritable foi dans le politique que l'on croyait à jamais disparue

  • Le retour du peuple ; de la classe ouvrière au précariat

    Clémentine Autain

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    • 22 Février 2012

    La société contemporaine est caractérisée par le développement de la précarité. Son installation ainsi que celle d'un chômage massif comme formes habituelles du statut professionnel, l'explosion des CDD, de l'intérim et des temps partiels imposés ont métamorphosé le monde du travail. 
    Le visage des vaincus du système, c'est celui des caissières de supermarchés, des travailleurs exploités dans le bâtiment, des jeunes de la restauration rapide. Si la classe ouvrière disparaît peu à peu, le peuple, lui, grandit. La détérioration des conditions de travail, qui n'épargne pas les cadres, produit une nouvelle unité, une nouvelle conscience et de nouvelles revendications. 
    C'est à leur écoute qu'une gauche franchement à gauche doit se mettre aujourd'hui.

  • Le prédateur ; Trump et les femmes

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    • 24 Juin 2020

    Le mouvement #MeToo a brisé l'omerta sur les agressions sexuelles et révélé les abus d'hommes en position d'autorité. Quand l'homme en question est le plus puissant du monde, rompre le silence est d'autant plus difficile.Ce livre est l'enquête la plus détaillée à ce jour sur Donald Trump et son rapport aux femmes.  Les auteurs, journalistes d'investigation, analysent son parcours du point de vue des femmes qu'il a fréquentées : épouses, maîtresses, mannequins et escort girls, mais aussi toutes les autres, celles qui ont été embrassées contre leur gré, attouchées ou intimidées. S'appuyant sur des entretiens de première main, il expose une quarantaine d'allégations de femmes sur le comportement de prédateur du Président, portant le total connu à 67 accusations.  Il ne s'agit pas d'incartades ni de dérapages occasionnels. Répété et généralisé à l'échelle de plusieurs décennies, le comportement de Donald Trump vis-à-vis des femmes révèle un système : celui de la prédation. De son enfance et son rapport à ses parents à son ascension en politique, en passant par ses études et sa carrière dans l'immobilier et la téléréalité, cette enquête révèle ce qui va bien au-delà de simples « propos de vestiaires », et analyse la construction d'un prédateur.

  • Du djihad aux urnes ; le parcours singulier d'Abdelhakim Belhadj

    Isabelle Mandraud

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    • 30 Octobre 2013

    Beaucoup de choses ont été dites sur la façon dont on entre dans le djihad, mais très peu sur la façon dont on en sort. Le témoignage d'Abdelhakim Belhadj, émir du Groupe islamique combattant libyen, apporte un regard exceptionnel sur un univers radicalisé qui préoccupe, à bon droit, les Occidentaux. Les clivages et les luttes d'influence traversent cet univers que l'on croyait homogène, bien loin de l'image que l'on s'en fait.
    Aujourd'hui âgé de 47 ans, cet ancien compagnon de route de Ben Laden, livré en 2004 par la CIA à Kadhafi, a participé en août 2011 à la libération de Tripoli. Devenu gouverneur militaire de la capitale libyenne, Belhadj s'est ensuite présenté aux premières élections libres de Libye. Dans un pays décrit comme un nouveau sanctuaire du terrorisme, le djihadiste repenti est devenu un interlocuteur des chancelleries étrangères inquiètes, et une sorte d'ambassadeur des islamistes qui tâtonnent dans le tourbillon du « Printemps arabe ». Tournant le dos à la lutte armée, Abdelhakim Belhadj prône aujourd'hui un système pluraliste fondé sur le vote.

  • Bienvenue en Trumpie

    Anne Toulouse

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    • 25 Octobre 2017

    « Est-ce Trump qui devient président ou bien la présidence qui devient trumpienne ? Pour le reste du monde, la Trumpie est devenue un territoire indéchiffrable. »
    Après son livre Dans la tête de Donald Trump, Anne Toulouse nous offre une visite désopilante et didactique des premiers pas du président à la Maison Blanche. Une résidence qui en a vu d'autres, mais à l'ère de la communication immédiate le Donald a trouvé le moyen d'organiser un spectacle sans précédent. Et parce qu'elle est toujours installée aux États-Unis, l'auteur décode pour nous la première année de la Trumpie, un pays qui vit au rythme d'un président hors du commun.

  • Après Al-Qaïda ; la nouvelle génération du terrorisme

    François Heisbourg

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    • 4 Février 2009

    Le succès d'Al-Qaida a été celui d'une puissance terroriste déterritorialisée, constituée d'acteurs hyper-puissants, inondés d'argent. Mais cette stratégie comporte des limites, et sans doute ces limites sont-elles aujourd'hui en passe d'être atteintes.Cependant, il n'est pas raisonnable d'espérer la fin du terrorisme. La naissance d'un terrorisme de destruction massive est une conséquence directe de la prise de pouvoir des acteurs non-étatiques, eux-mêmes surgis du processus de globalisation. Les instruments de destruction vont continuer d'être de plus en plus disponibles, techniquement et financièrement. Pour dessiner le visage du terrorisme futur, il ne faut pas seulement s'intéresser aux groupes de terroristes djihadistes, par ailleurs mal organisés. L'avenir du défi terroriste ressemble peut-être aux « exploits » de la secte japonaise Aum des années 1990 ou à l'attaque à l'anthrax à l'automne 2001 aux États-Unis. Une stratégie antiterroriste efficace devra être fondée sur la double hypothèse d'un niveau accru de destruction potentielle et d'un mode d'action plus diversifié, davantage dispersé, avec des acteurs équipés d'armes chimiques, biologiques ou radiologiques.

  • Vainqueurs et vaincus ; lendemains de crise

    François Heisbourg

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    • 10 Février 2010

    Dans cet essai novateur, François Heisbourg montre comment la crise économique façonne les nouveaux rapports de forces internationaux. L'accélération de la montée en puissance d'une Chine qui découvre les joies empoisonnées de l'arrogance, le déclassement stratégique et économique d'une Europe incohérente et d'un Japon cacochyme, la mise en cause du rôle et du positionnement politique des États-Unis dans le monde sont les principaux aspects de ce bouleversement.En outre, François Heisbourg appelle l'attention sur la gravité particulière d'une crise dont la sévérité et la durée tiennent au carambolage entre le temps court et infiniment coûteux de la récession de 2008-2009 et le temps long des défis planétaires qui s'occuperont de nous si nous ne nous occupons pas d'eux.

  • La fin du rêve européen

    François Heisbourg

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    • 18 Septembre 2013

    L'économie européenne va mal et les peuples de notre continent sont à la peine. Cependant, avec l'apaisement des crises successives de l'euro à partir de l'été 2012, on pourrait penser que la phase la plus aiguë des difficultés est derrière nous et que moyennant un assouplissement de la politique d'austérité après les élections allemandes, l'horizon commencerait à s'éclaircir. Les élections indécises en Italie et la secousse chypriote seraient ainsi des queues de comète, avant un retour progressif à la croissance. Hélas, cette vision est fausse. Faute d'un soubassement politique solide et d'institutions robustes, l'euro continue d'aggraver les déséquilibres entre États du Nord et du Sud, compromettant à terme sa propre survie. Les conditions même de son sauvetage accentuent les divergences entre les États membres de l'Union, nourrissent les populismes et le repli sur soi, et renforcent le rejet d'un rêve européen qui vire au cauchemar. La sécurité, la prospérité, les valeurs démocratiques dont était porteuse la construction européenne des pères fondateurs de l'immédiat après-guerre sont compromises, mettant en cause la raison d'être de l'Union européenne. 
    Pourtant, la fin de l'Union européenne serait une catastrophe qui doit être évitée, faute d'alternatives acceptables. Mais pour ce faire, il va falloir reculer pour mieux sauter : en profitant de l'actuelle accalmie, le temps n'est-il pas venu de mettre entre parenthèses l'aventure malheureuse qu'a été le lancement prématuré de l'euro ? Partant de là, ne pourrait-on relancer à partir d'une structure démocratique saine le débat sur l'intégration politique et économique de l'Union européenne, processus au terme duquel la monnaie unique serait rétablie sur des bases durables ?

  • Israël a changé. Il n'est plus ce pays issu du creuset européen auquel on veut encore croire. L'Israël des origines, celui des pionniers, celui de la Shoah, est révolu. Il est mort au cours des années 1990, avec le processus de paix d'Oslo, lui-même contemporain de la grande euphorie de la chute du Mur de Berlin. 
    Israël d'aujourd'hui est l'orphelin de cette histoire. Mais un orphelin devenu adulte, qui s'est reconstruit avec d'autres repères et d'autres influences. Non seulement il n'a plus la hantise de son passé européen, mais il n'a plus non plus les mêmes attaches qu'autrefois : l'Amérique d'Obama l'inquiète. Israël d'aujourd'hui s'intéresse plus au prix du fromage blanc, le cottage cheese, qu'au processus de paix sur lequel est focalisée la presse du monde entier. 
    Israël a épousé notre époque. Il vit désormais dans un cyberespace au coeur d'une mondialisation au parfum de plus en plus asiatique. Le postmoderne s'y combine avec un passé ancien, voire archaïque, ultrareligieux. Israël a déménagé. Pendant que le reste du monde continuait à prononcer les mantras du « processus de paix » et de la « feuille de route », Israël changeait de références. Ses hommes d'affaires investissent dans les terres agricoles de Roumanie, construisent des centres commerciaux en Pologne, pays qu'au même moment visitent les pèlerins ultrareligieux de Mea Shearim qui viennent se recueillir sur les tombes des rabbins hassidiques. 
    Le grand passé biblique et talmudique ne cesse pas d'être présent, au contraire. Mais il se combine avec les progrès technologiques d'une société résolument moderne. Un peu comme les grands pays asiatiques, qui, eux aussi, combinent progrès technologique et références au passé religieux.

  • Chirac, la malédiction

    Patrick Jarreau

    • Stock (réédition numérique fenixx)
    • 18 Septembre 2019

    Le 21 avril 1997 restera une date dans l'histoire de la République. Ce jour-là, Jacques Chirac, président depuis moins de deux ans, en butte à l'impopularité et voyant poindre l'échec de sa politique économique, tentait un coup de poker en provoquant des élections législatives anticipées. Les Français ont discerné l'aveu d'impuissance que tentait de camoufler ce défi. C'est ainsi que la gauche, revigorée et réordonnée par Lionel Jospin, a été appelée à prendre la relève plus tôt qu'elle ne l'imaginait. Longtemps dominatrice, au point de s'identifier à la Ve République, la droite française semble décidément incapable d'assumer le pouvoir. Et Jacques Chirac se retrouve isolé au « Château ». Pour combien de temps ?

  • Le Mal suisse

    Pierre Hazan

    • Stock (réédition numérique fenixx)
    • 24 Août 2015

    Plongée dans l'univers mental helvétique, à l'heure où la Suisse traverse sa plus grave crise d'identité depuis la Seconde Guerre mondiale, Le mal suisse explore le sens d'une neutralité largement fictive et les effets pervers du consensus. Surtout, il tente de comprendre le ressort quasi paranoïaque de l'isolationnisme helvétique et de ce système unique de défense qui faisait dire au Conseil fédéral, en 1988 : La Suisse n'a pas d'armée, elle est une armée. Comment se défaire de cette obsession, dès lors qu'elle constitue le meilleur ciment d'une nation à l'identité floue, fragmentée par les divisions cantonales, linguistiques, culturelles et religieuses ? Que faire de cet héritage psychologique de méfiance par rapport au monde, quand la Suisse est montrée du doigt par les États-Unis pour son rôle durant la guerre, que la démocratie directe et le consensus bloquent les rouages de la machine gouvernementale, que sa population rejette l'adhésion à l'Espace économique européen, comme aux Nations Unies, que le chômage, jadis inconnu, progresse, et que les disparités sociales s'accroissent ? Le mal suisse est, certes, un examen sans concession de l'effondrement d'un mode de pensée et d'un mode de vie. Mais avec le souhait de contribuer à ce que la Suisse sorte de la mythologie façonnée par ses élites elles-mêmes, pour pénétrer enfin dans l'Histoire.

  • Le Résident de la République

    Jean-Marie Colombani

    • Stock (réédition numérique fenixx)
    • 25 Septembre 2015

    Jacques Chirac ? Pour certains, un impulsif impénitent, spécialiste des volte-face - voire des tête-à-queue. Une sorte de hussard qui ne se plaît qu'à la furia des assauts, mais à qui cette fougue même interdit de mener à bien tout projet de longue haleine. Pour d'autres, un perpétuel hésitant, un homme à l'identité incertaine et aux convictions floues, et donc soumis aux influences de ses entourages successifs. Analyses différentes mais conclusion identique : une inaptitude radicale aux stratégies longuement méditées, minutieusement réalisées. Puis il y eut ce jour de mai 1995, où stéréotypes et lieux communs durent faire place à l'évidence : Jacques Chirac, élu président de la République, avait bel et bien atteint son but. Deux ans pour se convaincre que les clichés avaient tort. Et deux mois - d'avril à juin 1997, le temps d'une dissolution-catastrophe - pour de nouveau penser qu'ils avaient peut-être raison. Du palais élyséen où désormais il réside plus qu'il ne préside, que nous réserve celui qui est chargé - rien de moins - de nous conduire dans un Nouveau Monde à l'orée d'un nouveau siècle ? S'il pose aujourd'hui un problème au pays, comment ce dernier peut-il le résoudre ? Pour esquisser des réponses à quelques-unes de ces questions, il m'a paru nécessaire de retracer son parcours. Afin, à travers son passé, de tenter d'éclairer notre avenir.

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